Test du Cannondale SuperSix Evo Neo 2

L’emblématique Cannondale SuperSix Evo s’avance ici dans sa version VAE. Avec des lignes et un comportement qui rappellent le modèle original, mais doté d’une discrète assistance électrique Mahle ebikemotion X35 de 250W installée dans le moyeu arrière. Ce SuperSix Evo Neo 2 est une alternative géniale et ludique pour un organisme au physique diminué ou un pratiquant occasionnel.

Par Sébastien Jacquet – Photos : 3bikes.fr

Relances, départs arrêtés, bosses : le Super Six Evo Neo 2 et son assistance Mahle ebikemotion de 250 W a pour objectif de soulager les actions les plus pénibles en cyclisme, en préservant le plaisir de rouler.

Version « électrisée » d’un vélo de route classique Cannondale SuperSix Evo, le SuperSix Evo Neo 2 reprend les caractéristiques d’un haut de gamme Performance de la marque. En termes de géométrie de cadre et de position, plus racée qu’un Synapse Neo par exemple, axé lui sur l’endurance et le confort. Il entend proposer aux organismes moins fringants ou diminués une pratique sportive, mais en offrant une assistance et la possibilité d’activer un soutien sur trois niveaux, pour les esprits moins entrain à faire monter le cardio à la moindre déclivité, rendre l’effort moins violent, ou tout simplement garder la roue des copains quand on arrive sur un terrain qui n’est plus le sien.

Le Cannondale SuperSix Evo Neo 2 possède un tube diagonal et un boitier de pédalier plus massif que sur la version traditionnelle, afin d’accueillir le bloc batterie de la motorisation Mahle ebikemotion.

« L’effort » ? On rassure d’entrée les sceptiques et les esprits critiques convaincus d’une pratique qu’ils ne connaissent pas, car si ce type de vélo va à l’encontre de l’idée pionnière qu’un cycliste doit emmener sa machine avec la tête, les jambes et son appareil cardio-respiratoire uniquement, il s’agît bien ici d’une activité physique, exigeante, faisant toujours appel à ces fonctions et une bonne dose de volonté pour avancer. Un vélo de ce type est conçu pour soulager avant tout l’organisme plus fébrile sur toutes les petites actions les plus exigeantes et usantes en cyclisme : les départs arrêtés aux feux ou à un stop, les relances et à-coups, et bien entendu, les bosses de toutes sortes… n’en déplaise aux bornés. 

Grâce à une motorisation discrètement installée dans le moyeu arrière, le SuperSix Evo Neo 2 peut s’appuyer sur un pédalier HollowGram double plateaux (50-34).

Dans la continuité du lancement de son nouveau SuperSix Evo, Cannondale a donc présenté sur le marché la version à assistance électrique du fleuron de la gamme compétition de la marque, frappée du terme Neo qui désigne les VAE chez Cannondale. Notre modèle de test SuperSix Evo Neo 2 récupéré dans les ateliers Kilomètre 0 à Paris, se présente avec un montage intermédiaire, équilibré, afin de contenir un prix qui grimpe vite sur ces objets intégrant de hautes technologies. Le vélo dispose ainsi d’une transmission Shimano Ultegra mécanique 11 vitesses, hyper fiable, avec freinage hydraulique à disque (disque de 160 mm à l’avant et à l’arrière), d’une selle Prologo Dimension (rails Tirox) creusée en son centre, à l’assise très confortable, de l’élégant combo profilé cintre/potence HollowGram SystemBar Save, et de roues assez basiques Cannondale RDe 1.0, dont l’arrière accueille la motorisation Mahle – ebikemotion de 250 W.

Il faut compter 3,5 kg pour l’ensemble de la motorisation Mahle ebikemotion (bloc batterie + moteur).

C’est autour de l’assistance que s’articule le travail de conception du cadre pour intégrer moteur et batterie, et rapprocher le modèle d’un traditionnel de la gamme route Cannondale, en renforçant l’impression de proposer une pratique équivalente… à quelques watts et pulsations près. Pour sa gamme SuperSix Evo Neo, Cannondale a fait le choix d’un système d’assistance Mahle ebikemotion X35 (qui fournit un couple de 40Nm), utilisant un moteur de 250 W installé dans le moyeu arrière et une batterie de 250 Wh dissimulée dans le tube diagonal et le boitier de pédalier. Tout dépend ensuite du niveau de soutien choisi et du terrain, qui détermine l’effort à fournir.

Trois niveaux d’assistance sont proposés par la motorisation Mahle ebikemotion, via un bouton de commande iWoc facilement accessible, intégré dans le tube supérieur.

Elle se coupe au-delà de 25 km/h, ensuite ce sont à vos muscles de s’activer et prendre seuls le relais. Comprenez que l’assistance intervient lorsque le compteur est sous cette valeur, et que le besoin s’en fait sentir. Trois modes d’assistance sont proposés à activer suivant un code couleur (Vert – Orange – Rouge) et via un bouton facilement accessible sur le tube supérieur du cadre, légèrement en retrait de la potence. Le voyant lumineux par défaut affiché en continu (une fois le mode sélectionné) agît lui comme un indicateur de charge de batterie.

L’emplacement sur le tube diagonal par lequel transitent ici les câbles accueillent le boitier de jonction sur les versions SuperSix Evo monté en Di2.

À noter qu’un prolongateur d’autonomie (sous la forme d’un deuxième bidon de 1,64 kg à emporter) est proposé par Cannondale (vendu séparément), et se branche sur la prise de recharge pour fournir une capacité de 208 Wh à la batterie principale pour une capacité totale de 450 Wh. La recharge s’effectue très rapidement, suivant le niveau de la batterie grâce au chargeur sur prise secteur (que l’on peut contrôler via l’indicateur lumineux sur le tube supérieur ou en couplant son vélo à l’appli Cannondale App dans le cas d’une roue équipée du capteur).

La recharge de la batterie s’effectue par cette prise située sur la face supérieure du boitier de pédalier (en à peine 2-3 heures suivant le niveau de batterie), qui permet également de brancher un prolongateur d’autonomie.

S’il doit composer avec l’intégration d’une batterie et d’un moteur dans le moyeu de la roue arrière, le cadre du SuperSix Evo Neo se rapproche dans sa conception du modèle traditionnel SuperSix Evo. Conçu avec un cadre BallisTec en carbone, il reprend les lignes et tubes profilés aérodynamiques qui rappellent les caractéristiques proposées par la version route classique.

Un serrage de tige de selle invisible au premier regard, situé dans l’angle de la jonction entre le tube de selle et le tube supérieur.

Rigidité, légèreté et rendement sur tous les terrains restent la marque de fabrique du modèle (avec toutefois des modifications en termes de comportement liées à un surpoids qui change la perception de l’équilibre du vélo). Le SuperSix Evo Neo reprend également les avantages d’une géométrie avec les haubans abaissés, la serrage de tige de selle intégrée et la tige de selle KNØT 27 pour fonctionner en synergie, absorber les aspérités et améliorer le confort et le contrôle du vélo.

On retrouve les lignes profilées du nouveau SuperSix Evo traditionnel, et une conception similaire du tube de selle et des haubans abaissés.

La présence du poste de pilotage HollowGram SystemBar Save présent sur les modèles SuperSix Evo Neo 1 et Neo 2, ajoute une touche d’aérodynamisme et de confort, pour de multiples positions des mains. Il offre également un passage interne de la câblerie pour un effet épuré des plus séduisants. S’il casse un peu la ligne aéro du combo, le support intégré est très pratique, et permet de monter tout type de compteur GPS (en passant d’un support Wahoo à Garmin en quelques tours de vis) et accessoires, telle qu’une lumière Fabric Lumaray V2 par exemple. 

Dessin aérodynamique, confort et multiples positions d’accroche pour l’élégant poste de pilotage HollowGram SystemBar Save.

La carte confort n’est pas en reste puisqu’en plus de la géométrie du triangle arrière, le Cannondale SuperSix Evo Neo 2 dispose également d’un dégagement de pneus suffisant pour accueillir des pneumatiques jusqu’à 28 mm. Monté, le Cannondale SuperSix Evo Neo 2 frôle les 12,5 kg (sans pédale), en comptant les 3,5 kg du Drive Pack (Moteur + batterie). Pour vous donner une idée complète, un SuperSix Evo Neo 1 est lui annoncé à 11,3 kg, soit dans les standards annoncés du marché pour les modèles les plus hauts de gamme (11 kg pour un Wilier Cento10Hybrid, 12,2 kg pour un Specialized Creo SL, 13,56 kg pour un Domane+, 13,4 kg un LOOK E-765 Optimum, une comparaison à prendre avec précaution en raison des différences de modèles de motorisation intégrées et des caractéristiques de comportement recherchées pour le cadre).   

Possibilité de monter des pneus jusqu’à 28mm pour ce Cannondale SuperSix Evo Neo 2.

Pédalage accompagné, assistance modérée

Si de nos expériences, ce type de motorisation dans le moyeu arrière renvoie un peu plus la sensation d’une propulsion que celle installée au niveau d’un pédalier, elle a pour avantage d’être quasi instantanée et de libérer complètement ce dernier puisque le SuperSix Evo Neo 2 dispose d’un pédalier classique HollowGram, double plateaux (50-34), limitant d’avantage le risque de friction/de frottements, et augmentant la sensation de fluidité dans le pédalage à ce niveau. Bien évidemment, vous comprendrez aisément qu’un départ arrêté à un feu ou dans un mur, avec l’assistance sur le plus haut niveau, vous donnera dès la mise en action l’impression d’être vraiment propulsé, le temps d’atteindre l’intensité d’effort et la vitesse de progression souhaitées. En revanche, lorsqu’on dose le mode sélectionné en fonction de son rythme de croisière, du terrain, la sensation d’un pédalage accompagné et d’une assistance silencieuse et imperceptible est bien plus flagrante et agréable. Et en accord avec ce que cherche à proposer ce type de machine.

Même avec un vélo à assistance électrique, monter un mur à 25 km/h nécessitera une bonne dose d’effort physique.

Pour vous donner une idée, même avec le niveau d’assistance maximale, il faudra toujours s’employer franchement pour maintenir sa machine à 25 km/h dans une montée. Ça n’est pas l’assistance qui vous y amènera, mais bien vos jambes et votre souffle (d’autant qu’elle donne la sensation de fléchir aux environs de 23/24 km/h). Monter à 12, 14, 16 ou 18 km/h avec le mode d’assistance maximale par exemple donnera l’impression d’un effort très facilité, mais le faire proche des 25 km/h restera une toute autre affaire, bien sportive. Et bien sûr plus le pourcentage est élevé, plus l’assistance peut se faire sentir, mais plus l’effort pour garder un rythme élevé restera exigeant, naturellement. L’utilisateur cherchera à trouver le juste milieu entre son rythme (cardiaque) et le niveau d’assistance.

Dès les premiers tours de roues, le Cannondale SuperSix Evo Neo 2 renvoie rapidement aux caractéristiques appréciées sur le modèle traditionnel, Cannondale SuperSix Evo.

De notre ressenti et par rapport à nos habitudes de pratique, le premier mode vert proposé par ce Cannondale SuperSix Evo Neo 2 permet surtout de compenser et de hisser le poids du vélo et du cycliste. Le deuxième mode est intermédiaire et apparaît souvent comme la meilleure alternative entre assistance et implication dans l’effort. Le mode le plus puissant vous permettra de grimper avec les cannes et le coeur d’un Alberto Contador, mais entendons-nous, cela à votre rythme, à votre niveau, en fonction du terrain. Toujours. 

Monter à 12, 14, 16 ou 18 km/h avec le mode d’assistance maximale par exemple donnera l’impression d’un effort très facilité.

Le caractère du SuperSix Evo

De par la géométrie de son cadre et le comportement général, on retrouve rapidement le caractère d’un Cannondale SuperSix Evo traditionnel. On apprécie la position plus « ramassée » proposée, les qualités de rendement, le super mélange de rigidité/légèreté/confort qui ont fait la réputation du modèle classique, et le côté aérodynamique insufflé à la dernière édition. Moteur éteint, avec une certaine vitesse et sur des routes planes, le SuperSix Evo Neo 2 se ballade sans trop buter. Le poids se fait en revanche sentir dès que l’on passe dans des pourcentages, même légers. L’assistance peut alors devenir nécessaire pour éviter la sensation d’avoir à traîner les kilos supplémentaires du moteur et de la batterie. À ce titre, on perçoit aussi dès le départ la présence du poids de la motorisation sur le moyeu arrière… Et ça, pour un cycliste habitué à rouler sur des modèles classiques toujours plus légers depuis trente ans, ça modifie bien évidemment l’équilibre général d’un vélo et réduit la sensation de dynamisme du celui-ci, dans les bosses notamment. Heureusement l’assistance est là pour rétablir la balance.

Le risque d’une crevaison à l’arrière nécessite de partir sans oublier un multi-outils, pour démonter les deux écrous de la roue arrière et ôter le cache de protection noir reliant le moteur dans le moyeu à la batterie, pour pouvoir manipuler.

L’assistance est quasi immédiate dès sa mise en action, et ne nécessite pas un coup de pédale plus appuyé pour se mettre dans le rythme (quand on lève le pied, on a même parfois la légère impression d’un laps de temps pour qu’elle se coupe (pensez-y et soyez attentif dans les roues ou à l’arrivée sur un stop/feu). Elle est quasi silencieuse, sur les deux premiers niveaux notamment. On perçoit à peine un très, très léger vrombissement en assistance maximale, dans un mur (et encore, cet infime son est très souvent masqué par les bruits environnants et le retour de la chaussée). Rappelons que ce type d’objet ne s’adresse pas au coursier au physique fringant et bien sportif qui n’y trouvera forcément que peu d’utilité (si ce n’est en récupération ou pour s’amuser, puisque sa vitesse de croisière sera déjà supérieure à celle que peut proposer l’assistance), mais pour un organisme au physique diminué qui saura l’apprécier. En pouvant prendre du plaisir à rouler et profiter de son activité sans avoir trop l’impression de se tanner, de 25 à 30 km/h de moyenne.

Cannondale avance 75/80 kilomètres d’autonomie en puissance max, mais nous avons multiplié les sorties de 100 bornes avec des bosses, sans aucune inquiétude concernant la recharge de la batterie.

Question autonomie, nous n’avons jamais réussi à décharger la batterie au cours de nos sorties et sur les 2 000 kilomètres réalisés lors de ce test… avant d’être confiné. En assistance continue, Cannondale avance 75/80 kilomètres d’autonomie. Nous avons effectué et enchaîné sans souci plusieurs sorties de 80 à 100 bornes à plus ou moins 1 000 m de dénivelé positif, avec une assistance active dans la bosses surtout, sans passer par la case recharge. Enfin, ne soyez pas trop pressé pour sélectionner le mode d’assistance, assez réactif, et cliquez avec retenue pour faire défiler les différents niveaux au risque de vous emmêler dans le code couleur, pourtant très simple.

Esthétiquement réussi, le passage de câble par le poste de pilotage limite l’angle de braquage, et laisse apparaître une cavité qu’il faut veiller à nettoyer.

La gamme SuperSix Evo Neo sur trois niveaux

La gamme SuperSix Evo Neo comporte trois niveaux de modèles : un très haut de gamme SuperSix Evo Neo 1, commercialisé à 8 999 € monté en Shimano Dura Ace Di2, poste de pilotage HollowGram SystemBar Save et roues HollowGram 45 KNOT. Un SuperSix Evo Neo 3 qui se veut plus accessible mais qui coûte tout de même 4 199 €, avec transmission Shimano 105, cintre et potence Cannondale 3 et roues Cannondale RDe 1.0. Et la version de notre test, un intermédiaire SuperSix Evo Neo 2 à 5 499 € monté en Shimano Ultegra mécanique, cintre combo HollowGram SystemBar Save et roues Cannondale RDe 1.0.

On retrouve la très belle qualité de finition habituelle chez Cannondale, un montage équilibré, pour un vélo au profil sportif, très complet dans le comportement, rigide, performant, tout en étant très confortable et donc endurant. Facile à prendre en main et pas exigeant, il peut convenir comme la version traditionnelle à une multitude de profils cyclistes. Et il brouillera les pistes avec la discrétion d’une assistance électrique lui offrant les lignes et l’allure d’un modèle des plus traditionnels… De quoi attendrir les puristes qui n’auraient pas compris le principe qu’offre une telle pratique ?

CANNONDALE SUPERSIX EVO NEO 2 
Note : *****

Les + : Comportement général, autonomie, poids, assistance réactive, confort, qualité de finition.
Les – : Prix, manipulation en cas de crevaison roue arrière, déséquilibre avant/arrière.

Cadre : Nouveau BallisTec Carbon, batterie interne au tube diagonal, SAVE Fourche : BallisTec Carbon SAVECintre/Potence : HollowGram SystemBar Save, Carbon, 8°Freins : Shimano Ultegra Hydro Disc (160/160mm)Dér. Arrière : Shimano Ultegra GS 11 vLeviers : Shimano Ultegra Hydro Disc 2x11vCassette : Shimano 105 (11-34), 11 vitessesChaîne : Shimano HG601 11 vitessesPédalier : HollowGram (50-34)Roues : Cannondale RDe 1.0Pneus : Vittoria Rubino Pro Black Bright, 700×28Selle : Prologo Dimension (Tirox Rails) Tige de selle : HollowGram 27SL KNOT, CarbonMotorisation : Mahle ebikemotion X35 250WBatterie : Mahle ebikemotion X35 250 WhPoids : 12,5 kg en taille S sans pédaleTailles : SM – MD – LG – Prix : 5 499 €

Contact : Cannondale.com

=> VOIR AUSSI : Tous nos test Matos

Sébastien Jacquet

Sébastien Jacquet

- 35 ans. - Journaliste professionnel depuis 2008 en presse écrite sportive (Collaborateur à Vélo Magazine - L'Equipe) - Pratiques sportives actuelles : cyclisme (occasionnelles : football, course à pied) - Strava : Sébastien Jacquet

Vous aimerez peut-être :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *