L’activité se poursuit pour Lapierre, malgré le redressement judiciaire

Le Tribunal de commerce de Dijon a décidé, ce 25 août 2026, d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire à l’encontre des Cycles Lapierre. L’entreprise, qui poursuit son activité, dispose désormais d’une période d’observation de six mois pour démontrer sa capacité à se redresser et trouver un investisseur afin de retrouver son autonomie.

Source : CP

Le Tribunal de commerce de Dijon a officiellement ouvert une procédure de redressement judiciaire au bénéfice des Cycles Lapierre. Pour la marque dijonnaise, cette décision ouvre une nouvelle étape, avec une période d’observation de six mois destinée à permettre la poursuite de l’activité et la construction d’un projet de redressement.

Lapierre insiste sur un point important : le redressement judiciaire ne constitue ni une liquidation ni une fermeture de l’entreprise. La procédure doit permettre de poursuivre l’activité, de préserver autant que possible les emplois et de traiter les dettes dans un cadre collectif.

L’objectif affiché est désormais de construire une entreprise autonome, capable de démontrer sa viabilité économique et d’attirer un investisseur industriel ou financier susceptible de l’accompagner durablement.

« La décision du Tribunal nous donne exactement ce que nous étions venus demander : la possibilité et le temps de nous battre. Elle ne signifie pas que nous sommes sauvés, mais elle signifie que nous pouvons agir », explique William Perrier, directeur général des Cycles Lapierre.

Une situation financière encore difficile

La situation de Lapierre reste néanmoins fragile. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise, Cycles Lapierre SAS a réalisé 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. La perte d’exploitation a toutefois été ramenée de 46,3 millions d’euros en 2024 à 27,2 millions en 2025, soit une réduction de 19,1 millions d’euros, ou plus de 41 % en un an. La direction considère cette amélioration comme un signe encourageant, tout en reconnaissant que le redressement reste à construire.

La marque peut notamment s’appuyer sur son site industriel et technique historique de Dijon, une unité d’assemblage ainsi que des compétences dans la recherche et développement, les achats, la supply chain, le commerce et le service après-vente. Elle dispose également d’un réseau de distribution historique en France et à l’international et d’une marque créée en 1946.

Quatre priorités pour les prochains mois

Durant la période d’observation, les Cycles Lapierre entendent concentrer leurs efforts sur quatre axes. Le premier consiste à sécuriser l’activité quotidienne, notamment la trésorerie, les salaires, les commandes pouvant être livrées, les stocks, les approvisionnements et le service après-vente.

Le deuxième vise à finaliser un modèle économique autonome, avec une analyse de la rentabilité par produit, client et canal de distribution, ainsi qu’une maîtrise accrue des coûts et des besoins de financement.

Lapierre souhaite également sécuriser son autonomie juridique et opérationnelle, notamment concernant les droits nécessaires à l’exploitation de la marque et des produits, les systèmes informatiques, la logistique et les principaux contrats.

Enfin, l’entreprise veut accélérer la recherche d’un investisseur industriel ou financier capable d’apporter les fonds propres nécessaires, de financer le besoin en fonds de roulement et d’accompagner la marque sur le long terme.

Les deux premiers mois de la période d’observation seront notamment déterminants pour démontrer que l’entreprise dispose des capacités financières nécessaires à la poursuite de son activité.

Le marché du vélo reste difficile

Pour justifier ses perspectives, Lapierre souligne également que, malgré la correction actuelle du marché français du vélo, celui-ci représente encore 3,11 milliards d’euros. Certains segments affichent par ailleurs une évolution favorable, avec notamment une progression annoncée de 18 % pour le gravel et de 10,5 % pour la réparation.

La marque met également en avant la progression de 0,3 % du marché des pièces et accessoires et de 3,4 % de la production française. Ces éléments ne suffisent évidemment pas à garantir le redressement de Lapierre, mais ils constituent, selon la direction, des arguments en faveur de la poursuite du projet industriel.

Les salariés restent en activité

L’ouverture de la procédure de redressement judiciaire ne met pas fin aux contrats de travail. Les salariés restent employés par les Cycles Lapierre et poursuivent leur activité. La direction souligne que le savoir-faire des équipes constitue précisément l’un des principaux atouts de l’entreprise dans la recherche d’un investisseur. Les fonctions industrielles, commerciales, techniques, logistiques et administratives sont donc appelées à continuer de fonctionner pendant la période d’observation.

« Leur inquiétude est légitime. Mais aujourd’hui, leur savoir-faire est aussi l’une des principales raisons pour lesquelles un investisseur peut croire dans Lapierre », souligne William Perrier.

Lapierre veut préserver son ancrage dijonnais

La direction indique par ailleurs bénéficier du soutien de ses collaborateurs, distributeurs, fournisseurs, banques et partenaires institutionnels. La Préfecture, les collectivités territoriales et différents acteurs économiques du territoire sont également mobilisés autour de l’avenir de l’entreprise.

Cette mobilisation doit notamment faciliter les mises en relation et la recherche d’un investisseur, sans pour autant se substituer à un financement privé. L’enjeu est également industriel et territorial : Lapierre entend préserver son implantation historique à Dijon, ses capacités de recherche et développement et d’assemblage, ainsi que son réseau commercial de plus de 800 revendeurs.

Une période décisive pour les Cycles Lapierre

L’ouverture du redressement judiciaire donne donc aux Cycles Lapierre un délai supplémentaire pour tenter de construire une solution durable. Mais elle ne constitue pas, à elle seule, une garantie de survie.

Dans les six prochains mois, la marque devra démontrer sa capacité à poursuivre son activité dans un cadre financièrement soutenable, réduire encore ses coûts et surtout convaincre un investisseur de financer son projet de continuation.

Pour Lapierre, la feuille de route est désormais clairement établie : poursuivre l’activité, transformer le modèle économique et convaincre un investisseur. La marque indique qu’elle communiquera régulièrement sur les principales étapes de la procédure.

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Guillaume Judas

  - 54 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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