Partager la publication "Premier essai du nouveau casque Giro Eclipse Pro"
Avec l’Eclipse Pro, Giro tourne la page de l’Eclipse Spherical et dévoile son nouveau casque aérodynamique haut de gamme pour la route. Pensé pour la compétition au plus haut niveau, comme pour toutes les pratiques où l’on cherche à économiser des watts, ce nouveau modèle a pour ambition de proposer le meilleur équilibre possible entre aérodynamisme, ventilation et confort. Le tout en conservant le système de sécurité révolutionnaire Mips Spherical. À l’heure où le Giro Eclipse Pro arrive à peine en magasin, nous avons déjà pu en effectuer un premier essai en cette fin d’hiver.
Par Guillaume Judas – Photos : ©Giro/David Powell
Selon Giro, l’Eclipse Pro serait 17 % plus rapide que son prédécesseur, l’Eclipse Spherical, ce qui en ferait le casque de route le plus efficace face au chronomètre jamais produit par la marque. Une promesse forte, qui ne s’appuie pas uniquement sur la réduction de la traînée aérodynamique, mais sur une approche globale des performances que l’on peut attendre d’un casque.
Une nouvelle référence aérodynamique ?
L’Eclipse Pro devient le nouveau casque phare de la gamme route Giro. Son développement a été mené intégralement au sein du centre de R&D de la marque, en combinant analyses CFD avancées, modélisation itérative à l’aide de modèles miniatures et de nombreux tests en soufflerie.

La silhouette finale se veut plus raffinée que celle de l’Eclipse Spherical. L’objectif est d’optimiser l’écoulement de l’air dans les zones de transition critiques, tout en garantissant une excellente stabilité en conditions réelles, notamment par vent latéral. Giro affirme ainsi être parvenu à une forme plus efficace, sans augmentation notable du volume ou du poids. Ce nouveau profil améliorerait également la stabilité à haute vitesse, un point clé pour les sorties en peloton rapide et les courses exposées à des vents changeants ou à des changements de direction décisifs en termes de stratégie.


17 % plus rapide : une vraie évolution
Giro reste discret sur les chiffres précis de watts économisés, mais insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un simple gain marginal. L’Eclipse Pro représenterait une avancée nette en matière d’efficacité aérodynamique par rapport à l’Eclipse Spherical. Néanmoins, et toujours selon Giro, cette amélioration ne se ferait pas au détriment de la polyvalence.
Grâce à une conception plus ventilée, l’Eclipse Pro se destine aussi bien aux courses de très haut niveau sur route qu’au gravel, voire au VTT cross-country rapide. C’est sans doute aussi l’un des points forts de l’Eclipse Pro. Le casque dispose de 15 évents et d’un système de circulation interne entièrement repensé. De profondes prises d’air frontales dirigent l’air vers le front et les sourcils, puis l’acheminent à travers des canaux internes structurés qui répartissent le flux sur l’ensemble du cuir chevelu.
L’objectif est de maintenir une ventilation efficace lors des ascensions et des efforts prolongés, sans compromettre les gains aérodynamiques. Sur le papier, l’équilibre semble très prometteur.
À la pointe de la sécurité
Mais le Giro Eclipse Pro, c’est aussi le maintien du système interne de protection Mips Spherical. Cette évolution du célèbre système Mips, déjà présente sur d’autres casques Giro et Bell, repose sur une structure interne à deux couches mobiles, conçue pour permettre un léger mouvement entre le casque et la tête lors d’impacts obliques. Cette technologie vise à réduire les forces de rotation transmises au cerveau, diminuant ainsi le risque de commotion, tout en restant discrète, confortable et parfaitement ventilée.

On peut ainsi observer que la partie inférieure du casque est légèrement désolidarisée de la partie supérieure, autorisant un mouvement de 10 à 15 mm dans toutes les directions. Évidemment, tout cela est totalement imperceptible une fois le casque porté. Et surtout, on ne constate pas de prise de poids significative, puisque l’Eclipse Pro affiche 289 g en taille M, ce qui reste raisonnable pour un casque aérodynamique. L’ajustement est confié au système Roc Loc 5.5 Air, reconnu pour sa précision, sa légèreté et son profil compact.
Curieusement, j’ai dû opter avec ce Giro Eclipse Pro pour une taille M, alors que pour tous les autres casques que j’ai testés jusqu’ici, je roulais systématiquement en S. Cela faisait certes plusieurs années que je n’avais pas porté de casque Giro, mais j’ai toujours roulé en S chez cette marque. Ici, je suis vraiment à la limite en S, pourtant avec des cheveux très courts. Le M se montre ainsi nettement plus confortable, notamment en portant un sous-casque ou une casquette en dessous, comme je le fais systématiquement en plein hiver.
Une question de forme, peut-être, car je remarque aussi que les parties latérales descendent un peu plus bas près des oreilles que sur certains modèles concurrents. Je n’ai pas rencontré de problème particulier avec des lunettes Oakley Radar EV, mais l’espace dévolu aux branches juste au-dessus des oreilles reste tout de même assez limité.
Déjà victorieux au plus haut niveau
Si l’Eclipse Pro vous semble familier, ce n’est pas un hasard. Avant sa présentation officielle, il était déjà porté par de nombreux athlètes, souvent dissimulé sous des décorations spécifiques aux équipes. Le palmarès du casque est déjà impressionnant et couvre un large éventail de disciplines à partir de l’été 2025, avec notamment Pauline Ferrand-Prévot sur le Tour de France Femmes avec Zwift, Wout van Aert sur la dernière étape du Tour de France passant par Montmartre, Jonas Vingegaard sur la Vuelta, ou encore Kate Courtney, championne du monde de VTT cross-country.

Par rapport à l’Eclipse Spherical, la partie centrale du casque est plus plate, avec une section légèrement concave. Elle intègre des aérations aux extrémités, dont une seule sert réellement d’entrée d’air. Les grandes aérations latérales situées sur les épaules du casque sont partiellement couvertes par la coque, avec une petite ouverture à l’avant.
À l’avant du casque, les aérations frontales directes ont disparu, tandis que les ouvertures latérales près des tempes sont conservées, bien que légèrement réduites. À l’arrière, le changement est plus marqué : la forme est plus anguleuse et les trois grandes ouvertures arrière ressemblent davantage à des extracteurs d’air qu’à de simples découpes. De petites aérations supplémentaires encadrent le système Spherical.
Reste qu’en termes d’esthétisme, les avis sont largement partagés. Il y a ceux qui adorent son look futuriste, et d’autres qui regrettent son aspect massif sur les côtés, même si la partie arrière semble faire l’unanimité. Le choix du coloris joue également un rôle important : un blanc uni a tendance à « grossir » visuellement le casque, alors qu’un coloris Team (ou mieux encore, le Red Bull de Wout van Aert) passe nettement mieux. Bref, je ne peux pas dire que je sois totalement fan de ce casque, mais j’imagine que c’est aussi une question d’habitude.
Sur la route avec le Giro Eclipse Pro
En enfilant l’Eclipse Pro pour la première fois, je suis d’abord surpris par l’arceau interne qui permet d’ajuster le serrage du casque. Il vient entourer la tête comme un serre-tête et semble offrir une belle marge de manœuvre. Comme je l’ai écrit plus haut, je ne porte habituellement que des casques en taille S, mais sur ce modèle, c’est trop juste. J’ai donc toujours eu l’habitude de très peu utiliser ce type de serrage, puisque les casques en S se posent en général naturellement sur ma tête. Néanmoins, une fois la surprise passée, je dois reconnaître que je n’ai plus jamais été gêné par cet ajustement.
Comme le casque est, du coup, un peu grand pour mon petit visage, le port de lunettes n’est pas non plus des plus pratiques, car la partie avant descend assez bas sur mon front, tout comme la partie qui passe derrière les oreilles. Mais j’ai pu constater, en regardant certains de mes compagnons de route équipés du même casque, qu’ils n’avaient pas tous le même problème. Je pense que ces petits griefs pratiques et esthétiques viennent surtout de cette histoire de taille. Et je ne sais pas non plus si le volume du casque y est pour quelque chose, mais tout au long du test, j’ai ressenti un bruit du vent légèrement différent dans les oreilles par rapport au casque avec lequel je roule en ce moment. Mais c’est une réflexion totalement subjective.
Pour en finir avec les critiques, j’ajoute que les orifices prévus pour installer les branches des lunettes lorsqu’on souhaite les placer au-dessus du casque sont bien positionnés, mais qu’ils ne maintiennent pas suffisamment les branches, qui peuvent parfois être tentées de glisser.
Pour le reste, l’ajustement est confortable, les sangles et les supports sous les oreilles ne génèrent pas de points de pression particuliers. Et surtout, ils sont faciles à régler. J’ai roulé au total trois fois avec ce casque avant de publier cet article : une première sortie sous le soleil de Barcelone en compagnie d’autres journalistes, puis deux autres sorties de plus de quatre heures en région parisienne, dans des conditions plus venteuses et plus fraîches, et même sous la pluie. Je n’ai constaté aucun inconfort en cumulant les heures de route, que ce soit tête nue sous le casque en Catalogne ou avec un sous-casque dans le Nord de la France.
Évidemment, il est impossible, sur la route, de juger de l’avantage aérodynamique apporté par le Giro Eclipse Pro. Je peux seulement affirmer que son poids est imperceptible en roulant et que son confort est tel que je l’oublie presque une fois sur la tête, s’il ne descendait pas légèrement dans mon champ de vision avec cette partie frontale un peu basse.
Question ventilation, enfin, je n’ai pas pu en juger pleinement dans les conditions où j’ai testé le casque jusqu’à présent. J’ai seulement pu constater qu’il est moins performant sur ce point que le MET Trenta 3K Carbon, qui, lui, semble littéralement aspirer l’air frais sur la tête, au point d’être parfois froid en hiver. Ce n’est pas le cas dans des conditions similaires avec l’Eclipse Pro, mais il semble tout de même faire correctement le travail. Et surtout, la partie interne plus « épurée », grâce à l’absence de cage Mips classique comme sur la plupart de ses concurrents, ne peut que favoriser une circulation optimale de l’air au-dessus de la tête.
Un excellent compromis
Sur le papier comme lors de ce premier test terrain, le Giro Eclipse Pro s’annonce comme une évolution sérieuse et aboutie. Plus rapide, mieux ventilé et toujours aussi soigné sur le plan de la sécurité que son prédécesseur, il semble viser juste dans sa quête du compromis idéal entre performance aérodynamique et confort réel. Quant à son prix de vente officiel de 329 €, il se situe dans la moyenne de la concurrence, même si l’on ne peut s’empêcher de souligner ici le niveau élevé de finition et l’intégration du système Mips Spherical, au-dessus de ce qui se fait ailleurs. Reste enfin la question de l’esthétisme, propre à chacun, et qui dépendra aussi largement du coloris choisi.
Le GIRO ECLIPSE PRO en bref…Les + : système Mips Spherical, serrage confortable, aérodynamisme, ventilation, confort, finition Coque : In-Mold, Spherical technologie avec Mips, Arche Aura II, NanoBead EPS – Aérations : 15 – Maintien occipital : Roc Loc 5.5 Air – Mousses : Mousse frontale anti-sueur DryCore, Ionic+ antimicrobienne – Certifications : CE EN 1078, CPSC 1203, AS/NZS 2063 – Coloris : Matte Black, Matte White, Matte Flame Red ,Matte Dark Maroon, Matte Sky Blue, Matte Dark Sage, Matte Stone, Matte Black / Frequency Orange – Tailles : S, M, L – Poids : 289 g en taille M – Prix : 329 € – Contact : giro.com |
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