Qu’est-ce qu’un bon coach et comment le reconnaître ?

Connaissez-vous cette pratique aussi vieille que la Grèce antique qui consiste à faire découvrir à ceux qui nous font confiance des vérités qu’ils possèdent en eux-mêmes ? Qui font aussi que le potentiel individuel peut être développé au-delà d’un niveau la plupart du temps sous estimé au départ ? Qui est cet individu qui vous pousse à voir vos contradictions et vous fait progresser peu à peu vers une meilleure connaissance de vos valeurs, croyances, visions et de vos objectifs les plus fondamentaux ? Quelle est cette personne qui favorise une meilleure connaissance de vous même et de vos aspirations ? Pourquoi lui faire confiance ? Comment identifier ses compétences ? Qu’est-il possible d’attendre de lui ? En clair, pour progresser et évoluer, faut-il absolument se faire accompagner de ce personnage quasi mystique qui se cache sous le nom de coach ? 

Par Jean-François Tatard – Photos : depositphotos.com

Le saviez-vous ? À l’époque, Socrate le philosophe, nommait déjà maïeutique, littéralement traduit par « l’art d’accoucher les esprits », le procédé qui consiste à analyser les compétences d’un individu à un instant T puis de les développer sur une échelle de valeurs parfois subjectives. Ce guide peut vous faire part d’un ensemble d’informations qui lui apparaît comme venant les expliquer, les préciser, les compléter, les contredire ou les confirmer. Il vous donne de l’information sur ce qu’il perçoit de vous, de vos compétences, de vos caractéristiques et de vos comportements. Il est capable de vous renvoyer l’image que vous donnez et qui est parfois (souvent) différente de celle que vous pensez avoir. 

Nous développons tous des comportements que nous mettons en œuvre de façon automatique et dont les ancrages se trouvent dans le passé. Ces comportements qui étaient justifiés dans un contexte révolu peuvent ne plus être adaptés au contexte présent ou futur alors même que nous pouvons continuer à les mettre en œuvre de façon inconsciente. Le postulat du coaching est que nous disposons tous des ressources nécessaires pour pouvoir amener un changement ou pour pouvoir développer de nouveaux comportements plus adaptés à ce que nous voulons obtenir. Le coach vous accompagne alors à la fois pour trouver vos propres solutions et, à partir des ressources dont vous disposez, pour tester peu à peu ces nouvelles solutions jusqu’à ce que vous les intégriez comme nouvelles compétences. Il s’agit d’une stratégie d’actions visant le présent et le futur en ne cherchant pas la justification des comportements passés : « Comment faire différemment maintenant ? » et non pas « Pourquoi avoir fait comme cela dans le passé ? ». Le coach vous aide donc à la fois à déterminer ce que vous voulez et à développer les meilleures stratégies et comportements pour atteindre vos objectifs.

Le coach vous accompagne pour trouver de nouvelles solutions afin de continuer à progresser.

Il n’existe pas UNE seule façon de coacher un athlète. Chaque coach a son propre style qui fonctionne et que personne ne peut imiter. C’est un art très singulier. D’ailleurs mixer les méthodes – même si chacune peut très bien fonctionner individuellement – peut s’avérer étonnement très inefficaces. Il faut comprendre les associations. Et il n’est justement pas si simple de créer les bonnes associations. Certaines méthodes aussi bonnes soient elles sont parfois complètement incompatibles. Quand vous êtes athlète, il faut faire confiance à la méthode retenue. Il n’y a rien de pire pour un coach que de voir un athlète aller chercher les informations à gauche et à droite et de les compiler lui même. 

Actualiser les connaissances

Néanmoins, quelle que soit la méthode individuelle, il y certaines caractéristiques communes à tous les grands coachs… Pour pouvoir coacher efficacement, l’entraineur doit avoir une compréhension approfondie du sport et fondamentalement des compétences nécessaires. Le coach doit planifier, programmer et rétroprogrammer la saison, connaître la nature progressive de l’adaptation à l’entraînement, comprendre les effets, anticiper les étapes importantes et les passages obligés, connaître les règles et créer un environnement simple et structuré pour favoriser la réussite des athlètes.

Le coaching consiste à programmer les séances en fonction des objectifs à court, moyen et long terme.

Si un bon coach en connaît un rayon sans mauvais jeu de mot, il doit faire preuve d’une grande capacité à actualiser ses connaissances. Il continue à apprendre et à développer de nouvelles techniques d’entraînement. Tous les jours. Il observe. Il s’instruit. Il fait ses recherches. Il voyage. Il parcourt. Il expérimente. Il se renseigne. Il lit. Il étudie. Etc. Lui aussi, il grandit.

Néanmoins, acquérir de nouvelles connaissances n’est pas suffisant. Le coach doit avoir confiance en ses acquisitions. Parce qu’elles seront parfois confrontées à des oppositions. Des points de vue variant viendront ainsi très régulièrement contredire les idées retenues. Le coach doit être prêt a prendre du feedback évidemment, mais il doit aussi tenir le cap. Ne pas (trop) dévier ! En général, les athlètes et les sportifs même s’ils ont un coach, sont souvent seuls. Alors, plus ils comprennent ce qu’ils font et pourquoi ils le font, mieux ils pourront s’entraîner. Le coach doit être clair et ne pas se laisser brouiller !

Savoir motiver

La dimension motivationnelle est une autre valeur précieuse. Le plus optimiste de la bande, c’est généralement le coach. Il a une attitude positive et un grand enthousiasme pour ce qu’il fait. Pour son sport bien sûr et plus que tout : pour ses athlètes. Il réussit aussi à modifier les curseurs de perceptions. À faire donner à l’athlète de la valeur à des aspirations bien plus profondes que le résultat à la compétition. Qu’est-ce qui est le plus important ? Le résultat ? La place ? Le classement ? Tout ce qui se mesure ? Le coach est capable de motiver un désir d’accomplissement qui va au-delà de la mesure et de la reconnaissance ou de toute forme de distinction. Il perçoit intrinsèquement quel est le carburant de son athlète. Qu’est-ce qui viscéralement au fond de son cœur le motive le plus. La différence entre un coach lambda et un coach d’exception, c’est que le coach d’exception éloigne l’athlète de toute forme de comparaison à l’autre. Il l’invite à se comprendre. Il l’invite à voyager à l’intérieur de lui et à ne se comparer qu’à lui. Le coach d’exception comprend que les leviers de stimulation les plus efficaces se situent dans une discussion entre l’individu d’aujourd’hui et celui qu’il veut être demain. Il l’aide à se connaître.

À chacun sa méthode pour motiver, ou pour être motivé.

Autre chose, les démonstrations d’émotions peuvent fonctionner avec certains athlètes, mais avoir un effet dévastateur sur d’autres. Chacun a son mode de fonctionnement. Certains athlètes sont très factuels, pragmatiques et programmatiques. Alors, que d’autres ont un fonctionnement plus irrationnel qui repose plus sur des réactions affectives. Même s’il est normalement un bon communicant, le coach doit individuellement adapter sa communication et son propre comportement. Sans excès, le coach dégage de la confiance, mais aussi de la compétence, du respect et de l’autorité. Ses idées sont claires et ses explications sont simples.

Compétence clé

Mais rien de tout ça ne serait possible, si le coach n’avait pas une formidable capacité d’écoute. Le coach est ultra réceptif. C’est d’ailleurs le point de départ. Avant d’émettre, il faut être capable de recevoir. Bien écouter fait partie des soft skills, et permet de désamorcer des situations de crise, de se concentrer sur le factuel, d’activer l’intelligence émotionnelle, en multipliant les points de vue sur le réel. À cet égard, l’écoute est une compétence clé pour ne pas dire LA compétence clé du coach.

La confiance entre l’athlète et l’entraîneur est primordiale en toutes circonstances et essentielle à un coaching réussi. Un entraîneur efficace établit clairement un code de conduite dès le départ et il s’y tient. C’est ce qu’on appelle : LA DISCIPLINE. Néanmoins, il ne s’agit pas d’être un dictateur et d’abuser de l’autorité. D’ailleurs, mon expérience de coach en entreprise dans l’industrie du diagnostic vétérinaire me fait dire que pour que cet aspect soit efficace, les décisions disciplinaires doivent être modérées, immédiates et cohérentes. Et mon expérience me fait aussi dire qu’un coach efficace donne l’exemple. Il respecte les mêmes règles que celles qui sont imposées aux athlètes. Celui qui veut le respect doit également faire preuve de respect et un coach qui veut que les athlètes l’écoutent doit également écouter les athlètes.

Un grand coach doit savoir aimer les gens.

Et enfin pour conclure, le dénominateur commun à tous ces grand coachs que j’ai observés depuis aussi longtemps que ce métier me fascine c’est qu’ils adorent ce qu’ils font. Ils aiment les gens. Ils les considèrent comme un prolongement d’eux-mêmes. En plus d’un considérable engagement, leur implication dans leur activité, leur volonté et leur abnégation à faire progresser l’autre dans une démarche parfaitement généreuse et altruiste et cette inspiration pour le domaine dans lequel ils l’exercent sont absolus. Le coaching est un métier qui s’exerce 24 heures sur 24. 7 jours sur 7. 365 jours par an. Les grands coachs vivent et respirent l’art du coaching. Le coach gagne sa vie avec ce qu’il reçoit mais il lui donne un sens avec ce qu’il donne. Sa valeur tient ainsi dans sa capacité à donner…

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Jean-François Tatard

- 41 ans - Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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