Humeur : nos bons vieux vélos à patins…

Ce texte est un billet, donc très personnel. Je vous avoue ici que je persiste et signe pour le freinage à patins sur la route. Ceci n’est qu’un avis et n’engage que moi, mais en voici mes raisons.

Par Bruno Cavelier / Texte paru dans Cyclo Coach n°66 actuellement en kiosque – Photos : Pxhere.com / pixnio.com / Scott-sports.com / @3bikes.fr 

Je préfère les vélos de route à patins. Peut-être est-ce dû à mon âge avancé que je n’ose ici vous avouer, mais dont en voici des indices. J’ai commencé à jouer au coureur lorsque j’avais 10 ans avec mes amis d’enfance à Pézenas. On tournait autour de l’étang et on s’attribuait des points à chaque tour. On s’était rebaptisé par les prénoms des cadors de l’époque. J’étais Freddy (Maertens) car j’avais de bonnes cuisses, l’un était Felice (Gimondi) pour son élégance naturelle, l’autre Poupou car il ne gagnait jamais… Bref, aucun n’avait choisi de s’appeler Eddy ; trop prétentieux, le Cannibale était sacré. Dire que j’ai un demi-siècle de vélo au compteur… Bon, je m’égare, mais pas tant que ça.

Un vélo dans sa plus simple expression conserve un certain charme.

Car pour moi, un vélo doit ressembler à un vélo. Déjà que j’ai eu du mal à digérer le sloping des années 90, les cadres aéro d’aujourd’hui avec leurs tubes à sections carrées, massifs, où la potence semble ne pas avoir de cou, dont aucun câble ne dépasse, leur tige de selle qui n’a plus rien d’une tige, et leurs fameux freins à disques, c’en est trop pour moi. Car un vélo doit avoir une certaine finesse pour contraster avec la rudesse de notre sport et du cycliste qui le bouscule, des tubes fins, de la dentelle et des étriers de frein pour une noblesse qui le distingue des deux-roues motorisés.

Un vélo doit avoir une certaine finesse pour contraster avec la rudesse de notre sport et du cycliste qui le bouscule…

Pourquoi tu freines ?

Et puis un vélo n’est pas fait pour freiner. Ce qui distingue un cycliste expérimenté de l’un qui ne l’est guère, c’est un choix de trajectoires, une modulation des efforts, qui font que le freinage est souvent superflu. Ou au pire, il doit n’être qu’une délicate action visant à ajuster la vitesse à un kilomètre près. Pour ça, pas besoin de plaquettes mordant de la ferraille ! Le chuchotement d’un patin glissant sur le carbone suffit bien.

Dans les descentes, ce sont surtout les trajectoires qui font la différence.

D’ailleurs, un freinage puissant n’intervient qu’en cas d’urgence. Et dans ce cas là, disques ou patins, on croise les doigts pour éviter la gamelle. C’est notre dextérité secondée ou non, par la bonne étoile que l’on a au-dessus de la tête qui fait que l’on mord la poussière ou pas.

Tu es mécano toi ?

Ce n’est pas le poids qu’ajoute le freinage à disques à un vélo par rapport au freinage à patins qui nous dérange – quelques dizaines de grammes dont on se moque sachant qu’il vaut mieux les perdre au niveau de nos bourrelets – mais le côté technique. Changez de marque de roues et à un demi-millimètre près, le disque viendra sournoisement faire couiner un côté de l’étrier.

Un vélo avec des freins à patins ests plus facile à régler et à entretenir.

Et là, il faudra régler mais ce n’est pas simple. Puis un jour, il vous faudra purger votre système avec tout un attirail spécifique fait de tubes et de seringues façon Géo Trouvetout. L’opération est assez délicate ; croyez-en mon expérience puisque j’entretiens mes vélos de cyclo-cross… à disque. Car pour cette discipline, je suis en fervent supporter de cette nouvelle technique. Je vous avais bien dit, que tout ceci n’est que mon avis. Alors, disques ou patins, à vous de voir !

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