Partager la publication "Test du Polygon Helios A8 Di2 : magnifique surprise !"
Pour être honnête, nous ne connaissons que depuis peu la marque Polygon, pourtant déjà très implantée sur les marchés australien, américain, sud-américain… Avec son modèle Helios A en Ultegra Di2, nous découvrons une bête de course au rapport qualité-prix imbattable.
Par Bruno Cavelier* – Photos : Michèle Calvi
* Article publié dans Cyclo Coach Magazine n°95
Polygon Bikes dessine, construit et assemble des vélos depuis plus de 25 ans. Cette marque indonésienne collabore avec des cyclistes amateurs et professionnels pour mettre au point ses vélos et, depuis 2022, elle est le sponsor de l’équipe malaisienne Terengganu Polygon, l’une des meilleurs Pro Teams d’Asie. Les cyclistes de cette équipe roulent sur ce modèle Helios A, ce qui reste toujours une référence pour nous, lorsqu’un modèle de cadre est utilisé au très haut niveau.
Un autre gage de qualité pour cette marque asiatique, c’est qu’elle est directement issue du groupe industriel PT Insera Sena, fabriquant déjà les cadres d’une marque à très grande notoriété, présente depuis une éternité au niveau World Tour. Par souci de discrétion, nous préférons taire le nom de cette marque, compte tenu du grand écart tarifaire pour deux modèles à équipement identique, entre son catalogue et celui de son sous-traitant…

Quoi qu’il en soit, en découvrant notre vélo Polygon, nous ne pouvons que constater une finition et une allure qui n’a rien à envier aux marques de référence. Reste à voir à l’usage pour cette version en Ultegra Di2 commercialisée à 4799 €, qui porte le nom de Helios A8. Oui, vous avez bien lu ! Ajoutons que ce vélo est équipé de magnifiques roues compatibles tubeless avec des jantes en carbone de 45 mm de haut, qu’il est à priori inutile de changer même pour une pratique intensive en compétition.
Polygon décline ses modèles Helios A en plusieurs versions : A0 en Sram AXS avec capteur de puissance à 7299 €, A9 en Shimano Dura Ace à 6399 € ou 7299 € avec capteur de puissance, et A7 en 105 Di2 au tarif de 3999 €. Le vélo est livré avec les accessoires indispensables : support de compteur et diverses fixations compatibles avec toutes les marques, crochets pour le charriot permettent d’adapter des rails classiques ou rails en carbone et bien sûr le chargeur Di2.
Un cadre haut de gamme
Le cadre de ce nouveau modèle a évolué vers plus de polyvalence, restant malgré tout résolument aéro avec un design qui réduit de 24 % la trainée d’air qu’il laisse derrière lui. Le poids a aussi été réduit pour atteindre 800 g. Côté rigidité, les concepteurs se sont appuyés sur une logique simple mais implacable : renforcer la boîte de pédalier et la base arrière droite pour transmettre instantanément la puissance du pédalage à la roue arrière. A l’œil, le volume imposant de la boîte de pédalier confirme cette optique. Le tube diagonal est aussi d’un volume impressionnant, avec une forme très particulière : on aime ou on n’aime pas, mais ceci donne à ce cadre une vraie personnalité.
C’est un cadre racé, typé course avec notamment une douille de direction courte, et qui privilégie aussi les fonctionnalités de réglage. Le passage des roues est large, permettant des sections de pneus jusqu’à 34 mm selon l’usage recherché ; si vous êtes engagés à Paris-Roubaix cyclo, c’est jouable ! La tige de selle aéro est équipée d’un charriot facilement réglable, même lorsque la selle est déjà positionnée : deux vis permettent de la faire coulisser d’avant en arrière sans avoir à la toucher si votre selle est ajourée. Ceci permet d’affiner la position au millimètre près. Un accessoire livré avec le vélo permet de remplacer la tige de selle par une autre classique en diamètre rond de 27,2 mm. On remarque aussi trois perçages de fixation du bidon sur l’imposant tube diagonal. Ceci permet d’en fixer un en position surbaissée pour améliorer l’aéro et abaisser le centre de gravité, favorisant les prises de trajectoire. Mais dans ce cas, il est impossible de fixer un deuxième porte-bidon sur le tube de selle. Une trappe d’accès est placée sous le pédalier pour accéder à la batterie Di2 qui n’est plus installée à l’intérieur de la tige de selle.
Chaque modèle – A0, A9, A8 et A7 – propose ses propres coloris. Le nôtre est paré d’une peinture métallisée à dominante grise avec une marque holographique de la marque, se jouant merveilleusement des éclats de lumière.
Un équipement sans faille
Polygon produit sa propre marque de périphériques siglés Linc. Si nous avons choisi de changer la selle qui n’était pas adaptée à notre morphologie et qui, en plus, nous a parue d’un niveau de gamme inférieur à l’ensemble, pour le reste, il n’y a rien à jeter ! A commencer par les roues Linc Beta Caron avec des jantes de 45 mm de haut et de largeur idéale pour chausser les pneus de 28 mm de section : ils y prennent une belle forme de U sans aucun effet ballon.
Pour la tige de selle aéro, nous avons déjà évoqué sa spécificité privilégiant la facilité de réglage du chariot, ce qui lui confère une forme spécifique de sa partie haute, pouvant ne pas plaire à certains. L’ensemble cintre-potence en carbone permet une intégration totale des câbles et procure une ergonomie très agréable, notamment grâce à la partie supérieure très plate, qui du même coup favorise aussi l’aéro. Côté transmission, vous savez déjà que nous considérons le groupe Shimano Ultegra Di2 comme la valeur sûre du marché. Reste à partir rouler…
Sur la route avec le Polygon Helios A8 Di2
En taille S, le vélo est équipé de manivelles de 170 mm et d’une potence de 110 mm, un centimètre de plus que celle que nous utilisons habituellement. Cependant, il y a des bagues de rehausse et nous n’en avons pas sur notre Cinelli Pressure personnel. On va dire que l’un compense l’autre. Le site Internet de la marque propose un outil de calcul de taille de cadre en fonction de votre propre taille. Nous l’avons testé en entrant 173 cm – notre taille – et il propose un cadre en M, ce qui serait bien trop grand pour nous. Méfiez-vous donc de cet outil et préférez faire votre choix selon vos critères habituels.
Une fois le vélo réglé à nos mesures, reste à l’enfourcher. Il se montre tout de suite très agréable et effectivement, il donne une sensation de légèreté. Partant sur notre parcours habituel, plutôt roulant dans sa première partie, nous nous habituons au cintre positionné un peu plus haut, en le saisissant fermement dans sa partie basse, en accélérant et en tombant les pignons : la rigidité fait des ravages ! On a l’impression d’être sur un rail, les courbes s’enchaînent avec une facilité déconcertante. Les roues se montrent à la hauteur du cadre avec les pneus Pirelli gonflés à 5 bars. Chez nous, le revêtement des routes est loin d’être parfait… Nous nous attendions à davantage de soubresauts ; ce qui n’est pas le cas. Le vélo filtre les imperfections de la chaussée et on ne ressent aucune vibration : un pur bonheur !
Nous arrivons sur la partie la plus accidentée de notre parcours avec un enchaînement de courtes bosses, puis un mini-col de cinq kilomètres autour de 7 %. En roulant sur le plat, nous attendions ce moment avec impatience : comment un cadre aussi rigide peut se comporter lorsqu’il faut se dresser régulièrement sur les pédales et se déhancher un peu ? Il est clair que ce cadre n’est pas un pur grimpeur et nous pourrons certainement le vérifier aux beaux jours, lorsque le moment sera venu d’aller défier le Ventoux ou de programmer un séjour à la montagne. Mais sur nos courtes bosses, il se montre bien plus docile que ce que nous imaginions en se laissant piloter avec plaisir, même lors des relances en danseuse ; probablement par sa légèreté. Cela dit, nous sommes actuellement en pleine saison de cyclo-cross, donc à un certain niveau de forme. À notre avis, ce vélo s’adresse aux compétiteurs suffisamment entraînés, mais il est à éviter pour une pratique de loisir à cause de ses spécificités orientées vers la course : géométrie, rigidité, y compris pour ses roues équipées de jantes un peu hautes. Dans les descentes, il procure une sensation de sécurité, épousant la route à chaque courbe, juste par une inclinaison des épaules. Aucune vibration parasite ne vient perturber notre évolution à très haute vitesse.
Bilan
Au tarif proposé, ce vélo est carrément bluffant, que ce soit par son allure typée course, son esthétique, sa finition, son équipement et son comportement sur la route. Aujourd’hui, nous savons tous que les modèles de cadre haut de gamme des marques à forte notoriété sont fabriqués en Asie… Si ces usines se mettent à proposer leurs propres labels, il n’y a plus de raison de penser que leur niveau technologique puisse être en retrait de ce qu’elles produisent pour les autres. Polygon est dans cette lignée. Si vous recherchez la performance, ce vélo peut constituer une option pour acquérir à moindre frais une machine compatible avec un dossard, sans avoir à changer quoi que ce soit, mis à part la selle qui nous a semblée en-deçà du reste de l’équipement et éventuellement passer à des pneus Pirelli P Zero Race, plutôt que les P Zero Road.
Le POLYGON HELIOS A8 Di2 en bref…Les + : rapport qualité-prix, finition, poids, équipement, aéro Les – : selle Cadre : ACX PERFORMANCE – Fourche : ACX PERFORMANCE – Leviers : SHIMANO ULTEGRA Di2 2×12 – Etriers : SHIMANO ULTEGRA – Disques : SHIMANO ULTEGRA – Pédalier : SHIMANO ULTEGRA 52-36 – Cassette : SHIMANO ULTEGRA 11-34 – Dérailleurs : SHIMANO ULTEGRA Di2 – Selle : LINC FLUX2 – Tige de selle : CARBON AERO – Cintre : LINC CARBON – Potence : LINC CARBON – Roues : LINC BETA CARBON DISC (45 mm) TUBELESS – Pneus : PIRELLI PZERO ROAD TLR 700x28C – Tailles : 7 (XXXS au XL) – Poids : 8,1 kg – Prix : 4799 € – Contact : polygonbikes.com
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