Test du vélo gravel électrique Cannondale Topstone Neo SL 1

Le Cannondale Topstone Neo SL 1 consacre une catégorie de vélos où l’assistance électrique prend tout son sens : le gravel. Avec son moteur EbikeMotion placé dans le moyeu arrière, il offre une aide souple et précieuse juste quand c’est nécessaire, et permet au Topstone de gagner en polyvalence, que ce soit pour les trajets quotidiens ou l’évasion hors des routes le week-end. Et la bonne nouvelle, c’est que le modèle est relativement accessible.

Par Guillaume Judas – Photos : Vincent Lyky

Le Cannondale Topstone Neo SL 1 est un vélo de gravel relativement accessible et… électrique.

Cannondale ne propose pas moins de sept modèles de vélos de gravel à assistance électrique, dont les versions Topstone Neo SL 1 et SL 2, à partir d’un cadre en aluminium, sont les plus légères et les plus accessibles, à 3399 € et 2899 €. Les cinq versions du Topstone Neo Carbon (de 4799 € à 9999 €) sont quant à elles équipées d’un moteur central Bosh avec 85 Nm de couple et une batterie de 500 Wh, mais s’affichent à près de quatre kilos de plus. Un autre monde, aussi bien en termes de puissance que d’autonomie, mais aussi de pilotage. Car avec le Neo SL, la marque américaine a surtout recherché la polyvalence, avec une assistance à la roue arrière douce et relativement transparente qui offre 40 Nm de couple seulement là où c’est nécessaire, et une batterie de 250 Wh plus petite et parfaitement intégrée dans le cadre. Ainsi, avec son assistance, son cadre aluminium, ses pneus de 42 mm de section et un groupe Shimano GRX 600 en mono plateau et 11 vitesses, le Topstone Neo SL 1 accuse tout juste 13,5 kg sur la balance, ce qui reste relativement proche des meilleurs vélos de route électriques, et très éloigné des vélos de ville ou même des VTT assistés, qui eux sont bien plus lourds. Au petit jeu des différences, le Neo SL 2 est équipé d’un groupe double plateau à 10 vitesses (Shimano GRX 400) ce qui lui fait prendre un tout petit peu de poids, ainsi que de pneus un peu moins performants, mais il s’affiche à 500 € de moins. Une belle affaire également !

Le Topstone Neo SL 1 dispose de bonnes capacités de franchissement.

Trois niveaux d’assistance

Cette assistance Mahle EbikeMotion X35+ de 250 W est déjà louée sur les vélos de route pour sa douceur de fonctionnement, son silence, et la transition quasi transparente ressentie lorsqu’elle cesse de fonctionner, notamment au-dessus de 25-26 km/h. Et le couple est réparti de telle manière qu’il fournit surtout une aide précieuse autour de 15 à 18 km/h environ, sauf pour le premier niveau d’assistance, qui, quant à lui, permet surtout de gommer le poids supplémentaire du vélo lors des démarrages et des relances à basse vitesse. Le seul défaut de ce système se situe au niveau du démontage de la roue arrière, avec deux gros boulons de chaque côté (clé de 16 ou clé Allen de 8), et qui impose de débrancher le câble d’alimentation situé sous la base arrière gauche. Attention à bien emporter l’outil nécessaire avant de partir en tout-terrain !

Trois modes d’assistance sont proposés avec chacun un code couleur (vert, orange, rouge) sur un bouton placé sur le tube supérieur du cadre. Le voyant lumineux affiche en continu le niveau de charge de la batterie : blanc = au-dessus de 75 %, vert = entre 50 et 75 %, orange = entre 25 et 50 % et rouge = en dessous de 25 %. En appuyant sur le bouton, le mode d’assistance est indiqué par une couleur clignotante : blanc = sans assistance, vert = niveau 1, orange = niveau 2, rouge = niveau 3. En appuyant brièvement sur le bouton pendant qu’il clignote, on passe d’un niveau d’assistance à l’autre.

Le bouton pour changer de mode d’assistance est simple à manipuler.

Même avec le niveau maximum, il faut toujours s’employer nettement pour atteindre une vitesse proche de celle de la coupure d’assistance (25 km/h légalement), alors qu’en revanche une ascension autour de 15 km/h peut être grandement facilitée par la fourniture de la puissance maximale du moteur. Ce type de machine n’est donc pas prévu pour tenter de battre des records, mais bien pour rendre certains passages délicats plus aisés, et permettre aux cyclistes moins bien entrainés ou en délicatesse avec leur santé de profiter de parcours plus difficiles sans trop forcer, et notamment en évitant de trop solliciter le cœur.

Ce type de machine n’est pas prévu pour tenter de battre des records, mais bien pour rendre certains passages délicats plus aisés.

Pour vous donner une idée, nous avons réalisé une petite expérience sur une portion de route en montée de 700 m avec une pente de 4,3 % de moyenne, mais avec un passage à 6 %, en respectant une intensité cible de 140 pulsations par minute.

Sans assistance = 17,7 km/h de moyenne
Assistance 1 = 20,9 km/h de moyenne
Assistance 2 = 24,1 km/h de moyenne
Assistance 3 = 24,6 km/h de moyenne

L’ensemble du système d’assistance (moteur + batterie) pèse 3,5 kg.

La comparaison est plus difficile en gravel sur un terrain accidenté, mais c’est bien dans les pentes les plus raides que l’assistance se montre la plus efficace, à la condition toutefois de conserver une bonne cadence de pédalage (au-dessus de 70 tours/minute). Ce qui implique de trouver le bon compromis au niveau du souffle, si on ne veut pas se mettre dans le rouge.

L’assistance est également d’un grand secours en tout-terrain, sur les chemins boueux notamment où elle apporte un surcroît de motricité non négligeable. Sur les singletracks en forêt, le pilotage est facilité par l’aide apportée dans les relances à basse vitesse. Mais pour plus de contrôle, mieux vaut bien sélectionner le mode d’assistance, en fonction de la vitesse de déplacement, d’autant plus qu’il faut bien une petite seconde avant que la puissance du moteur ne se coupe après avoir arrêté de pédaler.

Le port de charge se situe au niveau de la boîte de pédalier.

Ce type de vélo reste donc sportif si on le veut vraiment, car il n’efface pas totalement la notion d’effort, mais il peut être d’une aide très utile si on cherche avant tout à se préserver. C’est aussi l’une des raisons qui peut rendre le Topstone Neo SL 1 intéressant pour le vélotaf, car il est possible ainsi de se déplacer à vélo sans arriver tout transpirant au travail, en roulant de manière relativement économe. Au milieu de la circulation, l’assistance offre aussi des relances plus franches et plus sécurisantes, notamment après les feux tricolores. D’ailleurs, avec ses nombreux points de fixation prévus pour portes-bidon, gardes-boue, portes-bagage ou éclairage, il se montre d’une étonnante polyvalence.

Le bon cadre en aluminium démontre tout le savoir-faire de Cannondale en la matière.

Une autonomie suffisante ?

Évidemment, l’autonomie annoncée (jusqu’à 75 km) dépend du poids de l’utilisateur, du dénivelé et de la manière dont est utilisée l’assistance. En réalité, on peut obtenir bien plus en parcourant des chemins roulants et des parties bitumées, où la machine vous permet de dépasser aisément les 25 km/h à de fréquentes reprises. Et même si un mode d’assistance est enclenché, il se coupe automatiquement et de manière très douce une fois atteinte la vitesse limite, en préservant la batterie. Nous avons pu pour notre part cumuler deux sorties de 70 km et 600 m de dénivelé sans recharge, en utilisant seulement l’assistance dans les parties montantes et dans les parties très boueuses. Et si l’indicateur a fini par passer au rouge, il restait sans doute de quoi faire quelques kilomètres en utilisant le moteur. Une fois celui-ci totalement coupé, le poids du vélo devient particulièrement sensible, mais la géométrie sportive du vélo, ses grandes roues de 700c et son braquet minimal de 40/42 permettent toutefois de rouler toujours mieux qu’un VTT.

Les braquets et l’assistance électrique permettent d’effacer les difficultés.

Dans des conditions difficiles, comme lors d’une longue ascension, il est en revanche nécessaire de gérer la batterie et de ne pas toujours rechercher l’assistance maximale, si on veut arriver à bon port. Ce qui confirme l’idée que ce type de vélo permet de repousser certaines limites, mais sans exagération. Notons qu’il est possible de connecter le vélo à l’application EbikeMotion sur smartphone, pour connaître l’état réel de la batterie, ainsi que le mode d’assistance enclenché, en cas de doute sur le terrain.

L’autonomie réelle du Cannondale Topstone Neo SL 1 dépend des conditions d’utilisation.

Un comportement très sain

Pour le reste, le Topstone Neo SL 1 s’appuie sur un cadre en aluminium SmartForm C2, une technologie parfaitement maîtrisée par la marque depuis près de 30 ans. Cannondale a même été l’un des précurseurs de ce matériau sur la route, à la fin des années 90. Bien que visibles, les soudures sont régulières et le cadre respire la solidité, sans afficher un poids hors norme. La fourche est quant à elle toute en carbone. Au-delà du groupe GRX 600 avec une transmission 1×11, on apprécie le cintre avec un évasement vers le bas de 16° pour une meilleure stabilité de la machine dans les descentes et une selle Fizik Aliante Delta confortable, qui offrent une position d’ensemble très avenante et polyvalente, que ce soit pour la balade ou pour des parties de manivelles plus engagées.

Avec ses nombreux points de fixation, le Topstone Neo SL 1 peut recevoir des gardes-boue ou des portes-bagages.

Les roues avec des moyeux Formula à l’avant et le moteur EbikeMotion à l’arrière, et leurs jantes Cannondale en alu à 28 et 32 trous reçoivent des pneumatiques WTB Resolute TCS de 42 mm de section. Un montage qui fait beaucoup pour la polyvalence du vélo. La section d’abord. Elle permet au vélo de s’approcher du comportement d’un VTT tout rigide des années 90, avec un amortissement suffisant sur de nombreux types de terrain grâce à la faible pression permise (autour de 1,8 bar pour ce qui nous concerne), qui offre pas mal d’accroche dans la boue et permet d’absorber les racines ou tranchées que l’on trouve dans les forêts du nord de la France. Les crampons ensuite. Ils sont peu profonds, ce qui évite une prise de poids inutile et ce qui permet à la boue de ne pas trop s’accumuler sur la bande de roulement. Mais ils restent bien présents sur l’angle, ce qui assure un bon contrôle dans les ornières ou sur les virages boueux. En termes de roulement, ils sont beaucoup moins handicapants que des purs pneus de VTT sur les parties rapides, et ils se défendent honorablement sur la route. Leur seul défaut, lié à leur section, à leur poids et à la faible pression, c’est qu’ils rendent la direction un peu lourde à basse vitesse, surtout lors des passages en danseuse.

Les pneumatiques WTB Resolute TCS en 42 de section font beaucoup pour la polyvalence du vélo.

Avec son cadre compact, une transmission précise et silencieuse ainsi qu’un freinage rassurant, le Cannondale Topstone Neo SL 1 se montre très sain de comportement en tout terrain. Il est stable et rassurant dans les descentes, même avec un peu de cailloux humides, et sa motricité ne fait jamais vraiment défaut, grâce au moteur, certes, mais aussi à son poids au niveau de la roue arrière. Sur les chemins roulants et la route, on le sent moins nerveux qu’un gravel léger bien entendu, mais il ne se désunit pas sous l’effort. Et quand vient le moment de passages plus techniques, il impose des trajectoires un peu moins serrées, en anticipant le placement de la roue avant bien sûr, mais aussi de la roue arrière. C’est seulement dans la plaine au-dessus de 30-32 km/h que le Topstone Neo SL devient assez dur à emmener, surtout à cause de la résistance aérodynamique de ses larges pneus.

Mais rien d’étonnant pour ce type de vélo, qui, répétons-le, n’est pas conçu pour battre des records, mais seulement pour se faire plaisir sur des terrains variés, rouler sur la route, les pistes cyclables, les chemins et même à travers bois, tout en offrant le coup de pouce nécessaire grâce à l’assistance pour ne pas rentrer exsangue – ou dégoûté – de la sortie. Ce vélo de gravel électrique est une excellente surprise, autant que son prix d’ailleurs. Une machine susceptible de prendre place dans le garage de nombreux pratiquants, quel que soit leur niveau.

Le CANNONDALE TOPSTONE NEO SL 1 en bref…

Note : *****

Les + : prix, polyvalence, comportement, gestion de l’assistance
Les – : poids, démontage de la roue arrière

CADRE : SmartForm C2 Alloy – FOURCHE : Full Carbon – ASSISTANCE ÉLECTRIQUE : Mahle EbikeMotion X35+ 250W – ROUES : Cannondale Disc, moyeux Formula CRX-512 et EbikeMotion X35 – PNEUMATIQUES : WTB Resolute TCS, 700 x 42c – PÉDALIER : Shimano GRX 600, 40 D – CASSETTE : Shimano SLX, 11-42 – DÉRAILLEUR : Shimano GRX 812 – FREINS : Shimano GRX hydraulic Disc – LEVIERS : Shimano GRX hydraulic Disc – POTENCE : Cannondale 3 – CINTRE : Cannondale 3 – TIGE DE SELLE : Promax SP-2032 – SELLE : Fizik Aliante Delta – NOMBRE DE TAILLES : 4 – POIDS : 13,5 kg (sans pédales) – PRIX : 3399 € 

 

Contact : www.cannondale.com

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Guillaume Judas

  - 51 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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