Paul Seixas : prodige du cyclisme et étudiant à l’EM Lyon

À 19 ans, Paul Seixas fait déjà parler de lui dans tout le peloton. Sa performance sur les routes blanches des Strade Bianche, où il s’est retrouvé à suivre le rythme de Tadej Pogačar, a marqué les esprits. Mais derrière le phénomène sportif, il y a un détail qui dit beaucoup de la nouvelle génération d’athlètes : le jeune Français poursuit en parallèle des études à l’EM Lyon Business School, l’une des grandes écoles de management françaises. Une trajectoire rare dans le sport de haut niveau, et peut-être l’un des signes d’une maturité qui impressionne déjà tout le monde.

Par Jeff Tatard – Photos : ©Giro

Un talent qui impressionne déjà tout le peloton

Dans le cyclisme, il existe parfois des coureurs dont on parle avant même qu’ils aient eu le temps de construire un grand palmarès. Non pas à cause d’une victoire isolée, mais à cause d’une impression collective : celle d’assister à la naissance d’un talent rare.

Depuis plusieurs mois, Paul Seixas appartient clairement à cette catégorie. Champion du monde junior du contre-la-montre en 2024, vainqueur du Tour du Pays de Vaud, le jeune Français a rapidement attiré l’attention des observateurs. Mais c’est surtout sa manière de courir qui intrigue : une maturité tactique étonnante, une capacité à accepter l’effort et un sens du placement qui ne s’apprennent normalement qu’avec l’expérience.

Sur les routes blanches des Strade Bianche, en Toscane, beaucoup ont eu le sentiment d’assister à l’un de ces moments où l’on comprend que quelque chose d’important est peut-être en train de naître. Dans la poussière des secteurs de sterrato, Seixas s’est retrouvé dans les roues de Pogacar. Et dans le cyclisme moderne, ce genre de scène ne se produit jamais par hasard. Dans les bus d’équipes et dans les voitures de directeurs sportifs, le mot revient souvent : diamant brut.

Dans la poussière des Strade Bianche, certains talents se révèlent. Samedi, beaucoup ont compris que Paul Seixas n’était peut-être plus seulement une promesse

Le pari très clair de Decathlon

Du côté de Decathlon AG2R La Mondiale Team, personne ne cache vraiment que le projet autour de Paul Seixas s’inscrit dans le temps long. L’équipe française a repéré très tôt le potentiel du coureur et a choisi de construire autour de lui un environnement complet. Entraîneurs, préparateurs physiques, staff scientifique, accompagnement sportif : tout un collectif a été mis en place pour encadrer celui qui pourrait devenir l’un des visages du cyclisme français dans les années à venir.

L’objectif n’est pas d’accélérer artificiellement les choses, mais de construire un champion durable.

Dans un sport où les carrières peuvent parfois brûler les étapes, cette approche patiente ressemble presque à une philosophie. Parce que l’histoire du cyclisme est remplie de jeunes talents prometteurs. Mais les très grands champions sont souvent ceux que l’on a su accompagner avec intelligence.

Même les marques ont senti le potentiel

Dans l’écosystème du cyclisme professionnel, les marques savent aussi reconnaître les signaux qui annoncent un talent hors norme. Chez Giro, on suit évidemment de près les jeunes coureurs capables de marquer les années à venir. Raphaël Dalle, qui connaît parfaitement le peloton et l’univers du matériel, n’a pas tardé à comprendre que quelque chose se passait autour de Seixas.

Le jeune Français a ainsi été équipé des toutes dernières chaussures de la marque, qu’il a choisi de porter lors des Strade Bianche. Un détail qui peut sembler anecdotique, mais qui raconte aussi une histoire : celle d’un coureur dans lequel les acteurs du milieu commencent déjà à croire. Seixas avait choisi la version à lacets, une configuration que certains coureurs apprécient pour la précision du serrage et la sensation très directe avec le pédalage. Dans un sport où chaque détail compte, ces choix témoignent aussi de la confiance qui entoure déjà ce jeune coureur.

BOA ou lacets ? Pour les Strade Bianche, Paul Seixas a choisi la précision et la simplicité des Giro à lacets.

Un détail qui change tout : il continue à étudier

Mais ce qui rend le parcours de Paul Seixas encore plus intéressant ne se trouve peut-être pas uniquement sur le vélo. En parallèle de sa carrière sportive, le jeune Français poursuit ses études au sein du BBA de l’EM Lyon Business School, un programme spécialement aménagé pour les sportifs de haut niveau.

Avant cela, il a déjà obtenu son baccalauréat à distance, preuve que la construction de son projet ne s’est jamais limitée au seul horizon de la performance sportive. Et lorsqu’on l’entend s’exprimer dans les interviews, on devine rapidement chez lui une maturité rare pour son âge, ainsi qu’une forme de lucidité et d’intelligence qui ne sont pas si courantes dans un milieu où tout pousse souvent les jeunes talents à aller toujours plus vite.

Dans un univers où les athlètes prometteurs sont parfois encouragés à se consacrer exclusivement à leur discipline, ce choix raconte beaucoup de choses. D’abord une capacité à prendre du recul. Car le sport de haut niveau est magnifique, mais il est aussi fragile. Une chute, une blessure ou une simple évolution de carrière peuvent tout remettre en question. Construire un projet académique en parallèle n’est donc pas un renoncement à la performance. C’est au contraire une manière de construire un équilibre. Et dans le cas de Seixas, cet équilibre semble parfaitement assumé.

À 19 ans, Paul Seixas avance déjà sur deux routes à la fois : celles du peloton professionnel… et celles de l’EM Lyon Business School.

La nouvelle génération d’athlètes

Le parcours de Paul Seixas illustre peut-être aussi une évolution plus large du sport de haut niveau. Les champions modernes ne sont plus seulement des athlètes. Ils doivent comprendre leur préparation, analyser leurs données, dialoguer avec leurs équipes, gérer leur image et parfois déjà réfléchir à l’après-carrière.

Dans ce contexte, la formation intellectuelle devient presque un atout supplémentaire. Suivre des études dans une grande école comme EM Lyon tout en évoluant dans le peloton professionnel n’est donc plus forcément une contradiction. C’est peut-être simplement la nouvelle réalité du sport moderne.

La tête et les jambes

On attribue souvent à Steve Prefontaine l’idée qu’un coureur ne se définit pas seulement par ses jambes, mais aussi par ce qu’il a dans le cœur. On pourrait ajouter aujourd’hui : par ce qu’il a dans la tête. Car les jambes font avancer le vélo. Mais la tête, elle, prépare tout le reste du voyage. Et dans un sport qui pousse souvent les jeunes athlètes à aller toujours plus vite, voir un coureur de 19 ans avancer à la fois sur la route… et dans les amphithéâtres d’une grande école ressemble presque à une forme de sagesse. Une sagesse rare. Et peut-être, justement, la marque des futurs grands champions.

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Jean-François Tatard

- 44 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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