Raphaël Jeune remplace Cédric Vasseur comme Manager chez Cofidis

L’équipe cycliste Cofidis entame une nouvelle ère avec la nomination de Raphaël Jeune au poste de Manager Général. Ancien coureur professionnel, il succède à Cédric Vasseur, qui a marqué l’histoire de l’équipe pendant huit ans, et apporte son expertise pour écrire un nouveau chapitre ambitieux dans l’histoire de la formation nordiste.

Photo : equipecofidis.com

Raphaël Jeune n’est pas un inconnu dans le monde du vélo. Coureur professionnel au début des années 2000 au sein de l’équipe CSC, il a disputé les plus grandes classiques comme Milan-San Remo, Paris-Roubaix ou le Tour des Flandres, ainsi que des courses par étapes telles que Paris-Nice. Après avoir raccroché son vélo, il s’est reconverti avec succès dans le management sportif et le marketing. D’abord responsable événementiel, puis Sports Marketing Manager chez Look Cycle International, Raphaël Jeune a développé une expertise pointue en stratégie de sponsoring, gestion de partenariats avec des athlètes et valorisation d’événements internationaux.

« Cela fait 29 ans que Cofidis fait partie du peloton comme sponsor unique. Aujourd’hui, nous sommes très heureux d’accueillir Raphaël Jeune pour écrire un nouveau chapitre du cyclisme chez Cofidis. Son expérience, sa connaissance fine du cyclisme international et ses qualités de manager seront des atouts précieux pour poursuivre notre ambition de faire rayonner Cofidis sur les routes du monde entier », déclare Gilles Sauret, président de Cofidis Group.

Raphaël Jeune, honoré par cette nomination, partage son enthousiasme : « Rejoindre l’équipe Cofidis est un privilège. Cette formation porte des valeurs d’engagement, d’esprit d’équipe, de combativité et de performance auxquelles je suis profondément attaché. Ayant côtoyé cette équipe par le passé, je connais sa force et son professionnalisme. Mon ambition est de la faire grandir encore, en capitalisant sur ses talents pour viser de nouveaux succès collectifs. »

Un hommage à Cédric Vasseur, artisan des succès récents

L’arrivée de Raphaël Jeune marque la fin du mandat de Cédric Vasseur, qui a dirigé l’équipe Cofidis de 2017 à 2025. Sous sa houlette, l’équipe a retrouvé le World Tour en 2020 et s’est illustrée sur les plus grandes scènes internationales, avec notamment deux victoires d’étapes sur le Tour de France 2023, ainsi que des succès sur le Tour d’Italie et le Tour d’Espagne. Ces performances ont renforcé la visibilité et la compétitivité de l’équipe.

« Cofidis Group tient à saluer l’engagement et le professionnalisme de Cédric Vasseur tout au long de ces huit années. Sous sa direction, la Team Cofidis a enregistré de beaux succès, et notamment deux victoires sur le Tour de France en 2023 », souligne Gilles Sauret.

De son côté, Cédric Vasseur quitte l’équipe avec émotion : « Je pars avec beaucoup de fierté après des années intenses. Je remercie Cofidis Group, les coureurs et tout le staff pour leur confiance et leur engagement. Je souhaite à la Team Cofidis de décrocher de nombreuses belles et grandes victoires à l’avenir. »

Cofidis : un engagement historique dans le cyclisme

Depuis 1997, Cofidis Group s’investit dans le cyclisme, un sport qui incarne ses valeurs de courage, de dépassement de soi et d’esprit d’équipe. Présente dans neuf pays européens, la marque soutient de nombreux événements cyclistes à travers ses filiales.

Un engagement pour la diversité et l’inclusion

Au-delà de la performance, Cofidis se distingue par son engagement en faveur de la diversité. Dès 2009, l’équipe a créé le premier pôle handisport au sein d’une formation cycliste professionnelle, permettant aux athlètes de pratiquer leur sport dans des conditions optimales tout en sensibilisant le public au handisport. En 2021, Cofidis a lancé son équipe cycliste féminine, composée aujourd’hui de 11 coureuses unies pour porter haut les couleurs de la marque.

Avec Raphaël Jeune à sa tête, l’équipe Cofidis se tourne vers l’avenir avec ambition. En s’appuyant sur son héritage, ses talents et ses valeurs, la formation nordiste est prête à continuer de briller sur les routes du monde entier, tout en incarnant l’esprit d’innovation et d’engagement de Cofidis Group.

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Guillaume Judas

  - 54 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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Les chambres à air TPU low-cost : la fausse bonne affaire

Quand on est cycliste, qu’on roule pour le plaisir ou pour le sport, on cherche aussi souvent à optimiser son budget. Et dans cette quête d’économies, les plateformes comme AliExpress ou Amazon sont des aimants irrésistibles. Prenez les chambres à air en TPU, la dernière tendance ultra-légère qui promet performance et gain de poids pour votre vélo. Sur AliExpress, vous dénichez une chambre à air TPU entre 5 et 10 €, parfois même moins. Comparez ça aux 25 ou 30 € d’une chambre TPU Continental, Pirelli ou Schwalbe, et l’affaire semble pliée. Pourquoi dépenser cinq fois plus pour un bout de plastique gonflable ? Eh bien, laissez-nous vous expliquer pourquoi ces bonnes affaires sont souvent un piège, et pourquoi, en tant que pratiquants assidus, nous en avons marre de ces produits low-cost qui nous font perdre temps, argent et patience.

Par Guillaume Judas – Photos : Vittoria, Aliexpress, DR

Une chambre à air en TPU (à gauche) est bien plus compacte et plus légère qu’une chambre classique en butyl.

Le mirage des chambres à air TPU à 5 €

Sur le papier, tout semble parfait. Les descriptions sur AliExpress ou Amazon débordent de superlatifs : ultra-légères, haute résistance, compatibilité parfaite. On vous promet une chambre à air en TPU (polyuréthane thermoplastique) qui rivalise avec les grandes marques, pour une fraction du prix. À 5 € l’unité, vous vous dites que même si ça ne dure pas aussi longtemps qu’une Continental, vous en avez cinq pour le prix d’une !

Par exemple, jetez un œil à cette recherche globale sur AliExpress pour des chambres TPU à bas prix, où des modèles comme la CYCLAMI à moins de 6 € pullulent. Alors, vous commandez, tout excité, et vous attendez (parfois un mois) que le colis arrive de l’autre bout du monde.

On vous promet légèreté et meilleur prix que des modèles de grandes marques. Mais est-ce que ça vaut vraiment le coup ?

Mais dès les premiers tours de roue, la réalité vous rattrape. Nous avons été plusieurs dans notre entourage à avoir testé ces chambres à air TPU bon marché, et croyez-nous, c’est une expérience qui donne envie de hurler. Premier problème : la porosité. Certaines de ces chambres perdent de l’air lentement, sans raison apparente. Vous gonflez votre pneu à 6 bars le soir, et le lendemain matin, il est à 3 bars. Pas de crevaison visible, pas de trou, juste une chambre qui fuit comme un panier percé. Résultat ? Vous passez votre temps à regonfler, à vérifier, à stresser avant chaque sortie. Et ça c’est dans le meilleur des cas. On vient juste de nous rapporter le cas d’un modèle de chambres TPU (achetées sur Amazon cette fois-ci) qui ne tient pas la pression plus que deux ou trois heures.

Ensuite, il y a les valves. Oh, les valves ! Ce truc tout bête et bas de gamme qui se casse, se déforme, se dévisse mal, ou pire, qui laisse échapper l’air dès que vous essayez de gonfler. Nous avons vu des valves TPU low-cost fuir au niveau de la jonction avec la partie tubulaire de la chambre dès la première manipulation, rendant la chambre inutilisable. Comparez ça à une valve d’une grande marque, qui encaisse des centaines de gonflages sans broncher. C’est le jour et la nuit.

Il n’y a pas que la résistance des matériaux à prendre en compte.

Et puis, il y a les crevaisons. Si vous arrivez à rouler plus de 50 km sans incident avec une chambre TPU à 5 €, achetez un billet de Loto, parce que vous êtes chanceux. Ces chambres sont souvent si fragiles qu’un gravillon un peu pointu ou une mauvaise manipulation au montage suffit à les percer. Nous avons vu des chambres se déchirer comme du papier au moindre contact avec un démonte-pneu, ou crever après un simple nid-de-poule. Pendant ce temps, les chambres Continental qu’on utilise depuis 18 mois encaissent des kilomètres de routes cabossées sans sourciller, à condition de respecter quelques précautions de montage (pas de pincement, utilisation d’outils adaptés, etc.).

Pour un exemple concret de qualité, regardez la Pirelli P Zero SmarTube en TPU à environ 25 € ou la Continental ContiTPU légère à 23 €.

Pourquoi ces produits low-cost sont un mauvais calcul

Vous pourriez vous dire : « OK, elles sont moins fiables, mais à 5 €, je peux me permettre d’en racheter. » Sauf que ce raisonnement est une illusion. Prenons un exemple concret. Disons que vous achetez cinq chambres TPU à 5 €, soit 25 € au total, l’équivalent d’une chambre de grande marque comme celles citées plus haut. En un mois, trois de vos chambres low-cost crèvent, une est poreuse, et la dernière a une valve défectueuse. Vous voilà à racheter un nouveau lot, et rebelote. Pendant ce temps, votre chambre Continental à 25 € tient 6000 km, voire plus si vous êtes précautionneux au moment de changer de pneu, sans problème. À la fin, non seulement vous avez dépensé plus d’argent en rachetant des chambres cheap, mais vous avez aussi perdu du temps à réparer, à regonfler, à stresser sur le bord de la route.

Et parlons du temps, justement. Une crevaison en pleine sortie, c’est 10 minutes de perdues (si vous êtes rapide), sans compter la frustration. Si vous êtes en course ou sur une cyclo, c’est carrément la sortie gâchée. Ajoutez à ça l’impact environnemental : ces chambres jetables, souvent mal emballées dans du plastique à usage unique, finissent à la poubelle plus vite qu’il ne faut pour le dire. Pendant ce temps, une chambre de qualité, bien entretenue, dure des mois.

Le problème de fond : la qualité sacrifiée sur l’autel du prix

Pourquoi ces chambres TPU low-cost sont-elles si décevantes ? Parce que la course au prix bas impose des compromis inacceptables. Les fabricants (souvent anonymes) rognent sur la qualité des matériaux, sur les contrôles qualité, sur la précision des valves. Le TPU utilisé est parfois si fin qu’il en devient fragile, ou mal traité chimiquement, ce qui explique la porosité. Les valves, elles, sont souvent assemblées à la va-vite, sans les finitions nécessaires pour garantir une étanchéité parfaite. À l’inverse, les grandes marques investissent dans des matériaux premium, des tests rigoureux et des processus de fabrication maîtrisés. Oui, ça coûte plus cher, mais c’est le prix de la fiabilité.

Et ne nous parlez pas des exceptions. Oui, il arrive qu’une chambre TPU à 5 € fasse le job pendant quelques semaines. Mais c’est un coup de chance, pas une garantie. Avec les grandes marques, vous payez pour la constance : vous savez que 9 fois sur 10, votre chambre tiendra le coup.

Un appel à la raison : investissez dans la qualité

Cyclistes, arrêtez de tomber dans le panneau des fausses bonnes affaires ! Ces chambres à air TPU à 5 € ne sont pas un investissement, ce sont des sparadraps sur une jambe de bois. À force de vouloir économiser quelques euros, vous finissez par payer plus cher, en argent, en temps et en frustration. Une chambre à air de grande marque, c’est un achat qui se rentabilise sur la durée. Prenez soin de votre vélo, montez vos pneus correctement, évitez les pincements, et une bonne chambre TPU ou en latex vous accompagnera pendant des centaines, voire des milliers de kilomètres, tout en vous offrant d’excellentes performances.

Vous le savez, sur 3bikes.fr, on aime le beau matos. Mais nous vous encourageons régulièrement à peser le pour et le contre des achats impulsifs ou à vous diriger vers un matériel qui convient à votre pratique. Il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi et de n’acheter que ce qui semble être une affaire miraculeuse. Parce que comme le dit l’adage : « Nous ne sommes pas assez riches pour acheter bon marché. »

Alors, la prochaine fois que vous serez tenté par une offre alléchante sur AliExpress ou Amazon, posez-vous la question : est-ce que je veux vraiment jouer à la loterie avec mon vélo ? Ou est-ce que je veux rouler l’esprit tranquille, avec du matériel qui tient la route ? La réponse est évidente. Arrêtez de vous faire avoir par ces produits jetables et misez sur la qualité. Votre vélo (et vos nerfs) vous remercieront.

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Guillaume Judas

  - 54 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

5 commentaires sur “Les chambres à air TPU low-cost : la fausse bonne affaire

  1. Moi aussi j’ai eu cette idée d’acheter des chambres à TPU Amazon et je l’ai regretté cinq pièces pour 25 € pas cher, donc j’installe mes chambres air, je fais une sortie de deux heures environ, je rentre le lendemain matin les pneus dégonflés et là je me dis mince deux crevaison d’un seul coup c’est beaucoup , je démonté tout, je vérifie si il y a une silex ou quelque chose rien, je le remets en place 2/3 heures après dégonfle , je démonte tout, je prends un bassin d’eau, je vérifie si il y a une fuite quelque part, rien, je le remets en place. Ensuite je gonfle à cinq barres 2/3 après dégonfler à nouveau je prends un couteau, je les coupe en deux et je le mets à la poubelle, fini les achats pas cher

  2. J’utilise ces chambres à air en tpu « Ali express » depuis le début de saison. 8000 kms au compteur, 0 crevaison, peu de perte de gonflage (petit coup de pompe 1X/semaine)
    Plus que ravi de mon côté !!

  3. Votre article est surprenant. Je roule avec des chambres à air TPU d’AliExpress depuis 1 an, aucune crevaison et pas de problèmes particuliers à déclarer… Avec en plus un gain de confort avec la souplesse du TPU.
    Et je ne suis pas la seul dans ce cas, il y a d’ailleurs pas mal de vidéos YouTube qui en parle.
    Mais bon ça permet de mettre des liens sponsorisés sur des articles plus chers 🙂

    1. Au contraire, merci 3 bikes de dire tout haut ce que beaucoup de cyclistes ressentent. Dans mon club, on est plusieurs à avoir essayé des chambres à air en TPU sur Aliexpress. Pensez-donc : 7,99 la chambre quand en magasin c’est autour de 30 €. J’en ai pris 4. Mais au moins trois sur les quatre ont déconné. Avec la première chambre, j’ai crevé au bout de 10 kms !!! Et 50 à peine avec la deuxième. Ensuite, la troisième perd de la pression continuellement. Je gonfle à 5 bar, et 3 h après j’ai 3 bar. Heureusement, la 4e semble aller correctement. 1 sur 4, ça fait à peu près 32 € (4×7,99 €), soit plus cher qu’une chambre Vittoria à 30 €, le stress d’avoir un problème route en plus. Plus jamais je n’achèterai ça.

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Raid des Alpilles : la fête du vélo les 4 et 5 octobre

Rendez-vous ce week-end des 4 et 5 octobre à Maussane-les-Alpilles (13) pour une nouvelle édition du Raid des Alpilles ! Avec plus de 1 100 inscrits l’an dernier et des inscriptions qui s’envolent depuis l’ouverture, cet événement s’annonce comme une célébration incontournable pour clôturer les saisons du Gravel’Tour Cannondale et du Cyclo’Tour Classified.

Un week-end sportif et convivial

Au programme, deux parcours gravel le samedi et deux parcours cyclo le dimanche, sans oublier de belles animations tout au long du week-end. Le Village des Brasseurs et des Producteurs provençaux vous attend à l’Espace Agora pour découvrir les richesses locales, avec un concert rock’n’roll samedi soir de 18h à 20h pour mettre l’ambiance !

Profitez d’un week-end automnal au cœur de la Vallée des Baux et du Massif des Alpilles, avec ses paysages splendides et ses villages provençaux charmants. Que vous soyez amateur de gravel, de chrono ou de rando, il y en aura pour tous les goûts !

Samedi 4 octobre : gravel en chrono et en rando

Explorez les trésors cachés de l’arrière-pays avec deux parcours gravel :

GRAVEL34 (34 km, 560 m D+) pour les randonneurs.
GRAVEL68 (68 km, 1 060 m D+) en rando ou chrono.

Départ commun à 13h30 pour 250 participants attendus, prêts à profiter d’un bel après-midi sur le vélo et à en prendre plein les yeux, peu importe le parcours choisi.

Dimanche 5 octobre : cyclo en chrono et en rando

Direction les Baux de Provence et le Parc Régional des Alpilles avec deux distances :

96 km, 880 m D+ pour les randonneurs.
126 km, 1 350 m D+ pour les compétiteurs.

Deux formules pour que chacun puisse savourer les charmes de la Provence à son rythme.

Un village animé et local

Le Village des Brasseurs et des Producteurs provençaux sera ouvert samedi et dimanche à l’Espace Agora. Une occasion idéale pour découvrir les saveurs locales, accompagnées d’un concert rock’n’roll samedi soir de 18h à 20h.

Finales des challenges

Samedi, l’épreuve gravel accueille la finale du Gravel’Tour Cannondale, après 8 manches à travers la France.
Dimanche, c’est au tour de la finale du Cyclo’Tour Classified, après 6 manches dans l’Hexagone.

Rendez-vous sur raiddesalpilles.com pour plus d’informations et préparez-vous à vivre un week-end inoubliable au cœur de la Provence !

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Guillaume Judas

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Tadej Pogacar : admiration ou lassitude ?

Il y a quelque chose d’irrésistible chez Tadej Pogacar. À peine 27 ans, et déjà un palmarès qui défie l’imagination : Tours de France, Giro, classiques monumentales, championnats du monde… rien ne lui résiste. Hier encore, à Kigali, il a offert une nouvelle démonstration : une attaque lancée à plus de 100 kilomètres de l’arrivée, une course pliée avant même la flamme rouge, et une victoire en solitaire qui a laissé la concurrence impuissante. Et nous on est restés sur notre faim.

Par Jeff Tatard – Photos : instagram.com/uae_team_emirates, instagram.com/wahoofitnessofficial

On pourrait en rester là, et se contenter d’admirer. Car oui, il y a une grâce chez Pogacar. Une manière d’attaquer loin de l’arrivée, de courir comme si la peur n’existait pas. Il n’économise pas, il ne calcule pas — il joue, il s’amuse, il détruit. C’est un champion total, sans équivalent dans le cyclisme moderne. Comparer avec Merckx n’est pas un abus : Pogacar évolue dans une époque où la concurrence est mondiale, les méthodes scientifiques, les équipes suréquipées. Et malgré cela, il survole.

Alors, faut-il dire qu’il est déjà plus grand que le « Cannibale » ? La question mérite d’être posée.

Mais voilà : cette grandeur a un prix. Et ce prix, c’est le suspense. Hier à Kigali, le doute a disparu dès son attaque, bien trop tôt pour que la dramaturgie puisse exister. Les adversaires ont couru pour limiter la casse, les spectateurs se sont résignés à attendre le podium. La dramaturgie du sport repose sur l’incertitude, sur ce vertige du tout peut arriver. Pogacar, en dominant à ce point, nous en prive. C’est beau, mais c’est plat. Magnifique, mais prévisible.

Alors, que ressent-on vraiment devant lui ? Un mélange étrange : admiration pure et légère lassitude, voire de la suspicion. On applaudit l’exploit, mais on regrette l’absence de tremblement. Pogacar nous donne tout — la puissance, l’audace, la générosité de l’effort — sauf ce frisson-là : le doute. Ou du moins pour certains observateurs, c’est sa domination qui inspire le doute, et non plus la glorieuse incertitude du sport. Au-delà du cynisme des commentaires, Tadej Pogacar ne risque-t-il pas de détourner le public des courses cyclistes profesionnelles ?

Peut-être est-ce injuste. Après tout, le champion n’a pas à se limiter pour ménager nos émotions. Et peut-être que dans dix ans, nous repenserons à ces saisons comme à un âge d’or, en nous disant que nous avons eu la chance de voir rouler, en direct, l’un des plus grands coureurs de tous les temps. Mais pour l’instant, la domination de Pogacar nous met face à une contradiction intime : nous rêvons d’un héros invincible, et lorsqu’il se présente, nous finissons par regretter l’imprévisible.

Voilà, sans doute, la marque des très grands : ils ne nous laissent jamais indifférents.

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Jean-François Tatard

- 44 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

Un commentaire sur “Tadej Pogacar : admiration ou lassitude ?

  1. Je me suis endormie devant la télé. C’est la première fois que ça m’arrive depuis que je suis le cyclisme. A chaque fois qu’il y aura Pogacar au départ, je vais maintenant me demander si je ne ferais pas mieux d’aller faire autre chose de mes dimanches après-midi, puisque le résultats est quasi couru d’avance.
    Séverine

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L’addiction au sport : entre passion et emprise

Nous connaissons tous des passionnés de sport. Des hommes et des femmes qui se lèvent à l’aube pour courir, qui enfilent leurs chaussures comme d’autres prennent un café, qui trouvent dans l’effort une énergie vitale. Certains n’hésitent pas à braver la pluie, le vent, le froid mordant de l’hiver pour ne pas « rater leur séance ». Pour beaucoup, cela relève d’une passion saine, d’un moteur de vie. Mais parfois, quelque chose bascule. L’activité qui faisait sourire finit par isoler, l’élan vital se mue en contrainte, la passion en obsession. Et nous devons l’admettre : nous aussi, chez 3bikes, sommes peut-être concernés…

Par Jeff Tatard – Photos : DR

C’est cette frontière invisible, cette bascule insidieuse, que nous avons voulu comprendre. Chez 3Bikes, nous avons pris la route pour rencontrer le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre, médecin du sport et auteur du récent ouvrage Le sport, psychologie d’une passion (Odile Jacob). Cet expert reconnu, passé par l’équipe de France junior de cyclisme sur route et par le comité médical de la Fédération française de rugby, nous a reçus avec bienveillance et franchise. Comme il l’avait déjà fait dans ses enseignements et ses livres, il nous a ouvert l’esprit sur les ambiguïtés du sport : formidable outil de santé et d’équilibre, mais aussi terrain fertile pour les excès.

Quand la passion reste un choix

D’emblée, le Dr Seznec nous a proposé une distinction éclairante. La passion, dit-il, est « une activité maîtrisée, volontaire, qui rapproche de ce qui compte pour soi ». Elle nourrit la joie, l’enthousiasme, l’envie d’aller plus loin. Elle s’adapte aux contraintes de la vie : on peut lever le pied, interrompre un entraînement pour un dîner de famille, mettre sa pratique entre parenthèses en cas de blessure. La passion ouvre, relie, enrichit.

Ce qui nous a frappés, c’est la façon dont il décrit la liberté comme critère décisif. Une passion saine laisse toujours la possibilité du choix. Elle reste un outil au service de l’existence.

Quand l’addiction impose sa loi

À l’inverse, l’addiction est une emprise. « Elle se nourrit d’impulsivité et génère une perte de contrôle », nous explique-t-il. Le sportif ne choisit plus : il est contraint. L’arrêt n’est plus envisageable, car il déclenche de l’anxiété, de la culpabilité, un sentiment de manque. Le temps, les relations, parfois l’argent, sont sacrifiés sur l’autel de la pratique.

Ce glissement est rarement spectaculaire. Il s’opère par petites touches : une sortie de plus, un week-end de compétition supplémentaire, une soirée manquée pour une séance jugée « indispensable ». Jusqu’à ce que l’entourage s’inquiète, ou que le corps lâche.

Les signaux d’alerte sont clairs : l’isolement, les conflits avec la famille ou les amis, la rigidité de l’emploi du temps, l’incapacité à freiner malgré les blessures ou la fatigue. Là où un passionné sait interrompre sa pratique pour préserver sa santé, l’addict s’entête, quitte à tout perdre.

« Le sportif ne choisit plus : il est contraint. L’arrêt n’est plus envisageable, car il déclenche de l’anxiété, de la culpabilité, un sentiment de manque. »

Des dégâts bien réels

On pourrait croire que l’addiction au sport reste une affaire bénigne, presque enviable. Après tout, mieux vaut courir que boire ou fumer, non ? Le Dr Seznec s’inscrit en faux contre cette idée reçue. L’addiction, rappelle-t-il, est toujours une souffrance. Elle entraîne isolement, conflits, ruptures, perte d’opportunités professionnelles. Le sport, censé soutenir la santé, peut devenir destructeur.

Il insiste aussi sur la place de l’entourage. Trop souvent, les proches oscillent entre reproches et résignation. Or, c’est dans la parole bienveillante, dans l’expression d’une inquiétude sincère, que réside l’aide. « Ce n’est pas en assénant des “tu dois” que l’on aide quelqu’un, mais en l’invitant à observer ses propres choix », souligne-t-il.

Pour le Dr Jean-Christophe Seznec, l’addiction au sport n’est jamais anodine : derrière l’apparente santé, elle cache souffrance, isolement et ruptures.

Soigner, rééquilibrer, redonner du sens

Fallait-il demander si l’on peut vivre avec une addiction au sport ? La réponse de Seznec est nette : non. Une addiction ne se gère pas, elle se soigne. Elle prive de liberté, elle enferme, elle abîme.

Mais cela ne signifie pas qu’il faille couper radicalement avec le sport. Le psychiatre aime utiliser une métaphore parlante : « Le sport, c’est comme un marteau. Bien utilisé, il permet de construire. Mal utilisé, il fait des dégâts. » L’enjeu n’est pas de bannir, mais de retrouver une pratique libre et souple.

Il rappelle d’ailleurs que le sport de haut niveau a intégré depuis peu un suivi psychologique longitudinal, signe que la société commence à prendre conscience de ces risques.

L’exemple des rats placés dans une roue — au point de préférer courir que manger — nous a particulièrement marqués. Cette expérience, dit-il, illustre à quel point le mouvement peut devenir pathologique. Chez l’humain aussi, la recherche de l’effort peut occulter des besoins fondamentaux.

« Une addiction ne se gère pas, elle se soigne. Elle prive de liberté, elle enferme, elle abîme. »

Aux racines de l’addiction

Pourquoi certains basculent-ils, et d’autres pas ? Ici, Seznec mêle biologie et psychologie. Certains individus sont plus sensibles à l’activation du système dopaminergique, le circuit de la récompense. D’autres présentent une fragilité narcissique : ils ne se sentent exister qu’à travers leurs performances. D’autres encore, notamment ceux souffrant de TDAH, sont plus vulnérables aux comportements compulsifs.

Il nous met aussi en garde contre l’idée simpliste du transfert : qu’en arrêtant le sport, l’addict se jettera forcément sur une autre dépendance. En réalité, lorsqu’on soigne une addiction, on agit sur le terrain global, sur la difficulté à gérer le vide, l’anxiété, la quête de valeur. Traiter l’addiction au sport, c’est aussi apaiser d’autres comportements excessifs.

Et dans un message qu’il nous a envoyé après notre entretien, le Dr Seznec nous rappelle aussi que « la course aux résultats augmente le risque addictif ». Ce qui fait la force de champions comme Léon Marchand, explique-t-il, c’est d’avoir appris que leur valeur ne dépend pas de leur performance. Grâce à ce travail avec son préparateur mental, Marchand peut se concentrer sur ce qu’il aime vraiment : nager et se mesurer aux autres. La victoire vient ensuite. Dans les sports individuels, la focalisation sur le chrono accroît le risque de basculer dans l’addiction, notamment lorsque la performance compte davantage que l’expérience de vie qu’est le sport. « La pratique du sport est plus grande qu’un chrono », insiste-t-il.

Retrouver une relation libre

Alors, comment retrouver un rapport apaisé au sport ? Pour Seznec, il s’agit de redonner au pratiquant de la flexibilité et de la conscience. « La vie est un immense terrain de jeu », dit-il avec un sourire.

Cela passe par la diversification des sources d’équilibre : relations sociales, activités créatives, engagements familiaux ou associatifs. Mais aussi par l’usage d’outils thérapeutiques concrets :

  • Les thérapies cognitivo-comportementales, pour déconstruire les pensées automatiques.
  • L’ACT, qui aide à agir selon ses valeurs plutôt que sous la contrainte d’une envie.
  • La méditation, qui apprend à observer les émotions sans s’y engluer.

Ces approches, en redonnant une marge de manœuvre, permettent de transformer le sport en allié plutôt qu’en tyran.

Quand la société encourage l’excès

Ce que nous retenons aussi de notre rencontre, c’est la lucidité avec laquelle Seznec analyse le contexte culturel. Notre époque valorise la performance, le dépassement, l’obsession de l’efficacité. L’addiction au sport, dans ce climat, est tolérée, voire encouragée, parce qu’elle nourrit le spectacle.

« L’addiction sportive est mieux acceptée que d’autres, car elle masque la souffrance derrière le show », observe-t-il. Mais de plus en plus d’athlètes osent parler de leur santé mentale. Peut-être est-ce le signe d’un changement à venir.

La vraie frontière, dit-il, se situe entre l’effort et l’obsession. L’effort est formateur, il apprend l’humilité et l’endurance. L’obsession, elle, est une prison mentale. À nous de choisir quel modèle de sport nous voulons promouvoir.

Témoignages et images concrètes

Au fil de l’entretien, nous avons pensé à ces cyclistes amateurs qui, semaine après semaine, augmentent leur kilométrage, convaincus que plus sera toujours mieux. À ce coureur qui refuse de partir en vacances sans sa paire de chaussures, incapable d’envisager deux jours de repos. À cette triathlète qui, blessée, pédale malgré la douleur et finit par compromettre sa saison entière.

Autant de scènes qui, mises bout à bout, illustrent ce que le Dr Seznec décrit. La passion, oui. Mais quand elle dévore, elle cesse d’être une alliée.

Un livre pour aller plus loin

Son dernier ouvrage, Le sport, psychologie d’une passion, prolonge ces réflexions. On y trouve des analyses précises sur les mécanismes psychiques du sport, mais aussi un plaidoyer pour une pratique plus consciente, moins sacrificielle. C’est un livre qui parle autant aux athlètes de haut niveau qu’aux amateurs, et qui interroge notre rapport collectif à la performance.

En guise de conclusion

Lorsque nous avons quitté le Dr Seznec, nous avions le sentiment d’avoir franchi un pas. Non seulement nous comprenions mieux l’addiction au sport, mais nous regardions différemment nos propres pratiques, nos propres excès. Ce qu’il nous a offert, c’est une ouverture d’esprit, une invitation à réfléchir au sens profond de nos efforts.

Comme nous l’avions déjà ressenti avec le Dr Stéphane Cascua il y a quelques semaines, cette rencontre a été une chance. Alors, une fois encore, nous tenons à dire merci. Merci au Dr Seznec d’avoir pris le temps de nous éclairer, de partager avec nous son savoir, mais surtout de rappeler que derrière chaque coup de pédale, chaque foulée, chaque goutte de sueur, il devrait toujours y avoir de la liberté, du sens et de la joie.

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Jean-François Tatard

- 44 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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