Test longue durée du Coospo S10 : que valent ses watts ?

Avec son capteur de puissance intégré à l’étoile et ses manivelles carbone compatibles Easton Cinch, le Coospo S10 propose une solution particulièrement abordable pour accéder à la mesure de puissance. Après plusieurs semaines d’utilisation, le bilan est plus intéressant que ne pourrait le laisser penser son prix : très cohérent sur les efforts classiques, moins convaincant à haute cadence et sur les sprints, mais avec aussi l’avantage de faire gagner du poids au pédalier. Notre test complet sur près de 4000 km.

Par Guillaume Judas – Photos : ©3bikes.fr, DR

Pédalier avec capteur de puissance
Esthétiquement, le Coospo avec les manivelles carbone est plutôt réussi.

Coospo est une jeune marque chinoise spécialisée dans les produits électroniques liés au sport, et au vélo en particulier, qui vient de fêter ses douze années d’existence. Elle propose une gamme composée de compteurs, de home-trainers, de capteurs de fréquence cardiaque, de radars arrière et, donc, d’un capteur de puissance. Le tout à des prix extrêmement compétitifs par rapport aux marques les plus connues du marché.

Le Coospo S10 n’est pas simplement un capteur de puissance que l’on vient ajouter à un pédalier existant. Le système testé associe des manivelles carbone basées sur l’interface Easton Cinch et une étoile Coospo qui intègre le capteur de puissance. Le prix du S10 doit donc être considéré en regardant l’ensemble de la solution, et pas uniquement le capteur lui-même, que l’on peut trouver autour d’une centaine d’euros.

Capteur de puissance
L’étoile Coospo qui mesure la puissance se vend seule à un prix d’à peine plus de 100 €. ©Coospo

Pour environ 345 €, vous disposez ainsi d’un pédalier léger en carbone capable de mesurer la puissance, auquel il faut ajouter une paire de plateaux au format quatre trous en 110 mm. Dans mon cas, j’ai conservé mes plateaux Shimano et remplacé mes manivelles Dura-Ace R9200 par ce nouveau venu dans l’univers des capteurs de puissance, sans changer le boîtier de pédalier. La possibilité de conserver les plateaux Dura-Ace est intéressante, car il n’est ainsi pas nécessaire de modifier toute la transmission pour passer au S10. Le passage des plateaux reste toujours aussi franc et précis, avec une fluidité tout aussi appréciable.

Notons que les manivelles Easton sont disponibles avec des longueurs de 160 à 172,5 mm, avec un axe de 24 ou de 29 mm. Elles existent également en aluminium, pour une soixantaine d’euros de moins.

Esthétiquement, le montage est plutôt réussi de mon point de vue, avec des manivelles bien finies et une apparence haut de gamme. Certes, la jonction entre l’étoile et les plateaux pourrait être un peu plus soignée, mais globalement, le montage ne dénature pas mon vélo.

Montage plateaux sur pédalier Coospo
La jonction entre l’étoile Coospo et les plateaux Shimano ne pose aucun problème de compatibilité.

Deuxième bonne surprise : l’ensemble m’a permis de gagner presque 100 g sur le poids du pédalier. Pour un produit positionné à ce niveau de prix, c’est loin d’être négligeable. C’est même suffisant pour que mon vélo, équipé des nouvelles roues Dura-Ace WH-R9370, passe juste sous la limite UCI des 6,8 kg.

Par ailleurs, le Q-Factor, c’est-à-dire l’écartement entre les deux manivelles, n’est supérieur que de 2 mm à celui du pédalier Shimano. Une différence totalement insensible à l’usage.

Utilisation sans complication

Le S10 communique en ANT+ et en Bluetooth et peut donc être associé à la plupart des compteurs et applications d’entraînement actuels. Dans mon utilisation, je n’ai pas rencontré de problème particulier de connexion ou de transmission des données.

Mon compteur Wahoo a reconnu le capteur en quelques secondes, tout comme mon smartphone, afin de le connecter à l’application CoospoRide. Celle-ci constitue une plateforme unique pour tous les produits Coospo. Elle permet aussi bien d’enregistrer les données d’un compteur de la marque et de les envoyer vers Strava, par exemple, que de consulter le niveau de batterie des différents capteurs. Pour les mises à jour et résoudre certains problèmes matériel, il faut passer par l’application CoopoTools, elle aussi très facile à appréhender. J’y reviendrai un peu plus loin.

Capteur de puissance sur pédalier
La capteur de puissance communique aisément avec un compteur ou une application, en ANT+ ou en Bluetooth.

C’est un point important avec un capteur de puissance : une fois installé et associé au compteur, on doit pouvoir l’oublier. Le S10 remplit correctement cette fonction dès la mise en route du compteur, juste avant de partir rouler.

En revanche, j’ai parfois rencontré quelques bugs au moment de vouloir étalonner le capteur à partir du compteur. Neuf fois sur dix, tout fonctionne instantanément, mais il arrive que le compteur continue de mouliner sur cette fonction, me forçant à abandonner la calibration, sans que je sache précisément d’où vient ce problème de communication. Néanmoins, l’étalonnage se fait aussi facilement en passant par l’app CoospoTools.

Que valent réellement les données ?

La question de la précision des données de puissance est évidemment l’un des points les plus importants de ce test. Et c’est également celui sur lequel je préfère être prudent. Depuis que j’utilise différents capteurs de puissance, je constate régulièrement des différences entre les systèmes. Mes collègues font le même constat. Que ce soit avec des pédales, des capteurs intégrés aux manivelles, des étoiles ou des home-trainers, il est relativement rare de retrouver exactement les mêmes valeurs partout.

Il est aujourd’hui très difficile de savoir quel système mesure réellement la bonne puissance, même si certains produits sont globalement mieux réputés que d’autres. Je pense évidemment à SRM, aux pédales Assioma ou encore aux Garmin que j’ai utilisées pendant plusieurs saisons. Ou à des home-trainers haut de gamme comme le Wahoo Kickr. La mesure de la puissance s’est largement démocratisée ces dernières années, mais la précision et surtout la cohérence des différents systèmes ne sont pas toujours au rendez-vous.

Manivelles carbone
Les manivelles Easton sont légères et permettent d’alléger nettement le pédalier.

Actuellement, l’un des capteurs de puissance qui me semble offrir le meilleur rapport qualité-prix reste le Quarq. C’est avant tout une question d’expérience personnelle, après avoir utilisé et comparé différents systèmes.

Le problème à souligner avec ces capteurs de puissance réputés, c’est qu’ils revendiquent généralement une précision de plus ou moins 1 ou 1,5 %. Cela signifie qu’à une puissance réelle de 300 watts fournie par le coureur, ils peuvent afficher 297 ou 303 watts sans que leur précision annoncée soit pour autant remise en cause. Et lorsqu’on compare un nouveau venu sur le marché comme le Coospo S10 avec un capteur considéré comme une référence, on le compare donc aussi avec la marge d’erreur de ce dernier. D’ailleurs, Coospo revendique avec son S10 une précision de ±1 %.

Je suis donc incapable d’affirmer avec certitude, comme certains le font, si la marque chinoise tient effectivement ses promesses dans ce domaine, puisque j’ai pu comparer le S10 à des capteurs qui présentent eux-mêmes une marge d’erreur. En revanche, je peux observer comment il se comporte dans différentes situations et, surtout, s’il reste cohérent d’une séance à l’autre. Et sur ce terrain, mes impressions sont plutôt rassurantes.

Très cohérent sur les efforts à FTP

Sur les séances à FTP, le Coospo S10 se montre particulièrement régulier. Les séries réalisées au cours d’une même séance donnent des valeurs cohérentes, que je peux également mettre en regard de la fréquence cardiaque et des temps de parcours.

Par exemple, en grimpant trois fois une longue côte avec la même puissance moyenne et une fréquence cardiaque à deux ou trois pulsations près identique, j’ai retrouvé les mêmes temps de montée. J’ai également constaté cette répétabilité entre deux séances du même type espacées d’environ quinze jours, en me fiant uniquement à mes sensations. À chaque fois, j’ai roulé en masquant les données de puissance afin de ne pas être influencé par ce que m’indiquait le compteur.

Serrage manivelles carbone
Pour parfaitement respecter le couple élevé de serrage, l’opération s’effectue avec un démonte cassette.

Pour un entraînement basé sur la puissance, c’est probablement l’une des qualités les plus importantes d’un capteur. Si le S10 mesure systématiquement quelques watts de moins ou de plus qu’un autre système, ce n’est finalement pas très gênant. En revanche, si la valeur change de manière imprévisible, l’utilisation devient beaucoup plus problématique.

Sur mes séances à intensité FTP, je n’ai pas constaté ce phénomène. Bref, sur des efforts réguliers, lorsque j’applique suffisamment de couple aux pédales et à une intensité sous-maximale, le S10 tient la route.

J’ai bien évidemment aussi testé le S10 sur des séances de type 30/30 à PMA. Ces efforts alternent rapidement des phases intenses et des phases de récupération et permettent donc d’observer la réactivité du capteur. Là encore, les valeurs me semblent cohérentes et suffisamment reproductibles pour une utilisation à l’entraînement.

Ce n’est pas nécessairement spectaculaire, mais c’est précisément ce que l’on attend d’un capteur de puissance : qu’il fournisse une donnée exploitable sans demander à l’utilisateur de s’interroger en permanence sur sa fiabilité.

Comparaison instructive

La comparaison la plus intéressante vient toutefois d’une sortie en endurance. J’avais réalisé, environ deux mois auparavant, une séance en Z2+ (en endurance soutenue) sur le même parcours avec des pédales Garmin Rally équipées d’un capteur de puissance. J’ai reproduit une séance comparable avec le S10. La puissance moyenne est quasiment identique : à un watt près.

Il ne faut évidemment pas en conclure que les deux systèmes sont précis au watt près. Deux sorties séparées de deux mois ne constituent pas un protocole de laboratoire.

Mais cette concordance est tout de même intéressante et renforce mon impression générale : dans une utilisation normale, le S10 fournit des valeurs très cohérentes avec celles que j’obtenais précédemment avec les pédales Garmin.

Moins convaincant à haute cadence

Le tableau devient légèrement différent lorsque la cadence augmente. J’ai l’impression que le Coospo S10 se comporte particulièrement bien lorsque le couple appliqué aux pédales est relativement important. En revanche, lorsque la cadence augmente fortement et que le couple diminue, les valeurs de puissance peuvent parfois fluctuer davantage. Jusqu’à perdre un peu les pédales.

L’étoile ne mesure pas la cadence à l’aide d’un aimant placé sur le cadre, mais grâce à son accéléromètre intégré. Une mise à jour du S10 via CoospoTools affirme résoudre quelques problèmes d’algorithme pour le calcul de la cadence. C’est vrai, j’ai pu constater moins de chute de cadence après cette opération, mais cela reste légèrement irrégulier.

Ce phénomène n’est pas suffisamment important pour remettre en cause l’utilisation du capteur dans les séances classiques, mais il mérite d’être signalé.

Axe de pédalier
Le montage s’effectue sans aucun problème sur un boîtier de pédalier prévu pour Shimano.

Des sprints plutôt pessimistes

Sur les efforts très courts, le bilan est moins convaincant. Sur des sprints de 7 à 8 secondes, le S10 donne des valeurs de puissance maximale plutôt inférieures à celles que j’obtiens avec un Quarq, et également un peu inférieures à celles de mes pédales Garmin. Par ailleurs, lors des changements de rythme brutaux, le capteur me semble un peu moins réactif que certains de ses concurrents.

Pour un pratiquant qui s’intéresse essentiellement à son endurance, à sa FTP et à ses séances structurées, cette caractéristique est finalement assez secondaire. Pour un sprinteur ou un coureur qui souhaite suivre précisément ses valeurs de puissance maximale, elle devient en revanche beaucoup plus importante.

C’est une distinction qui me paraît essentielle dans l’évaluation d’un capteur de puissance : il faut aussi juger ses performances en fonction de l’usage auquel on le destine.

L’autonomie en question

C’est en revanche avec l’autonomie du S10 que j’ai rencontré le plus de soucis. Coospo annonce jusqu’à 300 heures d’utilisation. Sur mon exemplaire, la transmission s’est arrêtée après environ 50 heures la première fois, puis après seulement une vingtaine d’heures lors du cycle de charge suivant, puis seulement sept ou huit heures par la suite. Surtout, le capteur a cessé de transmettre sans véritable avertissement préalable sur le compteur. Il faut donc consulter les applications CoospoRide ou CoospoTools pour avoir une idée du niveau de batterie restant.

Câble de recharge capteur de puissance
La recharge s’effectue par un câble magnétique.

La recharge complète ne demande heureusement pas beaucoup de temps, ce qui permet de limiter les conséquences au quotidien. Mais l’écart entre l’autonomie annoncée et celle que j’ai constaté était suffisamment important pour être signalé.

Cependant, une mise à jour du système effectuée en quelques dizaines de secondes a semble-il permis de régler le problème, sans que j’en comprenne l’origine. Tout fonctionne correctement maintenant, mais je surveillerai cela au cours des prochaines semaines.

Autre petit désagrément, déjà souligné lors du test du capteur de fréquence cardiaque Coospo HW9 : le système de recharge est spécifique au S10. Si l’on part en déplacement avec plusieurs appareils de la marque, il faut donc emporter plusieurs câbles. C’est un peu gênant à l’heure où beaucoup de fabricants d’appareils électroniques tendent à uniformiser leurs systèmes de recharge autour de l’USB-C.

À qui se destine le Coospo S10 ?

Après plusieurs semaines de test, je ne considérerais sans doute pas le Coospo S10 comme le meilleur choix pour un coureur Élite qui cherche à disposer de la mesure la plus fiable possible dans toutes les conditions. Si je devais aujourd’hui courir à haut niveau, je choisirais plutôt un Quarq, qui me semble proposer actuellement un excellent compromis entre qualité de mesure, fiabilité, intégration et prix.

Mais ce n’est pas forcément le marché auquel s’adresse le S10. Pour un pratiquant amateur qui utilise la puissance comme un outil parmi d’autres, la situation est différente. Le produit permet de suivre ses séances à FTP, de contrôler ses intervalles, de gérer son endurance et de suivre sa progression avec des données qui, dans mon utilisation, se montrent particulièrement cohérentes.

Et il le fait avec un tarif contenu, tout en offrant un pédalier carbone.

Le gain de poids : le bonus inattendu

Il serait dommage de parler du S10 uniquement comme d’un capteur de puissance. Le changement de pédalier m’a permis de passer des manivelles Shimano Dura-Ace R9200 aux manivelles carbone Coospo, tout en conservant mes plateaux Dura-Ace. À la clé, j’ai gagné 95 g sur le pédalier complet.

Ce n’est évidemment pas déterminant pour tous les pratiquants. Mais dans cette gamme de prix, cela constitue un argument supplémentaire en faveur du système. Le S10 permet ainsi à la fois d’accéder à la mesure de puissance et de remplacer un pédalier relativement haut de gamme par un ensemble carbone plus léger.

Sur le terrain, le pédalier s’est montré très cohérent. La rigidité m’a semblé légèrement inférieure à celle du Dura-Ace, mais elle reste largement suffisante pour un usage sportif et se situe, à mon ressenti, au niveau de ce que l’on peut attendre d’un bon pédalier carbone du marché.

Paire de manivelles Coospo
Le pédalier permet de gagner une centaine de grammes sur un pédalier Dura-Ace. ©Coospo

J’ai toutefois été un peu embêté par un bruit de craquement récurrent à chaque coup de pédale pendant quelques jours. J’ai finalement pensé à graisser la zone de contact entre le filetage des pédales et les manivelles. Le bruit a immédiatement disparu et tout est depuis parfaitement rentré dans l’ordre.

Pas parfait, mais difficile à condamner à ce prix

Le Coospo S10 n’est pas un capteur de puissance irréprochable. Son comportement à haute cadence mérite d’être surveillé, ses valeurs sur les pics de puissance semblent plutôt pessimistes par rapport à d’autres systèmes et son autonomie réelle est à vérifier même après la dernière mise à jour du système. Mais ces défauts ne doivent pas masquer ses qualités.

Sur les efforts réguliers, les séances de 30/30 et les sorties d’endurance, je le trouve cohérent et répétable. Après plusieurs semaines d’utilisation, je n’ai donc aucune difficulté à l’utiliser pour mon entraînement. Et c’est peut-être finalement ce qui compte le plus.

Le Coospo S10 n’est probablement pas le capteur de puissance que je choisirais pour gagner une course. Mais pour un amateur qui veut disposer d’une mesure de puissance fiable et exploitable sans dépenser une fortune, il constitue une proposition particulièrement intéressante. À ce niveau de prix, avec en plus un pédalier carbone léger, il constitue au final plutôt une très bonne surprise.

LES +

  • Pédalier à capteur de puissance probablement le moins cher du marché avec des manivelles carbone
  • Poids
  • Facilité d’utilisation
  • Connectivité
  • Finition
  • Précision suffisante pour les efforts réguliers

LES –

  • Cadences hautes qui manquent légèrement de précision
  • Pics de puissance pessimistes
  • Autonomie à surveiller

FICHE TECHNIQUE

Modèle Capteur de puissance à étoile S10 avec pédalier (Easton)
Axe de pédalier24 ou 29 mm
Entraxe (BCD)110 BCD
Fixation4 vis
Longueurs de manivelles160, 165, 170, 172.5
Plage de puissance 0 à 2800 W
Précision de la puissance±1 %
Plage de cadence20 à 240 tr/min
Données mesuréesPuissance, cadence, équilibre gauche/droite, fluidité 
ÉtalonnageAutomatique, rétropédalage, manuel
Protocole sans filANT+, Bluetooth
Indice d’étanchéitéIPX7
T° de fonctionnement– 20 à 50 °C
Autonomie de la batterie300 heures
RechargeMagnétique
Poids350 g (manivelles + axe) + 102 g (étoile / capteur)
Prix345 €
Contacthttps://www.coospo.com/

 

FAQ – Capteur de puissance Coospo S10

Qui est Coospo ?

Coospo est une entreprise chinoise créée en 2014, spécialisée dans les équipements électroniques pour le vélo (compteurs, home-trainers, radars, capteurs cardio, capteurs de puissance), avec un positionnement axé sur le rapport qualité-prix.

Le Coospo S10 est-il un capteur de puissance précis ?

C’est probablement la question la plus difficile à trancher. Après plusieurs semaines d’utilisation, je peux surtout parler de cohérence et de répétabilité. Sur mes séances à FTP, en Z2+ ou sur des séries de 30/30 à PMA, le S10 fournit des valeurs régulières et suffisamment reproductibles pour être utilisées à l’entraînement. En revanche, les valeurs sont moins convaincantes sur les efforts très courts et les sprints, où le capteur semble un peu plus pessimiste que certains concurrents. Il est donc difficile d’affirmer qu’il mesure la puissance « juste » au watt près, mais il fournit dans la plupart des situations une donnée exploitable et cohérente.

Le Coospo S10 est-il compatible avec mon compteur Garmin, Wahoo ou Bryton ?

Oui. Le S10 communique en ANT+ et en Bluetooth, ce qui lui permet d’être associé à la plupart des compteurs et applications d’entraînement actuels. Dans mon cas, il a été reconnu sans difficulté par mon compteur Wahoo et par l’application CoospoRide. Il peut donc être utilisé avec un équipement existant sans avoir besoin de changer de compteur. La transmission des données s’est montrée fiable dans mon utilisation, même si j’ai parfois rencontré quelques difficultés lors de la procédure de calibration depuis le compteur.

Quelle est l’autonomie réelle du Coospo S10 ?

Coospo annonce une autonomie pouvant atteindre 300 heures, mais dans mon cas, la première expérience est beaucoup moins favorable. Mon capteur a cessé de transmettre après environ 50 heures d’utilisation, sans avertissement préalable. Une recharge a ensuite permis de le remettre en fonctionnement. Je vais donc poursuivre les essais sur plusieurs cycles de charge afin de déterminer si cette première autonomie très inférieure aux données annoncées était exceptionnelle ou si elle se confirme. Pour l’instant, c’est clairement l’un des points qui me laisse le plus perplexe sur le S10.

Le Coospo S10 vaut-il le coup pour un cycliste amateur ?

Oui, et c’est probablement là que le S10 prend tout son sens. Pour environ 345 € avec les manivelles carbone et le capteur de puissance, on dispose d’un pédalier léger et d’une mesure de puissance qui s’est montrée cohérente dans la majorité de mes entraînements. Le fait de pouvoir conserver ses plateaux Shimano est également intéressant. Si la puissance sert avant tout à suivre une FTP, contrôler des zones d’entraînement ou structurer ses séances, le S10 me paraît donc particulièrement intéressant compte tenu de son prix. Il faut simplement garder à l’esprit ses limites sur les très courts efforts.

Le Coospo S10 est-il adapté à la compétition et au haut niveau ?

Si je devais reprendre la compétition à haut niveau, ce n’est pas le capteur que je choisirais. Je privilégierais un système dont j’ai davantage confiance dans la précision, la réactivité sur les changements de rythme et la stabilité des données, comme le Quarq. Mais ce constat ne signifie pas que le S10 est un mauvais capteur. Pour un amateur qui utilise la puissance comme un outil parmi d’autres, ses performances sont largement suffisantes dans la plupart des situations. Le niveau d’exigence n’est simplement pas le même entre un coureur qui cherche à exploiter chaque watt et un pratiquant qui souhaite surtout disposer d’un repère fiable pour son entraînement. Et pour cet usage, je valide ce capteur de puissance.

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Guillaume Judas

  - 54 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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