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Dimanche 1er février, Mathieu van der Poel a conquis un huitième titre mondial de cyclo-cross, au terme d’une démonstration dont il a le secret. Une victoire nette, maîtrisée, presque clinique… suivie d’une célébration qui a fait autant parler que la course elle-même. Lever le vélo, crier sa joie : un geste jugé « arrogant » par Roger De Vlaeminck, mais qui raconte peut-être surtout l’évolution profonde du cyclisme moderne.
Par Jeff Tatard – Photos : DR
Il y a des débats qui dépassent le geste. Celui-ci parle du temps.
Quand De Vlaeminck s’indigne, il parle d’un cyclisme qui vivait dans le récit du lendemain. Un cyclisme de pudeur, de sobriété, où l’élégance consistait à gagner presque en s’excusant. Mais le cyclisme de Van der Poel ne vit plus là. Il vit en direct. En images. En émotions instantanées. En partage.
Un langage visuel universel
Lever les bras, exulter, reprendre un code popularisé bien au-delà du sport par Cristiano Ronaldo n’est pas une provocation. C’est un langage visuel. Un code que comprennent aussi ceux qui ne savent pas distinguer un boyau d’un tubeless. Et c’est précisément là que le sujet devient intéressant.
Le cyclisme professionnel n’est plus seulement un sport. C’est un spectacle en concurrence frontale avec le football, la F1, la NBA, tout ce qui se dispute l’attention mondiale. Dans ce contexte, les champions capables de produire des images fortes, mémorisables, partageables ne trahissent pas le cyclisme. Au contraire, ils l’aident à exister. Hier, on protégeait l’élégance du geste. Aujourd’hui, il faut protéger la visibilité du sport.
L’humilité ne se lit pas dans la célébration
L’humilité d’un champion ne se mesure pas à la sobriété de sa ligne d’arrivée. Elle se lit dans la rigueur de sa préparation, la constance de son travail, le respect du métier. Et sur ce terrain, Van der Poel est irréprochable.
Ce que certains perçoivent comme une rupture avec la tradition est peut-être, en réalité, une adaptation vitale. Parce qu’en 2026, un simple signe de la main ne fait plus le tour du monde. Une image forte, si.
Et si cette image attire un enfant vers le cyclo-cross, un spectateur vers une course, un sponsor vers une équipe… alors ce geste n’est pas de l’arrogance. C’est du service rendu au cyclisme. En tous les cas, c’est ce qu’on pense sur 3bikes.
=> Revivez en vidéo les plus beaux moments de ce huitième sacre.
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