Test numéro 2 des produits MNSTRY : la nutrition de Remco, cette fois testée en course

Pendant trois semaines au Portugal, nous avions demandé à MNSTRY de nous accompagner dans la construction de la performance. Des sorties de quatre à cinq heures, près de vingt heures d’entraînement hebdomadaire, de la chaleur et suffisamment de kilomètres pour comprendre une première chose : une nutrition sportive réussie est parfois celle que l’on finit par oublier parce qu’elle ne devient jamais un problème. Mais il restait la question la plus importante : que se passe-t-il lorsque l’on accroche un dossard ? Car la compétition change tout. On ne mange plus exactement quand on le souhaite. On ne boit plus simplement parce que le compteur vient de sonner. Le rythme accélère au mauvais moment, une attaque oblige à repousser un ravitaillement, le cardio monte, la respiration s’emballe et l’estomac reçoit soudain beaucoup moins d’attention que les jambes. De la fin août à la fin septembre, nous avons donc ouvert la seconde moitié du carton MNSTRY. Cette fois, plus question de construire patiemment la performance. Il fallait la délivrer.

Par Jeff Tatard – Photos : DR

Là où le premier test s’arrêtait

Le premier volet de notre dossier s’était terminé avec une phrase volontairement laissée en suspens : après avoir demandé à MNSTRY de nous accompagner pour construire la performance, il restait à savoir ce que cette nutrition valait lorsqu’il faudrait enfin l’exprimer. Nous avons donc fait exactement ce que nous avions annoncé. Pendant toute notre fin de saison, entre août et septembre, les produits que nous avions volontairement laissés de côté au Portugal ont quitté leurs emballages pour entrer dans les poches de course : Gel 40, Gel 40 Caféine, Jelly 40, Chew 40, Race Carb X, Fast Carb, Fast Carb Heat, Power Carb Heat, Électrolyte Shot, Anti Cramp Shot, mais aussi Porridge Bar et Whey Recovery Shake.

Cette fois, l’objectif n’était plus de savoir si MNSTRY pouvait accompagner quatre ou cinq heures d’endurance régulière. Il fallait savoir si la philosophie résistait à l’intensité. Et cette nuance change presque tout. À l’entraînement, on peut ralentir quelques secondes pour ouvrir une barre. En course, parfois non. À l’entraînement, on peut décider de boire au sommet de la prochaine bosse. En course, la bosse est précisément l’endroit où quelqu’un décide d’attaquer. À l’entraînement, une erreur nutritionnelle peut rendre la dernière heure désagréable. En compétition, elle peut simplement décider de l’endroit où votre nom apparaîtra sur la feuille de résultats.

Toute la gamme MNSTRY
Au premier épisode, tout était encore là. Cette fois, il allait falloir vider les cartons… en course.

Un autre laboratoire

Notre laboratoire n’avait donc plus grand-chose à voir avec les longues routes portugaises du mois d’août. Cette fois, il y avait des dossards, des départs nerveux, des changements de rythme, des relances, des moments où manger devient presque une compétence technique et d’autres où boire signifie accepter de lâcher momentanément le cintre alors que tout le monde semble avoir choisi précisément cet instant pour accélérer. C’est dans cet environnement que nous avons utilisé cette deuxième partie de la gamme MNSTRY pendant toute notre fin de saison.

Et c’est probablement le test le plus intéressant que l’on puisse imposer à une nutrition sportive. Lorsque l’intensité monte, le problème n’est plus seulement de savoir combien de glucides un produit contient. Le vrai problème devient : peut-on réellement les consommer ? À quelle vitesse ? Avec combien d’eau ? Avec quelle sensation en bouche ? Et surtout, l’estomac continue-t-il à accepter ce que les jambes réclament ? Dans notre premier volet, la tolérance digestive avait constitué l’un des grands enseignements de MNSTRY. Nous voulions désormais savoir si elle survivrait lorsque le confort disparaîtrait.

De l’endurance à la disponibilité immédiate

La différence entre les deux phases de notre test devient alors beaucoup plus lisible. Pendant le bloc d’entraînement, nous avions principalement utilisé des produits capables d’accompagner le temps long : Power Carb, Performance Bar, Intensity Bars, Protein Bar, récupération et sommeil. La compétition impose une autre logique. Il faut parfois 40 grammes de glucides maintenant. Pas dans vingt minutes.

C’est précisément le chiffre qui revient dans une grande partie de cette seconde famille MNSTRY : Gel 40, Jelly 40, Chew 40. Trois textures différentes, mais une même idée : délivrer une quantité importante de glucides dans un format suffisamment compact pour continuer à alimenter un effort devenu trop intense pour manger comme lors d’une sortie d’endurance classique. Certains produits restent sur un ratio glucose-fructose 2:1, d’autres passent au 1:0.8, une répartition davantage orientée vers les très hauts apports glucidiques et permettant, chez un athlète dont le système digestif y est progressivement habitué, d’approcher des stratégies autour de 120 g de glucides par heure.

Sur une fiche technique, cela ressemble à de la biochimie. Dans une course, cela devient beaucoup plus concret : combien d’énergie peut-on réellement continuer à faire entrer lorsque tout le reste du corps aimerait simplement que l’on arrête de lui demander des choses ?

Notre protocole a changé lui aussi

Pour ce deuxième épisode, nous n’avons volontairement pas cherché à reproduire un protocole de laboratoire. Cela aurait presque été contradictoire. Nous avons utilisé les produits dans les conditions réelles de notre fin de saison, au fil des courses d’août et de septembre, en les intégrant à notre stratégie selon la durée de l’épreuve, la chaleur, l’intensité attendue et le moment où nous pensions avoir besoin d’un apport énergétique.

Nous avons observé en priorité la facilité de consommation, parce qu’un produit de course doit pouvoir être ouvert et avalé sans devenir lui-même un exercice d’adresse ; la tolérance digestive, parce qu’à haute intensité 40 grammes de glucides qui restent dans l’emballage valent toujours exactement zéro gramme pour les jambes ; la lassitude, parce que gel, jelly, chew et boisson proposent plusieurs textures pour remplir une fonction énergétique parfois proche ; et enfin notre critère préféré depuis le premier volet : qu’allions-nous reprendre spontanément pour la course suivante ? Une fois encore, c’est probablement la question la moins scientifique de notre protocole. Et peut-être la plus honnête.

Les produits de ce deuxième volet

Cette fois, le casting change radicalement. Gel 40 et Caffeine Gel 40 occupent la partie la plus directement orientée énergie rapide, le second ajoutant 75 mg de caféine pour les moments où la fatigue commence réellement à peser. Jelly 40 et Chew 40 proposent deux autres textures pour atteindre les mêmes niveaux d’apport glucidique sans répéter indéfiniment le même geste ou la même sensation en bouche. Race Carb X est probablement le produit le plus atypique de l’ensemble : une solution extrêmement concentrée pensée pour embarquer beaucoup de glucides dans un volume réduit.

Les boissons complètent cette logique. Fast Carb cible l’apport régulier en glucides et en fluides à haute intensité, tandis que Fast Carb Heat et surtout Power Carb Heat 1:0.8 ajoutent une dimension supplémentaire pour la chaleur et les fortes pertes sudorales. Électrolyte Shot intervient lorsque l’hydratation ne se résume plus à boire davantage d’eau, alors que Anti Cramp Shot assume un rôle très particulier : celui d’un produit d’urgence dont MNSTRY dit elle-même espérer que l’on n’ait jamais besoin. À côté de cette famille très orientée course, Porridge Bar et Whey Recovery Shake prennent place aux deux extrémités de la journée, l’une pour apporter du solide dans les phases moins intenses, l’autre pour remettre la récupération au centre une fois la ligne franchie.

Douze produits, donc, mais surtout douze réponses à des moments beaucoup plus précis de la compétition. Et contrairement au premier article, nous n’allions évidemment pas tous les utiliser le même jour. Parce qu’une course ne demande pas seulement de savoir quoi manger. Elle demande surtout de savoir quand.

Le changement le plus important : manger devient tactique

C’est probablement l’une des choses que l’on oublie le plus facilement lorsqu’on construit une stratégie nutritionnelle devant un ordinateur. Sur le papier, tout est parfaitement ordonné : un apport toutes les vingt minutes, une quantité de glucides par heure, une dose de sodium, un bidon à tel moment, un gel à tel autre. Puis le départ est donné, et le vélo rappelle assez vite qu’il n’a jamais lu le plan.

Une bordure se forme au moment où vous deviez manger. Une bosse arrive lorsque vous aviez prévu de boire. Le rythme se durcit exactement au moment où il faudrait ouvrir un emballage. Et soudain, la nutrition cesse d’être une simple question physiologique pour devenir une véritable compétence de course. C’est dans ce contexte que cette deuxième partie de la gamme MNSTRY nous intéressait : pas uniquement parce qu’elle permet de transporter beaucoup de glucides, mais parce qu’elle propose plusieurs manières de les faire entrer. Gel. Jelly. Chew. Boisson. Concentré. Même carburant, plusieurs portes d’entrée.

Et après plusieurs semaines de compétition, nous avons compris que ce détail était probablement beaucoup plus important que nous ne l’avions imaginé.


1. Gel 40 : quarante grammes qui savent se faire oublier

Le Gel 40 était probablement le produit que nous attendions le plus au moment d’ouvrir cette deuxième phase. Non pas parce que le gel énergétique constitue une révolution, le cyclisme en consomme depuis suffisamment longtemps pour ne plus s’émerveiller devant un sachet de glucides, mais parce que 40 grammes dans une seule prise changent considérablement la manière de construire une stratégie de course. Là où certains gels traditionnels obligent à multiplier les prises pour atteindre 80 ou 100 grammes de glucides par heure, deux Gel 40 permettent déjà de poser une base particulièrement simple à mémoriser : 80 grammes. Et lorsque le cerveau commence à manquer légèrement d’oxygène dans les derniers tours, la simplicité possède elle aussi une certaine valeur.

40 grammes. Pas un de plus. Pas un de moins. Juste de quoi continuer.

Mais ce qui nous intéressait davantage encore était la manière dont ces 40 grammes allaient passer lorsque l’intensité grimperait. C’est là que le Gel 40 nous a convaincus. Sa texture reste suffisamment fluide pour être consommée rapidement, sans cette sensation de pâte extrêmement sucrée qui oblige parfois à chercher immédiatement le bidon. Surtout, nous avons retrouvé ce qui nous avait déjà marqués pendant notre bloc portugais : une étonnante discrétion digestive. Pas de sensation de masse posée dans l’estomac, pas de retour sucré persistant et, surtout, pas cette petite hésitation qui finit parfois par apparaître au moment de sortir le troisième ou quatrième gel d’une course. Le produit entre, les jambes continuent, et l’esprit peut revenir à quelque chose de beaucoup plus important : ce qui se passe devant.

Le véritable intérêt du Gel 40 n’est donc peut-être pas ses 40 grammes. Beaucoup de marques savent aujourd’hui proposer des apports glucidiques élevés. C’est la facilité avec laquelle ces 40 grammes deviennent une unité de mesure de la course. Un gel, 40. Deux gels, 80. Une boisson glucidique en complément, et la stratégie peut être ajustée sans sortir une calculatrice au milieu du peloton. Lorsque l’intensité augmente, cette simplicité devient presque une qualité de performance.


2. Caffeine Gel 40 : garder la cartouche pour le bon moment

Avec le Caffeine Gel 40, la logique change légèrement. Les glucides restent évidemment au centre du produit, mais les 75 mg de caféine ajoutent une variable qui nous a conduits à l’utiliser différemment. Celui-ci n’a jamais été considéré comme un gel supplémentaire à consommer machinalement au fil de la course. Nous l’avons davantage traité comme une cartouche à conserver pour la seconde partie de l’épreuve, lorsque la fatigue commence à modifier la perception de l’effort et que l’on sait que les moments décisifs approchent.

Même carburant. Avec le bouton “réveil” en plus.

C’est d’ailleurs probablement la meilleure manière d’utiliser la caféine en compétition : non pas comme un bouton « turbo », parce qu’elle ne transforme évidemment pas les jambes, mais comme un outil intégré à une stratégie globale. À notre niveau, 75 mg représentent une dose suffisamment significative pour être intégrée au calcul de l’apport total en caféine, surtout lorsque du café ou d’autres sources ont déjà été consommés dans la journée. Nous avons donc systématiquement raisonné en quantité totale plutôt qu’en nombre de gels, ce qui nous semble indispensable dès que l’on commence à multiplier les produits caféinés.

Sur le terrain, nous avons surtout apprécié de retrouver les qualités du Gel 40 classique sans avoir l’impression que MNSTRY avait cherché à transformer sa version caféinée en produit spectaculaire. Pas de sensation magique, et heureusement. Simplement un produit que nous avons progressivement appris à positionner au moment où son intérêt devenait le plus cohérent. La caféine n’a jamais remplacé les watts qui nous manquaient. Elle nous a parfois aidés à mieux exploiter ceux qui restaient. La nuance est importante.


3. Jelly 40 : les mêmes glucides, mais pas la même envie

40 grammes de glucides qui ont choisi de ne pas ressembler à un gel.

Sur le papier, le Jelly 40 pourrait presque sembler redondant. Pourquoi proposer sous une autre forme ce que le Gel 40 fait déjà très bien ? Après plusieurs courses, la réponse nous est apparue beaucoup plus clairement : parce qu’au bout de plusieurs heures, le problème n’est pas toujours de trouver davantage de glucides. C’est parfois simplement d’avoir encore envie de les avaler.

Nous avions déjà observé cette notion de lassitude alimentaire au Portugal avec les différentes saveurs d’Intensity Bar. La compétition l’amplifie. Après plusieurs gels et plusieurs heures à boire des glucides, retrouver une texture que l’on peut mâcher change étonnamment la perception de l’alimentation. Le Jelly 40 ne bouleverse donc pas nécessairement la stratégie énergétique ; il bouleverse davantage la manière de la vivre. On quitte momentanément le liquide et le semi-liquide pour retrouver quelque chose qui ressemble davantage à un aliment, tout en conservant un apport glucidique précisément quantifiable.

Et ce détail devient précieux lorsqu’on cherche à maintenir des apports élevés pendant longtemps. Le système digestif n’est pas le seul à devoir être entraîné : le palais aussi finit par se fatiguer. Pouvoir alterner un gel, une boisson puis un Jelly permet de maintenir la stratégie sans avoir cette impression assez classique de passer la journée à ingurgiter exactement la même chose sous des emballages différents. MNSTRY ne réinvente pas ici le ravitaillement. La marque résout simplement un problème que connaissent tous ceux qui ont déjà terminé une longue épreuve avec plusieurs gels encore intacts dans les poches : à un moment, il faut encore avoir envie de manger.


4. Chew 40 : mâcher lorsque la course vous en laisse le droit

Le Chew 40 pousse cette logique encore un peu plus loin. Cette fois, il faut réellement mâcher. Cela peut sembler être un inconvénient lorsque l’intensité est maximale, et ce serait d’ailleurs une erreur de vouloir le consommer précisément au moment où l’on respire à pleins poumons dans une ascension. Mais dans les portions plus calmes, les transitions ou les moments où le peloton relâche légèrement la pression, nous avons beaucoup apprécié cette possibilité de revenir à une alimentation plus « physique ».

Mâcher ses watts : finalement, l’idée n’est pas si mauvaise.

C’est aussi là que notre protocole de compétition a commencé à nous apprendre quelque chose que les fiches techniques ne racontent jamais : tous les glucides n’ont pas besoin d’être consommés de la même manière simplement parce qu’ils remplissent la même fonction. Le Gel 40 excelle lorsque l’on veut aller vite. Le Jelly apporte une rupture de texture. Le Chew demande quelques secondes supplémentaires, mais offre en échange une sensation alimentaire encore différente. La question n’est donc pas de déterminer lequel des trois est le meilleur. Elle consiste plutôt à comprendre lequel est le meilleur à cet instant précis de la course.

Au fil des semaines, nous avons ainsi commencé à choisir nos poches non seulement en fonction du nombre total de grammes de glucides qu’elles contenaient, mais aussi en fonction de la manière dont nous pensions pouvoir les consommer. Et c’est une évolution assez révélatrice. Une bonne stratégie nutritionnelle ne consiste finalement pas à partir avec suffisamment d’énergie. Elle consiste à partir avec suffisamment de solutions pour réussir à la consommer.


5. Race Carb X : le produit qui change la géométrie des poches

Race Carb X appartient à une catégorie légèrement différente. Ici, l’objectif est assumé : concentrer beaucoup d’énergie dans peu de volume. Et pour un cycliste, ce n’est pas un détail. Les poches d’un maillot ne sont pas extensibles à l’infini, les bidons ont une capacité déterminée et, sur certaines épreuves, la possibilité de se ravitailler est suffisamment aléatoire pour que chaque gramme transporté doive presque justifier sa présence.

Quand le bidon cesse d’être de l’eau et devient du carburant.

C’est dans ce contexte que Race Carb X prend tout son sens. Nous ne l’avons jamais considéré comme un produit destiné à remplacer systématiquement gels, boissons ou solides, mais plutôt comme un moyen de densifier une stratégie. Il permet d’emporter une quantité importante de glucides dans un format réduit et devient particulièrement intéressant lorsque la durée de l’épreuve commence à dépasser ce que deux bidons et quelques gels permettent de couvrir confortablement. Là encore, l’idée n’est pas de consommer le maximum simplement parce que le produit le permet. Une stratégie à 100 ou 120 g/h n’a de sens que si elle a été travaillée et si l’organisme sait la tolérer.

Et c’est peut-être avec Race Carb X que la philosophie MNSTRY devient la plus moderne. Pendant longtemps, la nutrition cycliste consistait surtout à éviter la fringale. Aujourd’hui, le raisonnement s’est inversé : il s’agit de maintenir volontairement une disponibilité glucidique élevée pour retarder le moment où la performance commence à être contrainte par le carburant. Race Carb X appartient clairement à cette nouvelle génération de produits. Ce n’est plus une nourriture de secours. C’est du carburant de compétition pensé comme tel.


6. Fast Carb : boire et manger commencent à parler la même langue

Fast Carb nous a rappelé une évidence que l’on oublie facilement lorsque les gels s’accumulent dans les poches : un bidon peut lui aussi constituer une partie importante de l’apport énergétique. Et lorsque la course devient nerveuse, c’est même parfois la manière la plus simple de continuer à s’alimenter. Boire demande moins d’organisation que sortir un gel, l’ouvrir, le consommer puis ranger l’emballage. Quelques gorgées répétées permettent ainsi de faire entrer progressivement des glucides sans attendre un moment spécifique.

Des glucides, vite. Le nom avait déjà fait la moitié du travail.

Nous avons particulièrement apprécié cette possibilité de répartir l’apport entre les différentes sources. Une stratégie composée uniquement de gels peut parfaitement fonctionner, mais elle devient rapidement monotone. À l’inverse, demander à la boisson de fournir l’intégralité des glucides peut devenir compliqué dès que la température change ou que les besoins hydriques ne correspondent plus exactement aux besoins énergétiques. La force du système MNSTRY apparaît justement dans cette modularité : une partie dans le bidon, une partie dans les poches, et la possibilité de modifier la répartition selon les conditions.

Cela permet surtout d’éviter une erreur assez classique : confondre systématiquement hydratation et alimentation. Par temps frais, on peut avoir besoin de beaucoup de glucides sans vouloir boire énormément. Sous forte chaleur, le rapport s’inverse parfois. Fast Carb devient alors une pièce du puzzle plutôt que le puzzle entier. Et cette manière de raisonner nous semble infiniment plus intelligente.


7. Fast Carb Heat et Power Carb Heat : lorsque la température change les règles

Les versions Heat étaient probablement les produits pour lesquels le contexte comptait le plus. Leur intérêt apparaît précisément lorsque la température monte, que la transpiration augmente et que le bidon doit répondre à une équation plus complexe que simplement apporter de l’énergie. Nous avions déjà beaucoup roulé sous la chaleur au Portugal, mais nous avions volontairement conservé ces références pour cette deuxième phase afin de les confronter à des efforts plus intenses, là où la combinaison chaleur, puissance et déshydratation devient nettement moins indulgente.

Sous la chaleur, le bidon ne désaltère plus seulement. Il travaille.

Ce qui nous a plu n’est pas tant l’idée d’une boisson « spéciale chaleur », le marketing sportif adore créer des catégories, que la logique derrière sa formulation : adapter simultanément l’apport glucidique et électrolytique à un environnement où les pertes hydriques deviennent plus importantes. Le Power Carb Heat conserve cette philosophie de fort apport énergétique que nous avions appréciée avec le Power Carb classique, tandis que Fast Carb Heat permet d’intégrer cette dimension dans une stratégie plus directement orientée intensité.

Et c’est ici qu’une précision s’impose : aucune poudre ne protège magiquement de la chaleur. Elle ne remplace ni l’acclimatation, ni une hydratation correctement anticipée, ni la connaissance de son propre taux de sudation. Mais lorsqu’une stratégie doit fonctionner à haute intensité sous température élevée, disposer d’un produit pensé spécifiquement autour de cette contrainte apporte une cohérence supplémentaire. Pendant cette fin de saison, nous n’avons pas eu l’impression de boire une solution miracle. Nous avons eu quelque chose de beaucoup plus utile : un bidon qui continuait à remplir sa fonction lorsque les conditions devenaient moins simples.


8. Électrolyte Shot : petit format, vraie logique

L’Électrolyte Shot appartient à ces produits dont l’intérêt n’apparaît pas nécessairement sur toutes les courses. Et c’est précisément pour cela qu’il faut résister à la tentation de vouloir systématiquement l’utiliser. Son rôle devient beaucoup plus pertinent lors des journées chaudes, des efforts longs ou lorsque les pertes sudorales deviennent importantes. Dans ces conditions, boire de l’eau ne suffit évidemment pas toujours à remplacer ce qui disparaît avec la transpiration.

Petit format. Grosse journée annoncée.

Nous l’avons donc considéré comme un outil d’ajustement, pas comme une obligation quotidienne. Et cette distinction nous semble importante dans une gamme aussi complète que celle de MNSTRY. Avoir vingt solutions disponibles ne signifie pas qu’il faut en utiliser vingt simultanément. Au contraire, plus une gamme devient technique, plus le sportif doit comprendre ce dont il a réellement besoin.

C’est peut-être même l’un des enseignements inattendus de notre test : MNSTRY fonctionne mieux lorsqu’on apprend à ne pas tout utiliser. L’Électrolyte Shot en constitue un excellent exemple. Le bon jour, dans les bonnes conditions, il possède une vraie logique. Le prendre mécaniquement simplement parce qu’il se trouve dans le carton n’en aurait aucune.


9. Anti Cramp Shot : celui que nous préférerions ne jamais avoir à juger

L’Anti Cramp Shot est probablement le produit avec lequel nous devons être les plus prudents. Les crampes associées à l’exercice sont multifactorielles et il serait beaucoup trop facile de raconter qu’un petit flacon permettrait à lui seul de résoudre un phénomène que la physiologie elle-même ne résume pas à une simple carence en électrolytes. Nous ne présenterons donc jamais ce produit comme une assurance tous risques contre les crampes.

Le meilleur test ? Ne jamais avoir besoin de l’ouvrir.

Son positionnement est d’ailleurs différent. Il s’agit davantage d’une réponse ponctuelle lorsque les premiers signes apparaissent que d’un produit destiné à être consommé systématiquement en prévention. Et c’est exactement ainsi que nous l’avons intégré à notre protocole : comme une cartouche de secours. Pas comme un talisman.

C’est aussi le seul produit de cette sélection pour lequel ne pas avoir suffisamment d’occasions de le tester constitue plutôt une bonne nouvelle. Nous préférons donc rester mesurés sur son efficacité et conserver la même règle que pour l’Immune Stick dans notre premier volet : lorsqu’un protocole terrain ne permet pas d’établir proprement une conclusion, mieux vaut le dire que fabriquer une certitude. Dans un univers où chaque produit cherche parfois à promettre davantage que le voisin, cette prudence fait aussi partie du test.


10. Porridge Bar : parce qu’une course n’est pas toujours à 180 pulsations

La Porridge Bar nous a rappelé qu’entre deux moments de très haute intensité, une longue épreuve comporte aussi des portions où l’on peut encore manger normalement. Et lorsqu’elles existent, pourquoi forcément transformer chaque calorie en gel ? Sa texture plus alimentaire lui donne précisément cette fonction : apporter du solide lorsque la course laisse encore suffisamment de disponibilité pour mâcher et digérer tranquillement.

Une barre qui ressemble davantage à de la nourriture qu’à de la nutrition sportive. Et c’est un compliment

Nous l’avons donc surtout appréciée en amont des moments décisifs ou sur les épreuves suffisamment longues pour justifier une vraie alternance entre solide et nutrition plus rapide. Elle ne remplace pas le Gel 40 lorsque le rythme explose ; elle évite justement d’avoir besoin de manger uniquement des gels pendant plusieurs heures. Cette complémentarité nous paraît beaucoup plus intéressante qu’une comparaison directe entre les deux.

Et finalement, notre utilisation de la Porridge Bar raconte assez bien l’évolution de notre stratégie pendant ces deux mois : nous avons progressivement cessé de chercher le produit parfait pour chercher le bon produit au bon moment.


11. Whey Recovery Shake : après la ligne, recommencer à construire

Le Whey Recovery Shake intervient lorsque toute cette mécanique cesse brutalement d’avoir de l’importance. La ligne est franchie, le dossard peut être retiré et la course devient déjà un résultat. Pourtant, physiologiquement, la journée n’est évidemment pas terminée. Nous avions beaucoup apprécié le Recovery Shake utilisé pendant notre bloc portugais ; cette version à base de whey nous a permis de prolonger exactement la même logique après les compétitions.

L’entraînement est terminé. Le travail, pas tout à fait.

Là encore, nous n’allons pas attribuer au shaker les jambes du lendemain. La récupération reste une équation beaucoup plus vaste, dans laquelle l’alimentation générale, la réhydratation, le sommeil et la charge précédente comptent infiniment plus qu’un produit isolé. Mais le principal avantage d’un recovery shake est parfois beaucoup plus pragmatique : rendre le premier geste nutritionnel d’après-course extrêmement simple. Lorsque l’on vient de terminer une épreuve, que le vélo doit être rangé et que le vrai repas attendra encore un peu, avoir immédiatement protéines et nutriments disponibles évite simplement de laisser passer cette période sans rien apporter.

Et c’est exactement ainsi que nous l’avons utilisé. Pas comme une récompense. Pas comme une potion de récupération. Comme la première brique de la séance suivante.


Ce que deux mois de compétition ont changé dans notre regard

Au Portugal, MNSTRY nous avait convaincus par sa cohérence. En course, la marque nous a surtout convaincus par sa modularité. Gel, Jelly, Chew, boisson, solide, caféine, électrolytes : plusieurs produits peuvent délivrer une fonction énergétique proche sans imposer exactement la même manière de la consommer. Et lorsque l’intensité monte, cette liberté devient beaucoup plus importante qu’elle n’en a l’air.

Nous pensions au départ que cette seconde phase allait essentiellement nous permettre de hiérarchiser les produits. Elle nous a appris presque l’inverse. Le meilleur produit dépend énormément du moment où on lui demande de travailler. Le Gel 40 est redoutablement pratique lorsqu’il faut absorber rapidement. Le Caffeine Gel 40 trouve davantage sa place lorsque la course avance. Jelly et Chew cassent la monotonie. Les boissons permettent d’alimenter presque sans y penser. Race Carb X densifie la stratégie. Les produits Heat répondent à un environnement spécifique. Et le Recovery Shake prend le relais lorsque tout le reste est terminé.

Finalement, après avoir testé MNSTRY pendant la préparation puis pendant toute cette fin de saison, nous commençons peut-être à comprendre ce que la marque essaie réellement de vendre. Pas des produits. Des moments. Et c’est précisément ce qui va rendre notre verdict final beaucoup plus intéressant.

Quand la nutrition cesse d’être un test

Il y a un moment assez révélateur dans un essai longue durée : celui où l’on ne réfléchit plus aux produits que l’on emporte. Au mois d’août, nous préparions encore nos poches en pensant au protocole, aux références à tester et aux sensations à observer. Quelques semaines et plusieurs dossards plus tard, le geste avait changé. Nous remplissions les bidons, choisissions quelques Gel 40, ajoutions selon les circonstances un Jelly, un Chew ou une solution caféinée, puis nous partions courir. MNSTRY n’était plus vraiment « en test ». La marque était devenue notre nutrition de course.

Et pour nous, c’est probablement l’information la plus importante de cette deuxième partie. La nouveauté possède toujours une petite longueur d’avance lorsqu’on découvre un produit. Beaucoup plus difficile est de continuer à le choisir plusieurs semaines plus tard, lorsque plus rien ne vous oblige à l’utiliser. À la fin de cette saison, nous ne prenions plus MNSTRY parce que nous devions écrire cet article. Nous le prenions parce que nous avions confiance dans ce qui se trouvait dans nos poches.

De l’entraînement à la compétition

Notre premier volet avait fait émerger un mot : tolérance. Pendant les longues journées portugaises, la nutrition était rarement devenue un problème. Restait à savoir si cette qualité survivrait à la compétition, lorsque l’intensité augmente, que manger devient plus difficile et que les apports glucidiques doivent continuer alors que l’organisme est déjà largement occupé ailleurs.

Après ces semaines de course, notre réponse est positive. Nous n’avons jamais cherché artificiellement à atteindre 100 ou 120 g de glucides par heure simplement pour pouvoir afficher un chiffre spectaculaire. Le meilleur apport n’est pas le plus élevé : c’est celui que l’on est capable d’absorber, de tolérer et d’utiliser. Et sur ce terrain, la variété de la gamme MNSTRY constitue une vraie force. Une partie des glucides peut venir du bidon, une autre d’un Gel 40, puis d’un Jelly ou d’un Chew. On ne raisonne progressivement plus en produits, mais en besoins, en grammes de glucides et en moments de consommation.

C’est aussi ce que nous retiendrons des produits Heat et des Électrolyte Shot : la stratégie doit s’adapter aux conditions, pas l’inverse. Température, durée, intensité, possibilités de ravitaillement et tolérance individuelle doivent décider de ce que l’on emporte. Avoir une gamme aussi vaste ne signifie surtout pas qu’il faut tout utiliser.

Notre verdict

En séparant volontairement ce dossier en deux parties, nous voulions répondre à deux questions. La première était de savoir si MNSTRY pouvait accompagner la construction de la performance. Trois semaines au Portugal et près de vingt heures d’entraînement hebdomadaire nous avaient apporté une première réponse. La seconde était plus exigeante : que reste-t-il de cette philosophie lorsque vient le moment de courir ? Presque tout.

La tolérance digestive qui nous avait convaincus à l’entraînement est restée présente lorsque l’intensité a augmenté. Mais surtout, la logique de gamme est devenue encore plus évidente avec un dossard. Gel 40 lorsque manger doit être rapide, Caffeine Gel 40 lorsque le moment choisi le justifie, Jelly et Chew pour varier les textures, Race Carb X pour densifier la stratégie, solutions Heat lorsque la température complique l’équation : il n’existe pas chez MNSTRY un produit censé répondre à tout, mais plusieurs outils permettant de construire sa propre stratégie.

Tout n’est évidemment pas parfait. Le positionnement premium représente un budget conséquent lorsqu’on multiplie les références, et la richesse de la gamme demande un véritable temps d’apprentissage avant d’en comprendre toute la logique. Nous resterons également beaucoup plus prudents avec des produits comme l’Anti Cramp Shot, dont l’efficacité est autrement plus difficile à isoler dans un simple test terrain. Mais sur les critères que nous pouvions réellement observer, facilité d’utilisation, apport énergétique, variété, appétence et surtout tolérance digestive, MNSTRY a passé l’épreuve de la compétition avec la même cohérence que celle observée à l’entraînement.

La ligne est franchie. La stratégie, elle, n’a pas encore terminé sa journée.

Aucun Gel 40 ne fera gagner une course à votre place. Race Carb X ne transformera pas votre FTP et un Recovery Shake ne remplacera jamais une bonne nuit de sommeil. Et c’est précisément pour cela que notre conclusion est finalement assez simple : MNSTRY ne fabrique pas la performance. La marque fournit au sportif les moyens nutritionnels de ne pas la limiter.

Lorsque le moment décisif arrive, personne n’a envie de penser à son estomac, à la texture de son gel ou à ce qu’il reste dans son bidon. On veut regarder la roue devant, sentir ce qu’il reste dans les jambes et décider s’il faut suivre, attendre… ou attaquer.

Après plusieurs mois passés avec MNSTRY, c’est probablement le plus beau compliment que nous puissions faire à la marque : au Portugal, elle nous avait aidés à construire la performance. En course, elle nous a permis de ne plus penser à elle au moment de la délivrer.

Et finalement, la meilleure nutrition sportive est peut-être celle-là : celle qui travaille suffisamment bien pour laisser le cycliste faire la sienne.

LES +

  • Excellente tolérance digestive, même à haute intensité
  • Format 40 g de glucides particulièrement pratique en compétition
  • Grande variété de textures : gel, Jelly, Chew, boisson et solide
  • Facilité de consommation en course
  • Gamme très complémentaire permettant de construire une stratégie nutritionnelle complète
  • Possibilité d’adapter les apports à l’intensité, à la durée et à la chaleur
  • Solutions adaptées aux stratégies glucidiques à haut apport
  • Produits Heat pertinents lorsque température et pertes sudorales augmentent
  • Une nutrition suffisamment efficace pour finir par se faire oublier en course

LES –

  • Positionnement premium et budget rapidement conséquent
  • Gamme très large qui demande un temps d’apprentissage
  • Nécessité d’entraîner progressivement son système digestif avant de viser des apports glucidiques très élevés
  • Multiplication des références qui peut compliquer le choix pour un utilisateur débutant
  • Certains produits répondent à des situations très spécifiques
  • Efficacité de l’Anti Cramp Shot difficile à évaluer objectivement lors d’un test terrain

FICHE TECHNIQUE

MarqueMNSTRY
TypeNutrition sportive – entraînement et compétition
Durée totale du testPlusieurs mois
Phase 1Stage d’entraînement au Portugal
Phase 2Compétitions d’août à septembre
Produits compétition testésGel 40, Caffeine Gel 40, Jelly 40, Chew 40, Race Carb X, Fast Carb, Fast Carb Heat, Power Carb Heat 1:0.8, Électrolyte Shot, Anti Cramp Shot, Porridge Bar, Whey Recovery Shake
Gel 4040 g de glucides
Caffeine Gel 4040 g de glucides + 75 mg de caféine
Apports visésAdaptables selon durée, intensité et tolérance individuelle
Apports élevésStratégies pouvant approcher 100 à 120 g/h pour les sportifs entraînés à les tolérer
Textures disponiblesGel, Jelly, Chew, barre, boisson, concentré
UtilisationEntraînement, compétition, chaleur, récupération
PositionnementPremium
Gel 40 – Prix17,90 € les 6
Caffeine Gel 40 – Prix17,90 € les 6
Jelly 40 – Prix≈ 17,90 € le pack
Chew 40 – Prix≈ 17,90 € le pack
Race Carb X – Prix24,90 €
Fast Carb – Prix35,90 € / 1 kg
Fast Carb Heat – Prix37,90 € / 1 kg
Power Carb Heat 1:0.8 – Prix37,90 € / 1 kg
Électrolyte Shot – Prix≈ 3 € l’unité selon conditionnement
Anti Cramp Shot – Prix≈ 3 € l’unité selon conditionnement
Porridge Bar – Prix17,90 € les 6
Recovery Shake – Prix37,90 € / 1 kg
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FAQ – Nutrition sportive MNSTRY

Pourquoi le format 40 g de glucides est-il intéressant en compétition ?

Parce qu’il simplifie énormément la stratégie nutritionnelle. Un Gel 40 représente 40 g de glucides, deux représentent 80 g. Il devient donc beaucoup plus facile de suivre ses apports pendant une course sans devoir multiplier les petits gels ou effectuer constamment des calculs. Lorsque l’intensité augmente et que l’attention est ailleurs, cette simplicité devient elle-même une qualité.

Quelle différence entre Gel 40, Jelly 40 et Chew 40 ?

Ils répondent à une fonction énergétique proche mais proposent trois manières différentes de consommer les glucides. Le Gel 40 est particulièrement efficace lorsqu’il faut manger rapidement, le Jelly permet de rompre avec la texture des gels et le Chew ramène une sensation plus proche d’un aliment solide. En course, cette variété aide surtout à limiter la lassitude lorsque les heures et les apports s’accumulent.

Peut-on vraiment consommer 100 ou 120 g de glucides par heure ?

Oui, certaines stratégies modernes peuvent atteindre ces niveaux d’apport, notamment grâce aux mélanges glucose-fructose adaptés. Mais cela ne signifie absolument pas que tout cycliste doit viser 120 g/h. Le système digestif doit être progressivement habitué à ces quantités et le meilleur apport reste celui que l’on est capable d’absorber, de tolérer et d’utiliser. Plus n’est pas automatiquement mieux.

Quand utiliser le Caffeine Gel 40 ?

Nous avons préféré le considérer comme une cartouche à positionner stratégiquement plutôt que comme un gel à consommer systématiquement. Ses 75 mg de caféine doivent être intégrés à l’apport total de la journée, particulièrement si du café ou d’autres produits caféinés ont déjà été consommés. De notre côté, nous l’avons surtout utilisé dans la seconde partie des épreuves, lorsque la fatigue commençait à peser et que les moments décisifs approchaient.

Quelle différence entre Fast Carb et les versions Heat ?

Fast Carb permet d’intégrer une partie importante des glucides directement dans le bidon et de répartir l’apport énergétique entre boisson et produits présents dans les poches. Les versions Heat ajoutent une logique spécifiquement adaptée aux conditions chaudes et aux pertes sudorales plus importantes. Elles ne protègent évidemment pas miraculeusement de la chaleur : acclimatation, hydratation et connaissance de son taux de sudation restent essentielles.

L’Anti Cramp Shot empêche-t-il réellement les crampes ?

Nous ne pouvons pas l’affirmer. Les crampes associées à l’exercice sont multifactorielles et notre protocole terrain ne permet pas d’isoler suffisamment l’efficacité du produit. Nous l’avons donc considéré comme une solution ponctuelle lorsque les premiers signes apparaissent, et non comme une assurance contre les crampes. Sur ce produit, nous préférons rester prudents plutôt que transformer une impression en certitude.

MNSTRY est-il réservé aux cyclistes de haut niveau ?

Non. Mais plus la gamme est technique, plus il faut comprendre ce dont on a réellement besoin. L’intérêt de MNSTRY n’est justement pas d’utiliser tous les produits simultanément. Il est de pouvoir sélectionner la bonne solution selon la durée, l’intensité, la température et sa propre tolérance digestive. Au fil de notre test, nous avons progressivement cessé de raisonner en produits pour raisonner en besoins et en moments de consommation.

Est-ce que MNSTRY vaut son prix ?

C’est probablement son principal point faible. Le positionnement est premium et le budget peut rapidement grimper lorsqu’on multiplie les références. En revanche, après plusieurs mois d’utilisation, le meilleur argument en faveur de la gamme est assez simple : nous avons continué à choisir spontanément ces produits une fois passée la phase de découverte. MNSTRY était devenue notre nutrition de course avant même que le test soit terminé.

=> Relisez le premier volet : Test MNSTRY : la nutrition de Remco Evenepoel mise à l’épreuve

=> Tous nos articles Tests

Jean-François Tatard

- 45 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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