Partager la publication "Quelle est votre vision d’un peloton ?"
La mode est venue des États-Unis – comme souvent – un pays où la culture cycliste est loin d’avoir les fondations solides de celle de notre vieux continent : habiller tout un peloton d’une même couleur.
Par Bruno Cavelier – Photos : depositphotos.com
Dans le calendrier cyclosportif, il existe de plus en plus d’épreuves qui imposent le port d’un maillot officiel, souvent très réussi sur le plan esthétique, et bardé des logos de leurs partenaires. L’argument est imparable : c’est pour les photos. Effectivement, l’uniformité d’un peloton visuellement uniforme crée immédiatement une image collective, compacte et ordonnée. Les cyclistes sont réunis par une même identité : les individualités s’effacent au profit d’une masse cohérente. C’est particulièrement flagrant dans une épreuve comme un GFNY, un GF Series Colnago ou la Fausto Coppi : le peloton apparait comme un ensemble graphique, facilement identifiable et spectaculaire en photo ou vidéo. Derrière ces images, il y a quelque chose de presque militaire qui évoque la discipline, l’appartenance et la communauté.
C’est beau mais…
Est-ce vraiment ceci un peloton ? Je ne crois pas, mais ce n’est que mon avis personnel. Pour ma génération, la découverte d’un peloton est un paquet de cyclistes en tenues chamarrées, bleu Gan Mercier (Poulidor), à damiers en blanc et noir (Thévenet), orange Bic (Ocana), brun Molteni cerclé de noir (Merckx), bleu ciel Salavarani (Gimondi), de magnifiques maillots tricolores de champions nationaux, etc. Chaque champion a sa gueule, encore aujourd’hui. Des tenues variées mettent en évidence une addition de personnalités, dont la richesse visuelle vient précisément de la diversité. Cette esthétique fragmentée est vivante et individualisée. Chaque coureur conserve une identité visuelle propre. Le regard circule d’un individu à l’autre, perçoit les différences entre les participants et, surtout, permet de les reconnaître pour les encourager.

Fier de mon club
Je suis un coureur cycliste. J’ai signé ma première licence en cadet et je reste un compétiteur cinquante ans plus tard. J’ai toujours aimé mon club et je suis fier de porter ses couleurs lorsque je suis sur une ligne de départ, dans un peloton et parfois sur un podium. J’ai l’amour du maillot.
En plus de ma pratique cycliste, je me suis toujours impliqué en tant que dirigeant et je suis aujourd’hui le président d’un club réunissant une cinquantaine d’adhérents. Être président, c’est du travail bénévole et passionné quasi-quotidien, de gestion, mais aussi de recherche et de fidélisation de partenaires, présents sur nos maillots, qu’il est impératif de valoriser.
Maillot de club ou de cyclo ? Chacun sa vision du peloton…
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