Partager la publication "Après 50ans, le vélo vous affaiblit si vous ne faites que ça"
Vous roulez beaucoup. Vous roulez bien. Vous avez encore des watts, des veines apparentes sur les cuisses et cette sensation rassurante d’être « en forme ». Pourtant, passé 45 ou 50 ans, si vous ne faites que du vélo, votre corps suit une trajectoire invisible que très peu de cyclistes connaissent : vous perdez, lentement mais sûrement, ce qui vous rend solide. C’est en découvrant puis en décortiquant une vidéo de la chaîne Japan D+ sur YouTube, qui abordait ce sujet de manière brute mais étonnamment juste, que l’idée de cet article nous est venue. Parce qu’elle mettait en lumière un angle mort du cyclisme master dont on ne parle presque jamais.
Par Jeff Tatard – Photos : DR
Le déclic inattendu
Il y a parfois des déclics étranges. Pas une étude scientifique, pas un livre, pas une discussion entre entraîneurs. Une vidéo. Une vidéo un peu confuse, parfois approximative, mais avec une idée centrale suffisamment juste pour obliger à réfléchir. Elle posait une question simple : que devient la structure du cycliste avec l’âge quand il ne fait que du vélo ?
Vous avez de la définition musculaire, une belle endurance, un FTP honorable… et pourtant, physiologiquement, vos muscles disparaissent.
| Cette vidéo de la chaîne Japan D+ que nous avons pris le temps de décortiquer est visible ici : Le Vélo détruit vos MUSCLES : Le danger invisible après 50 ans |
Le sport qui construit le cœur, mais pas la structure
Le cyclisme développe magnifiquement le système cardio-vasculaire, entretient l’endurance et ménage les articulations. Mais c’est un sport porté, sans impact, sans contrainte mécanique lourde. Avec l’âge, cela devient un problème silencieux : la sarcopénie, la perte naturelle de masse musculaire liée au vieillissement.
Et cette perte ne touche pas n’importe quelles fibres.
Ce que la science montre (et que personne ne dit sur les parkings de course)
La sarcopénie attaque en priorité les fibres rapides, les fibres de type II, celles qui produisent la force, stabilisent le corps et protègent la structure. Le corps est une machine d’économie : ce que vous n’utilisez pas, il l’élimine.
Sur le vélo, vous sollicitez énormément le cœur et les poumons, mais très peu la force mécanique réelle. Produire 700 watts au sprint n’a biologiquement rien à voir avec soulever lourd. Le signal envoyé au corps n’est pas le même.
Le malentendu du cycliste master
Vous pensez que parce que vous grimpez, sprintez et faites des séances PMA, vous entretenez votre musculature. En réalité, vous entretenez votre moteur, pas votre châssis. Et plus vous ne faites que du vélo en vieillissant, plus vous accélérez la disparition des fibres qui vous rendent solide.
C’est exactement ce que nous expliquait Aurélien Broussal lors d’un précédent échange avec 3bikes : les cyclistes surévaluent l’importance du volume kilométrique. Et pire encore, en vieillissant, quand le niveau baisse, ils augmentent le volume pour compenser, ce qui ne fait qu’accélérer la perte de niveau. À cet âge, ce n’est plus de volume dont le corps a besoin, mais de renforcement.
Deux messages opposés envoyés au corps
Le vélo dit : sois économe, tiens longtemps, allège-toi.
Le travail de force dit : reste puissant, reste dense, reste structuré.
Avec l’âge, le second message devient indispensable.
L’angle mort dont on ne parle jamais : les os
Les études montrent que les cyclistes masters présentent souvent une densité osseuse inférieure à la moyenne. Le vélo protège les articulations, mais ne stimule pas suffisamment le squelette. On construit un moteur dans un châssis qui, lui, s’affaiblit.
La peur du poids… et l’erreur de raisonnement
Beaucoup redoutent la prise de poids liée à la musculation. Pourtant, le bénéfice n’est pas la taille du muscle, mais son rendement. Les cyclistes qui intègrent un travail de force lourde améliorent leur économie de pédalage de 5 à 8 %. Un muscle fort transfère mieux la puissance et consomme moins d’énergie parasite. On ne se renforce pas pour sprinter plus fort, mais pour arriver plus frais au pied du dernier col.
Le conseil de la rédaction 3bikes
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Ce qu’il faut travailler n’est pas le muscle, mais le système nerveux
Oubliez les longues séries vues en salle. Le but n’est pas l’hypertrophie, mais le recrutement maximal des fibres. Des charges lourdes, peu de répétitions, de longues récupérations : c’est un travail de signal neurologique.
Les trois mouvements qui changent tout
Le squat pour la poussée pure, le soulevé de terre pour la chaîne postérieure et la protection du dos, les fentes pour corriger les déséquilibres que votre capteur de puissance montre peut-être déjà.
Le vélo forge l’endurance. La force forge la longévité
Ce que cette vidéo exprimait maladroitement mais avec justesse, c’est que le vélo vous rend endurant, mais la musculation vous rend incassable. À partir d’un certain âge, la question n’est plus seulement la performance, mais la capacité à durer.
Rouler longtemps, c’est bien. Rouler longtemps en restant solide, c’est mieux.
=> Et si vous voulez en connaître plus sur l’école de l’excellence du coaching sportif allez sur le site de Aurélien Broussal-Derval
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