Test longue durée des pneus Continental GP 5000

Chez Continental, le nouveau pneu GP 5000 a la lourde tâche de remplacer un modèle qui s’est imposé comme une véritable référence avec ses différentes évolutions pendant deux décennies : le fameux GP 4000 (S II pour sa dernière version). Nous l’avons testé sur près de 4000 km, et pouvons estimer que la marque allemande a encore franchi un nouveau cap en termes de rendement et d’adhérence, tout en améliorant le confort et en préservant la durabilité.

Par Guillaume Judas – Photos : 3bikes.fr

Le pneu Continental GP 4000 SII cumulait déjà de nombreuses qualités, vérifiées par plusieurs tests indépendants dans les domaines d’une faible résistance au roulement, d’un bon grip sur le sec comme sur le mouillé, d’une excellente durabilité, et même du meilleur aérodynamisme du marché (grâce à la forme et aux dessins de la bande de roulement), même si cette dernière caractéristique n’avait pas forcément été voulue au départ. Du côté de ses défauts, même s’il faut toujours faire quelques compromis quand on recherche un pneu polyvalent, on pouvait lui reprocher un léger manque de confort, une certaine fragilité sur les flancs ainsi qu’une propension à gonfler un peu avec le temps et à faire en réalité une section plus importante qu’annoncée.

Le GP 5000 remplace le GP 4000 S II dans la gamme Continental.

Avec l’objectif de faire encore mieux, Continental a présenté à la fin 2018 deux déclinaisons du nouveau GP 5000, avec un pneu et une version Tubeless, elle aussi remarquable mais dont nous publierons l’essai longue durée un peu plus tard.

Une gomme encore améliorée

Sans révolutionner son approche du pneu haut de gamme/polyvalent, et à l’inverse de la plupart des marques d’ailleurs qui ne savent faire que du pneu ultra performant ou du pneu ultra résistant, mais rarement les deux, Continental a optimisé sa gomme Black Chili sur la bande de roulement du GP 5000. De légères modifications qui rendent d’ailleurs le pneu un peu plus noir, alors que le GP4000 S II tirait plutôt vers le marron/gris très foncé.

Le pneu est d’un noir plus intense que son prédécesseur.

Une bande de roulement composée ici de trois couches et qui apporte selon Continental une plus faible résistance au roulement que le 4000 (- 12 %) et une meilleure protection contre les crevaisons (+ 20 %). Un compromis effectivement difficile à apporter et qui reste l’apanage de très grands manufacturiers, compte tenu des moyens à mettre à oeuvre pour obtenir ces composés de caoutchouc très performants.

Les trois couches qui offrent les qualités dynamiques du GP 5000.

On trouve sous la première couche de contact avec le sol une couche de Vectran Breaker conçue avec des fibres synthétiques pour améliorer la résistance sans prise de poids excessive. Puis enfin une couche de polymères Active Confort, pour dissiper les vibrations et améliorer le confort. Enfin, concernant l’adhérence, on trouve la technologie Lazer Grip sur les côtés de la bande de roulement, qui forme un ensemble de petites structures censées procurer plus d’adhérence sur sol mouillé.

En 25 mm (27 mesurés), les flancs sont dans la continuité de ceux d’une jante de 25 mm de large. L’assurance d’un bon aérodynamisme.

Sous ces trois couches, on trouve une carcasse composée de trois plis de 110 TPI chacun, soit 330 TPI (330 fils par pouce). C’est un indice de souplesse, et donc de nervosité du pneu, très élevé. Au niveau du poids, notre paire de test affiche 221 et 222 g pour les deux exemplaires en 700×25, au lieu des 215 g annoncés. Montés sur des roues Mavic Cosmic Pro Carbon SL (non UST), avec une largeur interne de 17C et une largeur externe de 25 mm, les pneus sont mesurés en réalité à 27 mm de section. La prise de volume est effectivement limitée par rapport au GP 4000 S II, ou même à du Michelin Power Compétition, qui équipaient ces roues auparavant, et qui étaient assez proches d’un 28 réel mesuré. Disons qu’en regardant les roues montées avec le GP 5000, les flancs semblent dans la continuité des flancs des pneus, qui ne créent pas de ballon. C’est mieux pour l’aérodynamisme, mais aussi pour les sensations, avec des réaction franches et directes lors des changements de trajectoire.

Le pneu mesure entre 26 et 27 mm de section au pied à coulisse sur des roues Mavic.

Des qualités de roulement exceptionnelles

Le site de référence Bicycle Rolling Resistance a testé et comparé la résistance au roulement des Continental GP 5000 avec leurs concurrents et même les meilleurs boyaux ou pneus Tubeless. Verdict : les pneus ici à l’essai arrivent en sixième position de tous les pneus jamais testés par le site, seulement supplantés dans la catégorie pneus avec chambre à air par le modèle spécifique Continental GP TT (légers et fragiles). Les GP 5000 Tubeless arrivent en troisième position. 1,7 watt de résistance sépare les pneus et les Tubeless, alors que 2,2 watts séparent le GP 5000 du déjà très bien noté GP 4000 S II. La marque allemande sait faire des pneus qui roulent vite, c’est une évidence.

La taille est idéale pour la plupart des vélos route modernes à patins.

Et ce sont effectivement des sensations que l’on retrouve dès les premiers tours de roues avec les GP 5000, avec des pneus qui semblent filer sur la route, aussi bien en roulant au train que sur des successions de changements de rythme. Mais là où ils se démarquent vraiment des 4000 S II, c’est en termes de confort, bien que ce soit un terme que n’aimons pas trop utiliser concernant des pneus de vélo sportif. En effet, parler de « confort » sous-entend une attitude passive sur le vélo, et on sait très bien par ailleurs qu’il est relativement facile de diminuer les vibrations avec des pneus classiques : soit en augmentant la section (par exemple en choisissant du 28 mm), soit en diminuant la pression de gonflage, tout simplement. Mais dans les deux cas, on perd en performance. Les grosses section présentent de faibles résistances au roulement une fois le vélo lancé et en roulant au train, mais elles sont aussi plus lourdes et moins nerveuses, en plus d’être moins aérodynamiques (en créant un ballon au dessus de la jante). Bref, à section égale, le GP 5000 tape moins que son prédécesseur, et cela se vérifie aussi en termes de motricité : sur une route au revêtement dégradé, le pneu semble moins rebondir.

Le GP 5000 incite vraiment à prendre de l’angle et à « attaquer » dans les courbes, avec une gomme qui donne vraiment l’impression de mordre le bitume.

Cela ne perturbe pas le grip, bien au contraire, avec une mise en confiance exceptionnelle sur le sec. Le GP 5000 incite vraiment à prendre de l’angle et à « attaquer » dans les courbes, avec une gomme qui donne vraiment l’impression de mordre le bitume. Sur le mouillé, il faut bien sûr se montrer un peu plus prudent, mais le pneu ne surprend pas en décrochant sans prévenir. Les dérives sont progressives et permettent de prévenir et d’adapter la vitesse, le freinage, ou la prise d’angle.

Les prises d’angle sont rassurantes grâce aux dessins sur les bords de la bande de roulement.

Une résistance toujours à la hauteur

Sur près de 4000 km, il est vrai effectués la plupart du temps sur des routes sèches, nous n’avons connu aucune crevaison. C’est un résultat très bon, mais pas exceptionnel à ce niveau de gamme et au printemps. Nous n’avons cependant pas pris de gants, en roulant régulièrement sur des pistes cyclables ou des routes en travaux. La protection Vectran Breaker semble au niveau des promesses de la marque, malgré quelques coupures sur la bande de roulement, inévitables après deux mois d’utilisation intensive. Le pneu arrière commence d’ailleurs à être marqué, et il est sans doute temps de l’intervertir avec le pneu avant, afin d’espérer rouler 4000 km de plus avec les GP 5000. Il est donc difficile de comparer exactement l’endurance de ce nouveau modèle par rapport à son prédécesseur, parce que les conditions de route, de poids, de saison, sont toujours un peu différentes, mais on semble être au même niveau. Mais quand bien même le GP 5000 serait légèrement moins endurant que le 4000 S II, il reste largement au dessus de la concurrence, parmi les pneus de haut de gamme polyvalents, qui généralement tournent plutôt autour d’une durée de vie de 4 à 5000 km.

Quelques petites coupures, un peu d’abrasion, mais aucune crevaison après 4000 km. Les GP 5000 semblent très résistants.

La nouvelle référence

Ce pneu Continental GP 5000 devient donc la nouvelle référence compte tenu de ses performances et de ses nombreuses autres qualités, en dehors d’une utilisation ultra spécifique bien entendu. Avant de vous livrer notre verdict concernant le GP 5000 en Tubeless d’ici quelques semaines (le temps de rouler autant qu’avec le pneu !), nous ne pouvons que conseiller ce pneu pour chambre à air pour tous les coursiers amateurs, cyclosportifs et triathlètes qui recherchent un modèle performant et polyvalent.

CONTINENTAL GP 5000
Note : *****

Les + : Rendement, adhérence, durabilité, confort en hausse

Les – : Poids légèrement supérieur à celui annoncé

330 TPI
Technologies Lazer Grip, Active Comfort, Black Chill Compound, Vectran Breaker
Disponible en 700×23, 700×25, 700×28
Poids : 222 g en 700×25 (vérifiés)
Prix public : 62 €

Contact : continental-pneus.fr/velo et guyonneau.fr

=> VOIR AUSSI : Tous nos tests Matos

Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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