La mort subite du sportif : pourquoi et comment l’éviter ?

La semaine dernière, c’est encore un autre cycliste amateur en bonne santé apparente qui est décédé subitement, quelques heures après l’entrainement. Cette terrible nouvelle nous rappelle que nous sommes tous vulnérables. Plus qu’un hommage pour ce fidèle lecteur de 3bikes, nous aimerions définir des recommandations et ainsi, nous tenterons ici d’expliquer comment ces accidents appelés parfois « mort subite » sont possibles et comment les éviter.

Par Jean-François Tatard – Photos : Pixabay.com / Jeff Tatard

La mort subite n’est heureusement pas aussi fréquente que ça mais elle intervient dans suffisamment de cas pour qu’on mette des recommandations en exergue de façon à la prévenir. Chaque année, 50 000 Français sont victimes d’un décès inattendu et sans aucun signe avant-coureur. Dans 90 % des cas, la cause est cardiovasculaire, avec des victimes atteintes d’une cardiopathie sous-jacente, avec une malformation cardiaque silencieuse et ignorée. La mort subite de l’adulte représente 5 à 10 % des causes de mortalité et près de la moitié des décès de cause cardiaque. Elle touche quatre hommes pour une femme et la moitié a moins de 65 ans. La mort subite de l’adulte survient en moins d’une heure et sans symptôme particulier.

Profiter de chaque instant… Mais aussi prendre soin de soi et savoir s’écouter…

Chez les sportifs, chaque année, on compte près de 2000 cas de mort subite dans l’effort ou dans les heures suivantes. Souvent, cela défraye la chronique parce que les personnes sont jeunes et a priori en bonne santé. À noter qu’il n’y a que quelques cas à relier avec une pratique dopante, et que la plupart du temps, cela n’a strictement rien à voir.

Parmi les différentes formes de mort subite, les cardiologues définissent deux pics. Le premier avant 35 ans et dans ce cas, c’est souvent lié à une anomalie cardiaque et plus précisément une hypertrophie du cœur ou autrement appelée la menace du « gros cœur ». Depuis quelques années, les différentes instances du sport de haut niveau ont d’ailleurs développé leur système de détection prématurée. C’est aussi pour cette raison que chaque année de jeunes coureurs, comme les frères Turgis récemment par exemple se font retirer leur autorisation d’exercer leur métier de coureur cycliste professionnel. Des tests de dépistage très efficaces ayant permis de confirmer un risque majeur. Et après 35 ans, la mort subite est causée principalement par un problème sur des artères du cœur plus connu sous le nom d’infarctus. 

La plupart du temps, chaque mort subite est un malade cardiaque qui s’ignore. Quand on présente des facteurs de risque justement, on en avait déjà parlé sur 3bikes.fr, on sait qu’il faut faire un bilan régulièrement. Les accidents cardiaques interviennent souvent à l’occasion d’une reprise du sport après une convalescence ou après plusieurs mois sans en faire pour d’autres raisons. Les victimes s’y remettent de façon (trop) brutale. Quant aux signes les plus évocateurs, on retrouve souvent des douleurs dans la poitrine, un essoufflement avec l’impression que le cœur s’emballe, ou encore une perte de connaissance, un malaise. On vous le redit une fois encore, nous devons nous responsabiliser et ne pas prendre le risque à la légère. Nous devons essayer d’être le plus précoce possible dans le dépistage des anomalies.

L’origine de la mort subite

Dans le cas de la mort subite, il s’agit d’une fibrillation ventriculaire, c’est-à-dire que le rythme cardiaque devient d’un coup trop rapide, qu’il n’est plus assez performant pour faire fonctionner correctement le cœur et lui permettre d’alimenter en sang et en oxygène les différents organes, dont le cerveau. 

La mort subite se manifeste par différents symptômes immédiats : une perte de connaissance soudaine et rapide, une absence de pouls palpable au niveau de la carotide ou du poignet, un arrêt de la respiration.

Pour que la victime ait une chance de survie (seulement 3 % des cas), il faut immédiatement appeler les secours, commencer un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur pour établir un choc électrique pour que le cœur rebatte normalement.

Les facteurs de risque

Certains facteurs peuvent faire craindre un risque de mort subite chez l’adulte : l’insuffisance cardiaque, un antécédent d’infarctus du myocarde de moins d’un an, une prédisposition génétique aux troubles du rythme cardiaque (tachycardie, bradycardie), le tabagisme, l’hypertension artérielle, le surpoids, le diabète de type 2 ou l’hypercholestérolémie.

Mais les facteurs déclenchants peuvent être mixtes, en rapport avec des conditions de pratique exceptionnelle, comme le stress, le froid, la chaleur, la fatigue, des troubles diététiques, la déshydratation, une maladie virale, etc.

Pour surveiller l’intensité de l’effort, mais aussi détecter certaines anomalies, le cardiofréquencemètre devrait être systématique…

La prudence est de mise

Alors évidemment, on ne peut pas s’empêcher de penser au risque encouru par certains sportifs amateurs ayant une pratique un peu extrême, trop intensive, déséquilibrée, ou sans plan d’entrainement, les adeptes du “toujours plus” qui ne s’accordent pas ou peu de moments de récupération, qui négligent la préparation foncière et qui de ce fait sur-sollicitent leur cardio.

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Nous ne sommes pas médecins, mais chez 3bikes nous avons tous pratiqué ce sport de façon intense. Et nous le faisons probablement encore… Alors l’expérience nous fait dire que vous devons faire un électrocardiogramme de repos régulièrement. Au moins tous les deux ans. Et probablement encore plus régulièrement, l’âge avançant. Et puis, nous devons privilégier la filière en endurance lorsque nous reprenons le vélo. Ne vous lancez pas aussi directement dans des exercices de fractionnés ou à intensités soudaines. Cela demande des précautions. Investissez dans une ceinture cardiaque et ne dépasser pas les 60-70 % de la FCM dans un premier temps. Et si vous ne connaissez pas votre potentiel cardiaque précis, la théorie du “220 – l’âge” fonctionne très bien (Ex : 70 % de 180 pour un homme de 40 ans c’est 126 pulsations / minutes).

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Parmi les autre recommandations, même pour les plus entrainés, n’oubliez pas de lever le pied régulièrement, et pour cela la règle des “80-20” fonctionne très bien : 80 % de votre temps consacré à l’endurance de base à faible intensité, 20 % de votre temps pour des intensités plus élevées.

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Consacrez toujours 10 bonnes minutes à l’échauffement et 10 bonnes minutes au retour au calme, même pour un entrainement court. Évitez par la même occasion les exercices en état de déshydratation, si vous êtes malade ou fiévreux, ou en convalescence. Des règles de base, mais souvent oubliées chez les sportifs pressés.

Pour conclure…

La mort subite peut donc toucher tout le monde, même les cyclistes les plus chevronnés. Alors par pitié, protégez-vous et soyez progressifs ! Il y a encore plein de belles balades à faire…

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