Partager la publication "Raphaël Dalle : l’homme qui fait parler les chaussures"
Il y a des visios où tu coches des cases. Et puis il y a celles où, dès la première minute, tu sens que tu viens d’ouvrir une porte sur un atelier invisible, un endroit où la performance se fabrique en silence, au millimètre, à l’instinct… et à la rigueur. Ce midi, c’était la deuxième catégorie. Caméra allumée, lumière du Sud, accent qui sent le bitume chaud et les routes qui ne connaissent pas la trêve hivernale. Raphaël Dalle est là, côté Var, dans cette “terre de cyclisme” qu’il revendique avec la même tendresse qu’un gars du Nord parle du Carrefour de l’Arbre. Il a ce regard qui ne triche pas : celui des gens qui ont passé plus de temps à observer comment les choses se font qu’à expliquer comment elles devraient être. Et très vite, sans même qu’on ait besoin d’appuyer sur “record”, il commence à sortir les pièces.
Par Jeff Tatard – Crédit photos : © Giro
Pas des slides. Pas des bullet points. Des chaussures.
Une par une. Comme si nous déroulions un album photo, sauf qu’ici les souvenirs ont une semelle, une languette, une matière, une odeur de prototypage. Pendant 1h30, Raphaël nous montre les modèles sur lesquels il a travaillé, au fil des années et des continents. Les Babolat. Les Decathlon. Les Adidas… et surtout, celle-là : la chaussure de Messi.
Oui, vous avez bien lu… la chaussure de Lionel Messi. Le genre d’objet qui, pour certains, vaut une vitrine. Lui, il la garde comme une preuve, pas de gloire, plutôt une responsabilité. À l’époque, il était au cœur de la mécanique : envoyer à Lionel Messi la paire sortie d’usine, s’assurer qu’elle arrive parfaite, être le filtre entre le génie sur le terrain et les réalités d’un million de paires par mois. “Quand tu envoies une paire à Messi, tu n’as pas le droit à l’approximation. Chaque millimètre compte.”
Et là, comme si ce n’était pas assez, il nous raconte la scène qui résume tout le personnage : un jour, il prend un modèle sans lacets, sans BOA, un truc venu d’un autre monde… et il le “reconvertit” en chaussure cycliste. En une semaine. Avec des trous faits à la main pour y insérer des cales. Juste pour tester la transférabilité d’une idée. “Je voulais voir si l’intuition tenait la route. Alors je l’ai percée.”
Nous sourions. Et nous comprenons : Raphaël n’est pas seulement “le patron de la gamme chaussures chez Giro”. C’est un passeur. Un traducteur. Quelqu’un qui fait voyager la performance d’un sport à l’autre, et qui revient avec des solutions qu’on n’attendait pas. Et c’est exactement pour ça que ce portrait vaut plus qu’un CV.
Le parcours : un ingénieur qui ne supportait pas “l’ingénieur”
Son LinkedIn est atypique, oui. Mais surtout, il raconte une obsession : comprendre le réel. Raphaël démarre dans le Nord, école d’ingénieur “classique”, avec des liens forts vers Decathlon. La suite aurait pu être linéaire : siège, projets, validations, réunions, un joli bureau, des prototypes qui arrivent, des rapports qui repartent. Sauf que lui, ça l’étouffe.
Il le dit sans détour : il ne supporte pas l’idée du “passe-plat”, ce rôle entre designer et usine où tu n’as pas l’impression d’apporter de valeur. Il veut voir, toucher, comprendre comment un produit se fabrique vraiment. Alors il fait ce que peu font : il part. L’Asie, d’abord la Chine. Canton. Deux ans sur des chaussures de tennis, seul sur place, à faire le lien entre le siège de Lyon et les usines. Tous les jours. L’usine n’est pas un concept, c’est son quotidien.
Puis le Vietnam. Adidas football. Là, on change d’échelle et de pression. Chez Adidas, ce n’est pas “une marque”, c’est une industrie : 1 300 000 paires par mois dans son usine. Treize millions à l’année. Et lui, responsable de production. C’est énorme. Et paradoxalement, c’est là qu’il apprend le détail.
![]() RAPHAËL DALLEIngénieur produit, passeur de performance Formé dans le Nord, forgé en Asie, affûté chez Adidas sur les modèles signature de Lionel Messi, revenu chez Decathlon pour structurer, puis passé par Ekoï pour construire une gamme complète, Raphaël Dalle pilote aujourd’hui le développement des chaussures Giro depuis le Var. Son ADN ? Il a travaillé sur des millions de paires produites en Asie, piloté des équipes internationales entre l’Europe, les États-Unis et le Vietnam, et développé des produits allant du tennis au football, du running au cyclisme performance. Ce qu’il cherche n’est pas la tendance. |
Chez Adidas, on veut tout maîtriser. Et quand tu maîtrises tout, chaque micro-décision compte : une matière, une couture, un collage, un outil, un protocole. C’est du “design for manufacturing” au sens pur. Une discipline qui oblige à ne pas rêver hors-sol. Et au milieu de ça, il y a Messi. Raphaël travaille sur les modèles “signature” du joueur. Il parle de ce “service aux athlètes” comme d’une culture : tout faire pour satisfaire l’athlète, puis faire redescendre l’exigence vers des produits accessibles. L’élite comme laboratoire, mais aussi comme boussole. Le Vietnam, c’est aussi une vie : sa femme, un enfant qui naît là-bas, puis ce moment où tu te dis qu’il est temps de rentrer “pour vivre la paternité” avec les proches.
Retour à “la maison” : Decathlon, Lille. Et là, nouvelle boucle d’apprentissage : rugby d’abord (passerelle naturelle avec le football), puis running. Et à chaque sport, une vérité : la méthode de développement a des bases communes, mais les exigences changent de nature.
- Tennis : abrasion, maintien latéral, légèreté.
- Football : toucher de balle, dynamisme, accroche selon l’état du terrain.
- Running : confort, résistance, maintien, dynamisme, sensation immédiate.
Un même objet : une chaussure. Mais des mondes différents.
Ce qui se construit ici, sans qu’il le dise encore clairement, c’est une bibliothèque mentale. Une base de données vivante d’innovations, de sensations, de compromis et de solutions. Et plus on l’écoute, plus on comprend qu’il ne collectionne pas des marques. Il collectionne des principes.
La bascule : viser le haut niveau
Au bout de quelques années, Raphaël a envie d’autre chose : se rapprocher du haut niveau. Pas pour la hype, mais pour l’intensité du feedback, la vitesse d’apprentissage, la vérité des corps.
Il rejoint Ekoï (au moment où la chaussure n’était pas encore un produit “propriétaire” fort) et construit la gamme. Il résume ces années avec une simplicité brutale : “Tu crées, tu testes, tu ajustes, tu te plantes, tu recommences.”
Avec des athlètes, des exigences, du concret. Et surtout : il relie enfin sa passion (le vélo) à son métier (la chaussure). Puis arrive Giro. Il y a un an et demi. Et une évidence : il vient de trouver un terrain de jeu à la hauteur de son obsession.
Giro : l’héritage comme ligne, la performance comme flamme
Chez Giro, beaucoup pensent d’abord aux casques. Mais pour nous, en écoutant Raphaël, il devient évident que son territoire, c’est ailleurs : le pied, le contact, la transmission.
Il est très clair : il ne pilote pas la partie casque. Il échange, il observe, il partage, mais son champ d’action, c’est la chaussure. Et c’est là que tout devient passionnant.
Giro, c’est un héritage fort, une identité visuelle classique, propre, élégante. Pas de logos criards. Pas d’esbroufe. Une forme de retenue maîtrisée. Mais derrière cette sobriété, il y a une volonté permanente de pousser les curseurs de performance.
Raphaël résume sa philosophie d’ingénieur produit avec une phrase qui dit tout : “Faire les produits les plus performants possible avec le design le plus classique possible.”
Pour nous, cette phrase est une clé de lecture. Il ne s’agit pas de casser l’ADN. Il s’agit de le respecter, tout en l’amenant plus loin. “On doit honorer l’héritage de la marque, mais chaque nouveau produit doit être meilleur que le précédent.”
Ce que nous comprenons, c’est que son travail est une équation permanente :
|
Et c’est dans cette balance que se construit la singularité de Giro.
La partie invisible de l’iceberg : là où tout se joue
Nous lui parlons du “gigot de sept heures” : le client vient pour manger, pas pour qu’on lui raconte la cuisine. Dans le vélo, c’est pareil : nous consommons du bonheur. Nous voyons une paire, nous la portons, nous jugeons. Point. Mais derrière, il y a l’iceberg.
Et Raphaël choisit un exemple que presque personne ne soupçonne : la forme. Cette forme en plastique, le “last”, n’est pas un simple outil, c’est la base du volume, la signature anatomique d’une marque. Certaines personnes se sentent immédiatement mieux dans une marque que dans une autre sans savoir pourquoi. La réponse est souvent là. “La forme, c’est ce qui décide si le pied se sent chez lui ou pas.”
Chez Giro, cela devient un défi permanent, car la gamme ne repose pas sur une seule construction : cuir synthétique, mesh + TPU, structures ultrafines, épaisseurs variables, mousses différentes, systèmes de fermeture multiples. Et pourtant, une exigence presque sacrée demeure : garantir le même volume chaussant sur toute la gamme.
Cela signifie travailler à l’échelle du détail. Ajuster 1 ou 2 millimètres de mousse pour faire avancer ou reculer le pied, modifier un point haut pour éviter qu’une languette ne vienne scier la cheville, concevoir des constructions asymétriques afin que le serrage enveloppe le pied au lieu de le comprimer. “Un millimètre peut tout changer.”
C’est de la micro-chirurgie produit. Et nous repensons à ces sorties où une gêne apparaît sans explication claire : un point de pression, une tension latérale, une sensation de flottement. Raphaël sait précisément où cela se cache. Et surtout, il sait comment le traquer.
Le process : prototypes, boucles, tests… et la vérité du terrain
Quand il parle développement, tout semble presque simple. Une séquence claire, presque mathématique : un design, un prototype, un test, un retour, une modification… et on boucle jusqu’à ce que ce soit juste. “On fait, on teste, on corrige. Et on recommence jusqu’à ce que ça fonctionne vraiment.” Ce qui change, ce n’est pas la formule. C’est la rigueur du système.
Chez Giro, les tests ne sont pas une formalité. Il existe plusieurs niveaux d’évaluation : le fitting, où l’on capte immédiatement l’évidence, ça va ou ça ne va pas ; l’usage, sur une ou deux semaines, avec des sorties longues et des retours structurés ; puis la durabilité, sur trois à six mois, là où le temps révèle les faiblesses, casse, usure, délaminage, vieillissement des matières.
Et il y a cette obsession qui revient sans cesse : les tests sont la priorité absolue. “Si le terrain ne valide pas, le produit ne sort pas.” Ce n’est pas une posture. Il vit dans le Var, entouré de cyclistes qui roulent toute l’année, 20 000 à 30 000 kilomètres par an. Certains valident une chaussure en deux week-ends, 250 kilomètres avalés presque sans effort. Le feedback est rapide, massif, réel.
Et il lâche une vérité presque contre-intuitive : même les modèles entrée de gamme sont validés par des testeurs extrêmement exigeants. “On peut ajuster l’attente, mais pas le niveau d’exigence.” Un coureur habitué à une double BOA full carbone ne jugera pas une semelle nylon à lacets de la même manière, mais la base reste intangible : pas de problème, pas d’inconfort majeur, pas de faiblesse structurelle.
Puis vient le labo. Machines de traction. Torsion. Compression. Tests mécaniques. Protocoles historiques. Et aussi le futur : instrumentation, biomécanique, mesure de la pression plantaire. “L’idéal, c’est de prouver que le nouveau modèle est meilleur que le précédent, scientifiquement.”
Il donne un exemple qui ressemble à une promesse : démontrer une augmentation de 10 % du contact pied/semelle grâce à un profil ajusté. Là, ce n’est plus une sensation. C’est un chiffre. Et quand la performance devient mesurable, elle devient irréfutable.
Les arbitrages : la beauté d’un produit, c’est ce qu’il cache
Le plus beau dans son discours, c’est qu’il ne romantise jamais le métier. Il l’explique. Le développement n’est pas une intuition solitaire, c’est un orchestre parfaitement réglé : design, ingénierie, production, merchandising, usines, planning, prix cible. “Notre rôle, ce n’est pas seulement d’avoir des idées. C’est d’aligner tout le monde.”
Chaque décision technique a une conséquence industrielle. Chaque choix esthétique doit respecter un target price. Chaque amélioration doit tenir dans un calendrier. “On doit garantir l’usage, tenir le planning et livrer au bon prix. Si un de ces trois piliers tombe, le produit tombe.” Nous comprenons alors que l’ingénieur produit n’est pas seulement un expert matière. Il est le chef d’orchestre du compromis intelligent.
Son rôle, celui de l’ingénieur produit, est double. D’un côté, améliorer le produit, matières, solutions techniques, construction. De l’autre, diriger le projet, aligner les équipes, tenir le calendrier, livrer au target price. “On doit être à la fois technique et chef d’orchestre.”
Chez Giro, le fonctionnement est presque géographique. Une équipe développement basée en France, au milieu des US et de l’Asie. Les journées commencent avec les usines, Vietnam, Thaïlande, Chine, pour faire avancer les prototypes et résoudre les points techniques. Puis les États-Unis se réveillent, le design prend le relais, les fichiers évoluent. Quand l’Europe s’endort, les modifications continuent. Au matin, les mises à jour repartent vers l’Asie. “On ne perd jamais une journée. Le projet avance pendant que d’autres dorment.”
C’est un relais 24 heures sur 24, structuré, fluide, presque chirurgical. Une chaîne continue où le produit ne s’arrête jamais d’évoluer.
Les athlètes : pas pour faire “des produits d’athlètes”, mais pour accélérer la vérité
On pourrait croire que les pros dictent le produit. Raphaël remet les choses à l’endroit : les produits sont faits pour les clients. Les athlètes ne sont pas le centre, ils sont un accélérateur. “On ne développe pas pour les pros. On développe pour nos clients. Les pros nous aident à aller plus vite.”
Pourquoi ? Parce qu’ils ont une attention au détail exceptionnelle. Et surtout parce qu’ils roulent six heures par jour, dans des conditions de performance maximale. Ce volume-là est irremplaçable. Il cite Paul Seixas. Sa valeur ne tient pas à son âge, mais à son niveau d’exigence et à son volume de travail. “Ce qu’un coureur ressent en six heures, un amateur met des semaines à le découvrir.”
Un détail qui gêne un sprinteur comme Biniam Girmay dans les 500 derniers mètres peut sembler invisible pour le grand public. Mais une fois réglé, toute la gamme en bénéficie.
Il montre un prototype : une languette raccourcie, avec de petits renforts, parce que certains pros préfèrent cette sensation. Ce n’est pas un caprice, c’est une information. Et dans ce détail, nous voyons déjà le futur : une adaptation “élite” qui pourrait devenir une solution grand public dans les modèles 2028.
L’élite n’est pas un privilège. C’est un microscope.
Le moment Giro : quatre modèles, une semelle, et une idée simple… qui change tout
À un moment, Raphaël évoque ce qu’il peut apporter aux pros : une gamme cohérente. “On peut arriver avec quatre versions, toutes sur la même semelle.”
Quatre modèles, une base commune, donc aucune galère de cales. Version ventilée, version légère, version plus fermée et nettoyable, version all-season. Des “saveurs” différentes, mais une architecture identique. Cela semble simple. En réalité, c’est une stratégie redoutable : offrir du choix sans créer de chaos. Maintenir la cohérence technique tout en adaptant l’usage.
Puis il glisse une vérité presque paradoxale : la version ultra-ventilée est sans doute le produit ultime… mais pas forcément le plus vendu. “La vraie vie, c’est la pluie, la boue, le nettoyage du dimanche.”
Rouler sous la pluie, laver la paire, repartir le lendemain. Voilà la réalité. Son métier, c’est de ne jamais l’oublier.
La chaussure dont il est le plus fier : la simplicité radicale (et le prix qui tue)
Et puis vient son modèle. Celui qu’il porte le plus. Celui qui arrive au printemps, autour de 120–125 €, et qui va remplacer, dans l’imaginaire collectif, un modèle perçu comme plus haut de gamme.
Le twist ? Le lassage.
À une époque où une chaussure à lacets est presque devenue un luxe à 350 €, revenir à ce système relève presque du contre-pied stratégique. Pourtant, c’est le mécanisme le plus simple, le plus efficace, le plus accessible, et sans doute le plus universel. “Le laçage, c’est basique. Mais basique ne veut pas dire bas de gamme.”
Il évoque le combat interne : les codes établis, les habitudes du marché, l’idée que l’entrée de gamme “doit” ressembler à ceci ou à cela. “On peut faire beau, performant et accessible. Il n’y a aucune règle qui l’interdit.”
C’est là que sa définition de l’innovation devient claire : elle ne consiste pas toujours à inventer un objet futuriste. Parfois, elle consiste à revenir à un geste ancien, à le rendre cohérent avec une construction moderne, à l’intégrer dans une architecture pensée pour la performance.
Il décrit cette paire blanche, élégante, presque traditionnelle dans son esthétique, mais entièrement conçue dans l’ADN Giro : héritage dans la forme, précision dans la construction, cohérence dans le prix. “Si elle est juste, elle n’a pas besoin d’en faire trop.”
Nous la voyons déjà comme une chaussure simple, mais jamais simpliste ; une paire que l’on peut rouler tous les jours sans culpabilité, une chaussure qui redonne du sens au prix, et qui prouve qu’accessibilité et exigence ne sont pas incompatibles.
Raphaël, ou l’art de transmettre la passion (jusqu’aux usines)
Dernière partie, plus humaine.
Nous lui parlons de storytelling, d’héritage, de cette “genèse” que l’on n’a pas forcément besoin de connaître consciemment pour aimer une marque, mais qui agit dans l’ombre, dans l’inconscient collectif. Comment maintenir cette flamme quand certaines équipes sont loin, parfois à l’autre bout du monde, sans toujours partager les mêmes canaux ou les mêmes rythmes ?
Sa réponse tient en une idée simple : la passion se cultive. “On ne peut pas fabriquer un bon produit sans aimer ce qu’on fait.” Pour lui, cela commence par le recrutement : des profils passionnés, engagés, connectés à l’usage réel. Puis cela se prolonge sur le terrain : rouler ensemble, tester ensemble, vivre le produit autrement que derrière un écran. “Il faut que les équipes ressentent ce que ressent le client.”
Et surtout, partager. Partager les victoires, les images, les succès. Lorsque les chaussures gagnent, l’information ne reste pas au siège. Elle descend jusqu’aux usines, jusqu’aux développeurs en Asie. “Ils doivent voir que ce qu’ils fabriquent performe au plus haut niveau.” La performance devient alors collective. Et l’héritage, vivant.
Il recrute des profils passionnés. Il roule avec ses équipes. Il crée des moments où le produit se vit pour de vrai, loin des écrans et des fichiers techniques. Et surtout : il partage.
Quand un athlète gagne avec leurs chaussures, les photos ne restent pas confinées au marketing ou au siège. Elles partent vers l’usine, vers les développeurs au Vietnam, vers les équipes en Asie qui travaillent au rythme des machines. “Regardez, vos produits gagnent. C’est énorme.”
Ce geste n’est pas anodin. Il transforme une chaîne de production en chaîne de fierté. “Ils doivent savoir que ce qu’ils fabriquent a un impact.”
Et c’est peut-être là que réside le véritable secret d’un bon produit : ce ne sont pas seulement des spécifications techniques, ce sont des femmes et des hommes qui se sentent fiers de ce qu’ils créent.
Ce que nous avons retenu chez 3bikes (et pourquoi ça inspire)
Au fond, ce portrait n’est pas celui d’un “designer star” ni d’un “manager flashy”. Raphaël Dalle incarne une autre école.
- L’école du terrain ; l’usine, le test, la sueur, le réel.
- L’école du détail ; 1 millimètre, une mousse, un point haut qui change tout.
- L’école du process ; boucles, rigueur, validation, preuve.
- L’école de la passion partagée ; du laboratoire jusqu’au bout de la chaîne.
“Si le produit est juste, c’est que tout le monde a fait sa part.”
Ce n’est pas une vision spectaculaire. C’est une vision exigeante. Et profondément cohérente.
Et surtout, il possède cette capacité rare : relier des mondes.
Le tennis, le football, le running, le rugby, le vélo. Les usines et les athlètes. L’héritage et l’innovation. Le très haut niveau et l’entrée de gamme. Le beau et l’efficace. Le classique et la performance.
“Tout est transférable, si on comprend vraiment le besoin.”
Il ne conçoit pas simplement des chaussures. Il construit une passerelle entre ce que le pied ressent et ce que le vélo peut enfin transmettre.
Oui, Giro restera longtemps associé aux casques dans l’imaginaire collectif. Mais si, au printemps, une chaussure blanche à lacets autour de 120 € passe devant nous, avec cette allure simple et pourtant parfaitement juste, il faudra se souvenir de cette visio.
Se souvenir de Messi, des trous percés à la main pour fixer des cales, des boucles de prototypes, des millimètres ajustés, des nuits entre l’Europe, l’Asie et les États-Unis.
Se souvenir de ce développeur installé dans le Var qui s’est fixé une mission presque folle : comprendre, mieux que quiconque, ce qu’un cycliste attend d’une chaussure.
“Si le pied est en confiance, tout le reste suit.”
Et en l’écoutant parler, il devient difficile de ne pas y croire.
=> Pour mieux comprendre la gamme Giro : WEBSITE GIRO
=> Et ici, si vous voulez découvrir tous nos autres portraits : Tous nos articles Portraits
Partager la publication "Raphaël Dalle : l’homme qui fait parler les chaussures"










