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Notre baptême coaché sur la piste olympique… et le privilège de rouler sur le LOOK P24. Il y a des expériences qui vous rendent plus rapide.Et puis il y a celles qui vous rendent plus précis. Le Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines appartient à la seconde catégorie. Ce soir-là, nous ne venions pas seulement découvrir une piste. Nous venions apprendre à la comprendre. À la respecter. À l’apprivoiser. Encadrés par Cintia Voet, Jeff Guiborel et Émilien Clère, guidés depuis le bord de la piste au micro par Christophe Riblon, nous avons vécu ce que le cyclisme offre de plus pur : la ligne parfaite. Et, comme si cela ne suffisait pas, nous avons ensuite eu l’opportunité rarissime de monter sur le LOOK P24, le vélo des Jeux de 2024, sur la piste même des Jeux de 2024. Mais commençons par le début.
Par Jeff Tatard – Photo : @jefftatard
Le premier regard : le doute
Une piste olympique, c’est intimidant. 250 mètres de long. 8 mètres de large. Des virages relevés qui semblent défier la gravité.
On pose le vélo en bas de la balustrade. On lève les yeux vers la courbe. On se dit que c’est trop raide. On se demande comment ça tient. Et c’est précisément là que commence l’apprentissage.
« Pendant une seconde, j’ai vraiment imaginé glisser en haut de la courbe. Et je me suis demandé si j’étais à ma place ici. »
« Ne lutte pas contre la piste »
- La première voix qui résonne est celle de Christophe Riblon, au micro. Calme. Posée. Rassurante. « Regard loin. Reste souple. Monte progressivement. »
- Jeff Guiborel s’approche et glisse un conseil essentiel : « Garde du relâchement. Si tu te crispes, la piste te le rendra. »
- Cintia Voet insiste sur la trajectoire : « Ne coupe pas. Ne freine pas. Laisse la vitesse t’aider. »
- Émilien Clère rappelle l’essentiel : « Sur piste, la stabilité vient du mouvement. Pas l’inverse. »
On démarre…
Les premiers tours : apprivoiser la vitesse
Le vélo est un LOOK 465, rapidement ajusté à nos côtes. Hauteur de selle réglée. Longueur validée. Rien de superflu. Tout est fonctionnel.
Pas de frein. Transmission fixe. Une seule vitesse. Une seule ligne.
Les premiers tours sont prudents. On reste en bas, sur la Côte d’Azur, la bande bleue qui marque la limite intérieure de la piste. On apprend à tenir la trajectoire. À regarder loin. À respirer.
Puis vient le moment de monter. La pente impressionne moins que prévu. La vitesse stabilise le vélo. Le bois renvoie une sensation unique, dense, presque feutrée.
Ce n’est pas violent. Ce n’est pas brutal. C’est précis.
Le bois renvoie un son mat, presque organique, comme si la piste respirait avec nous.
La piste est une école
Sur route, on peut compenser. Sur gravel, on peut improviser. Sur piste, on doit maîtriser.
Chaque trajectoire est logique. Chaque geste a une conséquence immédiate.
Jeff nous rappelle : « Ne te bats pas avec le vélo. Accompagne-le. »
Cintia ajoute : « La piste récompense la fluidité. Elle punit la tension. »
Christophe Riblon, toujours au micro : « Pense à l’économie. Chaque mouvement inutile coûte. »
On comprend alors que la piste n’est pas un spectacle. C’est une discipline mentale.
Jeff Guiborel nous confie alors quelque chose qui en dit long. Remplaçant aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976, il observe la machine d’aujourd’hui avec un sourire presque amusé. « Avec un vélo comme le P24, j’aurais peut-être été encore plus fort… »
La phrase n’est pas nostalgique. Elle est lucide. Le matériel évolue. Mais la piste, elle, reste la même. Et pour Jeff, la piste est avant tout une question de regard. « Il faut savoir regarder partout. Et vite. »
Pas seulement devant soi. À droite. À gauche. Derrière. Anticiper les trajectoires. Lire les mouvements. Comprendre les intentions.
La piste développe une connexion particulière : avec le vélo, mais surtout avec l’espace. Tout devient plus rapide, plus clair, plus évident. On apprend à analyser en temps réel. À décoder.
Et quand on retourne sur la route, tout paraît plus simple. Les trajectoires semblent larges. Les relances plus lisibles. Les situations de course moins confuses.
En compétition, c’est encore plus flagrant. La piste apprend à lire un adversaire à son coup de pédale. À sentir une accélération avant qu’elle ne parte. À percevoir une hésitation dans la cadence. On apprend à voir une attaque avant qu’elle ne parte. À sentir une jambe qui durcit. À comprendre qu’une cadence qui change d’un demi-temps annonce quelque chose.
Elle enseigne aussi le sens du rythme. La cadence n’est plus un chiffre affiché. Elle devient une sensation intérieure.
« Sur piste, on comprend que la vitesse ne vient pas de la force brute » nous dit Christophe Riblon. Avant que Émilien Clère ne vienne compléter : « Elle vient de la précision du regard et de la régularité du mouvement. »
Et peut-être est-ce là, finalement, sa plus grande richesse.
La bascule
Après quelques tours validés, les trajectoires deviennent naturelles. La peur disparaît. La cadence augmente. La sensation change.
On ne subit plus la courbe. On la dessine.
Et c’est à ce moment précis que l’on nous propose quelque chose d’unique.
Le P24
Le vélo. Celui des Jeux de Paris 2024. Le LOOK P24.
Le cadre est sculptural. Chaque tube semble dessiné par le vent lui-même. La fourche est massive. La rigidité visuelle est évidente.
On ne monte pas sur ce vélo comme sur un vélo classique. On monte sur un outil.
Développé avec des centaines d’heures de simulation CFD, optimisé autour du concept « pilote + machine », le P24 a été conçu pour réduire la traînée globale et maximiser le transfert de puissance. LOOK annonce jusqu’à 91 watts d’économie aérodynamique dans certaines configurations.
Son prix ? Aux alentours de 15 000 € pour le cadre et le cockpit complet.
Ce n’est pas un produit grand public. C’est une machine de haute compétition.
Et pourtant, ce soir-là, il est entre nos mains.
LOOK P24 (Piste) en quelques lignes…
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Les premiers mètres avec le P24
La position est compacte. La rigidité immédiate. Le moindre appui sur les pédales déclenche une réaction instantanée. Le vélo ne fléchit pas. Il transmet. Directement.
Jeff Guiborel nous glisse : « Ne force pas plus. Sois plus propre. Le vélo fera le reste. »
C’est exactement ça. Le P24 ne pardonne rien, mais il magnifie la justesse.
On monte dans la courbe. Plus haut. Plus vite. La sensation est différente du 465. Plus tranchante. Plus affûtée. Plus radicale. On comprend ce que signifie machine de Jeux Olympiques.
En sortie de courbe, on sent la relance passer instantanément, presque sèche, comme si chaque watt trouvait immédiatement sa trajectoire.
Un privilège
Rouler sur la piste olympique est déjà exceptionnel.
Rouler sur le vélo des Jeux, prêté par LOOK et l’équipe de Federico Musi, encadré par des techniciens et des coachs de ce niveau, relève du privilège rare.
Federico Musi le CEO de la légendaire marque LOOK lui-même partage quelques tours de roues avec nous. Pas de posture. Pas de mise en scène. Juste le plaisir du mouvement.
Le portrait complet sera d’ailleurs publié prochainement…
Les conseils qui restent
De cette séance, plusieurs phrases résonnent encore :
- Jeff : « La crispation est l’ennemi numéro un. »
- Cintia : « Ta tête guide ton vélo. Regarde loin, toujours. »
- Émilien : « La régularité crée la confiance. »
- Christophe : « Sur piste, on ne subit pas la vitesse. On l’organise. »
Ces conseils dépassent la piste. Ils parlent de cyclisme. Ils parlent de maîtrise. Ils parlent d’élégance.
Pourquoi il faut le faire
Le Vélodrome National propose des baptêmes accessibles à tous. Vélo, casque et chaussures sont fournis. Encadrement structuré. Progression claire. Mais derrière cette simplicité apparente se cache quelque chose de bien plus rare.
On parle ici d’une piste olympique de 250 mètres sur 8 mètres de large, la seule au monde avec de telles dimensions. Un anneau de bois sur lequel ont roulé les plus grands champions. Une piste conçue pour la vitesse, la précision, la compétition, et pourtant ouverte à chacun.
Amateurs, triathlètes, routiers confirmés ou simples curieux peuvent s’y présenter. La règle est simple : le baptême est obligatoire. C’est la porte d’entrée. Le moment où l’on découvre les trajectoires, la Côte d’Azur, la logique du mouvement, sous l’œil attentif d’un coach qui valide les acquis avant d’orienter vers les niveaux suivants : pastille verte pour les débutants, jaune pour les intermédiaires, rouge pour les confirmés. Rien n’est laissé au hasard, car sur piste, la sécurité et la progression vont ensemble.
Les créneaux sont disponibles presque toute l’année, 7 jours sur 7, du matin au soir. On réserve en ligne, on se présente vingt minutes avant la séance, en tenue simple et près du corps. Le baptême coûte 49 € (39,20 € en tarif réduit) pour une heure d’apprentissage intense, une heure qui change profondément la perception de la vitesse.
À savoir – Baptême et pratique de la piste au Vélodrome NationalLe Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines est ouvert à tous, du simple curieux au compétiteur confirmé. La piste olympique mesure 250 mètres de long sur 8 mètres de large, un format unique au monde, conçu pour la vitesse et la précision. Le baptême : passage obligatoireAvant d’accéder aux créneaux libres, il est impératif de réaliser un baptême encadré. Durée : 1 heure
Le baptême permet d’apprendre les bases, de découvrir les trajectoires (Côte d’Azur, ligne noire, gestion de la courbe) et d’être orienté vers le niveau adapté. Les niveaux de pratiqueAprès validation :
Chaque progression est validée par les moniteurs du vélodrome afin de garantir sécurité et cohérence dans les groupes. Réserver son créneauLes créneaux sont disponibles 7 jours sur 7, presque toute l’année. Réservation directement en ligne via le site officiel du Vélodrome National Plusieurs formules sont proposées :
Les produits sont valables un an à compter de la date d’achat. Ce qu’il faut retenir : on ne vient pas ici “tester une attraction”. On vient apprendre. Et souvent, on revient. |
Ce n’est pas une attraction. C’est une expérience formatrice.
On repart avec une sensation nouvelle de la trajectoire, une lecture plus fine de l’espace, une meilleure compréhension de la cadence. On repart aussi avec un diplôme valable six mois, première étape vers une pratique plus régulière — séance à l’unité ou pass annuel pour ceux qui veulent prolonger l’expérience.
La piste apprend la régularité. Elle apprend l’économie du geste. Elle apprend la précision du regard. Et le plus surprenant, c’est que lorsque l’on retourne sur la route après cela, tout paraît plus lisible, plus large, plus évident.
Ce que l’on retient
La piste n’est pas un décor. C’est une école de vérité. Elle révèle tout : la tension dans les épaules, l’hésitation dans le regard, la cadence qui se dérègle. Avec Jeff Guiborel, on comprend que le relâchement est une force. Avec Cintia Voet, que la trajectoire commence toujours par le regard. Émilien Clère rappelle la régularité, presque méthodique. Et depuis le bord, la voix posée de Christophe Riblon organise la vitesse, calme les gestes, structure l’espace.
Sur piste, rien n’est spectaculaire. Tout est précis.
Le P24, lui, incarne autre chose. Une démonstration d’ingénierie pure. Une machine née pour les Jeux, pensée pour effacer les résistances inutiles et magnifier la justesse. Et pourtant, même sur ce vélo ultime, la leçon reste la même : la vitesse vient d’abord de l’intérieur.
Partager quelques tours avec Federico Musi, le patron de LOOK, donne aussi du sens à l’ensemble. On perçoit une culture, pas seulement un produit. Une vision où le matériel est au service du geste, jamais l’inverse.
Ce soir-là, sur 250 mètres, nous avons appris plus qu’une technique. Nous avons appris à regarder mieux, à respirer mieux, à lire plus vite. On comprend pourquoi la piste forme les grands coureurs : elle apprend à sentir un adversaire à son coup de pédale, à anticiper une accélération, à donner du sens à la cadence.
Quand on quitte le vélodrome, tout paraît plus simple. Plus lisible. Plus évident.
Ce n’est pas seulement le privilège d’avoir roulé sur le vélo des Jeux qui marque. C’est cette sensation d’alignement.
Deux cent cinquante mètres. Une ligne. Un rythme. Et cette conviction nouvelle : on peut toujours rouler plus vite… en étant plus juste.
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