Test des lunettes Oakley Sutro Lite Sweep Vented

Directement inspirées du modèle iconique Eyeshade apparu au milieu des années 80, les nouvelles lunettes Oakley Sutro Lite Sweep Vented sont portées en 2022 par Remco Evenepoel (Quick Step – Alpha Vinyl) notamment, et elles apportent protection et confort quelles que soient les conditions.Test d’une paire de lunettes avec lesquelles on ne peut pas passer inaperçu.

Par Guillaume Judas – Photos : ©3bikes.fr

Les Sutro Lite Sweep Vented s’inspirent des Eyeshade de Greg LeMond… en plus modernes.

La marque Oakley née en 1975, mais à l’origine elle fabrique des poignées pour moto, en utilisant un caoutchouc aux caractéristiques innovantes que le fondateur Jim Jannard nomme unobtainium. Fort du succès de ce matériau qui se distingue par ses propriétés d’adhérence même sous l’humidité, Oakley développe en 1984 ses premières lunettes sportives, avec un modèle dédié là encore à la moto. Et quelques mois plus tard, la marque lance les Eyeshade, le premier modèle spécifique de l’histoire pour le cyclisme, qui protège des UV, des insectes ou de toutes sortes de projections, tout en restant très léger. Des lunettes popularisées dès 1985 par le coureur américain Greg LeMond, qui remporte le Tour de France l’année suivante. Puis Oakley se diversifie en proposant des lunettes de soleil pour tous les sports et pour la vie de tous les jours, et même des montures pour les lunettes de vue. Aujourd’hui, Oakley est l’une des marques les plus emblématiques au monde, et elle continue de proposer des produits techniques et pas spécialement inabordables. Pour l’anecdote, le nom Oakley vient du nom du chien du fondateur !

Les verres et le repose-nez sont interchangeables.

Les Sutro Lite Sweep Vented sont donc des lunettes modernes et performantes qui s’inspirent du premier modèle iconique de la marque, les Eyeshade, au niveau de la forme et de la protection du champ de vision. Très larges sur le visage, elles ne vont pas à tout le monde, du moins avec une tête nue sans le casque. Nous mettrons donc volontairement de côté cet aspect pour ce test, et nous nous concentrerons plutôt sur le confort.

Les Sutro Lite Sweep Vented couvrent largement le champ de vision.

Quatre caractéristiques les distinguent avec une absence de bord de la monture sur la partie basse du verre (contrairement aux Sutro, l’autre modèle “large” de la gamme), des branches droites et légèrement flexibles pour s’adapter au maximum de tailles de visage avec un matériau antidérapant, des plaquettes de nez en Unobtainium qui assurent une excellente adhérence même avec de la sueur (deux tailles de repose-nez sont fournies), et des verres Prizm conçus pour améliorer les couleurs, les contrastes et les détails du terrain. Ces verres à reflets roses offrent une transmission de lumière de 20 %, ce qui les rend particulièrement confortables sous des conditions changeantes, tout en protégeant des UV. Ils restent évidemment interchangeables, ce qui permet d’opter pour des verres de remplacement le cas échéant (disponibles pour le moment sans l’option Vented, avec ses dix orifices sur le haut des verres).

La transmission de lumière des verres Prizm Road est de 20 %, ce qui reste confortable même sous la grisaille.

Avec un poids de 30 g, les Sutro Lite Sweep Vented sont très légères, et elles sont proposées en trois versions : en vert et jaune avec les verres Prizm Ruby Lenses (transmission de lumière de 17 %, donc plutôt pour une forte luminosité), en jaune et orange avec les verres Prizm Trail Torch (transmission de lumière de 35 %, plutôt pour les conditions nuageuses) et donc en noir et rose avec les verres Prizm Road pour des conditions plus intermédiaires. Des verres testés pour résister aux forts impacts, et conçus comme pour les montures pour limiter au maximum les risques de blessures en cas de chute, en se tordant plutôt qu’en cassant.

La finition est de très bon niveau. Les charnières des moutures semblent très solides à l’usage.

Les Sutro Lite Sweep Vented s’inscrivent au sein d’une gamme Sutro très complète, avec les Sutro (le modèle large inspiré des cyclistes urbains), les Sutro Lite (sans bord de monture sur la partie basse du verre), les Sutro S (plus petites) ou Sweep, avec un verre plus court sur la partie basse, ou Vented, avec les aérations sur la partie haute du verre.

Sur la route avec les Oakley Sutro Lite Sweep Vented

Bien que d’apparence très larges sur un visage fin, les Sutro Lite Sweep Vented s’accordent parfaitement avec le port d’un casque. La monture n’entre pas en conflit avec la partie frontale du casque, et une fois en place les lunettes ne bougent pas. Les branches sont suffisamment longues pour assurer un bon maintien au dessus des oreilles, mais comme elles sont particulièrement fines à leur extrémité, elles ne gênent pas au niveau des sangles du casque ou de la partie en plastique du maintien occipital.

La partie supérieure de la monture s’accorde bien avec la partie frontale de quasiment tous les casques.

Habitués aux verres photochromiques, nous sommes un peu surpris par l’écran légèrement rosé au début de notre première sortie sous un franc soleil et sous la canicule. Les contrastes semblent bien accentués et les couleurs ne sont finalement pas superficielles. C’est un peu comme si on bénéficiait d’un léger voile tamisé. Même si la protection face à la luminosité n’est pas extrême, on apprécie le confort de vision apporté, notamment dans les parties en sous-bois où le verre conserve un peu de clarté.

Sous les nuages, le filtre est assez sensible et la vision est un peu plus sombre qu’avec les verres photochromiques, mais les Prizm Road restent polyvalents. Le choix nous parait excellent pour ceux qui ne n’utilisent pas leurs lunettes en conditions extrêmes, comme sur les pistes de ski en plein soleil ou à midi en bord de mer sous les Tropiques.

Les branches fines à leur extrémité restent confortables malgré la structure du casque et les sangles.

Rien à dire au niveau du maintien, car en dépit de leur largeur, les Sutro Lite Sweep ne bougent pas sur le visage, même au cours d’un sprint. Les branches s’accordent bien avec le port d’un casque, pour peu que celui-ci soit bien réglé.

Mais là où ces lunettes sortent véritablement du lot, c’est au niveau de la gestion de la sueur sur le front. On se rappelle que les Eyeshade étaient pourvues en option d’une partie en éponge sur le haut de la monture pour éviter que la sueur ne coule dans les yeux, mais ici c’est totalement inutile. Sous 35°C, là où toutes les lunettes de notre collection reçoivent des gouttes de sueur sur la partie intérieure du verre, il ne se passe strictement rien. On peut rouler quatre heures en pleine chaleur sans devoir se relever pour essuyer le champ de vision.

Les orifices pour la ventilation sont très bien étudiés.

Une aération évidemment bien utile en cas de pluie, car les risques d’apparition de buée sont ici inexistants. La taille très généreuse du verre limite également très fortement les courants d’air sur les yeux. Enfin, l’absence de bord inférieur apporte aussi du confort, très sensible en course pour appréhender et voir plus rapidement le placement du coureur à côté, ou qui “débouche” au sprint.

Bref, au-delà d’un look rétro qui plait ou qui peut au contraire repousser, les Oakley Sutro Lite Sweep Vented sont surtout des lunettes de très haut de gamme parfaitement adaptées à la pratique du cyclisme dans des conditions difficiles ou lorsqu’il faut conserver tous les réflexes pour tenter d’accrocher une grande performance. Leur prix de vente n’est de plus pas excessif par rapport à la concurrence, et compte tenu de la qualité du produit. Bref, on recommande !

=> VOIR AUSSI : Acheter les lunettes Oakley Sutro Lite Sweep Vented à 149 €

Les OAKLEY SUTRO LITE SWEEP VENTED en bref…

Note : *****

Les + : confort, protection, aération, maintien
Les – : larges pour les visages fins

Hauteur de verre : 58 mm – Largeur de monture : 132,6 mm – Monture : O Matter® – Repose-nez : Unobtainium® – Verres : Prizm™ Lens Technology – Trois couleurs et trois verres différents – Poids : 30 g – Prix : 170 €

Contact : oakley.com

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Guillaume Judas

  - 51 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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