Partager la publication "Test du Welt G200 : un gravel carbone pour prendre le temps"
Welt est une marque née en Autriche mais désormais sous pavillon français, qui propose principalement des vélos de gravel et des VTT avec une approche plutôt accessible. Le G200 occupe une place à part dans cette gamme puisqu’il en constitue le modèle le plus évolué, à 2 199 €. Avec son cadre en carbone, sa géométrie orientée confort et son système de déport de fourche réglable, il adopte une conception différente des vélos de gravel plus sportifs. Nous l’avons testé sur différents terrains pour évaluer son comportement et voir ce que cette configuration apporte réellement sur le terrain.
Par Guillaume Judas – Photos : ©3bikes.fr
Le gravel ne se résume pas à la recherche de vitesse sur les chemins. Pour certains pratiquants, l’intérêt réside surtout dans la possibilité d’emprunter petites routes, pistes et singles en sous-bois, et de multiplier les kilomètres sans forcément rechercher la performance. C’est précisément ces cyclistes-là que vise le Welt G200.
Ce gravel en carbone adopte une géométrie relativement relevée, avec une position qui privilégie le confort et la stabilité. Il est ainsi conçu pour les longues sorties et les parcours de découverte, avec un comportement rassurant lorsque la surface devient moins régulière.

Sur le papier, le G200 dispose pourtant d’un cadre plutôt haut de gamme, faisant appel à des fibres de carbone Toray T800, T1000 et T1100. Sa conception laisse entrevoir un potentiel intéressant en matière de rigidité et de filtration des vibrations. Mais le groupe et les roues sont relativement lourds, ce qui se ressent rapidement lorsque le terrain se redresse ou qu’il faut relancer. Avec 10 kg sur la balance en taille S (sans pédales ni accessoires), le G200 tranche avec la catégorie des vélos de gravel destinés à la compétition que l’on voit apparaître chez de nombreuses marques. Mais ce n’est pas non plus le domaine de prédilection affiché de ce vélo.
Le G200 possède d’ailleurs une particularité peu courante : son système de déport de fourche réglable. Celui-ci permet de modifier certains paramètres de la géométrie et donc le comportement du vélo, notamment pour renforcer ou réduire la stabilité du train avant.
Reste à voir comment ces choix se traduisent sur le terrain. Car si le G200 se montre immédiatement confortable et sécurisant, il donne aussi l’impression d’un vélo plutôt posé que dynamique. Après plusieurs sorties, nous avons cherché à distinguer les qualités intrinsèques du cadre de ce qui relève de son équipement.
Un cadre carbone conçu pour le confort
Le cadre vise à combiner rigidité et confort, avec une réalisation sérieuse et une finition à la hauteur d’un châssis carbone moderne. La géométrie offre un positionnement relativement relevé et moins allongé que sur un gravel sportif. Pour ma part, je constate que le haut du guidon est quasiment à la hauteur de la selle, sur un cadre en taille S, la plus petite disponible au catalogue. La douille de direction mesure 130 mm, mais les bagues placées au-dessus empêchent de réellement descendre le poste de pilotage si nécessaire. Cela permet néanmoins de rester plusieurs heures sur le vélo sans adopter une posture trop contraignante, même si cette dernière, associée à un guidon assez large et à des manivelles de 175 mm sur les trois tailles de cadre disponibles, me rappelle les VTT de la fin des années 90.

On note la présence de nombreux supports pour fixer plusieurs porte-bidons, des sacoches ou des garde-boue. Cela démontre les nombreuses possibilités d’évolution du vélo, notamment pour ceux qui le destinent à des parcours de plusieurs jours.
Comme beaucoup de gravel modernes, la machine dispose également d’un compartiment de rangement placé sous le porte-bidon principal. C’est bien pratique pour emporter un nécessaire de réparation, un peu de ravitaillement, voire une veste de protection.

Dès les premiers kilomètres, le G200 donne une impression de stabilité marquée. Le train avant n’est pas particulièrement vif et les changements de trajectoire demandent moins de précision que sur un gravel sportif. En contrepartie, le vélo reste rassurant lorsque le terrain devient irrégulier ou que la vitesse augmente. Je note également que, malgré les grandes manivelles, je n’ai aucun risque de toucher le bout de ma chaussure avec le pneu avant en manœuvrant, ce qui m’arrive fréquemment avec des gravel dédiés à la course.
Cette stabilité ne signifie pas que le cadre manque de rigidité. Les relances sont correctement transmises et le vélo répond plutôt bien lorsque l’on appuie fort sur les pédales. Le poids de l’équipement limite toutefois le dynamisme de l’ensemble. Avec un montage plus léger, le G200 pourrait probablement se montrer nettement plus vif à l’usage.
Déport de fourche réglable
Le système de déport de fourche réglable nommé Flip Chip constitue l’une des particularités techniques du G200. En inversant l’insert de fixation de la roue avant, des deux côtés, on modifie le déport de la fourche. Cela permet de faire évoluer certains paramètres de la géométrie, notamment la chasse, et donc la manière dont le vélo réagit aux changements de direction.
Avec davantage de déport, le comportement tend à devenir plus stable et posé. C’est une configuration adaptée aux longues descentes sur un terrain meuble ou caillouteux, ou encore aux situations où le vélo est chargé avec des bagages. À l’inverse, un déport réduit diminue la chasse et peut rendre le train avant plus réactif.
Le système ne transforme pas le caractère du G200, mais permet d’en moduler la vivacité. Il s’agit davantage d’un outil d’adaptation que d’un moyen de transformer le vélo en machine sportive.
Un équipement qui pèse
C’est au niveau de l’équipement que le G200 montre le plus clairement son orientation. Alors que son cadre pourrait constituer une base intéressante pour un gravel léger et dynamique, le montage privilégie la robustesse et le confort. Et surtout le prix. Parce qu’il ne faut pas oublier que le Welt G200, malgré un cadre de bonne facture, ne s’affiche qu’à 2 199 €.
Le groupe Shimano GRX 400 en 2×10 vitesses fonctionne correctement et répond aux exigences d’une pratique gravel de randonnée, avec une plage de développements suffisante (46-30 pour le pédalier et 11-34 pour la cassette) et la fiabilité d’une transmission par câble. Son poids se ressent toutefois dans les changements de rythme. Le phénomène est encore plus sensible au niveau des roues. Le G200 demande davantage d’effort pour accélérer qu’un gravel plus léger, même si, là encore, la fiabilité, la résistance des roues et l’adhérence des pneus ne sont pas en cause.
Ces caractéristiques ne sont pas forcément un défaut pour l’utilisation envisagée. Pour la randonnée, la découverte ou les longues sorties, la stabilité et le confort peuvent compter davantage que quelques centaines de grammes en plus ou en moins. En revanche, le G200 ne procure pas les sensations d’un gravel carbone sportif.
À vitesse stabilisée, son poids se fait moins sentir. Je le trouve même plutôt roulant, avec une inertie positive qui permet de maintenir une bonne vitesse de croisière sur les chemins plats. Le vélo conserve bien sa trajectoire et reste rassurant lorsque le revêtement se dégrade. Les successions de petites bosses et les relances répétées font en revanche davantage ressortir son embonpoint. Une paire de roues plus légère pourrait modifier sensiblement son comportement, tout en conservant les qualités de confort et de stabilité du cadre.
Un gravel qui privilégie la sérénité
C’est sur les chemins que le positionnement du G200 prend tout son sens. Dès les premiers kilomètres, son comportement stable inspire confiance. La direction demande peu de corrections et le vélo reste facile à contrôler lorsque le terrain devient irrégulier.
Le confort constitue l’un des points forts du vélo. La position relativement relevée limite la pression sur les mains et permet de conserver une posture agréable durant plusieurs heures. Le cadre filtre également correctement les vibrations sur les revêtements irréguliers. Mais il ne faut évidemment pas attendre le comportement d’un vélo équipé d’une suspension. Le G200 est surtout confortable parce qu’il évite d’être exigeant. Sa position et sa stabilité permettent de rester relâché, ce qui devient particulièrement appréciable au fil des kilomètres.
C’est finalement un vélo qui rassure davantage qu’il n’excite. Il permet de rouler longtemps sur des terrains variés, avec une grande facilité de pilotage, mais sans rechercher la nervosité.
Sur route, le G200 conserve sans difficulté une allure régulière, mais son comportement ne pousse pas particulièrement à accélérer. Les relances sont lentes et l’inertie du montage devient plus sensible lorsque le rythme augmente. Pour ma part, je me sens également handicapé par une posture trop haute, due au poste de pilotage, qui m’empêche d’adopter une position plus agressive face au vent.
À qui s’adresse le Welt G200 ?
Le G200 s’adresse avant tout à un pratiquant qui privilégie la polyvalence et le confort à la performance. Sa géométrie relativement relevée et son comportement stable en font un vélo facile à prendre en main, notamment pour découvrir le gravel ou pour une pratique davantage orientée randonnée.
Il convient aux sorties longues, aux parcours mixtes et aux itinéraires où l’on accepte de perdre un peu de vitesse pour gagner en confort et en sérénité. Le déport de fourche réglable renforce cette polyvalence en permettant d’adapter le comportement du train avant.
En revanche, le G200 sera moins pertinent pour celui qui recherche les sensations d’un vélo de route performant ou d’un gravel vif et léger, capable d’accélérer facilement dans les bosses et les relances. Son poids constitue son principal handicap. Le cadre semble avoir le potentiel pour donner naissance à un vélo plus dynamique, mais le montage choisi par Welt privilégie une autre philosophie. Une évolution des roues pourrait toutefois modifier sensiblement son comportement. Avec le G200, Welt propose ainsi un gravel carbone qui assume une approche différente des modèles les plus sportifs.
C’est finalement un gravel plus intéressant lorsqu’on cesse de lui demander d’être sportif. Dans son registre (randonnée, découverte, longues sorties et itinéraires mixtes), il possède de vrais arguments. Avec un équipement plus léger, son cadre pourrait probablement révéler une personnalité plus dynamique, mais dans sa configuration actuelle, le G200 reste avant tout un vélo rassurant et confortable.
LES +
- Cadre carbone rigide et évolutif
- Géométrie évolutive
- Stabilité
- Finition
- Prix
LES –
- Poids
- Manivelles de 175 mm sur toutes les tailles
FICHE TECHNIQUE
| Modèle | Welt G200 |
| Cadre | Carbone T6812, axes traversants, câblage interne dans la direction, patte UDH, compatible tige télescopique, cage de rangement |
| Fourche | Carbone, 700C, compatible pneus 50c, axe traversant, disque Flat Mount, Flip Chip |
| Transmission | Shimano GRX 400 2×10 vitesses |
| Pédalier | Shimano GRX 600, 46-30, manivelles 175 mm |
| Cassette | Shimano Tiagra, 11-34, 10 vitesses |
| Roues | HLQC-GA51 – 23mm inner width, Tubeless Ready |
| Pneus | WTB RIDDLER 700X45c |
| Potence | Vision |
| Cintre | Gravel Alloy Dropbar |
| Selle | SELLE ROYAL ARGO X7 |
| Tige de selle | Alu |
| Tailles | S,M,L |
| Poids | 10 kg sans pédales en taille S |
| Prix | 2 199 € |
| Contact | welt-bikes.com |

FAQ – Welt G200Le Welt G200 est-il adapté à la randonnée gravel ? Oui. Sa géométrie relevée, sa stabilité et ses nombreux supports pour porte-bidons, sacoches et garde-boue le destinent particulièrement aux longues sorties, aux parcours mixtes et à la randonnée gravel. Le Welt G200 est-il confortable ? Oui. Sa position relativement relevée et son cadre carbone permettent de rouler plusieurs heures dans de bonnes conditions. Son confort repose davantage sur sa position et sa stabilité que sur une capacité particulière à absorber les chocs. À quoi sert le déport de fourche réglable du Welt G200 ? Le système Flip Chip permet de modifier le déport de la fourche et donc certains paramètres de la géométrie, notamment la chasse. Il permet ainsi de privilégier davantage la stabilité ou la réactivité du train avant. Le Welt G200 est-il un gravel sportif ? Pas vraiment. Son cadre possède un potentiel intéressant, mais son équipement relativement lourd limite le dynamisme de l’ensemble. Le G200 privilégie davantage la stabilité, le confort et la polyvalence que les accélérations et la nervosité. Peut-on rendre le Welt G200 plus dynamique ? Oui, notamment en adoptant un équipement plus léger. Une paire de roues moins lourde pourrait notamment améliorer les relances et la vivacité du vélo, sans remettre en cause ses qualités de confort et de stabilité. |
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