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L’hiver, la boue… et une transmission qui pense différemment. Quand les conditions se dégradent et que les chemins deviennent exigeants, le gravel rappelle une vérité simple : tout le matériel ne se vaut pas. L’hiver ne tolère ni l’à-peu-près ni les solutions bricolées. Il exige de la cohérence, de la fiabilité et une vraie réflexion d’ensemble. Le groupe ROTOR UNO GRAVEL électronique s’inscrit précisément dans cette logique : une transmission qui ne cherche pas à copier les standards établis, mais à proposer une autre lecture du gravel, plus épurée, plus intelligente, et pensée pour rouler quand les conditions deviennent sérieuses.
Par Jeff Tatard – Photos : ©3bikes.fr
L’hiver comme juge de paix
Il y a des tests qu’on choisit.
Et puis il y a ceux que l’hiver impose.
Quand les journées raccourcissent, que les doigts deviennent maladroits, que la boue colle aux chaussures et que les sorties gravel se transforment en longues traversées introspectives entre deux chemins forestiers détrempés, le matériel n’a plus le droit à l’approximation.
L’hiver, c’est un juge sévère.
Il ne pardonne ni les concepts mal finis, ni les systèmes capricieux, ni les belles promesses marketing qui fondent au premier lavage haute pression.
C’est précisément dans ce contexte que nous avons décidé de tester le groupe ROTOR UNO GRAVEL électronique, accompagné de son écosystème logique : pédalier ALDHU Carbon, plateau Q-Rings 1X, axe spécifique gravel et boîtier de pédalier BIKONE DCTech BB86-92 en 30 mm.
Un montage complet, cohérent, assumé, monté et réglé par Dany, notre vélociste habituel, celui qui voit passer des vélos tous les jours et qui n’a plus beaucoup de patience pour les systèmes compliqués “juste pour faire joli”.
Et autant le dire tout de suite : ce test n’a rien d’un essai de salon.
Ce groupe a vécu l’hiver. Le vrai.
Celui qui s’infiltre partout.
ROTOR, l’outsider qui ne joue pas au même jeu
ROTOR, ce n’est pas une marque qui crie plus fort que les autres.
Ce n’est pas Shimano. Ce n’est pas SRAM. Et c’est précisément ce qui la rend intéressante.
Depuis toujours, ROTOR avance avec une philosophie différente :
remettre en question les évidences (les manivelles, les plateaux ronds, les standards),
proposer des solutions mécaniquement intelligentes, parfois déroutantes,
et accepter d’être un peu à part, quitte à ne pas plaire à tout le monde.
Le groupe UNO GRAVEL électronique s’inscrit exactement dans cette logique.
Ce n’est pas “un GRX like”.
Ce n’est pas “un AXS killer”.
C’est une vision différente du gravel, où la simplicité mécanique, la modularité et l’ergonomie priment sur la course aux vitesses et aux chiffres.

ROTOR et Wheeltop : une ressemblance assumée, une stratégie clarifiéeDifficile, en observant le groupe ROTOR UNO GRAVEL électronique, de ne pas noter certaines similitudes esthétiques et fonctionnelles, notamment avec des groupes électroniques d’origine asiatique comme Wheeltop. Le dessin des leviers, l’architecture du dérailleur ou certaines logiques électroniques rappellent clairement cet univers, une impression qui nous a poussés à creuser le sujet plutôt que de nous contenter de suppositions. Et après recherche, les choses deviennent beaucoup plus claires. ROTOR Bike Components a officiellement annoncé, le 10 octobre 2024, un accord stratégique avec Wheeltop Cycling, matérialisé par une prise de participation minoritaire de Wheeltop au capital de ROTOR. L’objectif affiché est limpide : unir les forces des deux entreprises au sein d’un consortium hispano-chinois afin de gagner en compétitivité sur un marché mondial largement dominé par deux géants historiques. Dans le cadre de cet accord, Wheeltop devient distributeur officiel des produits ROTOR en Asie, tandis que ROTOR, via sa filiale espagnole Bikemotiv, distribuera certains produits Wheeltop en Europe. Au-delà de l’aspect commercial, ce partenariat repose aussi sur des synergies industrielles, technologiques et logistiques, permettant à ROTOR de sécuriser son développement dans un contexte de marché particulièrement tendu. Les déclarations des dirigeants vont d’ailleurs dans ce sens. José Luis García-Alegre, PDG de ROTOR, évoque un chemin complexe mais nécessaire pour rester compétitif à l’échelle mondiale, tandis que Song Fujiang, Président de Wheeltop, souligne la volonté commune de bâtir une marque forte, innovante et crédible sur le long terme. Autrement dit, les ressemblances observées ne sont ni un hasard ni un simple “rebadge”. Elles s’inscrivent dans une stratégie industrielle assumée, où ROTOR conserve son ADN, conception, philosophie produit, intégration dans un écosystème cohérent, tout en s’appuyant sur un partenaire asiatique solide pour accélérer son développement et fiabiliser ses productions. Sur le terrain, et c’est bien là l’essentiel, cela ne change rien au constat : le groupe ROTOR UNO GRAVEL électronique fonctionne, endure l’hiver, et délivre exactement ce qu’on attend d’une transmission gravel moderne. Cette transparence industrielle apporte surtout une lecture plus juste du produit, loin des fantasmes et des procès d’intention trop rapides. |
Le montage : quand l’expérience fait la différence
Commençons par un point essentiel, trop souvent relégué au second plan dans les tests : le montage.
Dany, encore lui, parce que dans les situations qui comptent vraiment, c’est toujours vers lui que l’on se tourne, reçoit le groupe.
Il déballe.
Il observe.
Il analyse.
Et… il ne soupire pas. Ce qui, chez lui, est déjà un signal positif.
Une installation globalement saine, avec quelques particularités
Le ROTOR UNO GRAVEL Electronic Shifting-Brake Set ne cache pas de piège majeur. Les standards sont lisibles, les interfaces cohérentes, et l’ensemble respire une vraie logique de conception. On est loin d’un montage bricolé ou approximatif.
Pour autant, Dany le souligne sans détour : le montage demande un peu plus d’attention que chez les deux géants auxquels il est habitué, SRAM et Shimano. Rien de rédhibitoire, mais une approche différente, qui impose de prendre son temps et de bien comprendre la logique du système.
Et c’est précisément là que la comparaison s’arrête.
Car quand on dit « un peu plus impliquant », on est très loin du souvenir encore douloureux du premier groupe Campagnolo Record électrique. Celui qui, à l’époque, nous avait transformés en apprentis mécaniciens au bord de la crise de nerfs, oscillant entre incompréhension, sueur froide et perte progressive de sang-froid.
Trois heures.
Trois longues heures.
Pour régler juste un dérailleur.
Une bataille mécanique mémorable, livrée aux côtés de JC Savignoni, où même la patience d’un saint aurait rendu les clés Allen. Le genre de moment où la mécanique cesse d’être une passion et devient une épreuve initiatique. Le champion d’Europe de VTT 1995 s’en souvient encore, si-si demandez-lui, son regard se voile légèrement avant qu’il ne change de sujet.
Ici, rien de tout ça…
« Le pédalier ALDHU Carbon en 170 mm trouve naturellement sa place », nous explique-t-il.
L’axe ROTOR ROAD Diam30 Offset Gravel permet d’obtenir un Q-Factor de 152,5 mm, parfaitement adapté à une pratique gravel engagée, un détail qui montre que la réflexion va au-delà d’une simple déclinaison route.
Pour ce montage précis, le boîtier de pédalier BIKONE DCTech BB86-92 en 30 mm s’est imposé. Non pas par défaut, mais par cohérence. Comme le résume Dany : « C’est la solution la plus fiable et la plus durable pour adapter un axe de 30 mm dans un cadre BB86-92 destiné à rouler toute l’année, dans la boue et l’humidité. »
Grâce à sa Dual Cup Technology (DC Tech) et à ses roulements acier, le boîtier assure un alignement précis, une rigidité latérale solide et une fluidité constante, même dans des conditions difficiles. Aucun bruit parasite, aucun craquement : il fait exactement ce qu’on attend de lui, et surtout, il sait se faire oublier.
Verdict de Dany, notre mécano
« Franchement, ça se monte. C’est un peu plus impliquant que chez SRAM ou Shimano, mais une fois qu’on a compris la logique, ça se fait sans problème. Et j’ai vu pire, y compris chez des marques beaucoup plus répandues. »
Et quand un vélociste habitué aux montages quotidiens dit ça sans ironie, c’est une information qui mérite d’être prise au sérieux.
La balance ne ment pasAvant même d’aller rouler, nous avons pris le temps de peser chaque composant individuellement, un par un, lors de l’assemblage. Pas de reprise de fiches marketing, pas d’estimation approximative : uniquement des valeurs issues de la balance, telles qu’elles ont été mesurées sur notre montage.
À cela, on pourra rajouter le poids de deux autres éléments qui ne viennent pas de chez Rotor : avec un étagement 11 – 12 – 13 – 14 – 15 – 17 – 19 – 21 – 24 – 28 – 32 – 38 – 46 |

Au total, les composants listés ci-dessus représentent un peu moins de 2 kg sur la balance, 1991 g pour être précis. Un chiffre honnête, sans triche, qui reflète un choix assumé de composants pensés pour la fiabilité, la constance et l’usage gravel hivernal, plutôt que pour la chasse au gramme.
Avec un cadre LYTI pesé nu à 980 g et une paire de roues carbone artisanale (45mm de hauteur) pour 1 530 g additionnels, auxquels s’ajoutent des pneus Vredestein Aventura Tubeless de 470 g chacun (soit 940 g la paire) et 160 g de préventif, l’ensemble pneumatiques porte l’addition à 1,10 kg. Le vélo affiche ainsi un poids final de 8,48 kg, prêt à rouler.
Ce chiffre est le fruit d’un équilibre maîtrisé, au service d’un gravel conçu pour être roulé fort, longtemps, et sans compromis, quelles que soient les conditions.

À titre de comparaison, notre ancien montage en SRAM Force mécanique 11 vitesses affichait exactement le même poids, au gramme près. Pourtant, nous sommes ici passés à une transmission 13 vitesses, avec une cassette élargie de 11×46 au lieu de 11×42, et surtout à un groupe électronique. Maintenir un poids identique dans ces conditions relève donc d’un petit exploit, d’autant plus que SRAM est déjà reconnu comme une référence en matière de légèreté. Le gain ne se joue donc pas sur la balance, mais bien sur la cohérence globale du montage et la constance d’usage, qui franchissent ici un net cap.
Compatibilité et montage sur le cadre LYTI : un mariage évident
Le cadre LYTI, on le connaît bien. On sait ce qu’il accepte, mais surtout ce qu’il mérite. Le montage du groupe ROTOR sur ce cadre s’est fait sans compromis, sans bricolage, sans adaptation hasardeuse.
Les lignes sont propres, l’intégration est naturelle, et l’ensemble donne l’impression d’avoir été pensé comme un tout cohérent. Le vélo conserve son équilibre, son comportement sain, et cette sensation de fluidité globale qui fait la personnalité du LYTI. Rien ne dépasse, rien ne choque, rien ne semble forcé.
Le boîtier BIKONE DCTech BB86-92 s’intègre parfaitement dans cette logique. Il participe pleinement à cette impression de transmission pleine, silencieuse et homogène, qui renforce la cohérence générale du montage.
L’application ROTOR : simple, claire, efficace
On entre ensuite dans le monde numérique.
Et là encore, bonne surprise.
L’application ROTOR fait exactement ce qu’on lui demande :
connexion rapide, reconnaissance immédiate des composants, réglages intuitifs, mises à jour sans stress.
Pas besoin d’un tutoriel YouTube de 45 minutes.
Pas besoin de recommencer trois fois l’appairage.
Tout est logique.
Mais surtout, l’application cache sans doute l’un des plus grands points forts du groupe : la possibilité de régler individuellement chacune des vitesses possibles. Là où des systèmes concurrents comme Shimano Di2 ou SRAM eTap proposent un réglage global appliqué à l’ensemble de la cassette, ROTOR permet ici un ajustement fin, pignon par pignon. Une approche bien plus précise, qui ravira les cyclistes pointilleux comme les mécanos exigeants.
Autre détail particulièrement appréciable à l’usage : l’affichage précis du pourcentage d’état de charge des batteries. Pas de simple voyant approximatif ni d’estimation vague, mais une information claire et fiable, qui permet de savoir exactement où l’on en est avant de partir rouler, un vrai plus, surtout en usage hivernal.
Et une fois le réglage effectué, on n’y revient presque plus.
C’est peut-être le plus beau compliment qu’on puisse faire à une application de transmission.
Autonomie et recharge : une contrainte… qui n’en est pas une
Sur le plan de l’autonomie, le groupe électronique ROTOR UNO GRAVEL s’est montré particulièrement rassurant à l’usage. Le fabricant annonce environ 15 000 passages de vitesses, ce qui correspond, dans un contexte de gravel engagé, à une quinzaine à une vingtaine de sorties de 3 heures, selon le profil du terrain et la fréquence des changements, une estimation pleinement cohérente avec nos observations sur le terrain.
Une charge complète nécessite environ deux heures, un délai raisonnable au regard de l’autonomie constatée. Sans chercher à exploiter volontairement le système jusqu’à sa décharge totale, tout indique qu’il est possible de rouler plusieurs semaines, voire près de trois mois, avant de devoir recharger dans le cadre d’une utilisation régulière.
Pour le dérailleur, il n’existe pas de moyen vraiment précis de connaître l’état de la batterie sans passer par l’application. Nous avons cherché un bouton ou un indicateur dédié, sans succès, ce que nous avons un peu regretté au départ.
La recharge, en revanche, est très simple : elle s’effectue via un connecteur magnétique directement sur le dérailleur arrière, sans démontage ni manipulation particulière. Et donc le niveau de batterie peut être contrôlé via l’application ROTOR, qui affiche le pourcentage de batterie restant.
Pour les leviers de frein, chacun des deux embarque par ailleurs une pile CR2032. Son état se vérifie facilement en appuyant simultanément sur les deux boutons de commande : un voyant vert confirme que tout est opérationnel.
Dans les faits, l’autonomie est telle que l’on cesse rapidement d’y penser, ce qui constitue sans doute l’un des meilleurs indicateurs d’un système électronique abouti, fiable et bien maîtrisé.
Enfin, malgré l’absence de retour direct sur le dérailleur lui-même, la gestion de l’alimentation ne s’impose jamais comme une contrainte à l’usage. Le système fonctionne de manière transparente, sans alerte intempestive ni besoin de vérifications constantes. On se concentre sur le pilotage et le terrain, ce qui reste, au fond, l’essentiel.
| Pourquoi ce groupe est gravel ? Ce que ce test hivernal nous apprend, avant même d’aller affronter la boue, le froid et les chemins dégradés, c’est que le ROTOR UNO GRAVEL électronique ne cherche pas à briller par des chiffres ou des effets spectaculaires. Il s’impose avant tout par sa logique d’ensemble et par les choix techniques qui le structurent.
Ces intentions ne restent pas théoriques. Elles se vérifieront très concrètement dans la suite du test, vous allez le voir. Ce n’est donc pas un groupe de route adapté au gravel. Mais il reste encore une chose à faire : aller le rouler… |
Sur le terrain : quand le gravel devient sérieux
Place au vrai test.
Celui où la boue remonte jusqu’aux genoux.
Celui où les chemins disparaissent sous une couche d’humidité grasse.
Celui où l’on roule parce qu’on aime ça, pas pour faire une photo.
Le passage de vitesses
Le changement de vitesses est :
- net,
- direct,
- sans hésitation, même sous charge modérée.
Ce n’est pas brutal.
Après en avoir longuement discuté avec Dany, nous avons choisi une configuration personnalisée via l’application ROTOR : les deux boutons du levier gauche sont dédiés dans notre config’ à la montée des vitesses, tandis que les deux boutons du levier droit servent à les descendre. Un réglage simple, effectué en quelques secondes depuis l’application, et qui s’est imposé comme une évidence à l’usage.
Pourquoi ce choix ? Pour supprimer toute ambiguïté, surtout en conditions hivernales, avec des gants épais, des doigts engourdis et une attention souvent focalisée sur la trajectoire plutôt que sur la transmission. Peu importe quel bouton on presse : le résultat est toujours le même. On gagne en instinctivité, en fluidité, et surtout en sérénité.
Bref, ce n’est pas “clinquant”. Ce n’est pas démonstratif. C’est efficace, tout simplement.
Le freinage
Progressif.
Dosable.
Rassurant.
Même avec des doigts engourdis par le froid, la confiance est là.
Et en gravel hivernal, la confiance est un luxe.
Le pédalier ALDHU Carbon : rigidité intelligente
Le pédalier ALDHU Carbon mérite un chapitre à lui seul.
Ce n’est pas une rigidité brutale.
C’est une rigidité utile.
Chaque watt semble passer là où il doit passer.
Sans sensation de “bloc”.
Sans fatigue inutile.
Couplé au plateau Q-RINGS et au boîtier BIKONE DCTech, le pédalage devient plus rond, plus constant, presque apaisant, un vrai plus sur les longues sorties hivernales où l’on roule plus au mental qu’à la performance.
Le mono-plateau assumé : un vrai choix, pas une contrainte
Le choix du mono-plateau en gravel est aujourd’hui largement répandu, mais tous les systèmes ne l’exploitent pas avec la même pertinence. Ici, l’association d’une transmission 13 vitesses en 11×46 change clairement la donne : avec un rapport de 1:1, le mono-plateau de 46 dents ne constitue en aucun cas une limitation, bien au contraire. Un choix pleinement assumé, et validé par notre fidèle mécano Dany, dont l’intelligence pratique inspire autant qu’elle rassure.
Avec le Q-RINGS 1X DM en 46 dents, ROTOR ne se contente pas de simplifier la transmission : la marque s’appuie sur le principe fondateur qui a fait son succès dès 2005, à savoir l’ovalisation du plateau, pour optimiser concrètement le pédalage.
Dans les montées sur terrain meuble, les relances après un virage serré ou les faux-plats interminables typiques des sorties hivernales, cette ovalisation crée une sensation de continuité très appréciable. L’effort est mieux réparti tout au long du cycle de pédalage, plus fluide et moins brutal aux points morts. Ce n’est pas un effet spectaculaire immédiat, mais sur la durée, l’efficacité et le confort progressent nettement, exactement ce qui a permis à ROTOR de s’imposer dès ses débuts.
L’hiver, révélateur de cohérence
Ce groupe ROTOR, testé en plein hiver, révèle surtout une chose : sa cohérence globale.
Rien ne semble surdimensionné.
Rien ne semble gadget.
Chaque composant a une raison d’être.
Et surtout : rien n’a faibli.
Ni la transmission.
Ni l’électronique.
Ni le freinage.
Ni le pédalier.
Ni le boîtier de pédalier, pourtant en première ligne face à la boue, à l’eau et aux lavages répétés.
Durabilité et usage hivernal : quand le matériel est vraiment mis à l’épreuve
Un groupe peut être convaincant sur quelques sorties. Mais l’hiver, lui, insiste. Il répète. Il use. Boue abrasive, projections permanentes, lavages fréquents : ce sont ces conditions-là qui révèlent les faiblesses d’un système.
Durant tout le test, le ROTOR UNO GRAVEL électronique est resté constant. Aucun dérèglement, aucune perte de précision, aucune réaction étrange de l’électronique. Le boîtier BIKONE DCTech BB86-92 a parfaitement encaissé ces conditions, conservant une rotation fluide et silencieuse, sortie après sortie.
Entretien : simple, rationnel, sans faux-semblants
Nettoyer, contrôler, repartir. Sur ce point, le groupe ROTOR rassure immédiatement. Architecture lisible, accès simple, composants qui inspirent confiance. Après lavage, aucune mauvaise surprise, aucune reconnexion hasardeuse. On lave, on sèche, on repart.
Sur la durée : ce que le test long révèle
Sortie après sortie, une évidence s’impose : ce groupe ne fatigue pas son utilisateur. On ne pense pas à lui. Il fonctionne, et il se fait oublier. Dans un monde où la technologie devient parfois envahissante, cette discrétion est un vrai luxe.
Verdict 3bikes
Monté sur notre cadre LYTI, que l’on connaît par cœur et que l’on adore pour sa polyvalence et son équilibre, le groupe ROTOR UNO GRAVEL électronique a trouvé un terrain d’expression idéal. Le vélo gagne en cohérence, en fluidité et en sérénité, surtout dans les conditions hivernales où chaque détail compte. Rien ne vient perturber le pilotage, rien ne détourne l’attention de l’essentiel : rouler longtemps, rouler juste, rouler vrai.
Ce groupe ne cherche pas à impressionner à la première prise en main. Il séduit progressivement, sortie après sortie, par son intelligence globale, sa simplicité d’usage et son comportement irréprochable quand les conditions se compliquent. Sur le LYTI, l’ensemble fonctionne comme un tout homogène, presque évident.
Notre avis
Le ROTOR UNO GRAVEL électronique s’adresse clairement à des gravelistes curieux, exigeants, et volontiers en marge des standards établis. À ceux qui aiment comprendre ce qu’ils montent, pourquoi ils le montent, et qui roulent toute l’année, quelles que soient les conditions.
Le lien technique et industriel avec Wheeltop pourra légitimement susciter quelques interrogations chez les plus conservateurs, et nous a, nous aussi, amenés à observer ce groupe avec une certaine réserve au départ. Mais à l’usage, cette filiation s’efface rapidement derrière une expérience cohérente, stable et convaincante.
Ce test mené en plein hiver, nous a surtout permis de comprendre une chose essentielle : si ce groupe pourrait techniquement fonctionner sur un vélo de route, ce n’est clairement pas là qu’il s’exprime le mieux. Sa logique mono-plateau associée à une large plage de développements, son ergonomie pensée pour rouler avec des gants, sa tolérance aux conditions dégradées et sa constance sur la durée le placent naturellement dans l’univers gravel. Il ne cherche pas la perf instantanée, mais la continuité, la sérénité et l’efficacité quand le terrain cesse d’être prévisible.
Ce n’est donc pas un groupe “adapté” au gravel. C’est un groupe pensé pour le gravel.
Ce n’est pas un choix de masse. C’est un choix réfléchi. Presque militant.
Conclusion : un choix de connaisseur
Le ROTOR UNO GRAVEL électronique n’est pas un groupe pour tout le monde.
Et c’est précisément pour ça qu’il est intéressant.
Testé en plein hiver, monté sans difficulté, réglé sans prise de tête, il a prouvé qu’il était prêt pour le vrai gravel.
Et ça, chez 3bikes, on respecte énormément.
Le groupe ROTOR UNO GRAVEL électronique en bref…Les + : concept global intelligent et cohérent, montage et réglages faciles, application smart phone claire et stable, qualité de fabrication irréprochable, sensations de pédalage excellentes avec les Q-Rings, boîtier BIKONE DCTech fiable et silencieux, parfaitement adapté à un gravel engagé, hivernal et réel, réglage des vitesses pignon par pignon via l’application, bien plus précis qu’un ajustement global à la cassette et particulièrement apprécié des cyclistes pointilleux comme des mécanos exigeants. Les – : Image de marque encore confidentielle, réseau SAV plus restreint que celui des géants du marché, lien avec Wheeltop pouvant susciter des interrogations chez les utilisateurs les plus conservateurs, absence de moyen de vérifier l’état de la batterie du dérailleur sans passer par l’application, demande un minimum de curiosité, d’ouverture d’esprit et d’implication de la part de l’utilisateur. Les prix :
Et le petit plus, le ruban de cintre Supacaz – Super Sticky Kush – Classic (Black) : 40,00 € Contact : Alternativsport |
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