Partager la publication "Influenceurs : atout ou piège marketing ? 3/3"
Dossier spécial – Partie 3/3, Avant d’aller plus loin, un rappel : La partie 1 explorait les apports positifs des influenceurs vélo. La partie 2 analysait les dérives commerciales et la perte de neutralité. Et si vous ne les avez pas encore lues, nous vous recommandons de commencer par là pour saisir l’ensemble du dossier. Et pour ce dernier volet, place à une question plus profonde : que se passe-t-il quand l’influence dépasse le vélo, la raison… et parfois le bon sens ? Pour répondre, revenons un instant sur une expérience très réelle.
Par Jeff Tatard – Photo : @jefftatard
Le jour où nous sommes tombés sur un séminaire Herbalife au Canada
L’histoire remonte à un voyage au Canada. Un séjour banal, touristique, normal.
Petit déjeuner dans un hôtel près d’une grande salle de conférence. Jusque-là, rien d’extraordinaire.
Et puis, en sortant du buffet, on tombe sur… une scène irréelle.
Une salle de plus de 1 000 personnes.
Une ambiance électrique, hystérique même.
Un « coach » sur scène, micro-casque, posture de gourou.
Et face à lui : une foule chauffée à blanc, des vendeurs nord et sud-américains prêts à répandre la « bonne parole » Herbalife.
On n’était pas à une formation produit. On était à un rituel d’endoctrinement.
Le message était simple, martelé, hypnotique : « Nous avons LA solution. Vous devez convaincre. Convaincre encore. Convaincre toujours. Chaque nouveau convaincu doit convaincre d’autres personnes… »
Un schéma pyramidal quasi parfait, huilé, assumé. Une machine à créer non pas des clients… mais des relais d’influence. Des gens prêts à vendre n’importe quoi, à n’importe qui, pourvu que la pyramide continue de monter.
Et ce jour-là, nous avons compris quelque chose : quand l’influence devient un système, elle efface la nuance, la neutralité, la raison.
Bref, plus personne ne questionne. Plus personne ne doute. On vend. On prêche. On convertit.
Et le produit ? Il devient un prétexte. Un alibi. Un totem.
On a retrouvé, dans cette salle, les mêmes mécanismes que dans certaines dérives du monde vélo :
- répétition de messages simplistes,
- certitudes absolues,
- pression sociale,
- storytelling calibré,
- dépendance à des figures charismatiques,
- perte totale de recul critique.
C’était impressionnant. Fascinant. Inquiétant.
Et ça nous a rappelé pourquoi, chez 3bikes, nous tenons tant à la neutralité, à la distance, à l’indépendance.
Parce que sans ça, tout peut déraper. Très vite. Très fort.
Notre rôle : vous protéger de la perte de lucidité
Si nous insistons, parfois lourdement, sur la transparence, ce n’est pas pour faire joli. C’est parce que nous avons vu ce que devient un système où tout le monde influence tout le monde sans jamais remettre les choses en question.
Nous croyons profondément que :
- Le vélo doit rester simple.
- L’information doit rester honnête.
- La critique doit rester possible.
- L’enthousiasme ne doit pas être monnayé.
- Et l’indépendance éditoriale doit être totale.
Vous pouvez continuer à compter sur nous pour analyser, décortiquer, mettre en perspective, sans jamais céder aux sirènes de la complaisance sponsorisée.
Même si, bien sûr, certains pourront nous reprocher d’avoir nos propres biais, nos préférences, nos habitudes. Et ils auront raison. Car personne n’est parfait. Et nous le revendiquons. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes plusieurs à tester du matériel chez 3bikes. Parce que chacun est différent. Mais nos avis sont toujours sincères. C’est ça que vous devez retenir et qui fait la différence avec des influenceurs.
Conclusion : moteur ou dérive ?
Alors, les influenceurs : bénédiction ou dérive ?
Les deux. Un moteur puissant quand il inspire. Un piège quand il dévoie.
Mais la vérité se situe ailleurs : dans la lucidité de chacun, dans la capacité à dire oui, à dire non, à rester libre, à aimer le vélo pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il vend.
Le vélo restera toujours un espace de liberté : deux roues, un souffle, un mouvement.
Le reste, les drones, les filtres, les gadgets, les tenues assorties, enfin tout ça quoi, ce ne sont que des options. Parfois très agréables. Souvent accessoires.
À nous, collectivement, de tenir le guidon.
Allez : on range le smartphone. On clipse les pédales. Et on va respirer un peu.
=> Partie 1 du dossier
=> Partie 2 du dossier
=> L’économie de l’influence : comprendre un système devenu incontournable
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