Test du home-trainer connecté Zwift Hub

Il y a quelques semaines, la plateforme Zwift annonçait la sortie de son propre home-trainer connecté, qui présente l’avantage d’être facile à monter et à mettre en route, et qui est aussi le moins cher du marché. Que vaut le Zwift Hub une fois mis à l’épreuve de l’entrainement virtuel sur Zwift ou ailleurs ? Nous l’avons testé sur plusieurs semaines. Verdict.

Par Guillaume Judas – Photos : ©3bikes.fr / Zwift / DR

Le Zwift Hub présente un aspect qualitatif, il est parfaitement stable, et il ne nécessite pas l’emploi d’un support de roue avant (pour un vélo de route).

Lancée en 2014, la plateforme d’entrainement virtuel Zwift s’est réellement démocratisée avec la pandémie de Covid-19, lors du premier confinement au printemps 2020. Depuis, beaucoup de cyclistes expérimentés sont restés abonnés à Zwift, après avoir découvert les parcours virtuels de l’application, ses sorties libres sur des terrains variés, ses entrainements en groupe ou même ses compétitions. Grâce au réalisme des circuits et de leurs variations de pente associés aux différents home-trainers connectés du marché, pédaler chez soi est devenu bien mieux qu’une punition. Certains en ont même fait une véritable pratique, ne sortant leurs roues dehors qu’à de très rares occasions.

Mais Zwift s’adresse aussi aux débutants, aux cyclistes occasionnels, à celles et à ceux qui cherchent un moyen de s’adonner à une activité sportive régulièrement en optimisant leur emploi du temps. Pour ce public-là, force est de reconnaître qu’un home-trainer connecté n’est pas toujours facile d’accès, ne serait-ce que sur le plan technique. Avec le Zwift Hub, l’entreprise californienne a voulu simplifier les choses, et elle a plutôt bien réussi son affaire.

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Un home-trainer déjà éprouvé

Le Zwift Hub n’est pas un modèle totalement inconnu, puisqu’il s’agit en fait d’un JetBlack Volt V2, certes pas le plus populaire en France face aux appareils de chez Elite, Tacx ou Wahoo, mais qui fait parfaitement le job. Le JetBlack entre en concurrence avec un home-trainer comme le Wahoo KickR Core en termes de présentation et de fonctionnalités. Parmi ses caractéristiques principales, on trouve un poids de 16,5 kg pour des dimensions au sol de 49,7 x 61,2 cm, un volant d’inertie de 4,7 kg, une pente maximale simulée de 16 %, une résistance maximale de 1800 watts, une précision du calcul de puissance revendiquée de +/- 2,5 % et une connectivité Bluetooth FTMS et Ant+ FEC, qui le rend compatible avec toutes les applications (pas seulement Zwift) et tous les appareils du marché, que l’on parle d’ordinateurs de bureau, de tablettes, de smartphones, ou de capteurs de puissance ou de fréquence cardiaque.

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Zwift s’est approprié le modèle en le rebadgeant, en y ajoutant une cassette que l’on choisit au moment de la commande (8, 9, 10, 11 ou 12 vitesses) et qui arrive montée, et surtout en baissant le prix à 499 € tout compris au lieu de plus de 700 € pour tous les modèles concurrents, voire plus de 1000 € pour les home-trainers les plus élaborés. Une baisse de tarif qui oblige presque les autres marques à s’aligner, sous peine de perdre pas mal de parts de marché.

Le Zwift Hub ne prend pas énormément de place, mais il n’est pas repliable. Il ne dispose pas non plus de poignée pour être déplacé.

Mais ce n’est pas tout. Ce Zwift Hub est livré pratiquement prêt à l’emploi, avec seulement les deux pieds principaux à monter et à visser. Et comme les outils sont fournis, cela ne prend pas plus de cinq minutes chrono. Le Zwift Hub est un home-trainer à transmission directe, ce qui signifie que la roue arrière du vélo doit être démontée et la partie arrière du cadre fixée à l’appareil. L’autre astuce de Zwift, la plus judicieuse d’ailleurs, se situe au niveau d’un patron en carton, conçu pour bien mesurer l’écartement des pattes arrière (différent selon le type de cadre route, VTT, ville, à blocage rapide ou à axe traversant, récent ou ancien), et ne pas se tromper d’embout. Enfin, la plateforme propose une série de vidéos courtes qui expliquent les différentes étapes de montage du Zwift Hub. Simple et efficace pour les novices.

Le montage du vélo du le Zwift Hub ne présente pas de difficulté particulière.

=> Vidéo du montage du home-trainer :

=> Vidéo de l’installation du vélo sur le home-trainer :

La première connexion sur Zwift ou une autre plateforme

Une fois l’appareil installé et le vélo monté, il faut ensuite brancher le home-trainer sur une prise de courant. Et c’est plutôt bien vu, car le câble d’alimentation est suffisamment long pour que l’on place le Zwift Hub à peu près où on veut dans une pièce. Des témoins lumineux indiquent que l’appareil est sous tension, ce qui permet alors de le retrouver facilement dans les réglages de l’application utilisée. Sur Zwift, c’est extrêmement facile. Sur la page principale du menu en accédant à l’application, les différents appareils connectés (en bluetooth ou en ANT+) sont indiqués. Le home-trainer sert d’abord de « contrôlable », c’est-à-dire qu’il réagit en fonction de la pente simulée par l’application, ou en fonction de la résistance déterminée par le plan d’entrainement suivi. Il peut aussi mesurer la puissance et la cadence de pédalage, et c’est probablement ce que choisiront la plupart des utilisateurs du Zwift Hub. Mais l’application permet également d’utiliser le capteur de puissance du vélo comme source de puissance et de cadence, ainsi qu’un capteur de fréquence cardiaque, et de n’utiliser le home-trainer qu’en tant que « contrôlable ». C’est une solution à envisager pour ceux qui disposent déjà d’un capteur de puissance avec lequel ils ont l’habitude de travailler, nous le verrons plus loin.

Le Zwift Hub est livré avec une cassette déjà montée. Ici, une 11-30 en 11 vitesses.

En termes de réglage des paramètres, Zwift propose également d’ajuster la résistance simulée du home-trainer. Par défaut, elle est réglée sur 50 %, ce qui signifie qu’une pente à 10 % dans l’application sera ressentie comme une pente à 5 % sur le home-trainer. Il est possible de personnaliser le réglage en déplaçant le curseur sur l’écran, ce qui ne change strictement rien à la puissance fournie et à la vitesse de déplacement sur les parcours virtuels. Augmenter la « difficulté du home-trainer », c’est comme changer de dentures sur la cassette. En d’autres termes, si vous avez la puissance d’un très bon coureur, vous passerez partout avec un réglage à 100 % et avec une cassette normale, et vous devrez changer plus souvent de développement selon les différentes variations de pente. Mais sinon vous pouvez choisir la position du curseur pour un type de pédalage qui corresponde à vos habitudes. Pour notre part, nous avons choisi un réglage de difficulté à 80 %, ce qui nous permet d’utiliser tous les pignons de la cassette fournie (11-30) et même de tourner un peu les jambes dans la difficile ascension de l’Alpe du Zwift. À noter que le réglage de la difficulté ressentie dépend de l’application utilisée, et pas du home-trainer.

Les sensations en roulant sur le Zwift Hub

En ce qui concerne les sensations délivrées, c’est du tout bon. Le Zwift Hub se distingue d’abord par son silence relatif. Même lors d’un effort soutenu, on n’entend pratiquement que le bruit de la transmission, en plus d’un léger sifflement inférieur à celui du moteur d’un vélo électrique. Sur le plat (virtuel), la chaîne se montre un peu plus bruyante sur les petits pignons de la cassette, mais cela reste raisonnable. Dans les ascensions virtuelles les plus importantes, l’utilisation du petit plateau et des grands pignons limite fortement le bruit, et seul votre souffle accéléré peut perturber les autres occupants de la pièce.

Sur le Zwift Hub, on peut utiliser tous les pignons de la cassette, ce qui n’est pas le cas sur tous les appareils du marché.

Le Zwift Hub est très stable, ce qui présente à la fois des avantages et des inconvénients. Il n’y a évidemment aucun risque de perdre l’équilibre une fois que tout est bien monté, même en plein effort ou en allant jusqu’à un sprint. Rien ne bouge, et rien ne semble pouvoir perturber le pédalage. Cependant, cette immobilité d’apparence très qualitative est aussi susceptible de reporter pas mal de contraintes sur le cadre lors des efforts très violents. Par ailleurs, les passages en danseuse sont moins évidents qu’avec un appareil qui présente un peu plus de souplesse structurelle. On peut avoir l’impression de se fatiguer plus vite en roulant debout sur les pédales, car il devient plus difficile de faire bouger légèrement le vélo de droite à gauche. Quoi qu’il en soit, et c’est valable pour tous les home-trainers du marché, nous ne sommes pas trop fans des efforts trop violents sur un home-trainer, de type sprint. Par crainte – fondée ou non – d’abimer ou de casser le vélo.

Le Zwift Hub peut être placé partout dans une pièce, et son silence relatif permet d’écouter la télévision en roulant sans avoir besoin de monter excessivement le son.

Bien que le volant d’inertie ne soit pas le plus lourd du marché, il procure des sensations très réalistes lors des changements d’allure, de pente, ou de braquet. En ce sens, le Zwift Hub se rapproche du X Plova Nova S, mais qui dispose pour sa part d’un volant d’inertie de 5,9 kg contre 4,7 pour le Hub. Sur tous les circuits proposés par Zwift, la moindre variation de pente est ressentie, et incite ou oblige à changer de développement. Pour « faire un temps » dans une montée, on est toujours tenté de remettre une dent dès que la pente s’adoucit à peine. Et dans les parties descendantes, même si le Zwift Hub ne dispose pas d’un moteur pour simuler les descentes comme le Tacx Neo 2 T, le volant d’inertie s’emballe un peu et permet vraiment de ressentir un allègement du coup de pédale qui s’avère très proche des sensations que l’on peut éprouver sur la route. De ce point de vue-là, le Zwift Hub est plus addictif que le Elite Direto XR (où il est presque impossible de rouler avec le braquet maximal) ou l’ancien Direto qui est notre appareil de référence.

Pour les entrainement calibrés en mode ERG (c’est-à-dire que la résistance de l’appareil est commandée par l’application, quelle que soit la pente), le Zwift Hub est tout à fait réactif, et là aussi très stable dans le freinage qu’il oppose à l’effort. Que vous rouliez en cadence ou au contraire un peu plus en force, le Hub lisse toujours la résistance de manière très transparente. Il est très agréable à utiliser et permet de rouler vraiment de façon qualitative.

La courbe de puissance (en bleu foncé en deuxième position à partir du haut) est très stable en mode ERG. Au milieu, on voit ici une baisse de résistance de 30 watts, pilotée par l’application en suivant le plan d’entrainement.

Le niveau de précision du Zwift Hub

Par rapport aux deux home-trainers Elite cités plus haut justement et que nous avons beaucoup utilisés, le Zwift Hub marque le pas en termes de précision de la mesure de puissance. Pour le vérifier, nous avons effectué toutes nos séances avec un autre capteur de puissance connecté sur le vélo, qu’il s’agisse d’un Quarq ou des pédales Garmin Rally.

Lors de la première connexion, une rapide comparaison entre les données du Hub sur l’application Zwift et celles du capteur Quarq sur le vélo montrait une différence de près de 10 % en faveur du home-trainer. Plutôt sympa si l’on s’intéresse aux performances sur Zwift, puisque rappelons-le, la vitesse de déplacement virtuelle dépend uniquement de la puissance fournie, ou du moins indiquée par l’appareil utilisé. Il est d’ailleurs fort probable que la plupart des utilisateurs du Zwift Hub se contenteront de ces données aléatoires, sans chercher plus loin, même si une imprécision de ce type de capteur peut marcher dans les deux sens (c’est-à-dire qu’elle n’est pas forcément positive). 

Si au contraire on a le souci de la précision, il faut en passer par la procédure de calibrage du home-trainer, relativement simple à faire sur Zwift. Après 10 minutes d’échauffement (pour que l’appareil soit bien à température), il faut retourner sur la page d’accueil de l’application, à l’endroit où sont indiqués les appareils connectés, et cliquer sur le symbole avec une petite clé, puis se laisser guider. Il y en a pour 15 à 20 secondes maximum.

Mais même en suivant régulièrement cette procédure, le rapprochement des données entre les deux capteurs de puissance sur le vélo (eux aussi étalonnés quotidiennement) et celui du Zwift Hub se révèle aléatoire, avec le plus souvent un désavantage à mettre au crédit du Zwift Hub, de 5 à 10 watts selon l’intensité de l’effort. Ceci peut s’expliquer par la fourchette de précision de chacun des capteurs (1,5 % annoncés pour le Quarq et les Garmin, 2,5 % pour le Hub, et ces imprécisions peuvent se cumuler), et par le placement des capteurs du vélo (pédalier ou pédales), plus proche de la puissance fournie que le Hub, à l’autre bout de la transmission. Rien ne dit non plus que le Quarq et les Garmin soient parfaitement exacts non plus, même si vraiment très proches l’un de l’autre, que ce soit sur la route ou sur le home-trainer. Impossible aussi de savoir si le Hub dérive légèrement ou non en cours de séance. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le home-trainer est très chaud en fin d’entrainement, du moins autour du volant d’inertie, et qu’il est même difficile de le déplacer, d’autant plus que l’appareil ne dispose pas de poignée.

Le Zwift Hub est livré avec un manuel, une clé pour le montage des pieds, une bague pour installer éventuellement une cassette 8 ou 9 vitesses, un blocage rapide pour les vélos à freins à patins, et surtout deux patrons en carton avec différents embouts pour savoir facilement ce qui convient à votre vélo.

Et qu’est-ce que cette histoire de précision de puissance change au final ? Pas grand chose si votre objectif est de rouler aux sensations et de prendre plus de plaisir qu’une séance de home-trainer basique grâce à l’application Zwift (ou une autre), ou si au contraire vous vous connaissez bien et que vous pouvez vous entrainer en suivant les indications du cardiofréquencemètre. C’est plus embêtant si vous comptez participer à des compétitions virtuelles sur Zwift, si vous voulez suivre un plan d’entrainement précis avec les watts, ou si vous avec des temps de référence sur certaines ascensions virtuelles avec un autre home-trainer. De nombreux utilisateurs aguerris de Zwift connaissent ce problème avec d’autres home-trainers et préfèrent connecter à l’application leur propre capteur de puissance, pour plus de cohérence avec les données recueillies sur la route, même si, là encore, on ne peut pas toujours comparer la puissance exprimée en extérieur avec la puissance en pédalant sur home-trainer. De notre point de vue, le home-trainer est un outil d’entrainement, d’amélioration ou d’entretien de la condition physique avant tout, qui peut devenir ludique quand il est connecté à une application comme Zwift. Et le Zwift Hub ne déroge pas à la règle.

Notre avis sur le Zwift Hub

À 499 € (avec une cassette fournie), le Zwift Hub tend à démocratiser l’accès à des applications de course ou d’entrainement comme Zwift, la plus populaire, et peut-être la plus addictive. Grâce à sa stabilité, à la réactivité de son volant d’inertie, à son silence relatif, à sa connexion facile et à son apparente solidité, le Zwift Hub s’intègre parfaitement à la philosophie de la plateforme américaine. Et qu’importe si l’appareil manque un peu de précision, ou qu’il ne dispose pas de poignée pour être déplacé, les deux principaux défauts que nous avons soulignés. Pour suivre un plan d’entrainement sérieux sur la base des données de puissance ou pour participer à des compétitions virtuelles, mieux vaut néanmoins selon nous connecter un autre capteur, avec plus de précision.

Le ZWIFT HUB en bref…

Note : *****

Les + : prix, apparente solidité, montage et installation faciles, fluidité, stabilité, sensations de pédalage
Les – : manque de précision du capteur de puissance, pas de poignée

Format : 497 x 612 x 461 mm – Poids : 16,5 kg – Résistance : jusqu’à 1800 watts – Pente maxi simulée : 16 % – Communication : ANT+ FE-C et Bluetooth FTMS – Compatibilité : tous les logiciels et applications d’entrainement – Livré avec : cassette (8, 9, 10, 11 ou 12 vitesses) – Prix : 499 €

Contact : zwift.com

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Guillaume Judas

  - 52 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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