Partager la publication "Test des Zipp 202 NSW : l’arme ultime des grimpeurs (mais pas seulement)"
Parmi les tout premiers à pouvoir prendre la route avec ces nouvelles Zipp 202 NSW, nous avons découvert une paire de roues qui entend redéfinir les standards de la légèreté en montagne. Annoncées comme les plus légères jamais conçues par la marque américaine à moins de 1 100 g, elles ne se limitent pourtant pas aux seules ascensions. Aérodynamisme, stabilité et technologies issues du très haut de gamme viennent compléter un tableau particulièrement ambitieux, vérifié sur différents profils de terrain.
Par Guillaume Judas – Photos : ©Widen Production
Depuis plusieurs décennies, Zipp s’impose comme l’une des références incontournables dans l’univers des roues carbone haut de gamme. La marque américaine a construit son identité autour d’une quête permanente de performance, notamment à travers l’optimisation aérodynamique et les innovations sur les matériaux.
Dans cette logique, l’appellation 202 renvoie à une longue tradition de roues à faible hauteur de jante, pensées à l’origine pour les grimpeurs et les parcours montagneux. Quant au label NSW, pour Nest Speed Weaponry, il désigne le sommet du savoir-faire de la marque, réservé aux produits les plus avancés technologiquement, presque sans compromis. À ce sujet, passons tout de suite à ce qui fâche : le prix. À 3 800 € la paire, nous sommes en présence d’un produit archi-exclusif, réservé à une clientèle très pointue. Une clientèle qui devra accepter, pour ce tarif, l’absence de rayons carbone (alors qu’ils se généralisent chez la concurrence, au moins à ce niveau de prix) et un look extrêmement discret, notamment au niveau des moyeux. C’est cher, très cher, trop cher même sans doute. Mais autant le dire tout de suite, c’est le seul grief que je vais pouvoir avancer pour critiquer ces roues, par ailleurs assez exceptionnelles.

Le retour d’une icône
Avec ces nouvelles 202 NSW, Zipp signe le retour d’un modèle emblématique, en le faisant entrer dans une nouvelle dimension. L’objectif est clair : proposer une roue dédiée aux forts pourcentages, capable de répondre aux exigences des grimpeurs les plus pointilleux, tout en conservant une certaine polyvalence.
Le chiffre clé est sans appel : 1 090 g la paire. Un poids particulièrement bas, qui place ces 202 NSW parmi les nouvelles références du segment et qui traduit un important travail de conception et d’optimisation. Un positionnement renforcé par un choix de profil cohérent, avec une hauteur de jante de 35 mm, pensée pour offrir le meilleur compromis entre légèreté, rendement et stabilité.
Pour atteindre ce niveau de performance, Zipp a repris la stratification carbone développée sur les 353 NSW. Cette dernière intègre un laminage biomimétique innovant, qui repose sur l’utilisation de fibres de carbone à modules variés, réparties selon les contraintes mécaniques. Concrètement, la circonférence externe de la jante utilise des fibres orientées vers la résistance et la durabilité, afin de mieux encaisser les chocs et les contraintes de la route. À l’intérieur, des fibres à plus haut module permettent de maintenir une tension optimale des rayons malgré les contraintes, garantissant ainsi rigidité et efficacité. Ce fonctionnement, inspiré du comportement des tendons musculaires selon la marque, vise à optimiser le rendement sans sacrifier la fiabilité.
La largeur interne de 23 mm s’inscrit dans les standards actuels et favorise l’utilisation de pneus plus larges à basse pression, ici avec une conception de jante sans crochets. Zipp affirme que ce choix technique permet de réduire la résistance au roulement et d’améliorer le confort, tout en optimisant le rendement global sur la durée. Pour aller plus loin dans ce concept, la marque a développé un pneu en collaboration avec Goodyear, ici le Eagle F1 Z29, parfaitement adapté à la forme de la jante, avec une carcasse positionnée de manière optimale et une bande de roulement correctement dimensionnée. L’objectif est double : éviter une déformation de la carcasse, nuisible aux performances avec l’utilisation de pneus non spécifiques, et optimiser la liaison entre les flancs du pneu et la jante, pour un meilleur aérodynamisme.
Des détails haut de gamme, mais discrets
Les Zipp 202 NSW sont montées à partir de moyeux ZR1 SL, conçus en Allemagne et qui se distinguent par l’intégration de roulements céramiques résistants à la corrosion. Avec 66 points d’engagement, le corps de roue libre garantit une excellente réactivité, particulièrement appréciable lors des relances en ascension, mais aussi en ville lors des départs et retours d’entraînement. Légers et fluides, ils ne posent aucun problème à l’usage, même après des sorties humides. Ils semblent prévus pour résister, ce qu’on attend bien évidemment d’une paire de roues haut de gamme. En revanche, ils manquent à mon goût d’exclusivité esthétique. J’aurais aimé qu’à ce prix, les 202 NSW proposent des moyeux un peu plus clinquants.
Les rayons Alpina Hyperlite, 20 à l’avant comme à l’arrière, avec un croisement par deux, participent également à l’équilibre global entre légèreté, rigidité et fiabilité. Zipp a fait le choix ici de conserver des rayons en acier, mais qui sont ultra légers puisqu’on atteint un poids revendiqué de 3,5 g par unité. C’est équivalent, ou presque, au poids d’un rayon carbone, avec, selon la marque, une plus grande facilité de remplacement en cas de dommage ou de casse, notamment lors des déplacements sur une course ou un stage d’entraînement.
Zipp affirme ainsi ne pas avoir voulu concevoir des roues uniquement exclusives et purement dédiées aux ascensions. Fiabilité, sécurité et aspect pratique étaient également au cœur du projet, tout comme une certaine forme de polyvalence, comme j’ai pu m’en rendre compte après plusieurs centaines de kilomètres sur différents types de terrains.
En montagne et sur le plat, avec les Zipp 202 NSW
J’ai pu rouler avec deux vélos différents équipés des 202 NSW. D’abord lors d’une sortie avec du dénivelé en Savoie, au moment de la présentation officielle à la presse de ces nouvelles roues de la marque américaine. Une sortie doublement exigeante, compte tenu des conditions météo dantesques que nous avons rencontrées sur les 20 derniers kilomètres, mais qui m’a déjà permis d’évaluer leur stabilité en descente et sous de fortes rafales de vent. Puis j’ai pu monter les 202 sur mon vélo d’entraînement habituel et les mettre à l’épreuve pendant plusieurs semaines sur les routes de la région parisienne.
Sur mon vélo, ma première surprise — même si cela n’en était pas vraiment une en réalité — a concerné le poids gagné. 300 g nets, en passant de mes Roval Rapide CLX (première génération) aux Zipp 202 NSW, avec la même cassette et les mêmes disques. C’est beaucoup, même si je parle ici des roues complètes, avec pneus et chambres d’un côté, et pneus tubeless et préventif de l’autre.
Un comportement étonnamment homogène sur tous les terrains
Ma deuxième surprise a concerné le comportement des 202 NSW sur des profils simplement vallonnés, composés de côtes courtes et de faux plats, de nombreuses relances en ville avant d’atteindre des portions plus plates et dégagées, mais exposées au vent. Je m’attendais en réalité à plus de souplesse qu’avec les Roval, plus de réactivité, mais aussi moins de consistance sous la pédale. Eh bien pas du tout. Non seulement la rigidité latérale ne fait pas défaut, mais elle est même plutôt bien présente, parfaitement en rapport, en tout cas, avec celle du cadre. Lors des relances musclées avec du braquet et en malmenant sévèrement le vélo, je ne ressens aucune faiblesse, aucune sensation de cisaillement qui viendrait révéler une quelconque incohérence de comportement entre le cadre et les roues. Les 202 NSW se présentent en ce sens bien différemment des roues légères montées exclusivement avec du matériel exotique et qu’il ne faut surtout pas brutaliser, au risque de provoquer de la casse.
Cela se confirme lors des séances de sprint, où j’oublie totalement que j’évolue sur des roues de moins de 1 100 g. À chaque démarrage violent, le vélo dans son ensemble réagit promptement, mais sans faiblir. Je ne suis même pas certain, d’ailleurs, que sur le plan aérodynamique à haute vitesse, la différence d’efficacité avec des roues plus hautes soit réellement significative. En tout cas, je ne peux pas la mesurer moi-même.
Ce qui est plus sensible, en revanche, c’est un léger manque d’inertie lorsque l’on roule au train au-delà de 35 km/h environ, par rapport à des roues plus hautes. On se sent un peu moins entraîné par le profil des roues, et il faut fournir un peu plus d’efforts pour entretenir la vitesse de croisière. Les sensations sont ici moins grisantes qu’avec les Roval Rapide, par exemple.
Reste que cela est contrebalancé par la stabilité très élevée des Zipp 202 NSW lorsqu’on évolue avec du vent de côté ou dans une descente rapide. Les roues inspirent confiance, permettent de soigner les trajectoires, de retarder les freinages et se montrent finalement très confortables, dans le sens où elles limitent grandement toutes les petites corrections de trajectoire qui coûtent en énergie.
Comme on peut s’en douter, la combinaison entre le poids léger et la rigidité fait merveille dans les ascensions, surtout dans les pentes au-delà de 7 à 8 %. En roulant assis et au train, le comportement des 202 NSW est assez neutre, bien que très fluide et efficace. Mais à chaque passage en danseuse, on ressent immédiatement le côté aérien des roues, avec un gain de vitesse perceptible. Elles confirment qu’il s’agit de roues de montagne, mais capables d’en offrir bien plus que ce que l’on attend habituellement de ce type de matériel.
Un dernier mot, enfin, sur l’association avec les pneus Goodyear Eagle F1 spécifiquement conçus pour ces roues. Il y a clairement mieux sur le marché en termes de faible résistance au roulement, mais j’ai cependant bien apprécié la cohérence de comportement avec les 202, notamment lors des relances en danseuse. L’architecture du pneu et la forme des flancs, parfaitement en continuité avec ceux de la jante, m’ont permis de rouler, pour une fois, avec les pressions (assez basses) recommandées par Zipp, sans ressentir d’affaissement et en conservant la nervosité des roues. L’expérience a donc été plutôt bonne de ce côté-là.
Une synthèse très aboutie
Avec ces nouvelles 202 NSW, Zipp ne se contente pas de revisiter un modèle emblématique : la marque réussit à en proposer une lecture moderne, cohérente avec les exigences actuelles du marché haut de gamme. Légèreté extrême, rigidité parfaitement maîtrisée et stabilité globale sur une grande variété de terrains en font une paire de roues particulièrement aboutie, qui dépasse largement son simple rôle de spécialiste de la montagne.
Reste évidemment la question du positionnement tarifaire, très élevé, qui réserve ces roues à une clientèle clairement avertie et prête à investir dans un équipement d’exception. Mais sur le plan strict des sensations et des performances, difficile de leur reprocher quoi que ce soit de fondamental. Les Zipp 202 NSW s’imposent finalement comme une solution très complète pour qui cherche un montage léger, rapide et rassurant sur l’ensemble d’une saison.
Les roues ZIPP 202 NSW en bref…Les + : poids, rigidité latérale, stabilité, fluidité des roulements Hauteur de jante : 35 mm – Largeur de jante : 23 mm interne – Jantes sans crochets – Moyeux : ZR1 SL – Roulements : céramiques hybrides – Roue libre : 66 points d’engagement – Rayons : 20 à l’avant et à l’arrière – Type de rayons : Alpina Hyperlite – Pression max : 5,0 bar/73 psi – Poids max du système : 115 kg – Poids de la paire de roues : 1 090 g – Garantie : à vie – Prix : 3 800 € – Contact : https://www.sram.com/en/zipp |
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