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Il a connu le cyclo-cross au plus haut niveau, les sélections en équipe de France et regarde aujourd’hui les courses depuis la cabine d’Eurosport. Mais quand Anthony Colas quitte Steve Chainel et son micro, c’est désormais surtout vers les chemins qu’il se tourne. Qualifié pour les Championnats du monde Gravel 2025 dans sa catégorie, il a trouvé dans son ENVE MOG un vélo qui correspond parfaitement à sa nouvelle façon de rouler : performant, confortable, stable et capable d’encaisser beaucoup. Un vélo qui ne cherche pas à impressionner Anthony. Il cherche surtout à lui donner confiance.
Par Jeff Tatard – © Photos : Anthony Colas
« Parmi les vélos que j’ai eus, c’est celui que je préfère. » Anthony Colas n’est pourtant pas du genre à s’enthousiasmer pour une pièce simplement parce qu’elle est nouvelle ou plus chère. Son expérience lui a appris autre chose : un bon vélo est d’abord celui auquel on ne pense plus quand on roule.
Son MOG est construit exactement dans cet esprit. Pas pour gagner un concours de poids. Pas pour aligner les composants à la mode. Mais pour aller vite, longtemps, partout et, surtout, avec cette sensation qu’Anthony répète plusieurs fois lorsqu’il en parle : la confiance. Bienvenue dans le Bike Check #002 de 3bikes.
Quoi ? C’est quoi, ton vélo ?
Un ENVE MOG 2025 en taille 52, qu’Anthony possède depuis septembre dernier. Le montage est très personnel, puisqu’une partie des composants provient de ses vélos précédents.
La transmission repose sur un Shimano XTR en 11 vitesses, associé à un pédalier Ultegra et à un capteur de puissance 4iiii. Contrairement à beaucoup de montages gravel actuels, Anthony reste fidèle au double plateau : 48/36 à l’avant et cassette 11-32 à l’arrière. Il a également testé des manivelles de 175 mm avant de revenir à 170 mm, qu’il préfère.
Les roues constituent l’une des évolutions récentes du vélo : des ENVE SES 3.4 montées avec des moyeux Chris King et des rayons Sapim. Côté pneus, Anthony joue sur deux profils différents en 50 mm : Schwalbe G-One R Pro à l’avant, plus cranté, et G-One RS à l’arrière, plus roulant.
Le cockpit est pour l’instant entièrement ENVE. La tige de selle d’origine, en revanche, n’a pas survécu aux préférences de son propriétaire : Anthony l’a remplacée par une Darimo, associée à une ancienne Selle Italia SLR carbone. Un montage qui mélange donc composants récents, pièces éprouvées et choix très personnels.
Pourquoi ? Pourquoi ce vélo ?
La rencontre avec le MOG s’est faite par l’intermédiaire d’un ami d’Anthony, Étienne, qui roule lui-même avec ce modèle depuis plusieurs années. « Il a fini par me convaincre que ce vélo était fait pour moi. »
Anthony sortait alors d’un Cervélo Áspero dont il appréciait le rendement, mais dont le dégagement des pneus commençait à limiter sa pratique. Monter du 45 mm devenait déjà compliqué. Il voulait davantage de liberté sans transformer son gravel en tracteur.
Le MOG peut accepter des sections allant jusqu’à environ 50 mm et au-delà selon les configurations. Anthony roule aujourd’hui en 50 avec encore suffisamment d’espace autour du pneu.
Mais le dégagement n’explique pas tout. « Je cherchais vraiment un vélo qui ait du rendement, mais qui soit aussi confortable. » Et surtout stable. Le mot revient plusieurs fois. Anthony apprécie la géométrie du MOG et notamment le comportement de son train avant. Quand le terrain se dégrade, le vélo ne demande pas à être constamment surveillé. « C’est vraiment un vélo très stable, qui pardonne pas mal. C’est un vélo qui met en confiance. »
La route ? Il possède bien une paire de roues dédiée, mais ne l’utilise presque jamais. Aujourd’hui, son terrain de jeu, c’est clairement le gravel.
Comment ? Comment tu l’as monté ?
Anthony n’identifie pas une pièce miracle autour de laquelle serait construit son vélo. Ce qu’il aime, c’est justement l’ensemble.
Les roues constituent néanmoins l’upgrade qui l’a le plus convaincu récemment. Après avoir roulé avec des Zipp et connu quelques déboires de roulements, il est passé aux ENVE SES 3.4. « Depuis que je suis passé aux ENVE, j’en suis vraiment très, très content. »
Autre détail auquel il tient : son boîtier de pédalier CeramicSpeed. Il sait parfaitement que certains considéreront le gain comme anecdotique. Lui assume. « Ça peut paraître un peu anecdotique pour certains, mais je trouve ça assez fluide. Et je suis un peu toqué avec ça ! »
Son prochain chantier est déjà identifié : remplacer l’ensemble cintre-potence actuel par un cockpit monobloc ENVE. Il avait effectué la même modification sur son Áspero et avait été surpris par son influence sur le comportement général du vélo.
Et puis il y a un détail beaucoup moins spectaculaire, mais qu’Anthony adore : le rangement intégré dans le tube diagonal du MOG. Sous le porte-bidon, une petite trappe permet de dissimuler l’essentiel du nécessaire de réparation.
Multi-outil et chambre TPU disparaissent ainsi dans le cadre. À l’extérieur ne restent qu’un Dynaplug sur le top tube et une cartouche de CO₂ avec son percuteur près du porte-bidon. Une petite pompe électrique complète le dispositif. Pas de sacoche sous la selle, presque rien qui dépasse, mais de quoi rentrer à la maison si les choses tournent mal.
Et alors ? Sur le terrain, ça donne quoi ?
« Il roule tout seul ! », commence Anthony en rigolant. Derrière la formule, son MOG possède surtout une qualité intéressante : il semble fonctionner aussi bien lorsque l’effort est court et violent que lorsque les heures commencent à s’accumuler.
Anthony cite les 6 Heures de Cergy, disputées sous forme de relais d’environ quinze minutes à bloc. À l’autre extrémité du spectre, il évoque les sorties et compétitions de cinq ou six heures. Même constat. « On ne se lasse pas sur ce vélo. » Réactif lorsqu’il faut accélérer, confortable lorsque la journée s’allonge et suffisamment stable lorsque le terrain devient plus technique, le MOG ne possède pas, à ses yeux, de faiblesse suffisamment importante pour remettre le projet en question.
Lorsqu’on lui demande une note, Anthony hésite surtout parce qu’il ne prétend pas avoir essayé tous les gravel du marché. Puis il tranche : 9/10. « Parmi les vélos que j’ai eus, c’est celui que je préfère. »
Et venant d’un ancien international de cyclo-cross qui sait plutôt bien ce qu’un vélo fait lorsqu’on commence à le malmener, la phrase n’est pas anodine.
On te le vole demain ? Tu rachètes exactement le même ?
Cette fois, aucune longue réflexion. Oui. « Clairement, pour l’instant, je le rachète. »
Anthony est curieux de voir arriver la prochaine génération de gravel et notamment l’éventuelle démocratisation des roues de 32 pouces, qu’il aimerait essayer. C’est aujourd’hui pratiquement la seule innovation susceptible de sérieusement piquer sa curiosité.
Mais même là, il nuance immédiatement. « Je pense que je garderais mon MOG quand même, parce que j’en suis très, très content. »
Finalement, c’est peut-être la réponse la plus intéressante de ce Bike Check. Quand quelqu’un qui aime autant analyser le matériel ne cherche plus vraiment son prochain vélo, c’est probablement qu’il a trouvé le bon.
Le Bike Check d’AnthonyL’ENVE MOG d’Anthony est un montage résolument personnel, construit autour du rendement, du confort et surtout de la stabilité.
Le petit mot d’Anthony : « C’est un vélo qui met en confiance. » Ce qu’il adore ? L’équilibre général du vélo et sa polyvalence sur les terrains gravel. Ce qui l’agace ? Difficile, pour l’instant, de lui faire désigner un véritable défaut. Ce qu’il changerait demain ? Le cockpit, avec l’arrivée prochaine d’un combo monobloc ENVE. Et si tout était à refaire ? Il rachèterait le même. |
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