Transition hivernale : comment lever le pied sans perdre le fil

Fin octobre. Le thermomètre chute, la luminosité baisse et la saison touche à sa fin. Après des mois à accumuler les bornes, empiler les séances d’intervalles et chasser les KOMs, votre corps souffle un coup. Et votre tête aussi. Alors, on raccroche le vélo au clou jusqu’au printemps ? Certainement pas. Mais le moment est venu de casser la routine.

Par Guillaume Judas – Photos : depositphotos.com

La fatigue de fin de saison n’est pas qu’une histoire de mal de jambes. C’est surtout cette lassitude mentale qui s’installe doucement : marre de regarder le compteur, marre de respecter un plan au watt près, marre de sortir sous la pluie juste parce que c’est « suivre le programme ».

La période de transition sert exactement à ça : faire le vide. Ce n’est pas du temps perdu, c’est le socle de la saison suivante. Ceci dit, aucune loi n’oblige à couper deux semaines complètes sans toucher au vélo. Si vous finissez rincé, cessez de pédaler. Vraiment. Si vous avez encore du jus et l’envie de rouler, continuez ! Il suffit d’enlever le dossard mental.

Cycliste femme dans un décor d'automne
L’intersaison est la période idéale pour faire du sport sans contraintes.

Bye-bye les chiffres, bonjour le plaisir

Pendant le reste de la saison, chaque sortie a son étiquette : zone 2, PMA, seuil… En novembre, on oublie tout ça. On roule au feeling. Une sortie de 1h30 parce qu’il fait beau ? Parfait. Prendre le gravel et aller se perdre en forêt ? Excellente idée. Vous voulez appuyer un peu dans une bosse parce que les sensations sont bonnes ? Allez-y, sans culpabiliser. L’idée n’est pas de rouler comme un grand-père, mais de supprimer les contraintes.

C’est aussi le moment idéal pour aller courir, nager ou juste marcher. Ça déroule les jambes, ça entretient la caisse et ça vous permet de changer d’air.

La peur de perdre le niveau : un faux problème

C’est le grand classique : la hantise de perdre son niveau de forme. Résultat, beaucoup continuent de taper dedans par peur de régresser. Soyons clairs. Oui, votre VO2max va baisser un peu. Oui, votre rythme cardiaque va monter un peu plus vite. Et alors ? C’est le principe même de la périodisation. On ne peut pas être au pic de sa forme 365 jours par an. Un organisme qui ne décompresse jamais finit par exploser en plein vol au mois de mai.

Quelques semaines plus calmes ne détruiront pas vos années de pratique. En revanche, elles vous éviteront le surmenage.

Les pièges classiques de l’intersaison

  1. Garder le même volume en baissant juste l’intensité : faire 12 heures de selle par semaine en se traînant n’a aucun intérêt. Réduisez aussi la durée.

  2. Transformer une sortie courte en chrono : se dire « je ne fais qu’une heure » et la faire à bloc pour compenser n’aide pas à récupérer.

  3. Culpabiliser : la météo est décourageante ? Vous êtes fatigué par le boulot ? Ne sautez pas sur le home-trainer par contrainte. Assumez le canapé.

  4. Attaquer la prépa hivernale trop tôt : bouffer du spécifique dès novembre, c’est le meilleur moyen d’être écœuré en mars.

Ajuster les à-côtés et faire le bilan

Moins de kilomètres au compteur, c’est aussi moins de calories brûlées. Sans tomber dans la restriction, parce que votre corps a besoin de matériaux pour réparer les tissus, il suffit d’adapter naturellement le contenu de vos assiettes. Priorité au sommeil, à l’hydratation et à une alimentation saine.

Profitez-en pour vous poser dix minutes avec un carnet. Qu’est-ce qui a marché cette année ? Quels ont été les moments forts ? Où sont apparues les blessures ou les coups de mou ? Faire ce bilan à tête reposée évite de reproduire les mêmes erreurs l’année suivante.

Cycliste isolé sur route en automne.
Retrouver calme et sérénité : le vrai luxe des sorties automnales.

Quand réattaquer ?

Quand les jambes vous démangent, tout simplement. Certains repartent après 10 jours, d’autres ont besoin d’un mois. Remettez d’abord de la régularité, puis du volume, et enfin du spécifique. Inutile de brûler les étapes.

La vraie réussite d’une coupure hivernale ne se mesure ni sur Strava ni sur WKO. Elle se voit le matin où vous ouvrez les volets, voyez un grand soleil froid, et ressentez cette envie irrépressible d’enfiler votre collant et de partir rouler.

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Guillaume Judas

  - 54 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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