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Longtemps réservé aux coursiers obsessionnels et aux vélos de laboratoire, le capteur de puissance est devenu l’un des outils les plus utiles pour comprendre ce que l’on produit vraiment. Avec son PRECISION 3+ Ride Ready, 4iiii propose une entrée dans le monde des watts sans complication ni tarif délirant : une simple manivelle gauche Shimano, légère, discrète, connectée, et suffisamment précise pour transformer une sortie en véritable séance d’entraînement. Pas la vérité absolue, peut-être. Mais un repère fiable. Et parfois, c’est exactement ce qui fait passer du cycliste qui roule au cycliste qui progresse.
Par Jeff Tatard – Photos : DR
Il y a encore quelques années, rouler avec un capteur de puissance, c’était presque une déclaration sociale. On ne disait pas seulement : “je m’entraîne”. On disait aussi, un peu malgré soi : “je suis équipé, je suis structuré, je suis entré dans le monde sérieux.” Aujourd’hui, les watts ont quitté le laboratoire, les équipes professionnelles et les vélos à 12 000 €. Ils sont descendus dans la vraie vie. Celle du cycliste qui roule avant le travail, du triathlète qui cale ses séances entre deux réunions, du compétiteur amateur qui veut comprendre pourquoi il explose dans la dernière bosse, et du pratiquant curieux qui préfère savoir plutôt que supposer.
C’est précisément là que vient se placer le 4iiii PRECISION 3+ Ride Ready, ici dans sa version Shimano 105 R7100 en 172,5 mm. Une manivelle gauche prête à monter, déjà équipée du capteur, annoncée autour de 350 € selon les revendeurs, et distribuée en France via WAAT Distribution. Autrement dit : pas de pédalier complet à remplacer, pas de bricolage ésotérique, pas de grand saut financier. On enlève la manivelle gauche d’origine, on installe celle-ci, on appaire au compteur, on calibre, et on roule.
La promesse est simple : rendre l’entraînement à la puissance accessible, sans transformer le vélo en banc d’essai permanent. Et c’est peut-être là que ce 4iiii est le plus intéressant. Non pas parce qu’il prétend remplacer un capteur bilatéral à plus de 1 000 €, mais parce qu’il pose une vraie question : de combien de précision avons-nous réellement besoin pour progresser ?
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4iiii, le watt venu du Canada
4iiii est une entreprise canadienne spécialisée dans les capteurs de puissance et les technologies embarquées pour le cyclisme. La marque s’est notamment fait connaître en proposant des solutions compactes, légères et relativement accessibles, avec une idée assez claire : démocratiser la donnée sans l’alourdir. Le PRECISION 3+ revendique ainsi un poids additionnel de seulement 8 g (on a bien vérifié, rassurez-vous…), une précision annoncée à ±1 %, une compatibilité ANT+ et Bluetooth, une pile CR2032, une étanchéité IPX7, et l’intégration Apple Find My, qui permet de localiser le vélo via l’écosystème Apple. 4iiii annonce aussi jusqu’à 800 h d’autonomie sur certaines fiches officielles, quand certaines fiches revendeurs parlent plutôt de 550 h selon les versions ou configurations ; dans tous les cas, on est sur une autonomie très largement suffisante pour oublier la pile pendant de longs mois.
En France, la marque est distribuée par WAAT Distribution, structure née de passionnés de triathlon et déjà associée à plusieurs marques orientées performance comme HUUB, HED, OTSO, Sporcks, AGU, Bioracer ou Neversecond. WAAT se positionne moins comme un simple revendeur que comme un relais entre des marques encore parfois trop discrètes en France et les pratiquants qui cherchent du matériel efficace, cohérent, et pas seulement spectaculaire.
Ride Ready : le bon sens avant la sophistication
Le terme Ride Ready résume assez bien le produit. Le capteur est déjà installé en usine sur une manivelle Shimano. Ici, une 105 FC-R7100, compatible avec les groupes 12 vitesses de la série correspondante. Le principe est donc celui du capteur unilatéral : la puissance est mesurée sur la jambe gauche, puis multipliée par deux pour obtenir une estimation de la puissance totale.
Sur le papier, cela paraît moins noble qu’un capteur bilatéral. Et ça l’est, techniquement. Mais dans la vraie vie, ce n’est pas forcément un problème. Comme l’expliquait Guillaume Judas dans son guide d’utilisation d’un capteur de puissance publié sur 3bikes, la puissance n’a de valeur que si elle est comprise, calibrée, répétable et replacée dans un contexte. Un capteur n’est pas une vérité divine. C’est un outil. Et l’outil le plus utile n’est pas toujours le plus complexe, mais celui que l’on utilise correctement, toujours de la même manière.
C’est exactement l’intérêt de ce 4iiii. Il ne promet pas de devenir votre laboratoire biomécanique personnel. Il donne une valeur stable, lisible, exploitable. Et pour la majorité des cyclistes, c’est déjà immense.
Installation : simple, mais pas négligée
Le montage est relativement simple pour qui connaît un minimum les pédaliers Shimano Hollowtech II. On démonte la manivelle gauche d’origine, on installe la nouvelle, on respecte le couple de serrage, on vérifie le jeu, puis on appaire le capteur au compteur. Ceux qui n’ont pas l’habitude passeront évidemment par un vélociste, ce qui reste la meilleure façon d’éviter de transformer une opération simple en source d’emmerdes inutiles.
Le capteur est discret. Il se loge sur la face interne de la manivelle, côté cadre. Il faut simplement vérifier l’espace disponible entre le capteur et la base arrière. Sur certains cadres très compacts ou très travaillés, la compatibilité peut nécessiter une vérification préalable. Ce n’est pas propre à 4iiii, mais à tous les capteurs collés ou intégrés sur une manivelle.
Une fois monté, l’appairage avec un Garmin se fait sans histoire. ANT+ ou Bluetooth, le capteur est reconnu rapidement. L’application 4iiii permet de vérifier l’état de la pile, de faire les mises à jour, de calibrer le capteur et de gérer certains paramètres. Comme toujours avec la puissance, le calibrage avant chaque sortie reste une bonne habitude. Cela prend quelques secondes, et cela évite ensuite de discuter pendant deux heures pour savoir si les watts sont vrais, faux, généreux, radins ou simplement mal initialisés.
Sur la route : le chiffre calme le fantasme
Rouler à la puissance change quelque chose dans la manière de comprendre l’effort. Le cardio raconte ce que le corps subit. La vitesse raconte ce que le vent, la pente, les pneus, la position et le revêtement acceptent de vous rendre. La puissance, elle, raconte ce que vous produisez.
C’est pour cela qu’elle est aussi précieuse. Dans une bosse, elle évite le départ trop enthousiaste. Dans le vent, elle évite de se croire nul parce que le compteur n’avance pas. En groupe, elle révèle parfois que l’on force beaucoup plus qu’on ne le pense. Sur home-trainer, elle permet de calibrer précisément les zones. Et à l’entraînement, elle transforme une séance vague en séance construite.
Avec ce 4iiii, les données sont propres, stables, lisibles. Sur des efforts réguliers autour du seuil, il n’y a pas de comportement erratique. La cadence remonte correctement. Les changements d’intensité sont bien détectés. Sur les efforts courts, comme toujours avec les capteurs unilatéraux, il faut garder un peu de recul : selon la jambe dominante, selon la fatigue, selon la façon de sprinter ou de relancer, le chiffre peut varier légèrement par rapport à un système bilatéral ou à des pédales de référence.
Carte d’identité : ce qu’il faut vraiment retenirUtilisation : route / entraînement / compétition amateur VOIR AUSSI => Acheter le capteur de puissance 4iiii PRECISION 3+ à partir de 323 € Sur le papier, tout est là. Mais comme souvent avec la puissance, l’essentiel ne se joue pas dans la fiche technique… il se joue dans ce que l’on en fait une fois sur le vélo. |
Dans notre cas, le 4iiii s’est montré légèrement généreux par rapport à nos valeurs habituelles : environ 5 à 10 watts de plus autour de 270 watts, soit notre FTP de référence, équivalente ici à 3,85 W/kg. Rapporté à cette intensité, l’écart reste très contenu : autour de 1,5 à 3,7 % selon que l’on retient 5 ou 10 watts, ce qui demeure très correct pour un capteur unilatéral de cette gamme. Et surtout, l’essentiel est ailleurs : l’écart semble constant. Or, comme le rappelait Guillaume dans son guide, la répétabilité est souvent plus importante que l’obsession du watt absolu. Si votre capteur vous donne toujours le même référentiel, il devient utile. S’il change d’humeur tous les quinze jours, il devient décoratif.
Mono-jambe : la limite, mais aussi le prix de l’intelligence
Il faut être honnête : un capteur gauche ne peut pas offrir la même finesse qu’un capteur bilatéral. Il ne mesure pas réellement la puissance totale. Il mesure la jambe gauche, puis extrapole. Si vous pédalez parfaitement à 50/50, tout va bien. Si vous êtes à 48/52 ou 52/48 comme c’est notre cas, l’écart commence à apparaître. Si vous revenez de blessure, si vous avez une asymétrie marquée, si vous cherchez une analyse fine de l’équilibre droite/gauche, alors il faudra viser plus haut.
Mais pour beaucoup de cyclistes, cette limite n’est pas rédhibitoire. Parce qu’ils n’ont pas besoin de savoir si leur jambe droite a produit 136 watts et la gauche 134. Ils ont besoin de savoir s’ils roulent en endurance, au tempo, au seuil, en PMA, ou trop fort trop tôt. Ils ont besoin de répéter des intensités, de comparer des séances, de gérer une ascension, de ne pas confondre sensation de facilité et vraie fraîcheur.
Et là, ce 4iiii fait parfaitement le travail.
Apple Find My : gadget ? Pas complètement
L’intégration Apple Find My pourrait passer pour une coquetterie marketing. En réalité, elle a du sens. Dans une époque où les vélos coûtent de plus en plus cher, où les déplacements en train ou en avion exposent le matériel, où les vols restent un sujet permanent, pouvoir localiser son vélo via l’environnement Apple apporte une petite tranquillité supplémentaire.
Ce n’est pas un antivol. Ce n’est pas une assurance. Ce n’est pas une promesse de retrouver un vélo disparu dans la minute. Mais c’est une fonction intelligente, intégrée à un composant déjà présent sur le vélo, et donc sans accessoire supplémentaire à cacher sous la selle ou dans le cadre. Pour les utilisateurs Android, en revanche, cette fonction perd évidemment son intérêt.
APPLE FIND MY : COMMENT ACTIVER LA LOCALISATION
Ouvrir le cache pile du capteur Résultat : le vélo devient localisable directement depuis ton iPhone, comme un AirTag, sans accessoire supplémentaire. Simple, rapide… et parfois suffisant pour dormir un peu plus tranquille. |
À l’entraînement : le vrai changement
Le capteur de puissance n’a pas pour vocation de rendre le cycliste plus fort par magie. Il rend surtout les erreurs plus visibles. Il montre les départs trop rapides, les relais trop longs, les séances de récupération qui n’en sont pas, les sorties “tranquilles” passées en fait à tirer du braquet pendant deux heures.
Avec une FTP à 270 watts, par exemple, les zones deviennent concrètes. L’endurance n’est plus une impression. Le seuil n’est plus une douleur vague. La PMA n’est plus un concours d’ego. On sait où l’on est, ce que l’on travaille, et parfois surtout ce que l’on doit éviter. Un capteur comme le 4iiii PRECISION 3+ permet cela : mettre un cadre sur l’effort sans étouffer le plaisir.
C’est peut-être sa plus grande qualité. Il ne prend pas toute la place. Il ne transforme pas le vélo en cockpit de Formule 1. Il donne une information, discrète, précise à l’échelle de son architecture, et suffisamment fiable pour construire une progression.
Verdict 3bikes.fr
Le 4iiii PRECISION 3+ Ride Ready Shimano 105 R7100 n’est pas le capteur le plus sophistiqué du marché. Et tant mieux. Il ne cherche pas à impressionner par une débauche de données, mais à rendre la puissance accessible, simple et exploitable. Pour environ 350 €, on dispose d’un capteur léger, discret, facile à installer, compatible avec les compteurs modernes, doté d’une excellente autonomie et d’une précision annoncée à ±1 %.
Oui, il faut accepter la logique du mono-jambe. Oui, il peut être légèrement optimiste ou pessimiste selon votre équilibre gauche/droite. Oui, un capteur bilatéral haut de gamme ira plus loin. Mais à ce tarif, ce n’est pas vraiment le sujet. Le sujet, c’est de savoir si ce 4iiii permet de mieux s’entraîner. Et la réponse est oui.
Il ne donne pas la vérité absolue. Il donne un repère. Et parfois, dans le cyclisme, c’est exactement ce qui manque entre celui qui roule beaucoup et celui qui progresse vraiment.
VOIR AUSSI => Acheter le capteur de puissance 4iiii PRECISION 3+ à partir de 323 €
Le 4iiii PRECISION 3+ RIDE READY SHIMANO 105 R7100 en bref…Les + : Prix très accessible pour entrer sérieusement dans l’entraînement à la puissance, Poids additionnel minime : 8 g, Installation simple avec la version Ride Ready, Compatibilité ANT+ et Bluetooth, Précision annoncée à ±1 %, Données stables et répétables, Très bonne autonomie, Pile CR2032 facile à remplacer, Application 4iiii claire pour batterie, mises à jour et calibrage, Intégration Apple Find My, Discrétion esthétique, Garantie 3 ans |
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