70 watts perdus à 0°C : ce que l’hiver fait à vos watts

Ce que l’hiver fait vraiment à votre rendement (et pourquoi ce n’est pas votre faute). Chaque hiver, le même constat revient chez les cyclistes. « Je n’avance pas. » « Je dois forcer pour tenir mes allures. » « J’ai perdu des watts. ». Et presque toujours, la conclusion est la même : je suis moins en forme. C’est faux. Pas totalement faux… mais très largement faux.

Par Jeff Tatard – Photos : DR

Les chiffres sont sans appel : à 0°C, on peut perdre jusqu’à 70 watts, sans que votre condition physique n’ait bougé d’un millimètre.

Ce n’est pas une sensation. Ce n’est pas une baisse de motivation. Ce n’est pas un effet placebo. C’est de la physique pure.

Et c’est en lisant un post Facebook de L’Expert Vélo que l’idée nous est venue de creuser le sujet, puis de regarder la vidéo complète et le test détaillé.

Parce que ce qui est expliqué là est probablement l’une des réalités les plus sous-estimées de la performance cycliste hivernale.

À 0°C, ce n’est pas votre forme qui baisse : c’est l’environnement qui vous vole des watts.

L’air froid : votre premier ennemi invisible

Plus l’air est froid, plus il est dense. À 0°C, l’air est environ 10% plus dense qu’à 20°C. Et à vélo, passé 25 km/h, l’ennemi numéro 1, c’est l’air. Cette densité supplémentaire signifie une chose très simple : à vitesse égale, vous devez produire beaucoup plus de puissance.

Sans le savoir. Sans le sentir. Sans que votre cardio ne change vraiment. Vous avez juste l’impression de tirer un parachute invisible.

Les vêtements : l’aéro que personne ne regarde en hiver

En hiver, on roule avec :

  • veste thermique
  • sous-couches
  • surchaussures
  • gants épais
  • tour de cou

Tout ce qui est catastrophique en termes d’aérodynamique. Chaque pli de textile, chaque matière épaisse, chaque surépaisseur crée des micro-turbulences. Additionnez cela à l’air plus dense… et la facture grimpe très vite.

En hiver, ce ne sont pas seulement les degrés qui chutent : l’aérodynamique aussi.

Le vrai coupable sous-estimé : les pneus à basse température

C’est ici que le sujet devient passionnant. Le rendement d’un pneu dépend de sa capacité à se déformer puis à reprendre sa forme. À basse température, le caoutchouc se rigidifie. La carcasse devient moins souple. La déformation restitue moins d’énergie. Résultat : le coefficient de résistance au roulement explose. Et ça, aucun capteur de puissance ne vous l’explique.

C’est précisément le terrain de jeu de Manuel Sola Arjona, créateur d’AeroScale, qui travaille sur l’optimisation du rendement des pneus selon la température, la pression et la surface.

Si vous voulez aller plus loin sur ce sujet, on avait déjà exploré en détail l’approche d’AeroScale dans notre article “Gagner des watts sans pédaler plus fort” une vraie mine d’informations sur comment économiser de l’énergie sans changer votre effort musculaire.

Son approche montre quelque chose de fondamental : en hiver, le choix du pneu et de la pression peut faire gagner… ou perdre énormément d’énergie. Beaucoup plus qu’on ne l’imagine.

Les frottements mécaniques : la transmission souffre aussi

Chaîne plus visqueuse. Graisses plus épaisses. Roulements moins libres. Tout devient légèrement moins fluide. Rien de spectaculaire isolément. Mais additionné au reste… les watts s’envolent.

Ce qu’il faut comprendre (et qui change tout)

En hiver : Une grande partie des watts perdus ne viennent pas du cycliste.

Ils viennent de :

  • l’air
  • les vêtements
  • les pneus
  • la mécanique

C’est pour ça que vous avez parfois l’impression d’être « nul » en janvier… et « miraculeux » en avril. Votre niveau n’a pas tant changé que ça. L’environnement, oui.

Le problème ne vient pas du cycliste, mais de ce qui l’entoure.

Rouler plus fort ? Non. Rouler plus intelligent.

L’objectif n’est pas de chercher la performance à tout prix en hiver. Mais de comprendre : où les watts se perdent réellement & comment les préserver sans forcer davantage C’est exactement ce qui est détaillé dans la vidéo et l’article de L’Expert Vélo qui ont déclenché cette réflexion.

Pour aller plus loin

=> Prenez quelques minutes pour regarder la vidéo complète de L’Expert Vélo

=> Et lisez l’article détaillé

Vous ne verrez plus jamais vos sorties hivernales de la même façon. Et surtout, vous arrêterez de penser que le problème… c’est vous.

=> Tous nos articles Coaching

Jean-François Tatard

- 44 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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