Test de la boisson Isotonique Runfinity : l’effort a-t-il meilleur goût ?

Une boisson d’effort peut être excellente pendant dix secondes et devenir insupportable trois heures plus tard. C’est même probablement là que commence vraiment son test. Runfinity nous promet des glucides, des électrolytes et une fraîcheur citron-menthe capable de survivre aux kilomètres. Nous lui avons donc donné ce qu’aucune fiche technique ne peut reproduire : du temps, de l’intensité et beaucoup de kilomètres. Avec, au bout du bidon, une seule vraie question : quand le corps réclame encore de boire, la tête en a-t-elle toujours envie ?

Par Jeff Tatard – Photos : 3bikes

Runfinity : un nom qui court plus qu’il ne roule

Soyons francs : lorsque le nom Runfinity est arrivé jusqu’à nous, nous avons davantage pensé chaussures de running que pneus de 28 mm. Et ce n’est pas complètement un hasard. La marque s’adresse d’abord aux runners et aux pratiquants de sports d’endurance, avec l’ambition de les accompagner dans leur nutrition à l’effort. Mais il suffit finalement de remplacer une paire de chaussures par deux roues pour comprendre pourquoi nous avons eu envie de regarder ce qu’elle proposait.

Car lorsqu’un effort dure, le coureur et le cycliste finissent par partager une bonne partie de la même équation : apporter régulièrement des glucides, compenser une partie des pertes hydriques et électrolytiques, préserver son confort digestif et, surtout, réussir à continuer à boire et à s’alimenter lorsque l’intensité ou les heures commencent à peser. Les contraintes mécaniques diffèrent, les habitudes aussi parfois, mais le moteur reste humain. Runfinity court peut-être davantage qu’elle ne roule. Cela ne nous empêchait donc absolument pas de lui faire prendre le vélo.

Le goût ne dure que quelques secondes. Le test, beaucoup plus longtemps.

Il existe quelque chose d’assez injuste avec les boissons d’effort : nous les jugeons souvent exactement au moment où elles ont toutes les chances de nous plaire. Un bidon fraîchement préparé, le palais disponible, l’estomac tranquille et des jambes qui n’ont encore rien demandé. Première gorgée. Verdict presque immédiat : c’est bon, trop sucré, trop acide, trop artificiel ou, au contraire, étonnamment agréable. Pourtant, ce n’est probablement pas à cet instant qu’une boisson d’endurance mérite d’être jugée.

Pot de boisson d’effort Runfinity Isotonique Performance Énergie saveur citron-menthe testé par 3bikes
Runfinity Isotonique : sur le papier, des glucides, des électrolytes et une promesse de fraîcheur. Restait à savoir ce qu’il en resterait après plusieurs heures dans nos bidons.

Le véritable rendez-vous arrive plus tard. Lorsque le bidon n’est plus vraiment frais, que les glucides se sont accumulés, que l’intensité est passée par là et que la saveur découverte avec curiosité quelques heures auparavant doit maintenant accomplir quelque chose de beaucoup plus difficile : continuer à donner envie de boire.

C’est précisément pour cela que lorsque Runfinity nous a proposé de tester son Isotonique, nous avons demandé un pot complet. Pas quelques doses permettant de fabriquer une première impression, mais suffisamment de produit pour multiplier les sorties et laisser l’habitude remplacer progressivement la nouveauté. C’était d’ailleurs notre demande dès le départ : tester sur le terrain plutôt que raconter une fiche produit.

Runfinity a joué le jeu. À nous de faire parler les kilomètres.

Une boisson qui veut faire davantage que désaltérer

Commençons tout de même par regarder ce que nous avons versé dans nos bidons. Runfinity Isotonique repose sur trois sources de glucides : maltodextrine, fructose et glucose. D’après l’étiquette du pot testé, une dose de 42 g fournit 38,6 g de glucides, auxquels viennent s’ajouter notamment 250 mg de sodium, 300 mg de potassium, 382,5 mg de chlorure et 100 mg de calcium, ainsi que des vitamines C et E.

Derrière les chiffres apparaît surtout une philosophie désormais bien installée dans les sports d’endurance : le bidon ne sert plus seulement à boire. Il peut devenir une partie du ravitaillement. Et cela change beaucoup de choses lorsque le rythme augmente. Sortir un gel demande une main, quelques secondes et parfois de choisir un moment où la course vous en laisse le droit. Boire quelques gorgées est autrement plus simple. À condition, évidemment, d’avoir encore envie de les boire.

Composition nutritionnelle de la boisson Runfinity Isotonique avec glucides, électrolytes, sodium et potassium
38,6 g de glucides pour 42 g de poudre : derrière le goût, Runfinity entend faire du bidon une véritable partie du ravitaillement.

Citron-menthe : le vrai pari de Runfinity

C’est probablement ici que le produit possède sa personnalité. Runfinity nous avait présenté sa saveur comme l’une des deux grandes caractéristiques de son Isotonique : un citron-menthe pensé pour conserver une sensation de fraîcheur lorsque l’effort s’allonge. Après plusieurs sorties, nous comprenons pourquoi.

À froid, la première impression est immédiatement agréable. Le citron apporte l’acidité attendue, tandis que la menthe vient casser une partie de cette sensation sucrée que certaines boissons glucidiques finissent par laisser dans la bouche. Mais ce n’est pas vraiment là que Runfinity nous a convaincus. C’est lorsque le bidon a cessé d’être froid.

Après plusieurs heures, la boisson reste étonnamment facile à consommer. Le citron-menthe ne devient pas cette saveur lourde dont on finit par anticiper négativement la prochaine gorgée. Et à nos yeux, c’est beaucoup plus important qu’un goût spectaculaire lors d’une dégustation. Une boisson d’effort n’a pas besoin de devenir notre boisson préférée. Elle doit surtout éviter de devenir celle que l’on n’a plus envie de boire. Sur ce point, Runfinity a réussi son examen.

Des glucides qui entrent sans interrompre la sortie

Avec 38,6 g de glucides pour 42 g de poudre, le bidon prend une vraie place dans la stratégie énergétique. Non pas nécessairement pour remplacer gels, barres ou alimentation solide, mais pour en prendre une partie à sa charge. Quelques gorgées régulières permettent ainsi de faire entrer progressivement des glucides sans transformer chaque apport énergétique en acte volontaire.

Et plus l’intensité augmente, plus cette simplicité devient intéressante. Nous l’avions déjà constaté pendant notre test MNSTRY : boire peut devenir l’une des manières les plus simples de continuer à s’alimenter lorsque manger devient tactiquement plus compliqué.

Runfinity pousse cette logique avec un produit unique et relativement simple à comprendre. La boisson apporte de l’eau, des glucides et des électrolytes ; les autres produits de nutrition peuvent ensuite compléter l’équation selon la durée et l’intensité. Le bidon ne remplace pas les poches. Il leur enlève simplement une partie du travail.

Dos du pot Runfinity Isotonique avec conseils d’utilisation, dosage et préparation de la boisson d’effort
42 g dans 500 ml ou 84 g dans un litre : plus que la dose elle-même, c’est la possibilité de l’adapter à l’effort qui nous a intéressés.

Le bon dosage est celui de la journée

Nous avons également apprécié la possibilité de faire évoluer la concentration. La recommandation de référence est de 42 g pour 500 ml, mais le principe même du produit permet d’adapter quantité de poudre et volume d’eau à la séance. Et ce détail devient particulièrement intéressant parce que besoins énergétiques et besoins hydriques n’évoluent pas nécessairement ensemble.

Par forte chaleur, on peut avoir besoin de boire davantage sans vouloir faire progresser proportionnellement son apport glucidique. Par temps plus frais, une séance très intense peut au contraire demander beaucoup d’énergie alors que l’on boit moins. La meilleure boisson n’est donc pas forcément celle qui impose sa recette, mais celle qui accepte que la recette change.

Cette modularité permet à Runfinity de ne pas être prisonnière d’un seul usage. Il faut simplement conserver une règle essentielle : plus on concentre une boisson, plus la tolérance individuelle doit être prise en compte. La mesurette donne un point de départ. Le terrain termine le réglage.

Préparation d’un bidon de boisson Runfinity Isotonique avant une sortie vélo lors du test 3bikes
Une mesurette, de l’eau et des kilomètres : chez 3bikes, c’est toujours sur le terrain que la fiche technique finit par devoir faire ses preuves.

Et lorsque l’estomac commence à voter ?

Parce qu’il finit toujours par avoir son mot à dire. Une formule peut être parfaite sur une étiquette ; si elle devient difficile à tolérer lorsque l’intensité monte, le reste perd rapidement de son intérêt. Sur l’ensemble de nos sorties, nous n’avons rencontré aucun problème digestif particulier avec Runfinity : pas de lourdeur notable, pas de sensation désagréable nous obligeant à arrêter d’en boire et pas de difficulté particulière lorsqu’elle était associée à d’autres apports énergétiques.

Évidemment, cette observation reste la nôtre. La tolérance digestive est individuelle et dépend de la concentration, de l’intensité, de la chaleur et surtout de l’habitude à consommer des glucides pendant l’effort. Mais c’est justement tout l’intérêt d’un test terrain : ne pas transformer notre expérience en vérité universelle tout en racontant précisément ce que nous avons constaté.

Et ce que nous avons constaté est finalement assez simple : Runfinity est entrée dans l’estomac sans jamais vraiment entrer dans nos préoccupations.

Puis nous avons arrêté de tester Runfinity

C’est probablement le moment que nous préférons dans un essai longue durée. Celui où quelque chose change sans qu’on l’ait réellement décidé. Au début, on regarde la poudre, on mesure, on goûte, on observe la dissolution et on cherche presque consciemment le moindre détail. Puis les sorties passent.

Un matin, on remplit simplement le bidon. Et on part. Runfinity avait cessé d’être cette nouvelle boisson que nous devions analyser pour devenir simplement ce qu’il y avait dans notre bidon. Nous ne pensions plus à la menthe. Nous ne comptions plus mentalement les gorgées. Nous buvions lorsque nous en avions besoin et revenions avec des bidons généralement terminés. Cela paraît terriblement banal. Pour une boisson d’effort, ça ne l’est pas du tout.

Cycliste roulant avec un bidon rempli de boisson Runfinity Isotonique pendant le test longue durée 3bikes
Puis le test a fini par disparaître : un bidon plein, un vélo et plus vraiment de questions. Runfinity était simplement devenue notre boisson d’effort.

Notre verdict : le fond du bidon en dit davantage que l’étiquette

Runfinity n’a pas inventé la boisson énergétique. Maltodextrine, glucose, fructose et électrolytes appartiennent depuis longtemps au vocabulaire de l’endurance. Et c’est peut-être justement pour cela que nous préférons juger ce produit ailleurs.

Sur plusieurs sorties, nous avons trouvé une boisson facile à préparer, bien tolérée dans notre cas, suffisamment énergétique pour prendre une vraie place dans le ravitaillement et surtout remarquablement peu lassante. La saveur citron-menthe, qui pouvait apparaître comme un simple argument marketing au départ, devient finalement l’une des qualités les plus intéressantes du produit lorsque les heures s’accumulent.

Tout n’est évidemment pas parfait. Un seul parfum limite le choix pour ceux qui aiment varier les saveurs, et la concentration devra être ajustée individuellement selon les conditions et la stratégie nutritionnelle. Surtout, Runfinity reste une boisson d’effort : elle ne remplace ni une stratégie globale, ni l’entraînement digestif, ni la connaissance de ses propres besoins.

Mais elle réussit quelque chose de beaucoup plus difficile à écrire sur un emballage : elle sait progressivement se faire oublier.

Nous pourrions donc terminer ce test en parlant une dernière fois de maltodextrine, de sodium ou de ratios glucidiques. Pourtant, après tous ces kilomètres, notre conclusion tient dans une scène beaucoup plus simple.

Le bidon était devenu tiède. Les jambes avaient déjà suffisamment travaillé. Il en restait encore un peu au fond. Nous l’avons terminé. Et pour une boisson d’effort, c’est peut-être beaucoup moins anodin qu’il n’y paraît.

LES +

  • Saveur citron-menthe fraîche et surtout peu lassante dans la durée
  • Bonne tolérance digestive constatée pendant notre test
  • 38,6 g de glucides pour 42 g de poudre
  • Trois sources glucidiques : maltodextrine, fructose et glucose
  • Présence de sodium, potassium, chlorure et calcium
  • Permet d’intégrer une partie de l’apport énergétique directement dans le bidon
  • Concentration adaptable selon la séance et les conditions
  • Facile à intégrer avec gels ou alimentation solide
  • Une boisson qui finit par se faire oublier pendant l’effort

LES –

  • Une seule saveur disponible sur le produit testé
  • Le citron-menthe restera évidemment une affaire de goût personnel
  • Dosage à adapter individuellement selon hydratation, intensité et tolérance
  • Comme toute boisson glucidique concentrée, demande de connaître sa propre tolérance digestive
  • Ne permet pas à elle seule de couvrir toutes les stratégies nutritionnelles des efforts très longs

FICHE TECHNIQUE

MarqueRunfinity
ProduitIsotonique
TypeBoisson énergétique pour sports d’endurance
Saveur testéeCitron givré – citron et menthe
Format testéPot de poudre
Dose de référence42 g
Glucides / 42 g38,6 g
Sources glucidiquesMaltodextrine, fructose, glucose
Sodium / 42 g250 mg
Potassium / 42 g300 mg
Chlorure / 42 g382,5 mg
Calcium / 42 g100 mg
VitaminesC et E
UtilisationCyclisme, running, trail et sports d’endurance
DosageAdaptable selon durée, intensité et volume d’eau
Test 3bikesPlusieurs sorties, durées et intensités différente
Contactwww.runfinity.fr

FAQ – Runfinity Isotonique

Combien de glucides apporte Runfinity Isotonique ?

La dose de 42 g du produit que nous avons testé apporte 38,6 g de glucides, provenant de maltodextrine, de fructose et de glucose. Cela permet au bidon de devenir une vraie partie de l’apport énergétique plutôt que de remplir uniquement une fonction d’hydratation.

Quel goût possède Runfinity Isotonique ?

La version testée associe citron et menthe dans une saveur baptisée Citron Givré. C’est justement l’un des points qui nous a le plus convaincus : davantage que son goût lors des premières gorgées, c’est sa capacité à rester relativement fraîche et peu lassante lorsque le bidon se réchauffe et que les heures passent que nous avons appréciée.

Peut-on utiliser Runfinity pendant une sortie longue ?

Oui, et c’est précisément dans ce contexte que nous l’avons trouvée la plus intéressante. Sur une sortie longue, la boisson permet de répartir l’apport glucidique entre le bidon, les gels et éventuellement l’alimentation solide. Elle ne doit pas nécessairement constituer toute la stratégie : elle peut simplement en devenir une pièce.

Runfinity remplace-t-elle les gels et les barres ?

Pas nécessairement. Tout dépend de la durée, de l’intensité et de l’objectif glucidique. Son intérêt est plutôt de permettre à une partie des glucides d’arriver progressivement par la boisson. Sur les efforts longs ou très intenses, gels, barres ou autres aliments peuvent compléter l’apport.

La boisson est-elle facile à digérer ?

Dans notre cas, oui. Nous n’avons rencontré aucun problème digestif particulier pendant les différentes sorties du test. Cela reste néanmoins une observation individuelle : la tolérance dépend notamment de la concentration utilisée, de l’intensité et de l’entraînement digestif de chacun.

Quel est finalement son principal point fort ?

Probablement quelque chose qui n’apparaît pas dans le tableau nutritionnel : nous avions encore envie de la boire après plusieurs heures. Une boisson d’effort peut posséder une formulation remarquable ; si elle reste au fond du bidon parce qu’elle devient écœurante, ses qualités nutritionnelles ne servent plus à grand-chose.

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Jean-François Tatard

- 45 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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