Premier essai du tout nouveau Cervélo Soloist 2027

Avec le tout dernier Soloist, Cervélo relance un nom déjà bien connu de sa gamme route en lui appliquant une mise à jour technique ciblée, sans rupture philosophique. Positionné comme un vélo de course polyvalent entre les extrêmes que représentent les S5 et R5, ce modèle conserve son ADN de machine rapide et accessible pour la compétition, tout en progressant légèrement en poids et en efficience aérodynamique. On décrypte, avant de vous livrer nos impressions au détour de nos premières sorties sur route.

Par Guillaume Judas – Photos : ©Gruber Images / 3bikes.fr

Test Cervélo Soloist
Le Cervélo Soloist conserve les codes esthétiques d’un vélo aéro, mais sans sombrer dans l’excès.

Cette dernière mouture du Soloist n’est pas une nouveauté au sens strict. Il s’agit plutôt d’une évolution logique d’un modèle déjà repositionné il y a quelques années (plus précisément en 2022) dans la gamme route de la marque. Mais pour beaucoup de connaisseurs, le nom Soloist évoque surtout le premier vélo avec des tubes aérodynamiques de la marque canadienne Cervélo, lancé au début des années 2000, et popularisé par la fameuse équipe CSC dirigée par Bjarne Riis avec Tyler Hamilton, Carlos Sastre ou Fränck Schleck comme coureurs vedettes.

Les coloris proposés offrent des reflets qui changent le regard qu’on a sur le vélo, en fonction de la lumière.

Cervélo, marque désormais basée en Californie depuis plusieurs années, structure aujourd’hui son offre route autour de quatre piliers clairement identifiés : le S5 pour l’aérodynamisme pur, le R5 pour la montagne et la légèreté, le Caledonia pour le confort et l’accessibilité, et le Soloist pour une synthèse des trois approches. Au sein de cette gamme, le Soloist occupe une place intermédiaire assumée, pensée pour les coureurs qui veulent un vélo rapide sans entrer dans la spécialisation extrême.

Test Cervélo Soloist
L’intégration au niveau de la partie avant est totale.

Ce tout nouveau modèle ne bouleverse pas ce positionnement. Il en affine simplement les contours. Le vélo reste fidèle à sa vocation initiale : une machine de course polyvalente, capable d’encaisser tous les terrains sans se spécialiser et sans se revendiquer hyper haut de gamme, mais avec une orientation clairement tournée vers la performance.

Test Cervélo Soloist
Le Soloist est un vélo de course qui apprécie les rythmes engagés.

Une évolution mesurée mais réelle face à la génération précédente

Par rapport au Soloist introduit en 2022, cette nouvelle version ne représente pas une rupture, mais une optimisation. Les chiffres annoncés par la marque traduisent cette évolution : 8,6 watts de gains aérodynamiques en soufflerie et environ 267 g de moins sur l’ensemble du système (cadre, fourche, tige de selle, cockpit et petite visserie). Le poids total est annoncé désormais à 6,85 kg avec un équipement en SRAM Red AXS, soit juste au-dessus du seuil symbolique de la limite UCI. De manière plus pragmatique, on se retrouve autour des 7,5 kg complet (avec pédales et porte-bidons) pour un vélo équipé en Shimano Ultegra Di2. C’est correct, et dans les standards du marché pour ce niveau de prix, à 7499 € pour notre vélo d’essai.

Tous les tubes ont été retravaillés afin d’améliorer encore l’aérodynamisme du vélo.

Sur le plan aérodynamique, les gains proviennent d’un travail ciblé sur les zones déjà critiques du cadre. Le tube de direction gagne en profondeur, la fourche est retravaillée, et la jonction boîtier de pédalier / roue arrière est optimisée pour améliorer la gestion des flux d’air. L’objectif n’est pas de réinventer le vélo, mais de le rendre plus efficace dans sa version déjà existante. Comme sur la précédente itération du Soloist, les lignes restent fluides et épurées, parfaitement dans l’air du temps. Oui, certains choisiront le Soloist d’abord parce qu’il est beau, et avant tout autre considération technique.

Test Cervélo Soloist
Le triangle arrière se montre également très rigide.

Cette logique d’optimisation est confirmée par une double validation : CFD puis soufflerie, sur des configurations complètes incluant roues et cockpit. Dans les faits, ce nouveau Soloist s’inscrit donc dans une continuité assumée, avec un gain marginal mais réel en efficacité. Ainsi, cette nouvelle mouture produirait environ 8 watts de trainée aérodynamique en moins que la version précédente, tout en restant à 11 watts du S5, qui demeure le modèle le plus aérodynamique de la gamme.

Test Cervélo Soloist
Le Soloist s’inscrit aisément dans les virages rapides.

L’équipement suit la même logique : cockpit monobloc intégré (repris du dernier R5), roues carbone et capteur de puissance généralisé sur les montages. L’ensemble renforce l’image d’un vélo déjà équipé pour la compétition sans nécessiter d’adaptation particulière, au-delà, peut-être, de la taille des manivelles. Car Cervélo a été la première marque à notre connaissance (suivie ensuite par de très gros acteurs du marché comme Giant ou Specialized) à diminuer les longueurs de manivelles sur ses vélos de série pour suivre une tendance insufflée par les coureurs professionnels.

Une approche technique cohérente et orientée système

Sur le plan technique, le Soloist reste fidèle à une philosophie de vélo vu comme un système complet. La rigidité du cadre est légèrement revue à la hausse au niveau du boîtier de pédalier, tandis que la direction est un peu plus tolérante qu’auparavant, sans pour autant perdre le caractère direct propre à la marque. On reste dans la continuité avec les S5 et R5, notamment sur ce ressenti global de précision et de tenue de route.

Test Cervélo Soloist
Comme la plupart des machines modernes, le Cervélo Soloist a été conçu comme un système complet.

La géométrie évolue vers davantage de cohérence entre les tailles, avec un travail spécifique sur chaque cadre, à la manière du R5. Le boîtier de pédalier est légèrement abaissé afin de mieux accueillir les pneus plus larges, désormais acceptés jusqu’à 36 mm, ce qui place le vélo dans les standards actuels du peloton.

Test Cervélo Soloist
La position est sportive, mais cohérente avec les objectifs du vélo.

Enfin, plusieurs détails d’intégration ont été revus : passage de câbles affiné au niveau du tube de direction, nouvelles fixations de freins avant, et optimisation du poste de pilotage monobloc, responsable à lui seul de 134 g des 267 g gagnés par rapport au précédent Soloist. L’ensemble reste cohérent, sans surenchère technologique inutile.

Avec ce nouveau Soloist, Cervélo lance également un nouvel ensemble de bidons/porte-bidons aérodynamiques, qui permettraient là encore un gain de 4 watts selon la marque. Des accessoires compatibles avec d’autres vélos et qui seront vendus en pièces détachées.

Première prise en main sur route

Dès les premiers kilomètres, le Soloist confirme un caractère très typé performance. Le cadre se montre particulièrement rigide, à l’instar des S5 et R5, avec une transmission immédiate de la puissance. Les relances sont franches, sans sensation de déformation, et le vélo répond instantanément aux accélérations.

Test Cervélo Soloist
La rigidité du châssis incite à « taper dedans ».

Cette rigidité s’accompagne d’une stabilité remarquable à haute vitesse. Dans les portions rapides, le vélo reste parfaitement verrouillé, avec un comportement très sain, même lorsque la vitesse augmente. On retrouve ici une philosophie proche du S5 : un vélo qui privilégie la stabilité et l’efficacité en ligne droite plutôt que le côté joueur.

À l’inverse, le Soloist est clairement moins vif qu’un R5. Là où ce dernier donne une impression de légèreté et d’agilité dans les changements d’allure, le Soloist reste plus posé, avec un tempérament plus orienté vitesse moyenne et maintien d’allure. En évoluant à une vitesse plus réduite, pour sortir de la ville ou zigzaguer au milieu de la circulation, la direction se montre même presque un peu lourde, réclamant ainsi une coordination parfaite entre le haut et le bas du corps quand on se dresse sur les pédales pour sentir un peu de jus dans le vélo.

Test Cervélo Soloist
Que ce soit pour courir ou pour défier les copains, les Cervélo Soloist s’impose comme une machine conçue pour ne perdre aucun watt lors des efforts les plus violents.

Le confort, sans être mauvais, reste moyen. Sur ces premières sorties, le vélo était équipé de roues de milieu de gamme, avec des pneus Vittoria Corsa Next tubeless montés avec des chambres à air, une configuration qui n’est pas idéale pour optimiser l’absorption des vibrations. Le ressenti global est donc correct, mais sans véritable filtre face aux irrégularités de la route.

Un point demande également un petit temps d’adaptation : la prise en main des porte-bidons aérodynamiques. Leur design impose un geste légèrement différent des systèmes classiques, et nécessite quelques sorties pour être totalement naturel en usage dynamique.

Au final, ce nouveau Soloist apparaît comme un vélo assez exigeant, qui ne cherche pas à flatter l’utilisateur mais à optimiser la performance. Il s’adresse avant tout à des coureurs déjà engagés dans une pratique compétitive, ou à des cyclistes cherchant à maintenir une vitesse moyenne élevée sur tous types de parcours. Un vélo destiné au rendement, plus qu’un vélo de sensation.

Test Cervélo Soloist
Un vélo dédié au rendement pur, mais qui n’interdit pas quelques moments de détente.

Une évolution mesurée

Ce nouveau Cervélo Soloist s’inscrit donc dans une logique d’évolution plutôt que de transformation. La marque ne cherche pas à redéfinir son modèle, mais à en affiner les qualités déjà établies : un vélo de course polyvalent, rapide et directement exploitable, dont le comportement reste centré sur l’efficacité et la constance à haute vitesse.

Test Cervélo Soloist
Couleur Black Magic.
Test Cervélo Soloist
Couleur Cloud Break.

Sur route, cette orientation se traduit par une machine très homogène, rigide et stable, qui privilégie clairement la vitesse de croisière et la tenue d’allure plutôt que le côté ludique ou instinctif. On est ici plus proche de l’ADN d’un S5 dans son comportement global que de celui d’un R5, notamment dans la manière dont le vélo reste verrouillé dès que le rythme s’élève.

Le revers de cette efficacité assumée est un caractère plus exigeant. Le Soloist demande un certain engagement pour être exploité pleinement, et ne cherche pas à masquer ses intentions. Le confort reste correct sans être un point fort, d’autant que la configuration d’essai n’était pas optimale sur ce plan, ce qui accentue un ressenti déjà assez direct.

Dans ce contexte, ce nouveau Soloist s’adresse assez clairement à un public de compétiteurs ou de cyclosportifs très orientés performance, pour qui la vitesse moyenne et la régularité priment sur la polyvalence “plaisir”. Un vélo pensé pour rouler vite, longtemps, et sans dispersion, fidèle à sa position intermédiaire dans la gamme, mais avec une orientation encore plus marquée vers la performance pure.

Le CERVÉLO SOLOIST en bref…

Les + : rigidité, stabilité, vélo typé compétition
Les – : confort légèrement en retrait

Cadre : Cervélo new Soloist , monocoque carbone – Fourche : Cervélo Soloist All-Carbon – Poste de pilotage : Cervélo HB18 Carbon – Freins : Shimano Ultegra – Dér. Avant : Shimano Ultegra Di2 12 v. – Dér. Arrière : Shimano Ultegra Di2 12 v. – Leviers : Shimano Ultegra Di2 12 v. – Cassette : Shimano Ultegra 12 v. – Chaîne : Shimano Ultegra 12 v. – Pédalier : Shimano Ultegra 52/36, 4iiii Precision Pro, GEN3+ Dual Sided 12 v. – Roues : Reserve 42/49 – Pneus : Vittoria Tubeless Corsa N.EXT TLR G2.0 700×30 – Selle : Fizik Arione – Tige de selle : Cervélo Carbon – Nombre de tailles : – Poids : 7,13 kg sans pédales et sans porte-bidons – Prix :  7499 € (kit cadre à 3799 €)

La gamme :

  • Soloist Red AXS – 6,85 kg : 10999 €
  • Soloist Force XPLR AXS – 7,09 kg : 7499 €
  • Soloist Force AXS – 7,07 kg : 7499 €
  • Soloist Ultegra Di2 – 7,13 kg : 7499 €
  • Soloist Rival AXS – 7,41 kg : 5999 €

Contact : https://www.cervelo.com/fr-FR

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Guillaume Judas

  - 54 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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