Partager la publication "Étape du Tour 2027 : parcours et reconnaissance entre Cluses et Les Saisies"
154 km, 4850 m D+ et cinq ascensions entre Cluses et Les Saisies : l’Étape du Tour 2027 annonce la couleur. Mais le plus difficile ne se lit pas forcément sur le profil ! Des premières pentes de la Colombière au dernier effort dans Bisanne, ce parcours peut vous offrir une magnifique journée de montagne… ou vous faire payer chaque cartouche laissée en route. Nous sommes allés le reconnaître pour vous : voici les passages à surveiller, les moments pour souffler et les pièges à éviter pour arriver à Beaufort avec encore des jambes. Car c’est là que votre Étape du Tour va vraiment commencer !
Par David Polveroni (texte et photos)
Cluses accueillera pour la première fois le départ de l’Étape du Tour. Les professionnels y ont déjà pris leurs habitudes, avec trois départs avant celui de 2027. Certains d’entre vous se souviennent aussi d’y être passés en 2018, sur l’Étape du Tour entre Annecy et Le Grand-Bornand. Nous étions alors au pied du col de Romme, avant d’enchaîner avec la Colombière. Cette fois, on rejoint directement cette dernière par Scionzier.
La Colombière : une difficulté qui va crescendo
La Colombière, c’est 15,9 km à 7 % de moyenne selon le profil annoncé. Mais derrière ce chiffre, on trouve deux parties bien distinctes et un final qui mérite toute votre attention.

Depuis Scionzier, les premières pentes restent plutôt roulantes, souvent autour de 5 à 7 %, malgré quelques passages plus soutenus. La route s’élève jusqu’à un replat de plus de 2 km qui nous accompagne vers Le Reposoir. Un village au nom bien choisi : profitez de ce répit, car la sortie marque un changement de ton.
Il reste alors environ 7,5 km à grimper. Les pourcentages augmentent, avec quelques rampes qui obligent déjà à jouer du dérailleur. On entre progressivement dans la partie la plus difficile, jusqu’aux trois derniers kilomètres, et surtout les deux derniers, où la pente ne vous laisse plus beaucoup de liberté.
Le chalet qui marque le sommet se devine de loin. On le regarde, on s’en rapproche, mais jamais assez vite ! Cette longue approche à découvert peut paraître interminable lorsque les jambes commencent à buter. Selon votre niveau et votre façon de pédaler, un braquet entre 36×30 et 34×34 trouvera ici toute son utilité.
Ces pentes ont vu quelques belles batailles du Tour. En 2009, Alberto Contador et les frères Schleck s’y expliquaient avant l’arrivée au Grand-Bornand, sur l’étape partie de Bourg-Saint-Maurice. En 2021, Pogačar y faisait forte impression en emmenant le gros plateau lors de l’étape entre Oyonnax et Le Grand-Bornand. Pour nous, les développements seront plus modestes !
Reste à savoir comment aborder ce premier morceau. Si votre objectif est avant tout de rejoindre Les Saisies, la portion jusqu’au Reposoir doit servir de mise en route. On trouve son rythme, on laisse les jambes se réveiller et l’on garde en tête tout ce qui nous attend après. L’idéal est d’avoir un plan de marche établi, avec des watts à tenir en fonction de ses capacités. C’est la base sur ce genre d’épreuve, et quelque chose que l’on peut préparer à l’entraînement. Encore faut-il s’y tenir le jour J ! Avec l’excitation du départ, l’ego peut vite pousser à suivre plus fort que soi. Les jambes répondent, le groupe devant semble à portée, et l’on dépense déjà une énergie qui manquera dans le col du Pré ou Bisanne.
Devant, la Colombière se montera sans doute très vite. Pour ceux qui viennent chercher un chrono, elle demandera d’être capable de soutenir un effort important d’entrée. Avec la Croix Fry, elle contribuera à former les groupes pour les portions roulantes qui suivront. Accrocher les bonnes roues peut donc avoir un intérêt, à condition de connaître ses limites. Car ce n’est que le premier col de la journée.
La descente vers Le Grand-Bornand
La descente vers Le Grand-Bornand ne présente pas de piège particulier. Attention tout de même à la traversée du Chinaillon : la pente s’adoucit et le revêtement que nous avons trouvé lors de notre reconnaissance n’était pas toujours en très bon état, avec quelques déformations de la chaussée.
Au sommet de la Colombière, à cette période de l’année et si les conditions sont bonnes, il ne devrait pas être nécessaire de beaucoup se couvrir pour descendre. Cela restera évidemment à adapter à la météo du jour J.
La Croix Fry : on monte sans vraiment monter
En bas, on remet presque immédiatement les jambes en route avec la courte montée vers le col de Saint-Jean-de-Sixt. Autour de 6 %, elle sera avalée en quelques minutes par les plus forts. De quoi rappeler aux jambes que la descente est terminée !
À Saint-Jean-de-Sixt, on prend à gauche en direction de La Clusaz. La route continue de s’élever, mais sans donner l’impression d’être vraiment dans un col. Des portions autour de 3 à 6 %, où l’on peut encore emmener du braquet et où les différences de vitesse peuvent surprendre. Pour ceux qui font la course, cette partie mérite de rester attentif : on monte sans vraiment monter, mais les watts, eux, sont bien là.
Autour de nous, les Aravis déploient leurs grandes murailles calcaires au-dessus des alpages et des chalets. Le décor est magnifique. À la sortie de La Clusaz, on poursuit un temps vers le col des Aravis avant de délaisser sa route pour prendre à droite, direction la Croix Fry.
Il reste alors environ 4 km jusqu’au col, avec une portion descendante qui vient couper l’effort avant de reprendre véritablement l’ascension. Cette fois, il faudra tomber le gros plateau. La pente est plus soutenue, avec des passages autour de 7 à 9 %. Le dernier virage à 180° annonce les quelque 800 m finaux : une dernière portion qui fait mal avant de déboucher au col de la Croix Fry. Le panorama s’ouvre sur les Aravis et la Tournette. Sur une reconnaissance, on peut prendre quelques instants pour regarder autour de soi. En juillet, il faudra déjà penser à la descente.
Descente de la Croix Fry
Les premiers kilomètres sont pentus, avec quelques épingles qui demandent de bien placer son vélo. On descend au milieu des prairies et des chalets en direction de Manigod, avec la Tournette dans le paysage.
Après le village, un replat vient interrompre la descente avant une seconde partie plus rectiligne vers Thônes. Pas de piège particulier à signaler sur cette portion, mais il faut rester concentré : les jambes ont déjà travaillé, et la journée est encore longue.
Le col du Marais : ne pas se fier aux apparences
À Thônes, changement de direction avec un virage à 180° pour rejoindre le col du Marais. Un petit col, à 843 m d’altitude, qui pourrait presque passer inaperçu sur le profil général de l’étape. Pourtant, cette portion peut coûter de l’énergie. La route longe d’abord le Fier, puis remonte vers Les Clefs et le vallon de Champfroid. On retrouve cette impression de monter sans vraiment monter, avec des changements de pente, des passages autour de 2 à 6 % et un rythme qui n’est pas toujours facile à trouver.
Devant, ce terrain peut donner plusieurs visages à la course : des attaques, des relances, puis des moments où personne ne veut prendre le vent. Selon les conditions, le vent pourra justement peser sur cette portion. Les changements d’allure peuvent faire mal alors que le col, sur le papier, semble presque anodin.
Pour ceux qui veulent avant tout rejoindre Les Saisies, je serais plutôt d’avis de rester sur la retenue. Économisez vos forces et profitez de cette portion pour bien manger. Il y a finalement assez peu de temps morts sur cette Étape du Tour, et il ne faut pas laisser passer les occasions de s’économiser et de s’alimenter.
Serraval et Saint-Ferréol : une descente entrecoupée
Passé le col du Marais, on pourrait croire que l’on va se laisser descendre tranquillement vers la vallée. Mais une remontée intervient rapidement dans la traversée de Serraval. Environ 1 km à remettre de la pression sur les pédales : ce n’est pas une grande difficulté, mais cela vient quand même casser les jambes. On file ensuite vers Saint-Ferréol. Attention à quelques virages qui se referment : il faut garder une marge de sécurité dans ses trajectoires et ne pas se laisser emporter par la vitesse.
Nous retrouvons ici une partie des routes de la dernière étape du Tour de France Femmes avec Zwift 2024, partie du Grand-Bornand pour rejoindre l’Alpe d’Huez. On se souvient du suspense jusqu’aux derniers mètres et de Katarzyna Niewiadoma conservant son maillot jaune pour quatre petites secondes devant Demi Vollering, victorieuse de l’étape.
La vallée vers Ugine : les groupes vont compter
À Saint-Ferréol, on rejoint la vallée à proximité de Faverges, sans aller jusqu’au centre de la ville, pour prendre la direction d’Ugine. Le terrain devient plat, voire légèrement descendant, et les groupes constitués dans les premières ascensions vont prendre ici toute leur importance. Lors de notre reconnaissance, nous avons emprunté la piste cyclable. Le parcours de l’épreuve doit, lui, suivre la route principale dans cette vallée. C’est une portion à bien négocier avant de retrouver les difficultés de la seconde partie.
Ugine, au pied du mont Charvin, est aussi une ville dont l’histoire s’est construite autour des aciéries, développées au début du XXe siècle par l’ingénieur Paul Girod. Mais nous ne sommes pas encore au bout de notre propre travail de la journée !
Autour du kilomètre 80, on retrouve brièvement le début de la côte d’Héry-sur-Ugine, empruntée sur l’Étape du Tour 2025. Cette fois, on la quitte après environ 1 km pour redescendre vers l’entrée des gorges de l’Arly, avant d’aborder le col de la Forclaz de Queige.
La Forclaz de Queige : une usine à watts
Pour moi, c’est une difficulté que beaucoup de participants risquent de sous-estimer en regardant le parcours. La Forclaz de Queige, ce sont pourtant 5,1 km à 8,2 % de moyenne. Un col plutôt régulier, avec des pentes soutenues dès les premiers mètres. La route s’élève au-dessus d’Ugine et de ses usines. Ici, on va comprendre tout le sens de l’expression usine à watts ! Il faudra produire de la puissance, et surtout être encore capable de tenir son effort après cette première partie de course.
À mon avis, beaucoup de choses vont commencer à se décanter dans cette montée, à tous les niveaux. La gestion des premières ascensions et de la vallée va se faire sentir. Si l’on a laissé trop de cartouches en route, on risque de commencer à buter. Et ce n’est que le début…
La Forclaz de Queige, c’est une difficulté que beaucoup de participants risquent de sous-estimer en regardant le parcours.
Mais restons pour le moment sur cette Forclaz de Queige. Jusqu’en haut, il faut trouver son rythme et tenir son effort. À l’approche de la bascule, la pente semble enfin s’adoucir un peu, avant de quitter le val d’Arly pour rejoindre la vallée du Doron de Beaufort. Nous entrons dans le Beaufortain.
La descente vers Queige est courte, un peu moins de 5 km, et ne présente pas de piège particulier. La première partie est à découvert, tandis que la seconde comporte quelques épingles, avec une bonne visibilité qui permet de bien lire les virages. On rejoint alors la vallée.
Vers Beaufort : une vallée qui demande vigilance
Il reste une dizaine de kilomètres pour rejoindre Beaufort, qui marquera le véritable point de départ de la dernière partie de cette Étape du Tour. Et c’est surtout cette partie qui fera toute la différence. Mais avant cela, il faut remonter la vallée. Et ce n’est pas une petite vallée toute plate où l’on va simplement se laisser porter par le groupe ! Certaines portions remontent nettement, au point de faire tomber le gros plateau pour certains dans les premières rampes. Il faut encore appuyer sur les pédales pour rejoindre Villard-sur-Doron.
À cet endroit, une route sur la gauche permettrait de rejoindre directement la montée de Bisanne, en laissant de côté toute la boucle par Beaufort et le col du Pré. Géographiquement, la possibilité d’écourter est là. Reste à savoir ce que prévoira l’organisation : on pourrait imaginer une barrière horaire avec une réorientation des concurrents vers Bisanne, mais cela reste à confirmer. Psychologiquement, ce passage pourrait aussi peser. Pour ceux qui arriveront déjà très fatigués, avec une préparation insuffisante ou une première partie trop généreuse, il faudra avoir envie de poursuivre vers Beaufort en sachant tout ce qu’il reste à grimper. La route de Bisanne est là, sur la gauche, mais votre parcours passe d’abord par le col du Pré !
Autre particularité : entre Villard-sur-Doron et Beaufort, une portion sera empruntée dans les deux sens. Certains monteront encore vers Beaufort pendant que d’autres reviendront déjà de la boucle du col du Pré pour rejoindre Bisanne. Voir passer en face des concurrents qui ont déjà franchi cette difficulté pourrait aussi peser sur le moral. Cela demandera, à mon avis, un dispositif d’organisation important. On peut imaginer une séparation des deux sens de circulation, ainsi que des contrôles de passage sur la boucle du col du Pré. Les modalités restent à préciser, mais personnellement, de mémoire, je n’ai jamais rencontré cette configuration sur l’Étape du Tour.
Une fois Villard-sur-Doron dépassé et la bifurcation de Bisanne laissée sur la gauche, la dernière partie vers Beaufort devient plus roulante. On peut retrouver un rythme plus régulier avant d’attaquer le prochain morceau. À Beaufort, attention aux pavés ! Ils secouent franchement le vélo et méritent de rester vigilant, aussi bien à ce premier passage qu’au retour, selon les rues empruntées. Les bidons et le matériel doivent être bien fixés.
Le col du Pré : les choses sérieuses reprennent
On attaque alors le col du Pré, déjà emprunté sur l’Étape du Tour 2025 entre Albertville et La Plagne. Beaucoup d’entre vous connaissent donc peut-être cette montée. Mais cette année, elle intervient bien plus loin dans la journée : nous sommes dans le final, au pied de l’avant-dernière ascension, avec déjà près de 3 000 m D+ dans les jambes. Le col du Pré, ce sont 12,6 km à 7,8 % de moyenne selon le profil ASO. Et une moyenne qui cache une seconde partie particulièrement difficile !
Depuis Beaufort, les premières grandes épingles nous permettent de prendre de la hauteur au-dessus du village. La pente est plutôt régulière, entre 6,5 et 8 % pendant les 3,6 premiers kilomètres jusqu’à La Praz. On est déjà dans un vrai col, mais il faut en garder pour la suite. La route s’adoucit ensuite à l’approche d’Arêches. Un passage plus roulant, puis une courte descente : voilà un répit qu’il faudra apprécier pour bien digérer ce premier morceau avant d’attaquer la seconde partie. La seconde partie de ce col du Pré, mais certainement pas la plus simple !
Après Arêches, les pourcentages s’installent autour de 9 à 10 %. Quelques passages sont un peu moins raides, d’autres un peu plus, mais dans l’ensemble, il y a très peu de répit. C’est régulier dans le difficile. Il faut trouver son rythme et être encore capable de le tenir, avec un braquet adapté… Les lacets s’enchaînent sur cette petite route qui grimpe dans les alpages. Plus haut, les portions entre les épingles s’allongent, puis vient cette longue ligne droite finale, celle où l’on commence vraiment à avoir hâte d’arriver. On cherche le sommet, on regarde devant, on espère voir la pente se coucher… Les jambes, elles, savent très bien où elles en sont !
Et pourtant, ce col mérite aussi toute l’attention de vos yeux. On n’est vraiment pas loin de la crampe de la rétine ! Le décor est magnifique, même si vos jambes risquent de vous rappeler qu’elles aussi peuvent très vite attraper des crampes ici. Ceux qui étaient présents en 2025 retrouveront les mêmes pentes et la même exposition au soleil. Le col du Pré n’a pas changé d’orientation depuis ! Par beau temps, la chaleur pourra peser lourd dans cette ascension, surtout à ce stade de la journée. En 2026, sur la route de l’Alpe d’Huez, l’altitude entrait largement dans l’équation. Ici, il faudra aussi compter avec la chaleur, sur ce col du Pré puis, un peu plus tard, dans la montée vers Les Saisies. C’est un paramètre à prendre en compte dans votre préparation et dans la gestion de votre effort. Profitez quand même de ce qui vous entoure pour oublier un peu la souffrance des jambes. C’est aussi pour ces paysages que l’on vient rouler ici.
Au panneau du col, à 1703 m, attention à ne pas croire que tout est terminé : la route grimpe encore avant la véritable bascule, le profil de l’épreuve plaçant le point haut à 1748 m. Ceux qui ont fait l’Étape du Tour 2025 s’en souviennent peut-être. Les autres sont prévenus !
Roselend et le Méraillet : il faut encore pédaler !
Une courte descente nous permet de rejoindre le lac de Roselend et son barrage. La route que nous avons trouvée lors de notre reconnaissance était en assez mauvais état. Les épingles ne présentent pas de surprise particulière et cette portion, à découvert, offre une très bonne visibilité. Mais ce n’est pas encore une descente où l’on va pouvoir vraiment se reposer. Tout de suite, il faut repédaler pour traverser le barrage. La route est d’abord plate, puis un bon coup de cul vient rappeler aux jambes que l’effort n’est pas terminé : environ 200 m autour de 10 à 12 % pour rejoindre le col du Méraillet. C’est très court, mais à ce stade de la journée, on les sent passer.
Au Méraillet, autour du kilomètre 121,5, la descente vers Beaufort commence véritablement. On retrouve une route davantage à l’ombre, sans piège particulier. Après les relances autour du barrage, on peut enfin laisser filer le vélo et les jambes souffler un peu.
Retour à Beaufort, avant le dernier morceau
Nous retrouvons Beaufort autour du kilomètre 134. Attention de nouveau aux pavés dans la traversée, avant de reprendre la direction de Villard-sur-Doron. Sur cette portion déjà empruntée à l’aller, certains concurrents pourront encore être en route vers Beaufort pendant que vous redescendrez vers la dernière ascension. Environ quatre kilomètres nous séparent de Villard-sur-Doron, pour se préparer à attaquer le dernier gros morceau de cette Étape du Tour : la montée de Bisanne.
Bisanne : une dernière ascension qui va compter
Pour moi, c’est de loin le plus difficile des accès aux Saisies. Ce flanc de montagne possède plusieurs routes, dont certaines variantes encore plus raides. Nous allons emprunter la route principale depuis Villard-sur-Doron, avec 12,4 km à 8,3 % de moyenne annoncés. Après tout ce que l’on vient de franchir, voilà un chiffre qui mérite toute votre attention ! Des chiffres qui s’apparentent à la célèbre montée de l’Alpe, mais cette fois le début est facile… donc une fin plus difficile !
Le début laisse encore un peu de temps pour s’installer. La pente prend progressivement ses quartiers, puis on retrouve des portions autour de 7 à 8 %, entrecoupées de quelques passages plus roulants. Il ne faut pas croire pour autant que la montée va nous laisser beaucoup de liberté. Car une fois les pourcentages installés, ils sont bien installés ! Dans la seconde moitié, les passages autour de 9 à 10 % deviennent longs, avec très peu de répit. La pente impose son rythme, et il faut encore pouvoir suivre.
Bisanne 1500 sera un repère, mais certainement pas la fin des difficultés. Au-dessus de la station, il faut encore tenir sur des pentes proches de 10 %. C’est ici que l’on retrouvera tout ce que l’on a fait depuis Cluses : la gestion des premiers cols, les efforts dans les vallées, l’énergie dépensée pour suivre un groupe… ou celle que l’on aura su préserver. Dans la dernière ligne droite, le paysage s’ouvre largement sur le Beaufortain. Les alpages plongent vers la vallée, les sommets se succèdent, avec la silhouette si particulière de la Pierra Menta. Le massif du Mont-Blanc et les reliefs des Aravis complètent ce grand décor de montagne. Encore une fois, les yeux ont de quoi oublier un instant ce que les jambes sont en train de subir !
Cette dernière ligne droite est particulièrement exigeante. La pente reste exigeante, et les kilomètres parcourus depuis Cluses se rappellent à vous à chaque tour de pédale. Mais cette fois, on peut commencer à donner tout ce qu’il reste. Le dernier gros morceau de votre Étape du Tour touche à sa fin. Ou presque ! Le point haut de cette montée se situe à 1723 m, autour du kilomètre 150. Il reste encore à rejoindre Les Saisies.
Les Saisies : aller chercher les derniers mètres
Une courte descente permet de retrouver la route principale qui mène au col des Saisies. Quelques instants pour souffler, laisser les jambes tourner et préparer ce dernier effort. Au rond-point, il reste environ un kilomètre de montée, sur une pente autour de 5 %. Après Bisanne, cela pourrait presque sembler facile. Presque, car avec la fatigue, ce dernier kilomètre ne se fera pas tout seul.
Ces routes ont vu passer quelques grandes histoires du Tour. En 2000, Marco Pantani avait choisi le col des Saisies pour lancer son offensive de loin sur l’étape entre Courchevel et Morzine. Pour vous, l’histoire du jour est différente : il ne reste plus une succession de cols à franchir, mais quelques centaines de mètres pour aller chercher votre arrivée.
Les Saisies se dévoilent alors, avec leurs chalets et leurs résidences étalés sur ce large col, à la rencontre du Beaufortain et du val d’Arly. Une station ouverte, entourée d’alpages, où le regard porte loin. L’hiver, les pistes de ski prennent le relais de nos routes, et les champions du coin ont depuis longtemps fait connaître ces montagnes. On pense notamment à Franck Piccard, l’enfant de la station, champion olympique de super-G à Calgary en 1988. Les Saisies ont aussi accueilli les épreuves de ski de fond et de biathlon des Jeux olympiques d’Albertville en 1992. Aujourd’hui, ce sont vos jambes qui écrivent leur petite histoire sportive ici.
Cette fois, il faut lâcher les dernières forces. On quitte un instant les yeux du compteur, on relève la tête et l’on va chercher cette ligne que l’on attend depuis Cluses. Le dernier virage, les derniers mètres, et toute cette journée qui revient d’un coup : la Colombière au réveil, les premières cartouches, le col du Pré, la chaleur, puis Bisanne qui semblait ne jamais vouloir finir.
154 km et 4850 m D+ annoncés. Vous voilà au bout de votre Étape du Tour.
Une Étape du Tour qui se jouera dans la gestion
Cette édition reste bien dans les standards auxquels ASO nous a habitués. Avec 16 km et 550 m D+ de moins que les chiffres publiés pour 2026, on pourrait être tenté d’y voir une journée plus facile. Mais ne vous laissez pas tromper par les chiffres ! L’absence de col au-dessus de 2 000 m et un dénivelé inférieur à 5 000 m D+ ne rendent pas ce parcours anodin. Pour ma part, je pense même qu’il peut devenir plus difficile à gérer que celui de l’an passé par exemple.
Toute la première partie, jusqu’à Ugine et même jusqu’à Beaufort, est piégeuse. Le col du Marais et la vallée avant Ugine sont notamment des portions où l’on peut continuer à dépenser beaucoup sans vraiment s’en rendre compte. Si l’on ne profite pas des moments favorables pour récupérer et s’alimenter, la fatigue s’accumule. Et elle se paiera cash dans le col du Pré et la montée de Bisanne.
S’il fallait garder une idée en tête au départ de Cluses, ce serait celle-ci : votre Étape du Tour commence à Beaufort. Bien sûr, il faudra déjà y arriver ! Mais c’est avec cette dernière partie en tête qu’il faut aborder les premières ascensions.
Selon votre objectif et votre niveau, on peut s’autoriser quelques efforts plus appuyés dans la Colombière et la Croix Fry, voire de courts passages dans le rouge pour accrocher un groupe. Un groupe qui pourra ensuite vous faire gagner du temps dans les portions roulantes du col du Marais et de la vallée vers Ugine. Mais il ne faut surtout pas y rester, dans ce rouge ! Ce sont des choix à préparer avec votre entraîneur, en fonction de vos capacités et de votre plan de marche.
La durabilité sera encore une fois essentielle : être capable, après plusieurs heures, d’exploiter votre premier seuil, le SV1, le haut de votre Z2, début de Z3, avec le moins de dégradation possible. C’est pour moi une qualité fondamentale sur ce type de parcours. Avoir les watts au départ est une chose ; pouvoir encore les tenir dans Bisanne en est une autre.
Côté braquets, je vous recommande un pédalier de 50-34 associé à une cassette de 11-34, pour disposer au minimum d’un 34×34 dans les passages difficiles. Bien sûr, le choix dépend de chacun, de son niveau et de sa façon de pédaler. Mais il faut pouvoir rester économe, même lorsque la pente se durcit et que les jambes commencent à manquer.
Cette économie, c’est le fil conducteur de votre journée. Dans les watts, dans les changements de rythme, dans la façon de rouler en groupe : tout ce que vous saurez préserver avant Beaufort pourra vous servir dans le final.
Lien vers notre sortie Strava pour la reconnaissance : ICI
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