Test de l’Adris Le Performance

Adris, c’est la jeune marque (bretonne) qui monte. Et qui le prouve avec deux modèles haut de gamme pour la route utilisés par les professionnels de l’équipe Continentale CIC U Nantes Atlantique et par les coureurs de Morbihan Fybolia Goa (qui devient Morbihan Adris en 2024), l’une des meilleures équipes de N1 en France. Le Performance (c’est son nom) est un vélo polyvalent rapide et léger au tarif ultra concurrentiel. Test d’une machine qui joue indubitablement dans la cour des grands.

Par Guillaume Judas – Photos : ©Vincent Lyky

Le profil de l’Adris Le Performance est dans la lignée des vélos polyvalents modernes.

Fondée en 2009 dans le Morbihan par deux jeunes frères, la société Adrisport commence modestement par de la vente sur Internet d’accessoires et d’équipements cyclistes, avant de lancer sa propre gamme de vélos nommée Adris quelques années plus tard et de connaître un succès certain auprès des compétiteurs. En cyclo-cross notamment, avec des cadres à l’excellent rapport qualité/prix. Dix ans après sa création, l’entreprise abandonne progressivement la distribution et investit dans des locaux de 1200 m2 pour se recentrer exclusivement sur la production de vélos tout en se rapprochant d’un réseau traditionnel de revendeurs. Et parallèlement, la marque devient de plus en plus présente au plus haut niveau amateur, et même chez les pros puisque Adris équipe désormais CIC U Nantes Atlantique, l’une des dix équipes françaises au plus haut niveau.

Ce cadre d’origine bretonne a obtenu le label UCI, ce qui l’autorise à être utilisé en compétition.

Si Adris ne dispose sans doute pas des mêmes moyens que les plus grandes marques dans les domaines de la recherche et du développement, les frères Duault avancent pas à pas en proposant des solutions de conception qui ont fait leurs preuves, en collaboration avec un sous-traitant asiatique de confiance qui fabrique les cadres selon le cahier des charges de la marque et avec ses propres moules. Pour les vélos les plus huppés de la gamme, comme le Performance, mais aussi le Vitesse (le cadre route aérodynamique) et le Fusée (le vélo de CLM/Triathlon), Adris a obtenu le label UCI, ce qui signifie que ces machines peuvent être alignées sur toutes les compétitions officielles. Il convient de préciser également qu’ils sont garantis à vie. Les trois modèles de la gamme compétition sont construits à partir de fibres de carbone UMH-SL, le plus haut niveau de matériau utilisé par la marque, et avec 800 patchs de carbone appliqués avec précision dans le moule. La conception, le dessin et l’assemblage des vélos sont réalisés dans l’usine de Colpo, ce qui a permis à Adris d’être labellisée Produit en Bretagne.

Le triangle arrière apporte beaucoup de dynamisme au vélo.

Le choix de la polyvalence

Si le Vitesse montre avec ses lignes à la fois massives et acérées qu’il est un vélo fait avant tout pour rouler vite sur le plat, le Performance adopte des lignes un peu plus consensuelles, mais peu éloignées finalement des Specialized Tarmac et Cannondale SuperSix, deux des références dans le domaine. La forme des tubes est travaillée pour filer contre le vent, mais le cadre conserve un poids performant avec 890 g annoncés en taille M avec la peinture. Du côté de la structure même des tubes, on trouve un châssis rigide, mais sans excès, qui favorise surtout le dynamisme global du vélo. Le choix des roues va aussi dans le sens de la polyvalence avec ici des Mavic Cosmic SLR 45 pour cette version haut de gamme du Performance (la même que les pros de Nantes) et des roues chinoises Lun Road pour la version en Ultegra Di2, de manière à bénéficier d’un bon aérodynamisme, mais sans subir non plus un poids trop élevé dans les ascensions, ni avoir des difficultés à contrôler le vélo avec le vent de côté.

Le Performance ne permet pas seulement de rouler vite. Il est aussi particulièrement agréable à utiliser lors des séances plus bucoliques.

Un très bon rapport qualité/prix

Joliment réalisé, le Performance bénéficie d’une intégration complète des durites de frein à l’intérieur du poste de pilotage monocoque signé Adris, puis dans la douille de direction et dans le reste du cadre. C’est propre et rien ne dépasse. La tige de selle aérodynamique provient aussi d’une production spécifique pour le vélo. Le serrage s’effectue par le devant sur le dessus du tube horizontal, et la vis est dissimulée par un cache en caoutchouc, malheureusement pas très efficace car il a tendance à bouger en roulant. Mais c’est un détail.

L’intégration est totale, avec un poste de pilotage monocoque qui convient à merveille à l’Adris.
Le cache pour la vis de serrage de la tige de selle est un peu lâche.

Dans cette version identique à celle des pros, on retrouve un montage en Shimano Dura-Ace Di2, avec donc des roues Mavic Cosmic SLR 45, une selle Italia SLR Boost Superflow et surtout les excellents pneus Vittoria Corsa Pro. Des pneus tubeless dont le prix public est de 95 € l’unité et qui se distinguent par un rendement, un grip et un toucher de route en général totalement hors du commun. Adris n’a donc fait aucune économie malvenue sur cette machine, proposée pourtant au prix de 8999 € avec cette magnifique peinture unie rouge chromé. Notons que ces jours-ci, la marque propose également une série limitée du Performance en bleu chromé, comme celui de l’équipe pro.

Le groupe Dura-Ace Di2 est parmi ce qui se fait de mieux en matière de transmission. Et cela se retrouve en plaisir de roulage.
Les nouveaux pneus Vittoria Corsa Pro offrent un superbe rendement sur la route.
Les roues Mavic Cosmic SLR 45 sont une valeur sûre.

Le Performance est également proposé en Ultegra Di2 avec des roues Lun Road et des pneus Vittoria Corsa Graphene à 5599 €, en 105 Di2 avec les mêmes roues à 4599 €, en 105 Di2 avec des roues Mavic Aksium et un poste de pilotage traditionnel à 3599 €, et en 105 mécanique (11 vitesses) à 2899 €. Exceptionnellement, le kit cadre peut être vendu seul, à 2299 €.

Un vélo qui n’a pas à rougir face à la concurrence

Sur la route, l’Adris Performance se comporte comme un vélo haut de gamme moderne, en se montrant efficace et versatile sur tous les terrains. Son poids d’abord : avec moins de 6,9 kg (sans pédales) en taille S, il est au même niveau qu’un Tarmac S-Works SL7 avec le même équipement. Sans être exceptionnel, on est déjà sur du très bon.

Grâce à son poids léger et à son dynamisme, le Performance se montre aérien dans les bosses et dans les relances.

Le roulement ensuite. S’il est difficile de juger de l’efficacité aérodynamique d’un cadre par rapport à un concurrent (car souvent ça se joue sur quelques détails), on remarque facilement qu’avec ce montage le Performance offre un excellent rendement, que ce soit sur le plat ou en côte. Et dans les descentes, j’ai pu faire un comparatif tout bête avec un compagnon de route qui pèse pourtant une bonne dizaine de kilos de plus que moi, équipé lui aussi d’un vélo haut de gamme à la réputation sans faille. À chaque fois, l’Adris prenait l’avantage après quelques dizaines de mètres, sans pédaler, pour finir en bas de la descente avec quelques longueurs d’avance. Stupéfiant ! Que cela vienne du cadre, des roues, ou même des pneus, c’est difficile à dire. Sans doute d’un ensemble. Mais le Performance joue sans aucun doute dans la cour des grands en termes de rendement pur.

Le vélo offre une faible trainée aérodynamique, ce qui permet d’économiser de l’énergie quel que soit le terrain.

Dans les parties ascendantes, le vélo offre le bon compromis entre une boîte de pédalier qui ne semble pas broncher en retransmettant sans la moindre perte la puissance du cycliste, et une partie avant un poil moins raide, sans être souple pour autant, pour faciliter les relances en danseuse et éviter de subir la raideur du vélo. Le Performance est à l’aise aussi bien lorsqu’il s’agit de montrer au train avec un gros braquet, que lorsqu’il faut remonter un peu les dents pour lancer de francs démarrages. Il permet d’être tranchant et confirme son ADN de compétiteur.

Le Performance est idéal pour lancer des attaques dans les parties ascendantes.

Sur le plat, la machine permet d’envoyer du lourd. Seule une direction un peu chatouilleuse lui donne un peu moins de stabilité qu’attendue. Avec le vent de côté, il faut tenir le vélo. Et sous les conditions automnales de ces dernières semaines, il m’a paru impensable de lâcher les mains du cintre en traversant des plaines dégagées. La partie avant est hyper sensible, malgré des roues avec une hauteur de seulement 45 mm. Et si je regarde le tableau de géométrie, je trouve un angle de douille de direction de 71,5°pour du S, ce qui est plutôt habituel pour cette taille de cadre. Ce côté joueur est peut-être dû à une douille de direction qui n’est pas totalement verrouillée, mais c’est aussi ce qui confère au vélo ce dynamisme si agréable dans les pentes les plus sévères.

Le vélo se montre un peu joueur, il nécessite donc d’être bien tenu sur les parties avec le vent de côté.

Reste que le vélo se montre très précis au moment des changements de direction et de l’inscription dans les virages qui s’enchaînent. J’ai pris très vite la mesure de ce vélo, je me suis senti à l’aise dessus après quelques kilomètres seulement, malgré des premières sorties sur un sol humide et gras comme souvent au début de la période hivernale. En termes de confort, si on n’est pas en présence d’un vélo de cyclotouriste, le comportement des pneus est appréciable pour diminuer les petites vibrations sur les revêtements rugueux. Globalement, le vélo n’a pas tendance à rebondir, ni à remonter les grosses irrégularités du bitume. Il serait encore meilleur dans le domaine avec des pneus de 28, voire de 30 pour ceux qui voient encore plus gros.

Dans les descentes, le Performance est très précis lorsqu’il s’agit de choisir la bonne trajectoire.

Cet Adris Performance est donc une sacrée surprise, aussi léger que bon nombre de référence en haut de gamme sur le marché, et sans doute pratiquement aussi performant. J’ai en tout cas pris beaucoup de plaisir à son guidon, car sa polyvalence typée performance correspond à ce que j’attends d’un vélo sur route. Sa belle finition avec une peinture unie mais très profonde à l’oeil et un équipement au top de ce qui se fait actuellement ne gâche rien en termes de sensations. Et ce vélo est en plus proposé à un tarif particulièrement attractif.

Le Performance : un nom à retenir parmi les cadres haut de gamme pour celui qui vise le plaisir sur la route.

L’ADRIS PERFORMANCE en bref…

Les + : poids, rendement, équipement, rapport qualité/prix, finition
Les – : direction parfois un peu trop nerveuse

Cadre : Carbon UHM – Fourche : Carbon UHM – Poste de pilotage : Adris Aerodesign Carbon – Freins : Shimano Dura-Ace 140/140 mm – Dér. Arrière : Shimano Dura-Ace Di2 12 v. – Leviers : Shimano Dura-Ace Di2 12 v. – Cassette : Shimano Dura-Ace 11-30 – Chaîne : Shimano Dura-Ace 12 v. – Pédalier : Shimano Dura-Ace 12 v. 52-36 – Roues : Mavic Cosmic SLR 45 – Pneus : Vittoria Corsa Pro 700×26 – Selle : Selle Italia SLR Boost Superflow Carbon – Tige de selle : Adris Performance Carbon – Poids : 6,875 kg en taille S sans pédales – Nombre de tailles : 5 – Prix : 8999 € – Kit cadre à 2299 €.

Contact : www.adrisport.com

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Guillaume Judas

  - 53 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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6 commentaires sur “Test de l’Adris Le Performance

  1. Tant d’approximations dans un seul article… quel dommage, je m’attendais à mieux de 3Bikes depuis le temps.
    Non, ce Performance n’est pas une création ADRIS avec ses propres moules. C’est de l’open mold acheté chez Speeder Cycling : https://www.speedercycling.com/Carbon-Road-Disc-Frameset-SC-R52D-_p412.html
    Vous le verrez, les formes et la géométrie correspondent parfaitement. Si Adris vous indique le contraire, c’est qu’ils ont menti.
    Quant à l’homologation UCI, elle ne présage en rien de la sécurité des cadres, puisque l’homologation n’exige qu’un respect des formes et tailles de tubes. Les cadres sont à 99% homologués sans que la marque ai à fournir le moindre cadre. Il suffit à la marque de payer 5000 Francs Suisse pour l’homologation du cadre.

    1. Il ne nous appartient pas de remettre en doute les affirmations d’une marque concernant l’origine de ses cadres. Il nous est bien sûr impossible d’aller rechercher l’existence des moules disponibles en open mold chez tous les fabricants asiatiques.
      Donc Adrisport nous a affirmé que la fabrication s’effectuait en suivant son propre cahier des charges et avec ses propres moules. Et nous n’avions aucune raison de remettre en doute cette affirmation.
      Concernant l’homologation UCI, vous avez raison pour le côté sécuritaire (on modifie), en revanche il semble que la fédération internationale demande la fourniture d’un prototype avant validation du label.
      https://assets.ctfassets.net/761l7gh5x5an/2rAfC3xzdcO3k3KSUOTn6Q/b87afdcc2f470709fb4c208f828cfa69/PROTOCOLE_D___HOMOLOGATION_POUR_KITS_CADRE.pdf

      1. Pour avoir fait homologuer 4 vélos d’une marque, jamais l’UCI ne nous a demandé autre chose que les fichiers 3D modélisés des cadres et fourches.

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