Partager la publication "Pourquoi le massage reste (encore) le Top en récup"
Et pourquoi les masseurs ne sont clairement pas près d’être au chômage ? Chaque année, le cyclisme (et le sport d’endurance en général) nous promet la révolution ultime de la récupération. Un nouveau gadget. Une nouvelle techno. Une nouvelle machine qui vibre, comprime, électrise ou congèle. Et pourtant…
Par Jeff Tatard – 3Bikes.fr / Photos ©3Bikes
À la fin de la journée, quand les watts sont passés, que les jambes sont dures comme du béton et que le cerveau demande grâce… on revient toujours au même point : une table, de l’huile, deux mains, et quelqu’un qui sait s’en servir.
Malgré les électrostimulateurs Compex, la cryothérapie corps entier, les Theragun qui font plus de bruit qu’un hélico, ou la pressothérapie dernier cri, le massage reste la référence absolue. Simple. Basique. Terriblement efficace.
La techno progresse, les muscles aussi… mais pas dans le bon sens
Attention, qu’on soit clair : Toutes ces technologies ont leur place. Elles aident, complètent, optimisent. Mais aucune ne remplace réellement l’intelligence du toucher humain.
Parce qu’un muscle ne se résume pas à un signal électrique ou à une pression uniforme. Il raconte une histoire. Une fatigue. Une tension. Un déséquilibre. Et ça, aucune machine ne sait encore le lire aussi finement qu’un bon masseur.
Dans le World Tour, le retour… au fondamental
Il y a quelques mois, Stéphane Gicquel nous ouvrait les portes des coulisses de l’équipe Alpecin-Deceuninck. Et le constat était limpide : la tendance n’est pas à moins de massage, mais à plus de massage.
« Aujourd’hui, on tend vers un masseur par coureur. Pas seulement pour éviter l’attente, mais parce que l’efficacité du massage baisse avec la fatigue du masseur. Une heure par jour, c’est à peu près la limite pour rester vraiment performant. »
Traduction : le massage est tellement important… qu’on adapte l’organisation humaine autour de lui. Pas l’inverse.
Le massage, ce n’est pas qu’un moment agréable
Ce qui fait la force du massage, ce n’est pas seulement la détente. C’est sa capacité d’adaptation immédiate.
Comme le résume très bien Guillaume Lange, kiné reconnu dans le sport d’endurance : « Le massage, c’est le seul outil qui permet d’évaluer, traiter et ajuster en temps réel. Tu sens sous tes doigts ce qui se passe, et tu adaptes instantanément. »
Pas de protocole figé. Pas de programme standard. Juste une lecture fine du corps.
Même son de cloche chez Mathieu Moretti, autre référence du milieu : « Les machines font ce qu’on leur demande. Le masseur, lui, comprend ce dont le corps a besoin, parfois avant même que l’athlète ne le verbalise. »
Et c’est là toute la différence.
La machine fatigue moins… mais elle ne comprend rien
Ironie de l’histoire : on investit souvent dans la technologie pour gagner du temps ou de l’énergie.
Mais dans le cas du massage, l’humain reste irremplaçable, même si lui aussi a ses limites.
Un masseur fatigué masse moins bien. Un masseur surchargé perd en précision. D’où cette évolution logique dans les équipes de haut niveau : plus de masseurs, mieux répartis, pour maintenir un niveau d’efficacité maximal.
Pendant ce temps-là, les machines font ce qu’elles savent faire : répéter. Toujours pareil. Sans nuance.
Conclusion, le futur est high-tech… mais les mains restent en avance
La récupération évolue, c’est indéniable. Mais s’il y a bien une certitude, c’est que le massage n’a jamais été aussi central.
Pas parce qu’on est nostalgiques. Mais parce qu’aucune innovation n’a encore réussi à battre la combinaison ultime : expérience, toucher, adaptation, intuition.
Alors non, rassurez-vous : les masseurs ne sont pas près d’être au chômage. Et à voir la direction que prend le sport de haut niveau, ils risquent même d’être de plus en plus demandés.
Comme quoi, parfois, la meilleure technologie… ce sont juste deux mains bien placées.
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