Le pic de forme

Si le compétiteur – qu’il soit cycliste, triathlète ou runner – en faisait sa quête prioritaire, le « pic de forme » serait probablement son plus beau trésor à découvrir. D’ailleurs, vous souvenez-vous d’un article sur 3bikes.fr qui avait déjà traité de la surcompensation ? Alors amis théoriciens ou vous autres, amoureux de coaching et de méthodes d’entrainement, ce moment où votre potentiel est porté à son maximum est-il réellement planifiable ?

Par Jean-François Tatard – Photos : Billy Ceusters

Le pic de forme c’est l’aboutissement de la préparation. Le moment où votre corps est à son apogée pour réaliser une performance. Le moment où vous tirez la quintessence de ce que vos parents vous ont légué dans votre petit corps d’apprenti champion. Mais comment l’atteint-on ? Est-il possible de renouveler régulièrement cette disposition ? Combien de pics est-il possible de se créer en un an ?

Générer le pic de forme

Dans sa grande théorie, pour générer le pic, il va vous falloir construire un plan. Un plan qui s’anticipe de longs mois à l’avance. Peut-être même un an à l’avance. On l’organise par étapes…

Le champion du monde Julian Alaphilippe sait très bien gérer ses pics de forme.

Les grandes phases pour atteindre le pic de forme

Vous savez compter jusqu’à 4 ?

  • Étape 1 : la phase de développement où vous développer votre endurance de base
  • Étape 2 : vous spécifiez le travail en ciblant l’allure et l’intensité qui vous seront nécessaires d’atteindre au moment clé le jour J. Pendant cette période, vous accumulez les charges d’entrainement, en accumulant aussi de la fatigue. Vous n’avez pas forcément l’impression de progresser d’un jour à l’autre, et les sensations sont parfois mauvaises. L’idée derrière tout cela est de travailler les différentes filières énergétiques, selon un plan d’entrainement plus ou moins complexe.
  • Étape 3 : vous relâchez la pression. Physiquement & mentalement. Vous rechargez au niveau de l’énergie par l’alimentation et le repos et vous potentialisez ainsi les capacités de l’organisme.
  • Étape 4 : the D Day ! Le jour de la compét, le jour où vous êtes censé avoir atteint votre pic de forme…

Combien de temps durent ces effets magiques ?

Le pic de forme dépend forcément des individus et de leur capacité à récupérer mais généralement, on peut imaginer que le pic dure quelques semaines. Un mois maximum. Il vaudrait donc mieux parler de période de forme que de pic de forme.

Et après ?

Et bien après : on récupère ! C’est le moment où on fait le bilan. Le bilan de ce qui a marché. De ce qui peut être amélioré. On capitalise sur les points positifs et on met en place un futur plan d’action pour transformer les points d’amélioration en prochains points forts. En respectant bien ce moment de relâchement, on peut envisager deux ou trois autres pics de forme dans la saison.

Après le pic de forme, il est impératif de prévoir une période de récupération, où l’on relâche l’intensité, avant de reprogrammer une période de travail foncier.

La gomme & le principe « essai/erreurs »

Les coachs font en sorte que la compétition majeure de la saison de l’athlète se trouve dans cette période de forme. Le moment où généralement l’entraînement se concentre majoritairement sur l’aspect qualitatif. Mais si c’était si simple… Non, il faut adapter les plans d’entraînement en fonction des imprévus, des blessures, du contexte ou des contretemps. De plus, même s’il existe une base de l’entrainement, chaque sportif est différent, en fonction de son parcours, de son passé, de ses capacités de progression, de son entrainabilité. Ce qui marche à coup sûr pour l’un (l’enchainement de certaines séances) ne fonctionne pas nécessairement pour l’autre. C’est pourquoi le meilleur outil du coach vous le connaissez ? Le meilleur outil du coach c’est la gomme et le protocole « essai/erreurs »!

Pour conclure

Rassurez-vous, les théoriciens, oui, on peut programmer un pic de forme. Oui, on peut programmer un état de forme. Il faut hiérarchiser les cycles d’entraînement : reprise / développement / pré-compétition / compétition en sachant jouer sur les temps de récupération afin de permettre aux ressources énergétiques d’augmenter progressivement jusqu’à la période de forme. Ainsi, vous l’aurez compris : la plus grosse menace se situe au niveau de la planification des temps de récupération qui se contextualise et s’individualise en fonction de tous les facteurs qui composent votre existence et votre quotidien. Et maintenant que vous avez les clés, ne reste plus qu’à définir la date à laquelle vous voulez vraiment le plus briller…

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Jean-François Tatard

  40 ans. Athlète multidisciplinaire, coach en vente et consultant sportif. Collaborateur à des sites spécialisés depuis 10 ans. Son histoire sportive commence quasiment aussi vite qu’il apprend à marcher. Le vélo et la course à pied sont vite devenus ses sujets de prédilection. Il y obtient des résultats de niveau national dans chacune de ces deux disciplines.

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