Test du vélo électrique STAJVELO Mirabeau

Signature monégasque, Stajvelo propose un catalogue pluriel pour satisfaire toutes les pratiques. Sorti en 2020, le Mirabeau est un e-bike route performance aux lignes élancées et au design classieux. Avec son moteur Polini ultra performant et ses composants adaptés à une pratique hybride, voici un partenaire de route idéal pour outrepasser les difficultés d’un parcours quand la forme, l’âge, le dénivelé ou, tout simplement, le manque de temps font leurs effets. Prise de marque et découverte sur le relief azuréen.

Par Pierre-Maxime BRANCHE – Photos : 3bikes.fr et Stajvelo

Le Mirabeau a incontestablement la classe.

La marque de cycles et e-cycles monégasque Stajvelo ne vous proposera pas de voyages tout inclus, comme vous pourriez, phonétiquement, l’imaginer. En revanche, elle vous parlera d’amour, d’innovation, de confort et d’écologie avec, à sa tête, Thierry Manni son fondateur. D’amour, car le nom reprend les initiales des membres de son cocon familial. Sa femme Stéphanie, lui-même et ses enfants Andrea et Jules. D’innovation, car Thierry est le fils du créateur de Mécaplast, une société du Rocher spécialisée dans la production de pièces plastiques automobiles. L’entrepreneur a su profiter du savoir-faire de plus de quatre décennies de Mécaplast pour donner naissance, fin 2016, à l’objet de ses fantasmes et passions : le RV01, un nom en hommage à son frère Hervé parti bien trop tôt, mais surtout le premier vélo électrique en composites avancés injectés, fabriqué à Monaco, doté d’un moteur Continental avec transmission automatique intégrée, d’une courroie carbone et de roues interchangeables. Une machine élégante, unisexe et facile à appréhender et entretenir.

Le RV01 séduit. Le carnet de commande se remplit et ouvre le champ de tous les possibles. Très vite, le Beau Rivage, un « route musculaire » sur la base d’un cadre artisanal italien en composites carbone fait son apparition : entièrement personnalisable, réalisé sur-mesure avec étude posturale offerte. Suivent des e-bikes (Nomades et Nomades R ce dernier typé un peu plus sport) pour les amateurs des déplacements urbains respectueux de l’environnement. Puis un e-gravel, le MontAgel, pour répondre à cet esprit de liberté de rouler, de découvrir au cours d’une même sortie de nouveaux chemins, sur route comme en forêt ou montagne. Ne manquait alors qu’un e-bike route et performance : le Mirabeau est né.

Lancé il y a un an tout juste, le Mirabeau est la référence électrique route performance de la société monégasque.

Outrepasser les pourcentages pour prolonger le plaisir

Sorti en juillet 2020, il s’adresse à ceux qui ont besoin d’un petit coup de pouce pour prolonger le plaisir. Car c’est bien là l’essentiel. Ce vélo de route électrique permet d’outrepasser les pourcentages des routes les plus abruptes pour élargir le champ des possibles des passionnés de la petite reine. Quel que soit le niveau, l’âge ou la condition physique du cycliste. Selon le constructeur, « l’assistance du moteur Polini EP-3 ne désacralise pas la sortie. Au contraire, elle la sublime en ne gardant que le plaisir ». Esthétiquement, il reprend les codes du Beau Rivage, le modèle route traditionnel Stajvelo. Fabriqué en carbone ID 800, le cadre monocoque lui apporte rigidité et stabilité. Une attention particulière a été apportée au design : peinture de qualité, décoration précieuse, le Mirabeau est d’une élégance certaine. Designé à Monaco, ses lignes optimisées intègrent parfaitement la batterie, positionnée dans le tube diagonal, pour un rendu aérodynamique. Les câbles et le moteur intégrés lui donnent une ligne élancée et moderne.

Positionné dans le boîtier de pédalier, le moteur Polini EP-3 est performant, ultra réactif et silencieux.

Des pics à 500 watts…

Avec seulement 2,85 kg, le moteur Polini EP-3 est l’un des plus compacts de sa génération. Doté d’une assistance bridée à 25 km/h, il permet de franchir tous les pourcentages. Cette assistance se dose à l’aide d’un simple clic sur la console posée sur le cintre. Elle dispose de cinq modes qui permettent au moteur d’atteindre des pics de 500 W pour les pentes les plus abruptes. Il est possible d’y coupler son téléphone ou encore sa ceinture cardiaque grâce au Bluetooth intégré afin d’avoir accès à toutes vos informations personnelles. Selon le fabricant, l’autonomie atteint jusqu’à 220 km avec le premier niveau d’assistance, 180 km avec le deuxième et permet de franchir les plus hauts cols lors de grandes sorties en montagne et, bien entendu, peu importe votre condition physique.

Pourcentages d’assistance et autonomie selon les informations constructeur :

Niveau assistance 1  –  30 %  – 180-220 km
Niveau assistance 2  –  60 %  – 150-180 km
Niveau assistance 3  –  120 %  – 100-150 km
Niveau assistance 4  –  250 %  –  80-100 km
Niveau assistance 5  –  400 %  – 60-85 km

Pour refaire le plein d’énergie, une petite clé permet d’accéder à la batterie bien dissimulée dans le tube diagonale. Un petit tour à droite et une petite vis à dévisser permettent d’enlever le cache et de brancher tout simplement l’alimentation sur secteur.

Des roues adaptées à la pratique hybride

Côté équipement, le Mirabeau est monté avec les roues DT Swiss HE 1800 Spline 32 (freinage à disque de 160 mm). Elles disposent de composants spécialement conçus pour les VAE route afin de résister aux efforts et sollicitations intenses. C’est notamment le cas des moyeux, développés pour apporter plus de stabilité, ou encore du rayonnage pour répondre à des machines pesant entre 15 et 25 kg.

Le Mirabeau est équipé d’un train roulement haute performance avec des roues DT Swiss HE 1800 chaussées de Pirelli P-Zero Velo.

Par ailleurs, on remarque une transmission Shimano Ultegra Di2 en 11 vitesses, avec pédalier compact 50-34. Une version Sram Force AXS est également disponible au catalogue. Des périphériques FSA (cintre + potence), une selle Fizik et des pneus Pirelli P-Zero Velo en 28 mm. Disponibles en trois tailles (S, M et L), quelques unités XS et XL existent tout de même, hors catalogue, sur demande. Deux coloris possibles qui tranchent : une dominante argentée avec des touches de noir ou une dominante noire avec des touches dorées. La balance affiche 14,9 kg sans pédales, en taille M, et l’addition s’élève à 6 950 euros.

Pour enclencher le moteur Polini, il suffit d’un appui long sur ce bouton positionné en haut du tube diagonal. Des diodes vertes permettent de voir en un coup d’œil le niveau d’assistance.

Sur la route

Les premiers coups de pédale demandent forcément plus de puissance. Pour lancer le Mirabeau et ses 15 kilos, sans assistance et surtout si vous êtes sur un braquet moyen, l’engagement des quadriceps et ischios-jambiers est plus que nécessaire pour prendre de la vitesse. Cela ne dure que quelques secondes et une fois passée cette étape, les sensations se rapprochent très vite d’un vélo de route traditionnel. On oublie rapidement le poids qui représente, tout de même, le double de votre monture habituelle. Sur une route plate, toujours sans assistance, le Mirabeau est très agréable et se démarque notamment par son confort de roulement. On enchaîne aisément les kilomètres sans avoir besoin de lancer le moteur. Évidemment, les petits reliefs et arrêts obligatoires ici et là rappellent la nature du Mirabeau et exigent des relances plus exigeantes. Mais globalement, il est tout à fait possible de réaliser une sortie plate, en endurance fondamentale, sans forcer plus que nécessaire pour l’emmener et prendre du plaisir avec les copains.

Le premier niveau d’assistance gomme le surpoids du Mirabeau par rapport à un vélo de route traditionnel.

Puis les pourcentages sont arrivés. Joueurs que nous sommes, nous n’avons évidemment pas résisté à l’idée de pousser le moteur à son maximum dès le début pour voir ce que le Mirabeau avait dans le ventre. Forcément amusant et galvanisant, car la puissance du moteur Polini vous propulse entre 25 et 27 km/h sans discontinuer. Comme une impression de dégager la puissance d’un Julian Alaphilippe ou d’un Mathieu van der Poel lorsqu’ils démarrent et veulent provoquer la décision dans le final d’une classique ou d’une étape. Mais ici sans forcer, juste en accompagnant le pédalage. Au point même de devoir freiner derrière des voitures dans des portions sinueuses. A cette pleine puissance, le moteur reste relativement silencieux. Il est aussi ultra réactif aux diverses sollicitations et changements d’assistance et tourne d’une manière très fluide, régulière et sans à-coups. Avaler des pourcentages à ces vitesses inatteignables sur un effort musculaire n’est évidemment pas le but. Et, passé l’amusement de la découverte de la puissance maximum, le plaisir retombe quasi immédiatement. L’amusement n’a qu’un temps. En revanche, si on se projette sur une fin de sortie longue, avec une grosse fatigue, on comprend que tout passera facilement pour rentrer à la maison. Et ça, c’est un confort mental et musculaire donc une sécurité appréciable pour tout cycliste.

Les informations sont bien lisibles sur l’écran de la console d’assistance.

Une console de commandes facile à manipuler

Les cinq niveaux de puissance sont bien étagés. L’assistance est progressive et décroche juste avant les 27 km/h, à 26,7-8 km/h. Disons qu’elle pousse jusqu’à 25, puis elle diminue progressivement et s’éteint à 27, pour ne pas planter le cycliste d’un seul coup et lui donner l’impression de se prendre un mur. L’étalonnage entre les niveaux d’assistance est personnalisable. En roulant, la commande est facilement accessible, ses boutons sont suffisamment gros pour changer rapidement de puissance sans s’y reprendre à plusieurs reprises.

Les boutons de la console sont particulièrement gros et permettent de basculer entre les différents modes sans s’y reprendre à plusieurs fois.

L’écran est lui-aussi suffisamment large pour bien lire et visualiser les informations telles que votre vitesse, le niveau d’assistance, mais aussi et surtout l’autonomie restante. Indispensable pour bien gérer votre sortie. L’écran est pour le moment en noir et blanc, mais une version analogique en couleur est en développement. C’est peut-être un détail, mais cette console est loin d’être sexy et mériterait un bon travail de design et d’ergonomie pour être dans le ton de la classe du Mirabeau.

Passer les bosses avec le Mirabeau est facile et confortable pour prolonger les sorties et le plaisir.

Quelle cible ?

En termes de sensation, « le premier niveau d’assistance permet de gommer le poids du vélo », explique Marvin Gruget, le marketing manager de Stajvelo. C’est assez vrai, mais cela va même au-delà selon notre propre ressenti. Avec cette première gâchette, l’aide est déjà très perceptible et soulage assez fortement l’engagement des muscles et donc cardiaque. Disons que cela vous permet de monter à votre vitesse ascensionnelle habituelle, mais sans forcer. C’est énorme ! La deuxième gâchette rend les choses encore plus faciles. On se retrouve ainsi dans une aisance inhabituelle, d’autant plus si les pentes sont importantes. Il n’y a (presque) plus de notion d’effort sportif. On peut parler ou chanter sans problème. Les gâchettes suivantes (3-4-5) se rapprochent plus du scooter que du vélo. C’est là que la question de la cible ou de la clientèle visée avec le Mirabeau, bien que vous vous doutiez qu’elle se soit posée dès réception du vélo, rejaillit. Car pour des cyclistes expérimentés, régulièrement entraînés ou des coursiers, l’amusement laisse vite place à la frustration de la performance physique et sportive ainsi qu’au goût de l’effort. Alors qui pourrait s’en porter acquéreur ?

La batterie et le moteur sont parfaitement intégrés dans le tube diagonal et le boîtier de pédalier.

Avec son Mirabeau, Stajvelo vise plusieurs profils de clients : 1. les pratiquants âgés, séniors, qui ont besoin du fameux « coup de pouce » pour suivre les copains sur le plat ou se permettre des profils de parcours accidentés et montagneux ; 2. des personnes en surpoids qui s’orientent vers du sport santé et qui pourraient eux-aussi se permettre des parcours aux reliefs variés sans “buter” ; 3. des gros travailleurs, type chef d’entreprise, qui n’ont pas le temps de s’entraîner en semaine et veulent pouvoir pratiquer leur passion le week-end sur de belles sorties avec du dénivelé sans être dans le dur ; 4. des vélotaffeurs souhaitant transpirer un minimum avant d’arriver au boulot, même avec des routes vallonnées, et disposer d’un vélo de course le week-end. On pourrait rajouter une 5e catégorie : des nouveaux pratiquants qui n’ont pas de culture cycliste, qui n’ont pas non plus forcément la culture de l’effort physique et mental que le cyclisme requiert, mais qui souhaitent découvrir les joies de la petite reine.

Le freinage à disque est assez puissant pour contenir les 15 kg du Mirabeau et aborder les courbes en toute sérénité.

Du plaisir en descente aussi

Si vous êtes dans ces cas là, nul doute que le Mirabeau sera un parfait compagnon de route. D’autant plus qu’il affiche une parfait comportement en descente. Et oui, une fois basculé au sommet d’une bosse ou d’un col, généralement, on plonge dans une descente. Avec ses 15 kg, on pourrait imaginer une torture de pilotage dès que les vitesses s’affolent et que les virages s’enchaînent. Ce n’est pas du tout le cas. Le Mirabeau est un modèle de stabilité, il maintient parfaitement les trajectoires. On corrige aussi facilement les courbes mal négociées malgré son embonpoint car ce surpoids est bien réparti entre le tube diagonal et la boîte de pédalier, ce qui assoit l’ensemble vélo-pilote. Le freinage à disque est suffisamment puissant et la gomme des Pirelli P-Zero a beaucoup d’accroche. C’est véritablement en descente que sa vocation électrique se fait oublier. Les sensations et le pilotage sont vraiment très proches d’une vélo de route classique. Malgré le poids, on se sent en grande sécurité, on peut attaquer les courbes sans crainte. Il n’y a que l’attaque du freinage (évidemment, on n’a pas un petit 7 kg entre les jambes !) et les relances qui diffèrent, mais le temps d’adaptation est très rapide.

Le Mirabeau est une alternative intéressante pour des pratiquants peu expérimentés, mais qui veulent goûter aux plaisirs de la haute montagne.

Au terme de cette belle découverte, nous ne sommes clairement pas les cyclistes cibles du Stajvelo Mirabeau. Aujourd’hui en tout cas. C’est en revanche une option à garder en tête, car la vie est faite de rebondissements qui changent les habitudes, les emplois du temps, la forme physique. Pour poursuivre sa passion face à l’avancée du temps, pour franchir de la haute montagne lors de vacances sportives, pour accompagner des amis plus en forme ou se rendre à son travail en protégeant l’environnement et se faire plaisir le week-end, le Mirabeau est une belle alternative. La satisfaction personnelle de l’effort physique passera alors par une modération dans l’utilisation de l’assistance électrique pour garder une certaine saveur.

Le STAJVELO MIRABEAU en bref…

Note : *****

LES + : assistance performante et réactive, confort, stabilité et maniabilité dans les trajectoires en descente
LES – : prix, choix de tailles, console d’assistance peu élégante

CADRE : Monobloc UD 800 Carbone monocoque – FOURCHE : Mono UD 800 Carbone, flat mount – ROUES : DT Swiss HE1800 Spline 32 mm – PNEUMATIQUES : PIRELLI PZero Vélo en 28 mm – TRANSMISSION : SHIMANO Ultegra Di2 11v Disc – PÉDALIER : POLINI e-Bike avec double plateaux FSA 50-34 – CASSETTE : Shimano Ultegra 11v 11-28 – FREINS : Shimano Ultegra, 160 mm – CINTRE : Aluminium FSA ACR System avec câbles intégrés – POTENCE : FSA – TIGE DE SELLE : Mono UD 800 Carbone, aéro – SELLE : Fizik Vento Argo R5 – MOTEUR : Polini EP-3 250W, couple 70 Nm – BATTERIE : POLINI EP-3 500 Wh, 13,8 Ah – COMMANDE : POLINI Dot Matrix – NOMBRE DE TAILLES : 3 (S/52, M/54 et L/56) – COLORIS : Silver/black ou Black/Gold – POIDS : 14,9 kg (taille M, sans pédales) – PRIX : 6 950 €

CONTACT : https://www.stajvelo.com/fr/

 

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Author: Pierre-Maxime Branche- 39 ans. - Journaliste professionnel depuis 2004 en presse sport spécialisée et information générale. - Pratiques sportives actuelles : triathlon & fitness. - Instagram : pierre_maxime_branche

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