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Il existe deux façons de tester un vélo. La première consiste à analyser sa fiche technique. Peser le cadre. Mesurer le reach. Comparer les angles. Regarder les composants. Puis expliquer au lecteur pourquoi il devrait l’aimer. La seconde est beaucoup plus simple. On monte dessus. On roule. Et on regarde ce qui se passe. C’est exactement ce que nous avons fait. L’histoire commence à Herblay. Chez Matériel Vélo. À quinze minutes de la maison. Là où l’enseigne propose quelque chose devenu presque révolutionnaire en 2026. Essayer le vélo avant de l’acheter. Oui. Vraiment l’essayer. Pas faire trois tours sur un parking. Pas vingt minutes autour du magasin. Le prendre. Partir. Rouler. Vivre avec lui. Et revenir quelques jours plus tard. Alors quand Dany nous a proposé le gravel espagnol qui nous a rappelé pourquoi nous aimions encore rouler vite, un Berria Naii BR Rival XPLR AXS équipé à nos côtes, nous n’avons pas réfléchi longtemps. Quelques réglages. Une taille M. Une hauteur de selle. Une position. Et quelques minutes plus tard le vélo nous attendait devant le magasin. Prêt à raconter son histoire. Et très honnêtement ? Nous étions loin d’imaginer à quel point cette histoire allait être bonne.
Par Jeff Tatard – Photos © Jeff Tatard
Le problème du gravel moderne, c’est qu’il veut parfois être tout sauf un vélo rapide
Depuis quelques années, le gravel traverse une drôle de crise d’identité. Certains modèles veulent devenir des VTT. D’autres des vélos de voyage. D’autres encore des plateformes capables de tout faire. Emporter des sacoches. Traverser des continents. Rouler sur la route. Rouler dans les chemins. Rouler partout. À force de vouloir répondre à toutes les pratiques, beaucoup finissent par oublier une question pourtant essentielle : est-ce que ce vélo donne envie d’appuyer plus fort sur les pédales ? Dès les premiers kilomètres, le Berria Naii nous a donné cette envie-là.
Chez Berria, quelqu’un semble avoir refusé de participer à la grande course aux compromis. Le cahier des charges paraît presque provocateur dans le contexte actuel. Construire un gravel de compétition. Un vrai. Un vélo pensé pour rouler vite. Très vite. Un vélo capable de rivaliser avec les références actuelles du segment race gravel sans chercher à devenir autre chose. Et c’est précisément ce qui rend le Naii intéressant. Parce qu’il sait exactement ce qu’il est.
Avant de parler du vélo, il faut parler de l’expérience
Cette histoire aurait été très différente si elle avait commencé derrière un écran d’ordinateur. Elle commence pourtant dans un magasin. Et cela mérite d’être souligné. Parce qu’à une époque où l’on commande parfois un vélo de plusieurs milliers d’euros sans même l’avoir vu, Matériel Vélo Herblay propose exactement l’inverse. L’essai avant l’achat. Le vrai.
Le vélo est préparé à vos côtes. Réglé. Expliqué. Puis confié. Libre à vous ensuite d’aller rouler. Libre à vous d’aller voir ce qu’il vaut réellement sur vos routes, vos chemins, vos montées et vos descentes. Et honnêtement, après avoir vécu l’expérience, nous sommes convaincus que davantage de magasins devraient fonctionner ainsi. Parce qu’un vélo ne se choisit pas sur une fiche technique. Un vélo se choisit sur un terrain. Sur une sortie. Sur une émotion.
Chez Matériel Vélo, Dany l’a parfaitement compris. Avant même de parler du Berria, il s’est intéressé au pilote. À la position. Aux habitudes. Aux terrains fréquentés. Aux objectifs. Puis sont venus les réglages. La hauteur de selle. Le recul. Les derniers ajustements. Des détails en apparence. Mais ce sont souvent ces détails qui transforment un simple prêt en véritable expérience.
Quelques jours plus tard, lorsque nous avons rendu le vélo, nous avions bien essayé une machine. Mais nous avions surtout retrouvé quelque chose qui tend parfois à disparaître dans le monde du cycle moderne : le plaisir de découvrir un vélo par soi-même.
Un montage qui change tout
Le vélo que vous découvrez sur nos photos n’est pas exactement celui qui sort du carton. Très rapidement, une idée s’est imposée. Pour comprendre réellement le potentiel du Naii, il fallait lui offrir ce que nous avions de mieux à disposition.
Les ENVE AR40 récemment essayées sur 3bikes se sont imposées comme une évidence. Tout comme les Continental Terra Speed ProTection en 45 mm.
Et dès les premiers mètres, nous avons compris que nous tenions quelque chose de particulièrement cohérent. Visuellement déjà, l’ensemble fonctionne parfaitement. Les volumes du cadre. Les sections généreuses des pneus. Les profils modernes des jantes. Tout paraît harmonieux. Le vélo semble posé sur ses appuis. Stable. Précis. Prêt à accélérer. Comme un sprinteur qui attend simplement qu’on baisse le drapeau.
Il existe des vélos qui deviennent beaux lorsqu’ils roulent. Le Naii appartient à une catégorie plus rare : celle des vélos qui paraissent déjà rapides à l’arrêt. Appuyé contre un arbre, posé devant une abbaye ou simplement garé devant un café, il dégage cette impression de tension permanente que l’on retrouve habituellement sur certains vélos de route de compétition. Un détail ? Peut-être. Mais les passionnés savent que les vélos qui donnent envie de rouler avant même d’être enfourchés sont rarement de mauvais vélos.
Les bords de l’Oise ne mentent jamais
Lorsqu’il s’agit de découvrir un nouveau vélo, chacun possède ses terrains de référence. Nous avons les nôtres. Les bords de l’Oise en font partie. Parce qu’ils permettent de tout voir. Le rendement. La stabilité. Les relances. Le comportement lorsque le terrain se dégrade. Les réactions à haute vitesse. Impossible de tricher ici. Et très rapidement, une sensation s’est imposée. Le Naii adore accélérer.
La première vraie accélération est arrivée quelques kilomètres après avoir quitté Herblay. Sans réfléchir. Juste pour voir. Quelques coups de pédales plus appuyés. Et immédiatement cette sensation. Le vélo bondit. Pas brutalement. Pas nerveusement. Simplement avec une facilité déconcertante. À cet instant précis, nous avons compris que nous n’étions pas sur un gravel polyvalent de plus. Nous étions sur une machine qui avait été conçue autour d’une obsession : transformer l’énergie en vitesse.
Chaque relance provoque une réponse immédiate. Chaque sortie de virage donne envie d’appuyer davantage. Chaque faux plat paraît un peu plus facile qu’il ne devrait l’être. Bien sûr, avec un cadre annoncé à seulement 950 grammes et une fourche à 420 grammes, le Naii joue déjà dans la cour des poids plumes. Mais ce qui impressionne surtout, c’est la façon dont le vélo transforme instantanément l’énergie du pilote en vitesse.
Aucune inertie parasite. Aucun flottement. Aucun délai. On appuie. Le vélo avance. Et plus les kilomètres défilaient, plus une idée revenait dans notre esprit. Ce vélo nous rappelait davantage certains vélos de route très sportifs que la majorité des gravels actuels.
Un gravel qui nous a parfois rappelé certains vélos de route
C’est probablement le plus beau compliment que nous puissions lui faire. Parce qu’à plusieurs reprises, notamment sur les longues portions roulantes reliant L’Isle-Adam, Royaumont et Chantilly, nous avons retrouvé des sensations habituellement réservées à certains vélos de route modernes.
Entre Royaumont et Chantilly, les longues allées rectilignes sont d’ailleurs parfaites pour juger un gravel moderne. Pas parce qu’elles sont techniques. Parce qu’elles permettent de maintenir longtemps une vitesse élevée. Et c’est précisément là que le Naii nous a impressionnés. Plus les kilomètres défilaient, plus nous avions l’impression qu’il fallait moins d’énergie que d’habitude pour rester rapide. Comme si le vélo refusait naturellement de ralentir.
La direction est précise. Le boîtier de pédalier paraît extrêmement rigide. Les changements de rythme sont immédiats. Lorsqu’on se met en danseuse, le vélo réagit avec une vivacité surprenante pour une machine capable d’accepter des pneus jusqu’à 50 mm. Évidemment, cela ne signifie pas que le Naii manque de stabilité. Bien au contraire.
À haute vitesse, il inspire énormément de confiance. C’est probablement là que l’on mesure tout le travail réalisé par les ingénieurs espagnols. Le vélo est vif sans être nerveux. Stable sans être paresseux. Rapide sans devenir exigeant. Un équilibre particulièrement difficile à obtenir. Et pourtant, Berria semble avoir trouvé une formule particulièrement convaincante.
Le paradoxe SOFTEX
Avant l’essai, une question revenait souvent. Que vaut réellement le système SOFTEX ? Sur le papier, Berria annonce jusqu’à 28 mm de flexion verticale. De quoi susciter la curiosité. Et même un peu de scepticisme. Parce que l’histoire du vélo moderne est remplie de systèmes censés améliorer le confort mais qui finissent parfois par modifier la personnalité même du vélo. Ici, c’est exactement l’inverse. Après plusieurs centaines de kilomètres, la première chose que l’on pourrait dire du système SOFTEX est presque paradoxale. On ne le sent jamais. Ou plutôt, on ne sent jamais son intervention.
Le vélo reste rigide. Très rigide. Lorsque l’on relance, rien ne bouge. Lorsque l’on grimpe, aucune sensation de pompage n’apparaît. Lorsque l’on accélère franchement, le cadre répond immédiatement. Et pourtant, lorsque la sortie se termine, quelque chose est différent. Les vibrations ont été atténuées. Les petits impacts ont été filtrés. La fatigue semble moins présente que prévu. Contrairement à certains systèmes plus démonstratifs, le SOFTEX agit dans l’ombre. Et c’est probablement sa plus grande qualité. Parce qu’il améliore le confort sans jamais altérer le caractère profondément sportif du Naii.
Montmorency, Saint-Germain, Chantilly : les chemins qui révèlent la vérité
Il existe des terrains qui pardonnent beaucoup de choses. Et d’autres absolument pas. Les bords de l’Oise permettent de comprendre le rendement d’un vélo. La forêt de Montmorency permet de comprendre sa personnalité.
Les chemins deviennent plus irréguliers. Les relances plus fréquentes. Les changements de rythme plus nombreux. Les appuis plus marqués. C’est généralement là que les beaux discours marketing commencent à s’effondrer. Pas cette fois. Plus les kilomètres défilaient, plus le Naii semblait dans son élément. Les longues pistes roulantes de Saint-Germain-en-Laye. Les chemins forestiers rapides autour de Chantilly. Les successions de faux plats de Montmorency. Dans les longues allées forestières de Chantilly, celles qui semblent ne jamais finir, le Naii donne l’impression d’être dans son domaine d’expression naturel. Les Terra Speed chantent légèrement sur le gravier compact. La vitesse augmente progressivement. Puis on regarde le compteur. Et l’on réalise que l’on roule déjà beaucoup plus vite qu’on ne l’imaginait quelques minutes auparavant. À chaque fois, le constat restait le même. Ce vélo adore maintenir une vitesse élevée.
Et surtout, il adore y rester. C’est probablement là que réside sa plus grande différence avec beaucoup de gravels actuels. Certains accélèrent très bien mais demandent ensuite une énergie importante pour conserver le rythme. Le Naii donne exactement la sensation inverse. Une fois lancé, il semble vouloir continuer à avancer. Comme si l’ensemble du vélo avait été optimisé autour de cette idée simple : réduire tout ce qui ralentit. Le poids. Les déformations inutiles. Les mouvements parasites. Les pertes d’énergie. Tout semble converger vers le même objectif. Aller vite.
Le gravel moderne est devenu une affaire de pneus
Il y a encore quelques années, rouler en 45 mm aurait semblé presque excessif. Aujourd’hui, cela devient progressivement la norme sur les gravels de compétition. Et après cet essai, nous comprenons parfaitement pourquoi. Les Continental Terra Speed ProTection en 45 mm ont joué un rôle majeur dans l’expérience vécue avec le Naii. D’abord parce qu’ils offrent un rendement remarquable. Ensuite parce qu’ils transforment complètement le comportement du vélo.
Associés aux ENVE AR40, ils procurent une stabilité impressionnante à haute vitesse. Le vélo reste parfaitement lisible. Les trajectoires sont précises. Les réactions prévisibles. Les changements d’appuis naturels. Plus les chemins deviennent rapides, plus cette combinaison semble pertinente. Et c’est probablement là que le gravel moderne est en train d’évoluer. Pendant des années, nous avons cherché à reproduire les sensations du cyclo-cross. Aujourd’hui, les meilleurs vélos de gravel semblent plutôt chercher à créer quelque chose de nouveau. Plus rapide. Plus stable. Plus efficace sur les longues distances. Le Naii s’inscrit parfaitement dans cette tendance.
Pourquoi les ENVE AR40 ont magnifié le Naii
Nous l’avions déjà constaté lors de leur essai spécifique. Les ENVE AR40 ne sont pas simplement des roues. Elles modifient profondément le comportement du vélo sur lequel elles sont montées. Sur le Berria, cette impression est encore plus marquée. La largeur interne permet aux Terra Speed de prendre une forme idéale. La rigidité latérale est remarquable. Le comportement reste précis même lorsque le terrain se dégrade. Et surtout, les roues semblent parfaitement correspondre à la philosophie du cadre. Parce que tout dans cet ensemble cherche à favoriser la vitesse. Les accélérations. Les relances. La stabilité à haute allure. Le sentiment qui revient constamment est celui d’une cohérence rare. Rien ne paraît ajouté artificiellement. Tout fonctionne ensemble. Et lorsqu’un vélo parvient à créer cette impression d’unité, c’est généralement très bon signe.
BERRIA NAII BR RIVAL XPLR AXS – FICHE TECHNIQUECadre : Berria Naii HM3X Carbon Monocoque
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Face aux gravels que nous connaissons vraiment
Comparer un vélo à son propre vélo est toujours un exercice délicat. Parce que l’on connaît chaque réaction de sa machine. Chaque bruit. Chaque sensation. Depuis plusieurs mois, notre référence personnelle s’appelle LYTI. Un vélo que nous connaissons par cœur. Un vélo qui nous a accompagnés sur déjà des milliers de kilomètres. Un vélo avec lequel nous avons appris à aimer cette pratique du gravel rapide. Et c’est probablement pour cette raison que le Naii nous a autant surpris.
Parce que dès les premiers kilomètres, nous avons retrouvé certaines qualités que nous apprécions sur notre LYTI. La facilité à prendre de la vitesse. La sensation de rendement permanent. Cette impression que chaque watt produit quelque chose de concret sous la roue arrière.
Mais le Berria ajoute autre chose. Quelque chose de plus moderne. De plus radical. De plus assumé aussi. La première surprise est venue de la rigidité de l’ensemble. À tel point qu’au fil des kilomètres, nous nous sommes surpris à repenser à notre propre vélo. Non pas parce que le LYTI manque de qualités. Mais parce que le Naii place le curseur encore plus haut. La direction paraît plus précise. Les relances plus franches. Les accélérations plus immédiates. Et surtout, cette impression permanente que rien ne se perd entre le pilote et la roue arrière.
À haute allure, il dégage une impression de sérénité remarquable. Plus les kilomètres défilent, plus il donne envie d’accélérer. Et c’est probablement ce qui nous a le plus marqués. Parce qu’au fil des années, nous avons roulé beaucoup de gravels. Certains plus confortables. Certains plus polyvalents. Certains plus orientés aventure. D’autres plus proches du VTT. Mais rares sont ceux qui nous ont donné cette sensation permanente d’efficacité.
Le Naii ne cherche jamais à impressionner artificiellement. Il cherche simplement à avancer vite. Et il le fait remarquablement bien.
Le vélo qui disparaît sous le pilote
Les meilleurs vélos finissent souvent par produire un phénomène particulier. On cesse progressivement de penser au vélo. L’attention se déplace ailleurs. Vers le paysage. Vers la vitesse. Vers le plaisir. Vers la sortie elle-même. C’est exactement ce qui s’est produit ici. À Royaumont. À Chantilly. À Saint-Germain. À plusieurs reprises, nous avons oublié que nous étions en train de tester un vélo.
Nous roulions simplement. Et lorsqu’un vélo parvient à faire oublier sa présence, cela signifie généralement qu’il ne génère aucun problème. Aucune interrogation. Aucune frustration. Juste du plaisir. Et c’est probablement le plus beau compliment que l’on puisse lui adresser.
Certains vélos vous donnent envie d’écrire un article. Les meilleurs vous donnent envie de prolonger la sortie. Le Naii appartient clairement à cette seconde catégorie.
Finalement, qu’est-ce qu’un gravel rapide en 2026 ?
Au fil de cet essai, une réflexion revenait régulièrement. Peut-être parce que le marché évolue. Peut-être parce que notre pratique évolue elle aussi. Ou peut-être simplement parce que les meilleurs vélos finissent toujours par poser des questions plus larges que leur simple fiche technique.
Qu’est-ce qu’un gravel rapide en 2026 ? Il y a quelques années, la réponse aurait probablement tourné autour du poids. Aujourd’hui, la réalité est devenue beaucoup plus complexe. Un gravel rapide n’est pas forcément le plus léger. Ce n’est pas forcément le plus aérodynamique. Ce n’est pas forcément le plus rigide. C’est celui qui permet au pilote de rester rapide plus longtemps. Plus frais. Plus confiant. Plus efficace. Et sur ce point, le Naii coche énormément de cases.
Parce qu’il ne cherche jamais à impressionner artificiellement. Il ne cherche pas à vous convaincre avec un gadget. Il ne cherche pas à attirer l’attention par une solution spectaculaire. Il se contente de faire ce que tous les grands vélos savent faire : transformer l’énergie du pilote en vitesse. Le plus efficacement possible.
Le vélo que nous n’avions plus vraiment envie de rendre
Tous les journalistes vélo connaissent ce moment. Le moment où l’essai touche à sa fin. Le moment où il faut nettoyer le vélo. Retirer les pédales. Remettre la selle à la hauteur d’origine. Vérifier une dernière fois qu’aucun accessoire n’a été oublié. Et préparer le retour. La plupart du temps, cela ne pose aucun problème. Le vélo a été intéressant. Parfois excellent. Parfois moins convaincant. Mais l’histoire s’arrête naturellement. Avec le Naii, c’était différent. Parce qu’au fil des kilomètres, quelque chose s’était installé. Pas un effet waouh. Pas un coup de foudre spectaculaire. Quelque chose de beaucoup plus rare. Une forme d’évidence. Le vélo semblait toujours adapté. Toujours juste. Toujours à sa place.
Les chemins roulants de l’Oise ? Parfait. Les longues pistes forestières de Chantilly ? Parfait. Les faux plats usants de Montmorency ? Parfait. Les portions rapides de Saint-Germain ? Parfait.
À aucun moment nous n’avons eu l’impression d’être en dehors du domaine d’expression du vélo. Et c’est probablement ce qui nous a le plus impressionnés. Parce que les vélos très spécialisés sont souvent excellents quelque part. Et moyens ailleurs. Le Naii réussit à conserver une très forte identité sportive sans jamais devenir exclusif. Voilà probablement sa plus grande réussite.
Une leçon venue d’Espagne
Le marché du gravel de compétition est aujourd’hui plus compétitif que jamais. Les références ne manquent pas, et chaque marque semble désormais vouloir proposer sa vision du gravel rapide. Mais au fond, ce qui nous intéresse le plus n’est pas de savoir où placer le Naii dans une hiérarchie théorique. Ce qui nous intéresse, c’est ce qu’il nous a fait ressentir sur le terrain. Pas parce qu’il révolutionne la discipline. Pas parce qu’il invente quelque chose d’inédit. Mais parce qu’il exécute remarquablement bien sa mission. Être rapide. Tout simplement. Et parfois, dans une industrie qui adore compliquer les choses, cette simplicité devient une qualité rare. Le Naii ne cherche pas à être le gravel le plus aventure. Il ne cherche pas à être le plus confortable. Il ne cherche pas à être le plus spectaculaire. Il cherche à être rapide. Et honnêtement ? Mission accomplie.
Verdict 3bikes.fr
Au moment où nous ramenons le vélo chez Matériel Vélo Herblay, Dany nous pose une question toute simple : « Alors ? » La réponse arrive presque immédiatement. Parce qu’elle s’est construite tout au long de ces centaines de kilomètres passés entre les bords de l’Oise, Montmorency, Royaumont, Chantilly et Saint-Germain-en-Laye. Le Berria Naii BR est probablement l’un des gravels les plus cohérents que nous ayons essayés ces dernières années. Non pas parce qu’il cherche à tout faire. Non pas parce qu’il cherche à impressionner. Mais parce qu’il sait exactement ce qu’il est : un gravel de compétition moderne, rapide, efficace et terriblement plaisant à rouler. Un vélo qui transforme chaque watt en vitesse et qui donne constamment envie d’appuyer un peu plus fort sur les pédales.
Finalement, nous avons peut-être appris deux choses pendant cet essai. La première est que Berria maîtrise parfaitement les codes du gravel de performance moderne. La seconde est qu’aucune fiche technique ne remplacera jamais quelques heures passées sur un vélo. Entre Herblay, les forêts du Val-d’Oise et les chemins de l’Oise, le Naii nous a rappelé quelque chose d’essentiel : les meilleurs vélos ne sont pas toujours ceux dont on parle le plus. Ce sont souvent ceux que l’on regrette de rendre.
Le BERRIA NAII BR Rival XPLR AXS en bref…Les + : rendement exceptionnel, comportement de véritable gravel de compétition, rigidité parfaitement maîtrisée, excellente stabilité à haute vitesse, filtration discrète mais efficace du système SOFTEX, poids contenu, géométrie moderne très réussie, direction précise, relances explosives, très forte cohérence avec des montages modernes type ENVE AR40 et pneus de 45 mm, finition irréprochable, expérience d’essai particulièrement qualitative chez Matériel Vélo Herblay. Les – : moins destiné au bikepacking lourd ou aux voyages au long cours, caractère sportif qui demandera un minimum d’engagement physique, confort volontairement moins démonstratif que certains concurrents plus orientés aventure. Prix public : environ 4 349 € Et si cet essai vous a donné envie de découvrir par vous-même ce que vaut réellement le Naii, sachez que Matériel Vélo Herblay propose justement ce service rare et précieux : essayer le vélo avant de l’acheter. Accompagné et conseillé par Dany, vous pouvez prendre le temps de rouler, de vous faire votre propre avis et de vérifier si ce gravel espagnol est fait pour vous. Une démarche devenue trop rare dans l’univers du cycle moderne et que nous ne pouvons qu’encourager. Informations et essais : Matériel Vélo Herblay |
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