Florian Chabbal : quand celui qui raconte bascule

Le 25 avril 2026, il ne s’est pas passé ce que vous croyez. Oui, une équipe gravel est née. C’est ce que diront les faits, ce que retiendront les annonces, les images, les relais. Une date, un lancement, un projet de plus dans un paysage déjà dense. Vu de loin, tout semble presque classique. Presque attendu. Et pourtant. Si l’on accepte de regarder un peu au-delà, autre chose apparaît. Plus discret, mais infiniment plus intéressant. Parce que ce 25 avril ne parle pas seulement d’une équipe. Il parle d’un basculement. Celui d’un homme qui, pendant des années, a raconté le vélo et qui, cette fois, a décidé d’y entrer autrement. Non plus à distance. Mais de l’intérieur. Ce que Florian Chabbal lance ce jour-là dépasse le simple projet. C’est une prise de position. Une manière de dire que, parfois, raconter ne suffit plus. Qu’il faut accepter de passer de celui qui explique… à celui qui fait. Et si cette histoire mérite d’être racontée, c’est aussi parce que, pour une fois, nous avons eu une chance rare : celle d’inverser les rôles, d’essayer de comprendre celui qui, justement, est censé comprendre les autres. Et c’est peut-être là que tout devient vraiment intéressant. Parce que derrière cette équipe gravel… se cache une histoire beaucoup plus profonde.

Par Jeff Tatard – Photos : ©Florian Chabbal

Cet entretien existe pour une raison simple. Pour une fois, les rôles se sont inversés. Celui qui, d’habitude, tend le micro s’est retrouvé de l’autre côté. Et forcément, le regard change. La discussion aussi. Elle devient moins frontale, plus libre, presque plus vraie. Très vite, elle dépasse le cadre d’un simple projet gravel pour raconter autre chose : une trajectoire, une tension, et sans doute une bascule.

Entre effort et plaisir, déjà tout est là. Le vélo comme expérience, pas seulement comme performance.

Car ce qui se dessine ici, à première vue, pourrait sembler classique. Une équipe. Une structure de plus dans un paysage déjà dense. Mais dès les premières minutes, quelque chose dévie. Les mots ne sont pas ceux qu’on attend. Pas de résultats. Pas de calendrier. Pas de hiérarchie. Il parle de communauté, d’exploration, d’esthétisme, de gastronomie. De rouler, de découvrir, de s’arrêter, de “boire un canon”, “parce que c’est mérité”. D’un groupe de cyclistes qui aiment le vélo autant que ce qu’il permet de vivre. Et très vite, on comprend que ce qui est en train de naître ce 25 avril 2026 avec Pesto CC n’est peut-être pas une équipe au sens traditionnel du terme.

Un projet né d’un groupe… et d’un état d’esprit

Ce projet ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans une dynamique collective, presque organique. Autour de Florian Chabbal, on retrouve notamment Pierre-Arnaud Le Magnan, fondateur de la marque Chiru, connue pour ses vélos en titane pensés pour l’exploration et les épreuves extrêmes. On retrouve aussi Damien Bisetti, fondateur de Vélosophe Bière Cycliste, ainsi que François-Xavier Plaçais, ancien directeur de la communication dans le cyclisme. Et puis, il y a cette idée d’un mouvement, Pesto CC, né d’un petit groupe, presque d’une bande, avec une vision commune. Une vision qui n’est pas dictée par la performance pure, mais par une certaine manière de vivre le vélo.

Le vélo comme terrain d’expression. Et le titane comme évidence.

Le gravel, dans ce contexte, n’est pas une opportunité marketing. Il est une évidence. Parce qu’il permet précisément cela : ne pas choisir. Ne pas choisir entre route et chemin, entre performance et plaisir, entre effort et expérience. “Le gravel, c’est le vélo qui fait tout”, dit-il. Et cette phrase, presque anodine, est en réalité centrale. Elle dit une forme de liberté. Elle dit aussi une évolution du rapport au vélo. On ne cherche plus seulement à aller vite, on cherche à aller loin. À comprendre ce que l’on fait là, sur cette machine, au milieu de nulle part, parfois pendant plusieurs jours, à dormir avec son vélo, à traverser des paysages, à accumuler des sensations.

Ce que porte Pesto CC, dès lors, devient autre chose qu’une équipe. Cela devient un espace. Un cadre dans lequel peuvent coexister des profils très différents. Du débutant au confirmé. Du routier au vététiste. Du compétiteur au contemplatif. Avec, toujours, cette idée de “ne pas se prendre au sérieux tout en prenant les choses au sérieux”. Une forme d’équilibre rare, qui rappelle presque l’esprit des Barbarians dans le rugby : une sélection, un état d’esprit, plus qu’une structure figée.

Rouler, oui. Mais savoir s’arrêter. Et comprendre que ça fait partie du voyage.

Le parcours : une trajectoire qui ne suit pas la ligne droite

Pour comprendre ce moment, il faut revenir en arrière. Pas pour raconter une biographie, mais pour éclairer une trajectoire. Florian Chabbal vient du vélo. Du vrai vélo. Catégorie élite, dix ans de compétition, une place parmi les meilleurs de sa génération chez les jeunes. Autour de lui, des noms qui parlent à tous ceux qui connaissent un peu le milieu : Guillaume Bonnafond, Anthony Roux, Pierre Rolland, Tony Gallopin. Un environnement dense, exigeant, structuré. Et pourtant, quelque chose ne colle pas.

Ce n’est pas une question de niveau. Ce n’est pas une question de potentiel. C’est une question de ressenti. D’environnement. De rapport au milieu. “Je n’ai pas beaucoup aimé ce milieu-là”, dit-il simplement. Et cette phrase, là encore, est importante. Parce qu’elle explique une rupture. Une vraie rupture… Il arrête. Il part. Il s’éloigne du vélo. Pas temporairement. Pas pour réfléchir. Il change de vie. Il travaille dans le pharmaceutique, voyage, apprend des langues, démissionne, prend une année sabbatique. Il explore.

Pendant plusieurs années, le vélo disparaît presque complètement de son quotidien. Et pourtant, il ne disparaît pas vraiment. Il reste là, quelque part. En veille.

Ne pas se prendre au sérieux… tout en prenant les choses au sérieux.

Le retour par l’émotion : le moment charnière

Et puis, un jour, tout revient. Sans prévenir. Une étape du Tour de France. Une échappée. Une victoire. Celle de Blel Kadri, un copain. Pour certains, ce n’est qu’une image de plus dans le flux du Tour. Pour lui, c’est autre chose. Un moment fondateur. Il est à Bordeaux. Il marche dans la rue avec sa compagne. Un regard presque machinal sur son téléphone, juste pour voir. Presque par habitude, sans attente particulière. Et puis, d’un coup, quelque chose bascule. Quelque chose de brut, d’inattendu, qui remonte sans prévenir. “J’ai rarement ressenti autant d’émotion devant du vélo que ce jour-là.” La phrase est simple. Sans effet. Mais elle touche juste. Parce qu’elle ne cherche pas à impressionner, elle dit. Et ce qu’elle dit est essentiel : le lien n’a jamais été rompu. Il n’avait pas disparu. Il était là, en veille, quelque part. En attente.

À partir de là, quelque chose se remet en mouvement. Rien de structuré. Pas de plan. Pas de stratégie. Juste une envie. Celle d’écrire. De raconter. Un blog, un premier récit, une tentative. Il met des mots sur ce qu’il vit, sur ce qu’il ressent. Sans objectif précis. Sans ambition médiatique. Juste pour voir. Juste pour dire. Et c’est souvent comme ça que commencent les histoires qui comptent vraiment.

Eurosport : l’apprentissage du regard et de la confiance

La suite, c’est Eurosport. Trois années décisives. Trois années pendant lesquelles il apprend tout. Pas seulement à parler devant une caméra. Mais à comprendre l’ensemble du système. La régie, les interviews, la production, la réalisation. Il touche à tout. Il explore tous les rôles. Il n’est pas enfermé dans une fonction. Et surtout, il est accompagné.

Il parle de Laurence Shirrecker, alors rédactrice en chef du cyclisme chez Eurosport, aujourd’hui Head of Live chez Red Bull Media House, qui lui donne des responsabilités, qui lui fait confiance, qui voit en lui un potentiel. Cette confiance, il la transforme en compétence. Pas en expertise pointue dans un domaine précis, mais en vision globale. Il comprend comment fonctionne le récit. Comment se construit une image. Comment se capte une émotion. Et surtout, il prend confiance en lui.

Quand raconter le vélo, c’est aussi être au cœur de ceux qui le font.

L’aventure GCN : la révélation… et la limite

Puis vient l’aventure Global Cycling Network. Et là, tout s’accélère. Il devient un visage. Une voix. Presque un repère pour toute une génération de passionnés. Il raconte le vélo autrement. Il le rend accessible sans le simplifier, intelligible sans le trahir. Il montre ce qu’on ne voit pas toujours : les coulisses, les visages, les silences. Les coureurs, surtout, comme des êtres humains. Humbles, proches, malgré l’exigence extrême de leur sport. Il vit des moments forts. Le Tour de France, la Vuelta, les Monuments. Parfois dans les voitures de directeurs sportifs, au plus près de l’action. Une immersion totale. Une position rare. Et pourtant. “J’ai (enfin !) trouvé ma place… et un mois après, j’ai démissionné.”

La phrase claque. Elle surprend. Elle dérange presque. Et pourtant, elle est parfaitement cohérente. Parce que ce qu’il trouve chez GCN, ce n’est pas seulement une place. C’est aussi une frontière. Celle de rester, malgré tout, à l’extérieur. D’observer, d’analyser, de raconter… sans jamais vraiment agir. À un moment, cela ne suffit plus.

À l’intérieur du peloton. Là où les histoires prennent vraiment sens.

Raconter sans trahir : une ligne de crête

Ce qui caractérise son travail, c’est cette capacité rare à rendre le vélo accessible sans le simplifier. À expliquer sans appauvrir. À traduire sans trahir. Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un mélange. Une aisance naturelle à l’oral, déjà visible lorsqu’il était coureur, où il était souvent celui qu’on interviewait parce qu’il savait parler. Et un apprentissage structuré, exigeant, au contact des médias.

Mais cette capacité s’accompagne d’une tension. Celle de rester aligné. De ne pas s’éloigner de ce que l’on est. “Quand tu t’éloignes de toi, ça ne marche plus.” Le public, dit-il, est “volage”. Il ressent très vite les décalages. Les incohérences. Les artifices. Et dans un monde où le contenu est permanent, cette exigence devient centrale.

Proximité rare. Et pourtant… ce n’est pas encore suffisant.

Le vélo aujourd’hui : un objet total

Quand on l’interroge sur l’évolution du vélo, sa réponse ne cherche ni à trancher, ni à simplifier. Elle est nuancée, presque posée. Oui, le vélo change. Mais ce qui change peut-être encore davantage, c’est notre manière de le regarder. Les performances explosent. Les formats se multiplient. Les disciplines se croisent et parfois se confondent. Le gravel, l’ultra, le voyage à vélo, les épreuves d’endurance comme les Ironman, les Gran Fondo ou encore l’Étape du Tour tout coexiste, sans hiérarchie évidente.

Ce qui se dessine, c’est un vélo devenu total. Un objet qui ne se limite plus à une seule fonction. À la fois outil de performance, de santé, de déplacement, de découverte et même de divertissement. Un objet qui dépasse le simple cadre sportif pour s’inscrire dans un mode de vie.

Et c’est précisément dans cette transformation que son projet prend sens. Il ne s’agit pas de créer une équipe pour exister dans une discipline. Il s’agit de s’inscrire dans une évolution plus large, presque inévitable. D’accompagner ce mouvement plutôt que de le suivre.

Frise narrative : les moments clés

  • Ado : des victoires à vélo presque tous les dimanches, le goût de l’effort et des premiers repères
  • Avant 21 ans : carrière en catégorie élite, immersion dans le haut niveau, au cœur d’une génération dense (Guillaume Bonnafond, Anthony Roux, Pierre Rolland, Tony Gallopin)
  • Rupture : arrêt du vélo, rejet du milieu, besoin de prendre de la distance
  • Années off : travail dans le pharmaceutique, voyages, apprentissage des langues, démission, année sabbatique, exploration personnelle
  • Déclic (2014) : victoire de Blel Kadri sur le Tour de France, retour de l’émotion, le lien se réactive
  • Premiers récits : blog, écriture instinctive, envie de raconter sans cadre ni stratégie
  • Création de sa chaîne : naissance de La Pause Vélo, prolongement naturel de cette volonté de raconter autrement
  • 2017–2020 : passage chez Eurosport, apprentissage global (régie, interviews, production, réalisation), prise de confiance
  • 2020–2023 : aventure Global Cycling Network, visibilité, incarnation, impact dans le vélo digital
  • 2023 : départ, bascule, volonté de ne plus seulement raconter
  • 25 avril 2026 : lancement de Pesto CC, entrée dans une nouvelle phase — construire plutôt que commenter2023 : départ, bascule, volonté de ne plus seulement raconter
  • 25 avril 2026 : lancement du projet gravel, entrée dans une nouvelle phase — construire plutôt que commenter

Construire plutôt que commenter

Ce que Pesto CC cristallise aujourd’hui, c’est peut-être exactement cela. Un glissement discret mais décisif. Le passage du commentaire à la construction. Le moment où raconter ne suffit plus. Le moment où l’on accepte de prendre part. De s’exposer autrement. De ne plus être seulement celui qui explique, mais celui qui fait. Celui qui, après avoir passé des années à observer, analyser, décoder, décide finalement de mettre les mains dans ce qu’il racontait.

Changer de rôle. Et accepter, enfin, d’entrer dans le cadre.

Ce basculement n’est pas brutal. Il est presque inévitable. Comme une suite logique. À force de comprendre les autres, de traduire leurs histoires, de donner du sens à leurs trajectoires, il arrive un moment où la question se retourne. Où il devient impossible de rester uniquement à distance. Où il faut accepter de s’engager différemment.

Ce projet de team gravel est né de cette nécessité. Pas d’une stratégie. Pas d’une opportunité. Pas d’un positionnement calculé. Mais d’un besoin profond. Celui de créer quelque chose qui lui ressemble vraiment. Quelque chose qui ne soit pas seulement cohérent à l’écran, mais cohérent dans la vie. Une vision du vélo ouverte, accessible, exigeante sans être fermée. Une vision qui refuse les oppositions simplistes. Qui ne choisit pas entre performance et plaisir. Entre intensité et contemplation.

Et dans cette vision, il y a une idée presque simple, mais devenue rare : pouvoir rouler fort, oui. Chercher l’effort, la progression, l’engagement. Mais aussi savoir s’arrêter. Regarder. Partager. Prendre le temps après la sortie. Donner une place à ce qui entoure le vélo autant qu’au vélo lui-même. Une forme d’équilibre, presque fragile, mais profondément moderne.

Parce que le vélo ne se limite jamais à une seule définition.

Comme il le dit, sans vraiment le formuler comme une théorie mais plutôt comme une évidence vécue : “ne pas se prendre au sérieux tout en prenant les choses au sérieux.” Et peut-être que tout est là. Dans cette tension maîtrisée. Dans cette capacité à rester léger sans être superficiel, engagé sans être enfermé.

Ce projet n’est donc pas seulement une équipe. C’est une prise de position. Une manière de dire que le vélo peut être autre chose. Ou plutôt, qu’il peut redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.

La trace : une ambition discrète mais forte

Quand on lui demande ce qu’il veut laisser, il ne parle pas de victoire. Il ne parle pas de records. Il ne parle pas de palmarès. Il ne parle pas de trace au sens classique du sport. Il parle d’accessibilité. D’ouverture. De cette capacité presque invisible, mais essentielle, à donner envie. À permettre à d’autres d’entrer dans ce monde qui, vu de l’extérieur, peut parfois sembler fermé, codé, intimidant.

Dans ses mots, il y a quelque chose de très simple, presque désarmant. Il parle de cette volonté d’“ouvrir les yeux sur l’accessibilité de ce monde-là chez les pros”. Il parle aussi, très concrètement, de tous ces contenus qui doivent servir à quelque chose, à quelqu’un. De cette envie d’aider ceux qui débutent, ceux qui hésitent encore, ceux qui pensent que le vélo est réservé à une élite. De leur montrer que non. Que c’est possible. Que ça peut être simple. Que ça peut être à eux aussi.

Voir le vélo sous tous les angles. Même ceux qu’on ne regarde jamais.

Il ne cherche pas à impressionner. Il cherche à rendre possible. À abaisser les barrières sans abaisser l’exigence. À montrer que le vélo, même à haut niveau, même dans ses sphères les plus techniques ou les plus élitistes, reste profondément humain. Qu’il est possible de s’y projeter, de s’y reconnaître, d’y trouver sa place, quel que soit son niveau, son histoire ou son point de départ.

Et dans cette logique, il revient aussi à quelque chose de très concret, presque pragmatique : “donner tous les conseils pour acheter le bon vélo sans forcément dépenser 10, 15 ou 20 000 euros”. Une phrase simple, mais qui dit beaucoup. Qui dit qu’au-delà du récit, il y a une volonté de transmission utile. Une volonté de faire en sorte que ce qu’il produit serve réellement.

Et c’est peut-être là que réside la vraie cohérence de son parcours. Dans cette continuité entre celui qui expliquait, celui qui racontait, et celui qui, aujourd’hui, construit. Parce que ce qu’il cherche à laisser, ce n’est pas une empreinte spectaculaire. C’est une trace utile. Une trace qui sert. Une trace qui reste parce qu’elle a aidé, éclairé, accompagné. C’est une ambition discrète, presque en retrait. Mais c’est sans doute la plus puissante de toutes.

Mettre des mots justes sur un sport qui ne l’est jamais vraiment.

La dernière question : comme un miroir

À la fin, la question se retourne. Comme un miroir. Comme une boucle presque silencieuse qui se referme là où tout avait commencé. Si demain il devait interviewer le Florian d’aujourd’hui, quelle serait la première question qu’il lui poserait ? On pourrait s’attendre à quelque chose de stratégique, de construit, presque de calculé. Une question sur la réussite, sur le projet, sur la suite. Mais non. Sa réponse est beaucoup plus simple. Beaucoup plus directe. “Pourquoi tu fais du vélo ?” Et tout est là. Parce que cette question, en apparence évidente, est en réalité la plus difficile de toutes. Elle dépasse les projets, elle dépasse les structures, elle dépasse même les parcours. Elle ramène à quelque chose de beaucoup plus intime. De beaucoup plus personnel. Et en la posant, il ne cherche pas seulement à comprendre une trajectoire. Il cherche à comprendre une intention. Ce qui pousse à rester. Ce qui pousse à revenir. Ce qui pousse à continuer, malgré tout. Et derrière cette question, il y a peut-être aussi la sienne. Parce qu’au fond, en cherchant à comprendre pourquoi les autres font du vélo, il est en train de répondre à la seule question qui compte vraiment : pourquoi lui, aujourd’hui, a décidé d’y entrer autrement.

Entre mondes, entre disciplines. Toujours au même endroit : là où ça vit.

Conclusion : entrer dans son propre récit

Le 25 avril, une équipe est née. C’est vrai. Mais ailleurs se joue quelque chose de plus profond. Un homme qui, pendant des années, a raconté le vélo a décidé d’y entrer autrement. De ne plus seulement comprendre, mais de construire. De ne plus seulement observer, mais de proposer.

Si ce texte existe aujourd’hui, c’est aussi parce que, pour une fois, les rôles se sont inversés. Et forcément, le regard change. Parce qu’au fond, comme il le dit lui-même sans en faire une formule : “ne pas se prendre au sérieux tout en prenant les choses au sérieux.” Et c’est exactement là que tout bascule. Dans cette capacité à passer de la lecture du monde à son incarnation.

Il ne s’agit plus seulement de raconter le vélo. Mais de l’habiter. De ne plus choisir entre performance et plaisir. Entre effort et expérience. Entre intensité et partage. Et peut-être, au fond, de se raconter autrement. Sans micro. Sans distance. Mais cette fois, de l’intérieur. Et cette fois, il ne raconte plus une histoire. Il est en train de l’écrire.

À retenir

  • Pesto CC, plus qu’une équipe gravel : le point de départ d’un mouvement plus large
  • Une trajectoire atypique entre haut niveau, rupture et retour par l’émotion
  • Un passage clé entre Eurosport, GCN et La Pause Vélo, qui révèle autant qu’il déplace
  • Une vision du vélo comme outil total, accessible et ouvert

=> Pour mieux comprendre l’univers de Florian Chabbal :  La Pause Vélo

=> Et ici, pour découvrir tous nos autres portraits : Tous nos articles Portraits

 

Jean-François Tatard

- 44 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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