Test de l’application SRAM AXS

Avec la généralisation des groupes électroniques, est venue la possibilité d’améliorer leur utilisation en personnalisant notamment la gestion des changements de vitesse, mais aussi en suivant précisément le niveau de charge des batteries, ou encore en mettant à jour les dernières évolutions. Dans le cas présent, SRAM et son système maison baptisé AXS (à prononcer « access » et non « A-X-S ») vise la gestion personnelle de son groupe via l’application qui permet de gérer tous ces paramètres. De quoi satisfaire a priori tous les publics, du débutant à l’expérimenté.

Texte : Olivier Dulaurent – Photos : 3bikes.fr, Sram

Lorsque la technologie SRAM eTap est sortie sur le marché, le changement a été plutôt radical par rapport aux groupes concurrents chez Shimano et Campagnolo. Il faut dire qu’avec l’absence totale de câbles et le fait de n’utiliser qu’un seul bouton sur chaque manette, le constructeur américain avait jeté un pavé dans la marre chez les équipementiers.

La transmission SRAM eTap AXS s’affranchit totalement des câbles

En face de nombreux atouts (esthétique épurée, poids, côté finalement très intuitif des changements de vitesses), l’autonomie était un paramètre en retrait de la concurrence avec environ 1000 km pour le dérailleur arrière. Si bien que de nombreux utilisateurs ont pu se laisser « piéger », sans pouvoir terminer leur sortie avec la batterie arrière d’origine et malgré le fait qu’un témoin passant au rouge au niveau du dérailleur arrière aurait dû les alerter ! Cependant, un autre atout des groupes SRAM électroniques provient du fait que les deux batteries sont interchangeables. Ainsi, il est toujours possible de finir sa sortie en utilisant la batterie du dérailleur avant, ce qui condamne évidemment l’usage de ce dernier mais permet de rouler en utilisant les pignons arrière. Un autre astuce est de rouler avec une autre batterie dans la poche. Légère et peu encombrante, cette solution de secours peut aussi sauver une sortie ! Quoi qu’il en soit, pouvoir suivre régulièrement l’état de ses batteries sur un groupe SRAM électronique était une façon d’éviter ces petits désagréments… ce que propose de faire l’application AXS.

La personnalisation pas à pas

Une fois l’application gratuite SRAM AXS téléchargée sur le smartphone, c’est ici que débute la communication avec la transmission (poignées et dérailleurs). L’application est intuitive dès le début, en créant un profil d’utilisateur lié à son propre vélo. Il est même possible de débuter la personnalisation en utilisant une photo du vélo en question, voire en lui donnant un nom.

L’accueil sur l’application

Pour rappel, quand la transmission n’est pas modifiée par l’application, les changements de vitesse s’opèrent de façon classique chez SRAM : appui sur le bouton de la manette droite et la chaine descend d’un pignon, appui sur le bouton de gauche et la chaine monte d’un pignon, appui simultané sur les deux boutons et le changement de plateau s’effectue. Dans ces conditions, les croisements du type grand plateau – grand pignon sont toujours possibles et lors du changement de plateau, l’utilisateur doit lui même décider du pignon à adopter pour garder une cadence confortable. A noter qu’avec deux plateaux et 12 pignons, soit théoriquement 24 combinaisons utilisables, il ne reste finalement qu’une quinzaine de développements notablement différents en raison du chevauchement des développements. En effet, avec les plateaux (43/30) et la cassette (10-36) du vélo d’essai, une combinaison de 30×17 est quasi identique à celle de 43×24 soit 3,75 m de développement.

Si les micro ajustements peuvent se faire directement sur le vélo, l’application suit pas à pas les opérations

Avec l’application ouverte, il est nécessaire de « réveiller » la transmission à travers les quatre éléments qui la constituent afin de pouvoir dialoguer avec le smartphone.

L’application « voit » les deux dérailleurs

 

Le vélo de test était aussi équipé des deux petits boutons sous le cintre, d’accès possible avec le pouce, pour un changement de vitesse avec les mains en haut du cintre

Une fois les éléments reliés à l’aide de la fonction dédiée, il devient possible d’entrer dans le mode configuration. L’étape suivante définit les fonctions suivantes : « configurer les contrôles » et « paramètres de transmission ». Lors de cette action, l’utilisateur a accès au niveau précis des batteries. En se connectant individuellement aux éléments de la transmission, une information sur une mise à jour est donnée.

Au moment du téléchargement de l’application, une mise à jour sur le dérailleur arrière était disponible

Configurer les contrôles

Cette fonctionnalité permet théoriquement de personnaliser ses changements de vitesse. Par exemple, il serait éventuellement possible de faire remonter la chaine sur la cassette avec une action de la manette de droite. Cependant, le côté intuitif de la transmission SRAM serait alors notablement affecté. En l’état, il est probablement préférable d’en rester au fonctionnement d’origine, tel que décrit plus haut et rappelé ici : appui sur le bouton de la manette droite et la chaine descend d’un pignon, appui sur le bouton de gauche et la chaine monte d’un pignon, appui simultané sur les deux boutons et le changement de plateau s’effectue. De toutes et par définition, la transmission SRAM n’ayant que deux boutons, par définition les possibilités sont ici moins nombreuses que chez Shimano ou Campagnolo qui doivent gérer quatre boutons.

Paramètres de transmission

Il s’agit d’un sous menu qui apparait nettement plus complet que le précédent et propose un fonctionnement adapté à ses propres préférences.

Tout d’abord, à l’aide de la fonction Multishift, il est possible de personnaliser le nombre de pignons changés lors d’un appui prolongé sur la manette, tant à la montée qu’à la descente des vitesses. D’origine (et à l’image d’une transmission SRAM électronique eTap sans technologie AXS), le réglage est basé sur Tout, c’est à dire que l’appui prolongé sur la manette permet de balayer tous (« Tout ») les pignons de la cassette. Quant à l’application, elle offre la possibilité de s’en tenir à deux ou trois pignons, au choix de l’utilisateur. Cette fonctionnalité sera surtout appréciée par les cyclistes peu familiarisés avec la transmission SRAM et qui auraient tendance à changer en une seule action (prolongée) plus de pignons qu’ils ne le souhaiteraient.

Le Multishift est prêt à être personnalisé

Dans un second temps et il s’agit là de l’aspect le plus technique et intéressant de l’application : les modes compensation et séquentiel.

Avec le mode compensation, l’intérêt se trouve lors du changement de plateau, à la montée comme à la descente. L’utilisateur peut alors faire le choix de compenser automatiquement par un ou deux pignons (à définir soi même), la grande modification de développement liée à ce changement de plateau. Ceci a donc pour effet de diminuer voire annuler le changement de cadence difficile à gérer lorsque l’on change de plateau sans modifier les pignons dans le même temps. Certes, un cycliste expérimenté peut réaliser ces opérations lui-même mais dans le feu de l’action ou en cas de fatigue avancée, il est parfois possible de rater la manœuvre parfaite.

Dans le cas de la capture d’écran, le mode compensation va gérer le changement de plateau avec le changement simultané d’un pignon

Le mode séquentiel est comme son nom l’indique, une façon d’utiliser l’ensemble des développements sans action volontaire sur le dérailleur avant. C’est à dire que l’utilisateur va monter ou descendre les vitesses jusqu’à ce que la transmission décide elle même de changer de plateau pour obtenir le développement souhaité. Par exemple, lorsque le croisement grand plateau – grand pignon est proche (ou offre moins de rendement) et que l’action demandée est d’avoir un développement plus souple, la transmission passe alors le petit plateau avec le pignon correspondant à la cadence souhaitée. Le même procédé intervient sur le petit plateau lorsque les plus petits pignons sont progressivement exploités : pour éviter de croiser la chaine, la transmission passe automatiquement le grand plateau avec le pignon implicitement choisi par le cycliste. L’idée est ici d’avoir une progressivité dans l’utilisation des différents développements, sans rupture de cadence liée aux changements de plateaux et surtout sans devoir se poser de questions ni ajuster la bonne cadence avec le dérailleur arrière.

Détails sur les passages de vitesse en mode séquentiel

Pour qui et quand ?

Au delà de l’aspect bien pensé de l’application (suivi du niveau des batteries, personnalisation de la transmission), l’application SRAM AXS a aussi le mérite de ne pas enfermer l’utilisateur dans un fonctionnement imposé. En cela, elle propose… le cycliste dispose. Libre à lui d’activer ou non les possibilités qui lui sont offertes. Dans les faits et pour une utilisation classique, l’immense majorité des cyclistes expérimentés va préférer garder le fonctionnement d’origine pour prolonger des habitudes liées à des dizaines de milliers de kilomètres parcourus durant lesquels une action physique entraine une action du vélo. Ce profil d’utilisateur se sentira déboussolé, par exemple lorsque l’action habituelle qui permet de remonter seulement un pignon va entrainer un double changement de vitesses (plateau et pignons dans le même temps). L’impression donnée est alors de perdre la mainmise sur sa transmission. Cependant, « en prenant la température » autour de nous, il apparait qu’une utilisation orientée vers la performance peut être liée au mode séquentiel : la gestion d’un Contre La Montre, effort lissé par définition. Ici, le cycliste proche d’un effort au seuil, avec les mains sur les prolongateurs et une lucidité moindre en raison de l’intensité de l’effort, peut préférer n’avoir à gérer que deux actions : plus dur ou plus facile.

Le Trek Domane, équipé en SRAM Rival AXS, qui a servi de test pour l’article

Mais c’est surtout pour les cyclistes qui débutent dans le vélo ou même avec une transmission SRAM électronique que la personnalisation des changements de vitesse trouve tout son intérêt. La gestion des développements selon le terrain qui se présente sous les roues, devient plus facile, ce qui maintient une cadence de pédalage plus constante, un paramètre conduisant à réduire la fatigue et donc augmenter le plaisir !

Et dans tous les cas, quel que soit le profil du cycliste, pouvoir suivre le niveau de charge des batteries et mettre à jour facilement sa transmission en quelques clics sur son smartphone, est toujours appréciable.

Enfin, il est à noter le tableau de bord AXS Web (https://axs.sram.com), sur lequel l’utilisateur peut effectuer l’analyse de sa sortie avec les changements de vitesse, les développements utilisés, etc.

L’application SRAM AXS en bref…

Note : *****

Les + : niveau de charge des batteries en temps réel, mises à jour rapides, personnalisation possible des changements de vitesse
Les – : RAS

Application gratuite – Disponible sur les transmissions SRAM Red, Force et Rival – Cassettes disponibles : 10-26, 10-28, 10-33, 10-36 – Plateaux disponibles : 43-30, 46-33, 48-35 –  Contact : Sram

Plus d’infos sur SRAM AXS : https://www.sram.com/en/sram/road/campaigns/axs-app

=> VOIR AUSSI : Tous nos articles Matériel

 

Olivier Dulaurent

- 48 ans. – Pigiste presse écrite et Internet depuis 2004, auteur de Le Guide du Vélo Ecolo (Editions Leduc, novembre 2020), Moniteur Brevet d’Etat Cyclisme, encadrant de stages cyclistes depuis 2005 et coach cycliste - Pratiques sportives actuelles : cyclisme route et VTT (occasionnelle : course à pied) - Strava : Olivier Dulaurent

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2 commentaires sur “Test de l’application SRAM AXS

  1. Bonjour, pour info , je pilote un tandem , je préfère le mode séquentiel, car , très très compliqué de voir sur quel pignon je suis -je peux visualiser sur mon « garmin »
    par contre, la chaine saute souvent quand ça passe du petit vers grand plateau
    10*36 et 46*3.
    merci

  2. Bonjour,
    Je suis très satisfait des modes de contrôle du dérailleur.
    Cependant, je ne parviens pas à définir mes plateaux et mon affichage sur mon compteur Edge est faux. Est-il possible de définir son système de plateaux dans AXS ?

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