Test longue durée du nouvel Orbea Orca

L’été dernier, nous avions pu effectuer une première prise en main du nouvel Orbea Orca, dans sa version la plus haut de gamme, ainsi que dans une version plus abordable. À l’occasion du test longue durée du nouveau groupe Sram Red AXS, ce sont près de 5000 km que nous avons parcourus avec ce cadre polyvalent en fibres de carbone OMX au cours de ce printemps. De quoi se faire une idée largement plus précise des possibilités du vélo.

Par Guillaume Judas – Photos : ©Different Media Productions / Orbea / NVCR

L’Orbea Orca OMX est un vélo maniable et au comportement accessible.

Avec ce nouvel Orca, septième du nom, Orbea a souhaité revenir à la philosophie première de son modèle emblématique, en cherchant à concevoir un châssis léger, dynamique et facile à appréhender, confortable et idéal pour effacer les forts pourcentages. Un modèle qui complète parfaitement l’Orca Aero, l’autre cadre de course de la marque basque, un vélo très performant sur les parcours roulants. La plupart des clients potentiels n’auront évidemment pas les moyens d’acquérir les deux vélos. Heureusement, l’Orca est bien plus qu’un simple vélo de grimpeur comme nous avons pu le constater au cours de ce test étalé sur un peu plus de deux mois, principalement sur des parcours peu vallonnés et venteux, un terrain de jeu qui n’est pas normalement favorable à cette machine. Notons que dans une version équipée du groupe Shimano Ultegra Di2, l’Orca OMX vient d’ailleurs tout juste d’être élu Vélo route de l’année par le magazine Le Cycle.

Montage spécifique

Pour revenir en détail sur la conception de l’Orca, nous vous invitons à relire la présentation et le premier essai du vélo, dans sa version haut de gamme en carbone OMX avec un groupe Shimano Dura-Ace et des roues Oquo RP35 LTD.

Les lignes de l’Orca sont traditionnelles. On note un tube supérieur et des haubans bien plus fins que le tube diagonal et la boîte de pédalier.
L’intégration des durites est particulièrement bien réussies. Il est possible de monter un cintre traditionnel avec une potence Orbea, ou un guidon monocoque.
Les haubans sont placés relativement haut par rapport à la concurrence, ce qui confère au triangle arrière du cadre un peu d’élasticité.

C’est à l’occasion du test longue durée du nouveau groupe Sram Red AXS que j’ai pu récupérer à nouveau un Orca OMX, dans une version qui n’est pas commercialisée actuellement en tant que telle, montée et réglée par Sram. Autour du groupe haut de gamme, des roues Zipp 353 NSW ont pris place en échange des Oquo sur lesquelles j’avais déjà roulé. Un cintre Zipp (remplacé ensuite pendant la durée du test par un Most), une selle Fizik (remplacée ensuite par une Specialized Power Expert Mirror pendant la durée du test), des porte-bidons Zipp carbone et des pédales Shimano Dura-Ace complétaient le montage final, à partir d’un cadre, d’une fourche, d’une tige de selle et d’une potence identiques à celui que vous pouvez trouver sur n’importe quel Orca OMX de la gamme. J’ai pesé le vélo à 7,130 kg en taille 51, complet prêt à rouler, ce qui est cohérent avec les 6,64 kg sans pédales ni porte-bidons annoncés de la version en Dura-Ace avec des Oquo RP35 LTD.

Le vélo dans la configuration avec laquelle j’ai roulé pendant plus de deux mois.

Impossible de terminer cette présentation succincte sans parler de la couleur : ce orange cloud – stone blue ne laisse généralement pas indifférent. On aime ou on déteste. Ce coloris fait partie des quatre options proposées lors de la commande d’un Orca OMX de série, et ce n’est pas de notre point de vue la version la plus heureuse. Cet orange satiné (« saumon » comme dirait ma fille) est de plus difficile à nettoyer. Néanmoins, il ne faut pas oublier que chez Orbea, tout est personnalisable grâce au programme MyO, qui permet de choisir une association de couleur unique et d’opter pour des aménagements particuliers (longueurs de potence ou de manivelles, plateaux, cassette, options minorantes ou majorantes de roues, pneumatiques ou poste de pilotage). Bref, il reste tout à fait possible de faire d’un Orbea Orca le vôtre, et ce, dans les moindres détails, même en partant d’un modèle équipé en Shimano 105.

Les couleurs sont entièrement personnalisables via le programme MyO.

Sur la route et dans le vent avec l’Orbea Orca OMX

Entre début mars et début mai, je n’ai pas eu l’occasion de rouler avec l’Orca en haute montagne. J’ai pris contact avec le vélo monté avec le nouveau groupe Sram début mars en Italie, en parcourant pendant quelques jours les collines du Prosecco. Au programme, un peu de plat, mais surtout des montées variées de 2 à 4 km à 6 ou 7% de pente moyenne, et même quelques ascensions plus abruptes avec des passages à 15%. De quoi compléter ma première expérience avec ce cadre Orca OMX sur des cols pyrénéens au début de l’été 2023. Des montées, mais aussi des descentes, où le châssis a pu démontrer ses capacités sur des parcours montagneux.

L’Orca facilite les ascensions.

Confortable, vif, reptilien, le vélo offre un comportement facile qui rend les pentes raides relativement aisées à aborder, pour peu qu’on dispose du bon braquet. La boîte de pédalier semble suffisamment rigide pour ne pas voir s’évanouir la puissance transmise aux pédales, mais la partie avant légèrement plus souple et surtout un triangle arrière plus élastique permettent de bénéficier d’une excellente nervosité quand on se dresse sur les pédales, et même d’effacer un peu les erreurs de développement, en autorisant à pédaler un peu plus sur le couple lorsqu’on se dandine autour du vélo. Bref, le cadre n’est pas excessivement raide et vous évite de buter musculairement en accompagnant vos mouvements, et il est toujours aisé à relancer, même en cas de coup de fatigue. Néanmoins, il reste précis et rassurant en descente, et permet d’enchainer le dénivelé en toute sécurité.

Avec des jantes de 45 mm, l’Orca gagne en polyvalence.

Mais à la différence du premier Orca essayé, celui-ci en Sram Red est équipé de roues Zipp 353 NSW, avec des jantes de forme ondulée dont la hauteur varie de 42 à 46 mm. Des roues plus hautes que les Oquo 35 LTD montées sur le premier vélo essayé, mais aussi plus larges (optimisées pour les pneus de 28/30 mm), sans crochet, et curieusement un peu plus légères. Elles sont également de mon point de vue un peu plus rigides aussi. Si les Zipp ne changent que très peu le comportement du vélo dans les parties ascendantes, c’est sur le plat et les parties roulantes qu’elles apportent un bénéfice sensible par rapport aux Oquo 35, en apportant un peu plus d’aérodynamisme et d’inertie.

Sans être le meilleur du marché sur le plat, l’Orca tient correctement sa place s’il est équipé en fonction.

C’est donc sur mon terrain de jeu habituel que j’attendais l’Orca OMX au tournant, surtout au cours d’un hiver ayant décidé de jouer les prolongations. Plat, faux plats, coups de cul et petites bosses, vent (beaucoup de vent) ont été au menu de la plupart de mes sorties, notamment en mars et avril.

Globalement, l’Orca n’est pas le vélo le plus performant du marché quand il s’agit d’affronter de longs bouts droits exposés. Il reste toujours facile à emmener, mais semble toujours butter un petit peu quand le vent souffle fort ou que la vitesse augmente. C’est un vélo qui se manie plus facilement en relances successives qu’en roulant au train. Les roues Zipp apportent cependant ici un bénéfice évident et rendent le vélo plus polyvalent qu’avec les roues de 35 mm de haut.

C’est dans les relances successives que le vélo excelle.

Avant d’affronter les routes à découvert, je dois déjà normalement naviguer en ville pendant une dizaine de kilomètre, au milieu d’une circulation peu dense, mais avec de nombreux feux, stops, relances, ou faux plats, qui cumulent tout de même environ 150 mètres de dénivelé avant d’arriver sur des routes plus dégagées. Dans ces conditions, la nervosité de l’Orca fait merveille et le distingue d’emblée du vélo avec lequel je roule habituellement l’hiver (un Gravel Factor LS transformé en vélo de route). Grâce à un bon kilo de moins sur la balance, et au comportement tolérant du cadre principalement. La direction parait particulièrement précise et souple à manier, ce qui participe également à la facilité ressentie dans ses conditions. J’ai retrouvé ces caractéristiques tout au long de ce test longue durée.

Si le cadre ne se montre pas excessivement raide latéralement, il ne faut pas y voir cependant le moindre signe de faiblesse ou de fragilité. J’ai eu l’occasion au cours de ce test de longue durée de faire des entrainements en travaillant la force, c’est-à-dire en roulant à faible cadence avec le braquet maximum dans certaines côtes. Je n’ai constaté aucune dérive au niveau de la boîte de pédalier sous ces fortes contraintes, ni même de frottement au niveau du dérailleur avant, ce qui démontre que la boîte de pédalier du cadre ne bouge pas. Le vélo se révèle en revanche toujours un peu plus souple de l’avant au cours des sprints puissants sur le plat. Par rapport à d’autres machines plus typées pour ce genre d’exercice, on ressent une légère flexion à l’avant au moment de se dresser violemment sur les pédales au moment du lancement du sprint.

L’Orca sait aussi s’adapter à l’humeur du moment, et se révèle très agréable lors des sorties tranquilles.

Dans les bosses (courtes) de la vallée de Chevreuse, la machine semble toujours aérienne dès que l’on se met en danseuse. Le cadre n’est pas verrouillé latéralement, et de ce fait, on peut aussi bien être à l’aise en plein effort à une cadence de 90 tours/minute qu’en roulant en force à 60. Comme je l’avais déjà écrit lors du premier essai du vélo, il est facile à manoeuvrer et ne demande pas une coordination gestuelle parfaite pour être malmené pendant l’effort. C’est ce qui le rend également si accessible à presque tous les niveaux de pratique. Même pour les cyclistes peu entrainés ou qui roulent occasionnellement, son comportement reptilien semble s’adapter parfaitement à l’humeur (ou à la forme) du moment.

Un pneu de 31 mm de largeur augmente encore le confort du vélo.

En termes de confort, comme je l’avais déjà noté lors du premier essai, l’Orca ne fait pas payer son faible poids par de multiples rebonds qui au final pourraient se révéler usants. La machine parait bien équilibrée sur les mauvais revêtements, et surtout elle accepte les pneus de grosse section. Avec les jantes Zipp 353 NSW (25 mm de largeur interne), les deux pneus tubeless successifs montés sur ce vélo (Goodyear Vector et Specialized S-Works Turbo 2BR) ont été mesurés à 31 mm de largeur réelle. Avec une pression de gonflage autour de 4,5/5 bar, la motricité, l’adhérence et l’absorption des vibrations sont royales.

Le bilan après près de 5000 km avec l’Orbea Orca

Cette dernière version de l’Orca est bien la digne héritière du premier modèle du nom, lancé il y a plus de 20 ans, en offrant un comportement facile et accessible, du confort et une nervosité appréciable au quotidien. Avec les roues Zipp 353 NSW, la machine est de mon point de vue plus polyvalente encore que le premier vélo testé à l’été 2023. L’Orca ne perd rien dans les ascensions, tout en étant un peu plus efficace sur les parties roulantes.

L’Orca OMX est donc l’un des vélos polyvalents les plus intéressants du moment. Et si Orbea ne propose pas exactement ce vélo testé à son catalogue, vous pouvez tout de même choisir vos roues parmi la gamme Oquo en fonction du terrain sur lequel vous roulez habituellement, tout comme les détails de coloris ou les dimensions des accessoires grâce au programme MyO. Une offre haut de gamme à côte de laquelle il ne faut surtout pas passer pour profiter pleinement de ce vélo d’exception.

L’ORBEA ORCA OMX en bref…

Les + : poids, maniabilité, accessibilité, nervosité, intégration, confort, programme de personnalisation MyO
Les – : prix du kit cadre élevé

NOMBRE DE TAILLES : 7 – POIDS : 7,130 kg complet avec pédales, porte-bidons et support compteur (en taille 51 en Sram Red AXS avec roues Zipp 353 NSW) – Kit cadre à 4282 €, vélo complet à partir de 5832 €

Contact : www.orbea.com

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Guillaume Judas

  - 53 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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2 commentaires sur “Test longue durée du nouvel Orbea Orca

  1. Bon vélo mais à la peinture beaucoup fragile ! Mon vélo est reparti en Espagne… J’espère qu’Orbea aura l’honnêteté de le repeindre plus correcetement.

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