Le Crito’Star : quand les champions redescendent dans la rue

Ce mercredi 29 juillet, nous avons pris la direction de Choisy-le-Roi pour vivre le Crito’Star, l’un des rendez-vous les plus singuliers de l’été cycliste, imaginé par Éric Ramos. Ici, on ne vient pas seulement assister à une course : on vient approcher les champions, entendre rugir les dernys, voir des enfants repartir avec des étoiles plein les yeux et retrouver cette proximité devenue si rare entre les coureurs et le public. Plutôt que de raconter une nouvelle fois le classement, nous avons choisi de tendre notre micro à celles et ceux qui donnent une âme à cette soirée : organisateurs, champions, pilotes de derny, speakers, bénévoles, parents, jeunes coureurs… Voici le Crito’Star raconté par ses propres acteurs.

Par Jeff TATARD – Photos 3bikes

Avant même que les champions ne prennent place derrière les dernys, le Crito’Star avait déjà trouvé son plus beau vainqueur : le sourire des enfants. Dès le début de l’après-midi, les écoles de cyclisme ont investi le circuit du Port de Choisy-le-Roi, offrant au public un spectacle aussi rafraîchissant qu’enthousiasmant. Sous l’impulsion de Rémi Turgis, devenu au fil des éditions le véritable maître de cérémonie de ces courses d’ouverture, les plus jeunes ont vécu leur moment de gloire, applaudis comme les professionnels qu’ils rêvent peut-être de devenir un jour. Une évidence s’impose alors : avant d’être une course, le Crito’Star est une formidable histoire de transmission.

Puis vient le moment où les dernys s’ébrouent, où les moteurs commencent à chanter et où le public se rapproche instinctivement des barrières. Oubliez le critérium traditionnel. Pour casser les codes et offrir un spectacle plus lisible, plus intense et plus spectaculaire, Éric Ramos a imaginé un format unique réunissant onze équipages composés d’un homme et d’une femme, chacun associé à son pilote de derny. Les cinq premiers tours se disputent en binôme afin de lancer la course, avant que les femmes ne prennent seules le relais pour cinq tours derrière leur derny. Les hommes enchaînent ensuite à leur tour pendant cinq tours. Ce scénario se répète cinq fois, soit 25 tours disputés individuellement par chaque coureur, avant un final où les binômes se reforment pour les cinq derniers tours. Au fil des relais, les écarts se dessinent, les trajectoires deviennent millimétrées, la vitesse augmente et chaque mètre passé derrière le derny exige un placement parfait, une confiance absolue et une lecture de course permanente. Bien plus qu’un simple critérium, le Crito’Star devient une véritable course d’équipe, où la complémentarité compte autant que les jambes.

Et c’est précisément ce qui fait toute la richesse de cette épreuve. Le public ne suit plus une seule course, mais plusieurs scénarios qui s’entremêlent, alternant puissance, stratégie, relais et suspense jusqu’aux derniers tours. Une idée simple sur le papier, mais redoutablement efficace une fois les moteurs lancés. Au terme de cette démonstration collective, la victoire revient au duo composé de la championne de France Lise Ménager et de Baptiste Veistroffer, révélation du dernier Tour de France, auteurs d’une prestation d’une remarquable maîtrise. Mais plus encore que leur succès, c’est l’esprit imaginé par Éric Ramos qui s’impose : celui d’un cyclisme spectaculaire, accessible, populaire et profondément humain, où les enfants ouvrent la route aux champions et où les champions prennent ensuite le temps de la leur rendre.

Les onze équipages

Le plateau avait particulièrement fière allure.

  • Équipe 1 : Sylvain Chavanel – Léa Rondel
  • Équipe 2 : Baptiste Veistroffer – Lise Ménager
  • Équipe 3 : Pierre Rolland – Justine Gégou
  • Équipe 4 : Joris Delbove – Léane Tabu
  • Équipe 5 : Hugo Hofstetter – Loane Ménager
  • Équipe 6 : Samuel Leroux – Chloé Charpentier
  • Équipe 7 : Donavan Grondin – Claire Cassier
  • Équipe 8 : Léo Bouvier – Jade Wiel
  • Équipe 9 : Björn De Decker – Elke Timperman
  • Équipe 10 : Angus Miller – Lucie Spurling
  • Équipe 11 : Kévin Le Cunff – Léane Verschelde

Mais plus que les noms, c’est l’état d’esprit qui a marqué cette édition. Nous avons simplement tendu notre micro à celles et ceux qui faisaient vivre cette soirée…

Charly Photo

Le photographe sans qui les images ne seraient que des souvenirs

« C’est un événement de partage ! Regardez Steve Chainel qui prend le temps d’aller voir les enfants… C’est fabuleux. »

Difficile de mieux résumer l’esprit du Crito’Star. Derrière son objectif, Charly immortalise les images. Mais il rappelle surtout que les plus belles photos sont souvent celles des rencontres.


Rémi Turgis

Papa d’Anthony Turgis et animateur incontournable des courses des écoles de cyclisme

« Avant, quelqu’un des écoles de vélo animait la course d’ouverture. Aujourd’hui, c’est moi. Chaque année, Éric Ramos me le demande. On distribue des sacs à tous les participants. J’adore les écoles de vélo. C’est là que tout commence. »

Le Crito’Star n’oublie jamais d’où viennent les futurs champions.


Gianni Colas

Jeune coureur de l’école de cyclisme… et peut-être un futur champion

« Ça m’a plu ! Avec la chaleur, c’était dur. Ça attaquait de partout… mais c’était cool. Et puis c’est pendant les vacances ! »

Il suffit parfois d’écouter un enfant pour comprendre pourquoi ces événements existent.


Hugo Hofstetter

Coureur du Team NSN Fantini et l’un des hommes forts du sprint français

« Les critériums, c’est toujours convivial. On est là aussi pour être disponibles pour le public et pour les enfants. »

Le mot disponible reviendra souvent tout au long de la journée.


Donavan Grondin

Pilier de l’équipe de France sur piste

« Je connais bien l’organisateur. Ça me fait toujours plaisir de venir pour Éric. »

Une phrase simple qui en dit long sur la fidélité que suscite le Crito’Star.


Lise Ménager au côté de Baptiste le sanglier

Championne de France… associée au « Sanglier » du dernier Tour de France

« C’est un plaisir d’être avec Baptiste… et je vais être très abritée dans sa roue ! »

Une complicité qui se transformera quelques dizaines de tours plus tard en victoire.


Chloé Charpentier

Coureuse du Team Abadie Magnan, associée à Samuel Le Roux

« Je suis super contente d’être là. Le format est incroyable. »

Tout est dit.


Sylvain Chavanel

Légende vivante du cylisme français & Recordman de participations au Tour de France

« Les dernys, ce sont de vrais pétards ! Éric est un ami. Quand il m’appelle, je ne peux pas refuser. »

Le recordman de participations au Tour de France n’a rien perdu de son enthousiasme.


Kévin Le Cunff

Double champion paralympique à Tokyo puis Paris

« J’adore ce format avec une féminine, un homme et un derny. Je vais vraiment m’amuser. »

Champion paralympique… mais toujours le même plaisir de courir.


Joris Delbove

Champion de France de cyclo-cross 2026

« Je n’avais jamais fait ça. Ça change du cyclo-cross. »

Changer de terrain… sans perdre le sourire.


Steve Chainel

Consultant star sur Eurosport, ancien professionnel et co-speaker de l’épreuve avec Daniel Mangeas

« Le derny, ça va vite, ça fait du bruit… c’est le vrai spectacle ! »

Et lorsqu’il partage le micro avec Daniel Mangeas, le spectacle se vit autant qu’il s’écoute.


Pierre Rolland

Ancien grimpeur du Tour de France et consultant pour La Chaîne L’Équipe

« Le format est original. C’est justement ce qui m’a donné envie de venir. Et puis, après Bordeaux-Paris cette année, je me suis dit qu’un derny m’avait presque manqué… Alors si je peux mettre en relation les organisateurs des deux épreuves, ce sera avec plaisir ! »

Une curiosité qui résume parfaitement l’attractivité du concept imaginé par Éric Ramos.


Björn De Decker & Elke Timperman

Tous les deux champions d’Europe Gran Fondo et parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de la discipline

Björn : « Nous, on veut juste gagner ! »

Elke : « Et moi, je veux juste réussir à le suivre ! »

Une touche d’humour qui a fait sourire tout le monde.


Matthias Loerts

Pilote professionnel de derny venu spécialement de Rotterdam pour le Crito’Star

« C’est ma première participation ici. Je viens de Rotterdam et je suis vraiment heureux de découvrir le Crito’Star. »

Quand même les spécialistes du derny découvrent le concept avec enthousiasme, c’est rarement un hasard.


Daniel Mangeas

La voix légendaire du Tour de France, au micro avec Steve Chainel

« Ne me demandez pas pourquoi… quand je commente ce genre de spectacle, je suis simplement heureux. »

La voix du Tour de France n’avait sans doute pas besoin d’en dire davantage.

Bien plus qu’un critérium

En quittant Choisy-le-Roi, une évidence s’impose. Le classement est déjà en train de s’effacer de nos mémoires. Dans quelques mois, peu de personnes se souviendront du nombre de tours, des écarts ou même des chronos. En revanche, beaucoup garderont en tête le rugissement des dernys, les éclats de rire des enfants, les autographes signés au bord des barrières, les champions qui prennent le temps de discuter et cette sensation devenue si rare d’avoir vécu le vélo au plus près.

C’est peut-être cela, finalement, la plus belle victoire du Crito’Star. Réussir, le temps d’une soirée, à faire tomber les barrières entre les générations, entre les champions et le public, entre le très haut niveau et le simple plaisir de partager une même passion. À Choisy-le-Roi, on ne vient pas seulement assister à une course. On vient se rappeler pourquoi on est tombé amoureux du vélo.

On applaudit les vainqueurs. On photographie les champions. Mais il existe des hommes que l’on ne voit presque jamais, parce qu’ils sont trop occupés à faire briller les autres. Éric Ramos est de ceux-là. Sans lui, cette soirée n’existerait tout simplement pas. Nous avons eu le privilège de passer du temps avec lui. Son histoire, à elle seule, mérite un reportage.

Et derrière cette magie, il y a un homme. Un homme qui, depuis des années, imagine, construit, défend et fait grandir ce rendez-vous avec une énergie peu commune. Nous avons eu le privilège de passer du temps avec Éric Ramos, d’écouter son histoire, de comprendre ses doutes, ses convictions et ce qui le pousse, chaque été, à recommencer l’aventure. Dans quelques semaines, 3bikes lui consacrera un portrait exclusif. Parce que derrière le Crito’Star se cache bien plus qu’un organisateur : il y a un passionné qui refuse de laisser disparaître une certaine idée du cyclisme. Et cette histoire-là mérite, à elle seule, d’être racontée.

=> Criterium Le Crito’Star edition 2026

=> Et ici, si vous voulez découvrir tous nos autres portraits : Tous nos articles Portraits

Jean-François Tatard

- 45 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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