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Pendant trois semaines, nous avons remplacé une grande partie de notre nutrition sportive par les produits MNSTRY. Pas le temps d’une sortie, ni même d’un week-end de compétition, mais au cœur d’un véritable bloc de préparation de près de vingt heures d’entraînement hebdomadaire sous le soleil portugais. L’idée n’était pas de goûter quelques références puis d’empiler les impressions, mais de soumettre toute une stratégie nutritionnelle à ce que le cyclisme connaît de plus difficile à maquiller : la répétition, la chaleur, les longues heures de selle, la fatigue qui s’installe et le corps qui, lui, finit toujours par dire la vérité. Trois semaines plus tard, il est temps de raconter ce que cette expérience nous a réellement appris.
Par Jeff Tatard – Photos : DR
Il existe deux façons de tester un produit de nutrition sportive. La première consiste à ouvrir le carton, goûter, rouler deux ou trois fois, noter quelques sensations puis publier un verdict. La seconde demande davantage de temps, quelques centaines de kilomètres supplémentaires et surtout un peu plus d’humilité. Car la nutrition est probablement le seul « équipement » du cycliste qui continue à travailler alors que le vélo est déjà rangé. Elle accompagne l’effort, bien sûr, mais elle influence aussi la récupération, le sommeil, la capacité à enchaîner les séances et parfois même cette donnée impossible à trouver sur Garmin : l’envie de repartir le lendemain.
C’est précisément cette deuxième voie que nous avons choisie. Pas parce qu’elle est plus spectaculaire, mais parce qu’elle est plus honnête. Une barre peut être excellente à la première bouchée. Une boisson peut sembler parfaite pendant une heure. Mais après quatre ou cinq heures de selle, plusieurs jours d’entraînement consécutifs et une chaleur qui commence à grignoter la lucidité, les artifices disparaissent. Il ne reste plus que ce que le produit apporte réellement au sportif.
Pourquoi MNSTRY ?
Nous recevons régulièrement des sollicitations de marques souhaitant nous faire découvrir leurs nouveautés : casques, roues, vélos, textiles, capteurs de puissance… et bien sûr nutrition. Le scénario est souvent assez classique : quelques produits, quelques sorties, quelques comparaisons, puis un article. Avec MNSTRY, nous avons très vite compris qu’il fallait faire autrement.
Au fil de nos échanges avec l’équipe allemande, une idée revenait constamment : la performance ne commence pas par la quantité d’énergie absorbée, mais par la qualité de ce que l’on demande au corps de traiter. La marque a construit toute sa philosophie autour de trois piliers : la performance, la tolérance digestive et le respect de l’organisme sur le long terme. Pas d’édulcorants artificiels, une priorité donnée aux ingrédients naturels, une attention poussée à l’osmolarité des boissons, aux ratios glucose-fructose et à la qualité des matières premières, avec en arrière-plan une ambition assez claire : nourrir la performance sans demander au système digestif d’en payer le prix.
C’est là que MNSTRY devient plus intéressante qu’une simple collection de gels et de barres. La marque raisonne en système. Une boisson n’est pas pensée seule. Une barre non plus. Chaque référence répond à un moment précis, à une intensité, à une durée, à un besoin énergétique ou de récupération. Même les produits consacrés au sommeil ou au soutien immunitaire s’inscrivent dans cette logique globale.
Autrement dit, MNSTRY ne cherche pas seulement à nourrir le cycliste pendant qu’il roule. La marque cherche à accompagner tout ce qui lui permet de recommencer à rouler le lendemain. Et c’est précisément cette promesse-là que nous avons voulu mettre à l’épreuve.
Une marque née du très haut niveau
Le nom de MNSTRY reste encore relativement discret en France. Pourtant, derrière ces cinq lettres se cache une marque qui a choisi de construire sa crédibilité là où les approximations coûtent cher : auprès de certains des athlètes d’endurance les plus exigeants au monde. Née en Allemagne, MNSTRY s’est développée autour d’une conviction simple : la nutrition sportive ne doit pas seulement apporter des calories, elle doit permettre à l’athlète de les absorber, de les utiliser et de recommencer le lendemain sans faire de son système digestif la victime collatérale de sa performance.
Cette philosophie doit beaucoup à Robert Gorgos, nutritionniste reconnu dans le cyclisme professionnel et longtemps impliqué auprès de BORA–hansgrohe, devenue Red Bull–BORA–hansgrohe. Son expérience du très haut niveau a participé à façonner une approche où performance et tolérance digestive ne sont pas considérées comme deux objectifs concurrents, mais comme les deux faces d’un même problème. Car réussir à mettre 80, 100 ou parfois davantage de grammes de glucides par heure sur une fiche nutritionnelle est une chose. Être encore capable de les absorber après quatre heures d’effort en est une autre.
C’est ici que la philosophie MNSTRY devient intéressante. La marque travaille notamment sur les ratios glucose-fructose, 2:1 ou 1:0.8 selon les produits et les niveaux d’apport recherchés, mais aussi sur l’osmolarité de ses boissons, leur teneur en électrolytes et la sélection des ingrédients. L’objectif n’est donc pas seulement de faire entrer davantage d’énergie dans un bidon, mais de réfléchir à la manière dont l’organisme pourra réellement la traiter sous contrainte. Une nuance qui peut sembler technique devant un ordinateur et qui devient soudain beaucoup plus concrète après quatre heures de selle sous 30 °C.
MNSTRY revendique également un choix assez radical : aucun édulcorant artificiel dans sa gamme, notamment pas de sucralose, d’acésulfame-K, d’aspartame ou de saccharine. La marque privilégie de vrais fruits, des sources naturelles de glucides et des matières premières sélectionnées, avec un contrôle lot par lot Informed Sport. Il faudra rester prudent avec certaines interprétations physiologiques avancées par MNSTRY autour des édulcorants, la littérature scientifique est plus nuancée que ne peut parfois le laisser entendre un discours de marque, mais la ligne directrice, elle, est parfaitement lisible : performance, tolérance et respect de l’organisme sur le long terme.
La philosophie de MNSTRY pourrait finalement se résumer en une phrase : ce n’est pas au sportif de supporter sa nutrition pour pouvoir performer, c’est à sa nutrition de devenir suffisamment intelligente pour ne pas limiter sa performance. Et après trois semaines passées à utiliser huit références de la marque, cette notion de tolérance prendra, vous allez le voir, une importance bien plus grande que nous ne l’imaginions au départ.
Une crédibilité construite sur le terrain
Il suffit ensuite de regarder les terrains sur lesquels MNSTRY a choisi de se confronter à la réalité. Red Bull–BORA–hansgrohe dans le cyclisme professionnel, Laura Philipp au plus haut niveau du triathlon longue distance, Rosa Klöser dans le gravel, mais également différents spécialistes du triathlon et de l’ultra-endurance : la marque s’est volontairement rapprochée de disciplines dans lesquelles une erreur nutritionnelle peut anéantir plusieurs mois de préparation en quelques kilomètres.
Ce choix n’a rien d’anecdotique. Sur un effort d’endurance moderne, la différence ne se construit plus uniquement avec une FTP supérieure de quelques watts. Elle se joue aussi dans la capacité à absorber beaucoup de glucides sans transformer l’estomac en facteur limitant, à maintenir son hydratation, à récupérer suffisamment vite et à reproduire l’effort lorsque les journées s’enchaînent. La nutrition n’est plus simplement ce que l’on glisse dans ses poches avant de prendre le départ : elle est devenue une composante à part entière de la préparation.
Et c’est probablement là que MNSTRY nous intéressait le plus. Les champions constituent une formidable vitrine, mais une liste d’ambassadeurs, aussi prestigieuse soit-elle, n’a jamais constitué un test chez 3bikes. Red Bull–BORA–hansgrohe, Laura Philipp ou Rosa Klöser ont leur terrain de vérité. Nous avions désormais le nôtre : trois semaines, près de vingt heures d’entraînement hebdomadaire, des sorties de quatre à cinq heures et la chaleur portugaise.
Il était temps de laisser les kilomètres décider si la science racontée sur les emballages résistait réellement à la route.
Pourquoi 3bikes ?
Lorsque MNSTRY nous a proposé de découvrir pratiquement l’intégralité de sa gamme, une question nous est immédiatement venue à l’esprit : pourquoi 3bikes ? La réponse appartient évidemment à la marque, mais nous aimons penser qu’elle tient aussi à notre manière de travailler. Chez 3bikes, nous avons toujours préféré les kilomètres aux communiqués de presse et le temps long aux verdicts écrits après trois sorties. Nous roulons, nous comparons, nous revenons parfois sur nos premières impressions et, surtout, nous acceptons qu’un produit puisse avoir besoin de plusieurs semaines avant de révéler réellement ses qualités… ou ses limites.
Avec la nutrition sportive, cette exigence prend encore davantage de sens. On peut juger assez rapidement le goût d’une barre ou la facilité avec laquelle une poudre se mélange dans un bidon. Mais la digestibilité après quatre heures, la lassitude alimentaire après plusieurs jours, la récupération ou simplement l’envie de reprendre le même produit le lendemain ne se découvrent pas autour d’une table. Il faut rouler. Longtemps. Et recommencer.
Nous avons donc accepté cette proposition avec une seule condition, non négociable : conserver notre totale liberté de jugement. Recevoir des produits, même en quantité exceptionnelle, ne crée aucune obligation de résultat. MNSTRY nous fournissait les outils ; les routes portugaises, notre organisme et les trois semaines suivantes se chargeraient du verdict. C’est cette indépendance qui guide les essais de 3bikes, et il n’a jamais été question d’y renoncer ici.
Un colis qui donne immédiatement le ton
Et puis le colis est arrivé.
Nous savions que MNSTRY souhaitait nous permettre de découvrir sa gamme. Nous n’avions simplement pas imaginé à quel point la marque allait nous donner les moyens de le faire. En ouvrant le carton, la première réaction a été assez inhabituelle : nous avons été sincèrement impressionnés par la quantité de produits envoyée. Pas trois barres, deux gels et un échantillon de boisson pour écrire quelques lignes. Pratiquement tout l’univers nutritionnel de la marque était posé devant nous.
À l’intérieur se trouvaient notamment :
- Power Carb 1:0.8
- Power Carb Heat
- Fast Carb Heat
- Race Carb X
- Electrolyte Shot
- Anti Cramp Shot
- Gel 40 (plusieurs saveurs)
- Gel 40 Caféine
- Chew 40
- Jelly 40
- Performance Bars
- Intensity Bars
- Porridge Bars
- Protein Bars
- Recovery Shake
- Pre Sleep Mix
- Immune Stick
- plusieurs bidons Tacx
- un shaker
- les accessoires de préparation.
À première vue, cela ressemblait presque à un inventaire. En réalité, c’était probablement la meilleure manière de comprendre MNSTRY : non pas produit par produit, mais comme une stratégie nutritionnelle complète. Des glucides rapides ou progressifs, du solide et du liquide, différentes stratégies glucose-fructose, de l’hydratation, des électrolytes, de la récupération, du sommeil, du soutien immunitaire… Chaque référence semblait répondre à une situation différente.
Et c’est précisément devant ce colis que nous avons probablement pris la décision la plus importante de tout ce test : ne surtout pas tout tester.
La tentation était pourtant immense. Tout ouvrir. Tout goûter. Tout emmener au Portugal. Multiplier les références et revenir trois semaines plus tard avec un gigantesque catalogue de sensations. Cela aurait peut-être donné un article spectaculaire. Cela aurait surtout donné un mauvais test.
Nous avons donc fait exactement l’inverse : refermer une partie des boîtes, sélectionner huit références et laisser volontairement les produits les plus orientés compétition attendre leur heure.
Parce qu’après tout, respecter un produit, c’est aussi accepter de ne pas le tester tant que l’on n’a pas réuni les bonnes conditions pour le juger.
Pourquoi nous avons choisi… de ne pas tout tester
Nous aurions pu essayer l’intégralité de la gamme. Nous avons choisi de faire exactement l’inverse. Car un bon test ne consiste pas à accumuler les produits, mais à utiliser chacun d’eux dans le contexte pour lequel il a été conçu. Tester un gel de compétition pendant deux heures tranquilles aurait produit une impression. Observer pendant trois semaines comment une stratégie nutritionnelle accompagne près de vingt heures d’entraînement hebdomadaire nous semblait autrement plus intéressant.
Nous avons donc découpé ce dossier en plusieurs épisodes. Pour cette première phase, huit références ont accompagné nos longues journées portugaises, de l’alimentation pendant l’effort jusqu’à la récupération nocturne :
- Power Carb 1:0.8 – Le cœur liquide de notre protocole sur les longues sorties de trois à cinq heures.
- Performance Bar (Natural Cocoa) – Une option solide utilisée au fil des longues heures d’endurance.
- Intensity Bar (Dates & Cluster Dextrin) – 40 g de glucides dans un ratio 2:1, avec une texture pensée pour rester digeste pendant l’effort.
- Intensity Bar (Apricot & Cluster Dextrin) – La même logique, avec une seconde saveur devenue précieuse lorsque la lassitude alimentaire apparaissait.
- Protein Bar (Peanut & Cranberry) – Notre barre de fin de sortie, volontairement placée à la frontière entre les derniers kilomètres et les premiers gestes de récupération.
- Recovery Shake (Natural Cocoa) – Le rendez-vous d’après-sortie, avec une mission simple : commencer à préparer les jambes du lendemain.
- Immune Stick – Le soutien quotidien choisi pour accompagner l’organisme pendant cette période de forte charge.
- Pre Sleep Mix – Le dernier geste de la journée, environ trente minutes avant le coucher, pour intégrer pleinement la nuit à notre stratégie de récupération.
Le reste de la gamme : Gel 40, Gel 40 Caféine, Race Carb X, Power Carb Heat, Fast Carb Heat, Electrolyte Shot, Anti Cramp Shot, Chew 40 et Jelly 40, est volontairement resté de côté. Pas par manque d’intérêt, mais précisément parce que ces produits méritent mieux qu’un test hors contexte. Ils constitueront le prochain volet, cette fois dans l’intensité et la compétition.
Parce qu’un produit conçu pour les moments où une course se décide mérite d’être jugé au moment où une course se décide.
Notre protocole
Pour limiter autant que possible les biais, nous avions décidé de ne modifier qu’un seul paramètre : notre nutrition sportive. Même vélo, même matériel, même alimentation quotidienne, même organisation et surtout le même programme d’entraînement. Pendant trois semaines, MNSTRY allait donc devoir se fondre dans notre préparation sans que nous adaptions celle-ci aux produits. Une nuance importante : ce n’était pas notre entraînement qui devait servir le test, mais le test qui devait survivre à notre entraînement.
Nous avons observé la facilité d’utilisation, le goût, la digestibilité, la capacité à continuer de s’alimenter après plusieurs heures, les sensations énergétiques, la récupération, le sommeil et la fraîcheur ressentie au réveil. Mais nous avions volontairement ajouté un indicateur beaucoup moins scientifique et peut-être beaucoup plus révélateur : avions-nous spontanément envie de reprendre le même produit le lendemain ? Après trois semaines, ce critère s’est révélé particulièrement intéressant. Car lorsqu’un produit quitte progressivement le statut de « produit en test » pour devenir celui que l’on attrape naturellement avant de partir rouler, il s’est déjà passé quelque chose.
Pourquoi huit références… et pas davantage ?
Au moment de préparer les valises, emmener toute la gamme n’aurait eu aucun sens. Pas seulement parce qu’il aurait fallu transporter plusieurs kilos de nutrition, mais surtout parce que tester vingt références en trois semaines aurait donné beaucoup de sensations et finalement assez peu de certitudes. Nous avons donc cessé de raisonner en produits pour raisonner en besoins.
Comment alimenter quatre ou cinq heures d’effort sans finir par se lasser ? Comment maintenir un apport glucidique régulier lorsque la chaleur et le dénivelé commencent à peser ? Comment amorcer la récupération avant même d’être rentré ? Et comment créer, une fois le vélo posé, les conditions pour recommencer le lendemain ? Nos huit références ne devaient donc pas constituer une collection, mais une chaîne. Trois semaines plus tard, c’est justement cette complémentarité qui constitue l’un des enseignements les plus intéressants de notre essai.
1. Performance Bar : construire l’endurance, bouchée après bouchée
La Performance Bar Cocoa a passé beaucoup moins de temps dans son emballage que nous ne l’imaginions. Avec ses 40 g de glucides, son ratio glucose-fructose 2:1 et ses 200 mg de sodium, elle est rapidement devenue l’une de nos solutions solides sur les sorties de quatre à cinq heures. Sa matrice à base de dattes et de farine d’avoine apporte surtout quelque chose que les chiffres racontent mal : la sensation de manger réellement, sans pour autant avoir l’impression d’envoyer l’estomac travailler à la place des jambes.
Et c’est probablement là que notre verdict devient intéressant. Après quatre heures de vélo sous la chaleur portugaise, nous avions encore envie de la manger. Pas de lourdeur digestive marquante, pas cette sensation de saturation que certaines barres finissent par provoquer, et suffisamment de consistance pour casser la monotonie d’une alimentation essentiellement glucidique. Elle n’a donc jamais été pour nous une simple collation dégustée avant de partir : elle a voyagé dans nos poches, pris la chaleur, avalé du dénivelé et attendu que les kilomètres lui donnent le droit d’être jugée.
Et après trois semaines, elle faisait toujours partie de celles que nous choisissions spontanément avant une longue sortie. Pour une barre énergétique, c’est peut-être le compliment le plus intéressant que l’on puisse faire.
2. Power Carb 1:0.8 : le produit autour duquel tout s’est organisé
S’il ne fallait retenir qu’un seul produit pour comprendre ce que MNSTRY essaie de faire différemment, ce serait probablement celui-ci. Pendant trois semaines, le Power Carb 1:0.8 a accompagné quasiment toutes nos longues sorties et s’est progressivement imposé comme la colonne vertébrale de notre stratégie nutritionnelle.
La logique technique est intéressante : jusqu’à 80 g de glucides par bidon de 500 ml, un ratio glucose-fructose de 1:0.8 permettant théoriquement d’aller chercher des apports très élevés, jusqu’à 120 g/h en combinaison avec d’autres produits adaptés, et une formulation hypotonique lorsqu’elle est correctement préparée. Sur le papier, tout est pensé pour résoudre l’une des équations majeures de l’endurance moderne : faire entrer beaucoup d’énergie sans transformer l’estomac en facteur limitant.
Mais notre verdict s’est construit ailleurs. Dans la chaleur portugaise. Après trois, quatre puis cinq heures de selle. Et c’est précisément sa tolérance digestive sur la durée qui nous a le plus convaincus. Lorsque les bidons s’enchaînent et que l’organisme commence normalement à négocier avec ce qu’on lui impose, le Power Carb est resté étonnamment discret. Pas discret énergétiquement. Discret digestivement.
Au départ, ce n’est qu’une poudre dans un bidon. Quatre heures plus tard, cela devient une partie de l’histoire de la sortie. Et le meilleur compliment que nous puissions lui faire est probablement celui-ci : à force de l’utiliser, nous avons fini par ne plus penser au fait que nous étions en train de le tester.
3. Intensity Bar – Dates & Cluster Dextrin : quand l’estomac commence lui aussi à voter
Avec ses 40 g de glucides, son ratio glucose-fructose 2:1, ses 200 mg de sodium et une formulation volontairement pauvre en fibres et en matières grasses, l’Intensity Bar possède sur le papier tout ce que l’on attend d’une barre destinée à l’effort. Mais une fiche nutritionnelle ne raconte jamais ce qui se passe à la quatrième heure.
C’est précisément là que nous avons principalement utilisé la version Dates. Lorsque les jambes ont déjà beaucoup travaillé, que la chaleur s’est installée et que mâcher devient parfois une contrainte supplémentaire, sa texture et sa digestibilité ont constitué ses principales qualités. Le mélange de riz soufflé, de différentes sources glucidiques, de Cluster Dextrin et d’isomaltulose apporte également cette sensation intéressante d’une alimentation solide sans basculer dans quelque chose de lourd.
Et surtout, nous avons continué à avoir envie de la manger. Cela paraît presque trivial. Sur cinq heures de vélo, ça ne l’est absolument pas. Car passé un certain nombre de kilomètres, le meilleur produit nutritionnel du monde ne sert plus à grand-chose si l’on commence à repousser le moment de le sortir de sa poche.
4. Intensity Bar – Apricot & Cluster Dextrin : le détail qui n’en était finalement pas un
Pourquoi emporter deux versions d’une barre dont la fonction nutritionnelle est quasiment identique ? Trois semaines plus tard, la réponse tient en deux mots : lassitude alimentaire.
Sur une sortie courte, alterner datte et abricot relève presque du confort. Sur quatre ou cinq heures, puis lorsque ces sorties se répètent plusieurs fois dans la semaine, cela devient une véritable composante de la stratégie. La version Apricot nous a permis de casser cette répétition gustative qui finit parfois par rendre l’alimentation sportive écœurante.
Techniquement, nous retrouvons les mêmes 40 g de glucides, le ratio 2:1 et les 200 mg de sodium. Mais notre enseignement est ailleurs : la meilleure stratégie glucidique reste celle que l’on parvient réellement à suivre jusqu’au dernier kilomètre.
Et parfois, la performance tient aussi à quelque chose d’aussi simple qu’avoir encore envie d’ouvrir la prochaine barre.
5. Protein Bar : quand la récupération commence avant la douche
C’est probablement le produit dont nous avons le plus détourné, intelligemment, l’usage classique. Avec 35,7 g de glucides, 14,7 g de protéines, dont 2 g de leucine, et 200 mg de sodium, la Protein Bar Peanut & Cranberry peut être consommée avant, pendant ou après l’entraînement. Nous avons choisi une quatrième façon de la regarder : comme un pont entre deux mondes.
Nous la gardions régulièrement pour la dernière partie de nos sorties de quatre ou cinq heures. À ce moment-là, il fallait encore alimenter les derniers kilomètres, mais notre réflexion commençait déjà à basculer vers la récupération. Sa combinaison de glucides et de protéines végétales, pois, cacahuète, amande et acides aminés essentiels issus de légumes fermentés, prenait alors tout son sens. Elle est ainsi devenue moins notre dernière barre de la sortie que notre premier geste de récupération. Et nous avons beaucoup aimé cette logique. Parce qu’elle efface cette frontière un peu artificielle entre « pendant » et « après ». Lorsque quatre heures sont déjà derrière vous et qu’une nouvelle grosse journée vous attend le lendemain, la récupération n’a aucune raison d’attendre que Garmin affiche « Enregistrer l’activité ».
6. Recovery Shake : quand Strava s’arrête, la préparation continue
Le Recovery Shake était l’un des produits que nous attendions le plus. Il est aussi devenu l’un des plus systématiques. Après les grosses journées, le shaker faisait presque autant partie du rituel que poser le vélo et retirer les chaussures.
La formulation explique une partie de son intérêt : 24 g de protéines et 3,15 g de leucine pour 50 g, associés à des glucides et 320 mg de sodium. MNSTRY utilise plusieurs sources végétales complétées en acides aminés afin d’obtenir un profil protéique pensé pour soutenir la synthèse protéique musculaire et la récupération.
Nous ne prétendrons évidemment pas qu’un shaker permet d’isoler scientifiquement la qualité des jambes du lendemain. Trop de variables interviennent. Mais notre expérience de terrain est beaucoup plus simple : nous avons particulièrement bien supporté l’enchaînement des longues journées, et le Recovery Shake a trouvé naturellement sa place dans cette mécanique.
Le plus difficile dans un stage n’est finalement pas toujours de terminer cinq heures de vélo. C’est de se lever le lendemain avec l’envie et les jambes pour recommencer. Strava pouvait considérer la séance terminée. Pour notre organisme, le travail venait à peine de commencer.
7. Immune Stick : celui dont il serait justement malhonnête de trop parler
C’est probablement le produit le plus difficile à évaluer sérieusement. Et c’est précisément pour cette raison que nous préférons ne pas lui attribuer des pouvoirs que notre protocole ne permet pas de démontrer.
L’Immune Stick associe notamment zinc, extrait de sureau ElderCraft et poudre de citron. MNSTRY l’a développé pour accompagner les périodes de forte charge ou de stress physique, lorsque le fonctionnement immunitaire peut être davantage sollicité. Notre contexte cochait pratiquement toutes les cases : près de vingt heures hebdomadaires, chaleur, voyage et répétition des longues sorties.
Nous l’avons donc utilisé quotidiennement. Nous avons traversé ces trois semaines sans interruption liée à un épisode infectieux ou à un coup de fatigue nous obligeant à stopper le programme. Est-ce grâce à l’Immune Stick ? Impossible de l’affirmer, et nous ne le ferons pas. Un test terrain ne permet pas d’établir ce lien de causalité.
Mais son intérêt dans la philosophie MNSTRY devient évident : penser la performance, ce n’est pas seulement chercher à produire davantage de watts. C’est aussi essayer de créer les conditions permettant de continuer à s’entraîner.
8. Pre Sleep Mix : le produit qui nous a obligés à regarder l’entraînement autrement
Celui-ci est probablement le plus atypique des huit. Parce qu’il ne se consomme ni avant une ascension, ni pendant une sortie, ni lorsque Garmin affiche 300 watts. Il se prend lorsque tout est terminé. Environ trente minutes avant de dormir, le Pre Sleep Mix associe notamment 3 g de glycine, du PeptiSleep™, de l’extrait de griotte CherryCraft® et une petite quantité de glucides, avec une formulation destinée à accompagner le sommeil et la récupération nocturne. MNSTRY ne le présente d’ailleurs pas comme un sédatif, mais comme un produit destiné à agir sur les mécanismes associés au sommeil et à la récupération.
Au fil des trois semaines, il est devenu un rituel. Et là encore, gardons-nous d’une conclusion que notre test ne permettrait pas : nous ne pouvons pas attribuer la qualité d’une nuit à un sachet consommé trente minutes auparavant. Le sommeil dépend de trop nombreux facteurs.
Notre enseignement est finalement plus intéressant que cela. Le Pre Sleep Mix nous a obligés à intégrer le sommeil dans le protocole avec la même attention que l’alimentation pendant l’effort. Le vélo rangé, les bidons lavés et Garmin posé sur la table, la journée sportive n’était donc pas complètement terminée. Parce qu’on ne progresse pas uniquement pendant les heures où l’on pédale. Une partie de l’entraînement commence peut-être exactement au moment où l’on éteint la lumière.
Huit produits, une seule stratégie
C’était l’hypothèse de départ. C’est probablement le principal enseignement de ces trois semaines.
Pris séparément, aucun de ces produits ne bouleverse les fondamentaux de la nutrition sportive : des glucides, une boisson, des barres, des protéines, un produit consacré au sommeil, un autre au soutien immunitaire. Mais une fois utilisés jour après jour, ils cessent progressivement d’exister comme huit références indépendantes. Ils deviennent une séquence.
Power Carb et les barres alimentent les heures de selle. La Protein Bar commence à déplacer le curseur vers la récupération. Le Recovery Shake prend le relais une fois rentré. L’Immune Stick accompagne la période de charge. Le Pre Sleep Mix ferme la journée. Et c’est finalement là que MNSTRY nous a le plus convaincus : moins par un produit miracle, il n’y en a pas, que par la cohérence avec laquelle chaque référence trouve sa place autour de l’entraînement.
Pourquoi nous gardons certains produits pour plus tard
Trois semaines plus tard, nous ne regrettons absolument pas notre décision de laisser une partie du colis fermée. Les Gel 40, Gel 40 Caféine, Race Carb X, Power Carb Heat, Fast Carb Heat, Electrolyte Shot, Anti Cramp Shot, Chew 40 et Jelly 40 répondent à une autre problématique. Certains permettent d’atteindre des apports glucidiques particulièrement élevés, d’autres répondent à la chaleur, à l’intensité ou aux contraintes très spécifiques de la compétition. Les tester tranquillement pendant notre bloc d’endurance aurait permis de dire s’ils étaient bons. Pas s’ils étaient performants.
Ils auront donc leur propre terrain de vérité : Gravel Crit Series, courses FFC et préparation aux UCI Gravel World Series. Là où le rythme change, où manger devient plus difficile, où les pulsations montent et où une mauvaise décision nutritionnelle ne coûte plus simplement quelques sensations désagréables. Elle peut coûter la course. Ce deuxième volet ne cherchera donc plus à savoir si MNSTRY permet de construire la performance. Il cherchera à savoir ce qu’il en reste lorsque vient le moment de l’exprimer.
Ce que nous avons réellement mesuré
Nous avions les watts, les kilomètres, la fréquence cardiaque et les heures d’entraînement. Mais trois semaines plus tard, ce ne sont paradoxalement pas les données les plus intéressantes de ce test. Nous avons surtout observé la digestibilité lorsque les heures s’accumulaient, l’envie de continuer à manger, la lassitude gustative, la facilité avec laquelle les produits s’intégraient à notre quotidien, notre récupération ressentie et cette question volontairement très simple : demain, si personne ne nous oblige à tester quoi que ce soit, lequel allons-nous reprendre spontanément ?
C’est probablement là que MNSTRY a marqué le plus de points. Plusieurs produits ont cessé, au fil des jours, d’être des produits que nous devions tester pour devenir simplement ceux que nous avions envie d’utiliser. Et dans un essai longue durée, ce changement de statut vaut parfois davantage qu’une note.
Une philosophie plus qu’une simple gamme
Avant de partir, nous pensions que la principale force de MNSTRY résidait dans la cohérence de son catalogue. Trois semaines plus tard, notre regard a légèrement changé. Sa vraie force est la cohérence d’usage. La marque parle de performance, de tolérance et de respect de l’organisme sur le long terme. Sur notre terrain, c’est surtout le deuxième mot qui nous aura marqués. Parce qu’à mesure que les heures de selle s’accumulaient, la nutrition est rarement devenue un problème. Et lorsqu’on enchaîne les grosses journées, une nutrition que l’on ne subit pas est déjà une nutrition qui fait correctement son travail.
Aucun de ces produits ne nous a donné des watts gratuitement. Aucun shaker n’a remplacé une nuit de sommeil. Aucune barre n’a transformé une mauvaise journée en grande journée. Et c’est très bien ainsi. Car la nutrition sportive intelligente n’a probablement jamais eu pour vocation de fabriquer la performance à notre place. Son rôle est de faire en sorte que le corps puisse continuer à fabriquer la sienne. Trois semaines et des dizaines d’heures de selle plus tard, c’est probablement la meilleure définition que nous puissions donner de ce premier test MNSTRY.
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