Le syndrome du canal carpien

Cycliste du dimanche, ou athlète de haut niveau, les blessures n’épargnent aucun sportif. Elles nous rendent tristes et ronchons et méritent bien une fiche explicative en QQOQCP pour chacune. L’idée à travers cette succession de petits dossiers est de mieux les comprendre, d’adopter les bons comportements pour les éviter et la conduite à tenir pour mieux se rétablir.

Je vous propose ainsi de balayer à chaque fois, sous la forme du “QQOQCP” (Quoi, Qui, Où, Quand, Comment, Combien, Pourquoi) et en autant de dossiers que de blessures les plus récurrentes en cyclisme et en triathlon, toutes les possibilités de frustration liée à une mise au repos forcé.

Après le genou, la clavicule, les douleurs de selle, les douleurs de rachis, l’endofibrose de l’artère iliaque, la tendinite du tendon d’Achille, le syndrome des loges, je vous propose aujourd’hui une fiche explicative – toujours avec la démarche du QQOQCP – cette fois-ci pour le syndrome du canal carpien.

Par Jean-François Tatard – Photos : CC0 Public Domain, wikipedia, Pixnio.com

QUOI ?

Parmi les pathologies du poignet, avez-vous déjà entendu parler du syndrome du tunnel carpien ? C’est la plus connue des pathologies. Ce syndrome est la conséquence d’une pression directe sur le nerf médian à la hauteur du poignet. Le canal carpien est limité en arrière par la face antérieure des os du carpe c’est à dire de la main et en avant par un ligament : le ligament annulaire antérieur du carpe. Le nerf médian parcourt le canal carpien avec les tendons fléchisseurs des doigts.

En bref, le syndrome du canal carpien est un syndrome canalaire. Et sa compression altère la fonction sensitive et motrice de la main. La compression peut également avoir différentes origines : une inflammation des tendons fléchisseurs des doigts et de leurs gaines peuvent venir comprimer le nerf médian.

Le syndrome du canal carpien est la conséquence d’une pression directe sur le nerf médian à la hauteur du poignet.

QUI ?

Qu’ils soient des champions cyclistes, des coureurs amateurs ou d’un niveau plus modeste ou encore cyclotouristes, nombreux sont les cyclistes à éprouver, à un moment ou à un autre, des problèmes au niveau des mains. La paralysie du cycliste (neuropathies cubitales) et le syndrome du tunnel carpien représente plus d’une blessure sur trois causées par la pratique intensive du cyclisme.

OÙ ? 

La fonction principale du nerf médian est la pince entre le pouce et les doigts et l’opposition du pouce. Il est également responsable de la sensibilité d’une partie des doigts et d’une partie de la main. Quant aux symptômes, ils touchent généralement le pouce, l’index, le majeur ou l’annulaire, mais peuvent aussi s’étendre à toute la main. La paralysie du cycliste survient lorsque le nerf cubital (ou ulnaire) se trouve comprimé dans la zone du talon de la main (la partie qui relie la main au poignet).

La prise ferme du guidon et les vibrations sont la plupart du temps responsables de l’apparition des symptômes.

QUAND ?

Cela est la conséquence d’une position d’appui répétitive et prolongée sur le guidon qui entraîne une compression des nerfs et cause quelque chose qui ressemble à des engourdissements, de l’inconfort et des douleurs dans les mains.

COMMENT ?

L’hyperflexion du poignet, souvent attribuable au fait de garder les mains dans le creux du cintre de route en position basse, peut créer une pression provoquant des picotements dans le petit doigt ou l’annulaire, parfois accompagnés d’une faiblesse de la main. C’est aussi une des raisons pour laquelle vous devriez observer un peu de repos. On peut aussi y associer des étirements. Certains accompagnent le soulagement des symptômes par la prise d’anti-inflammatoires. Et contrairement à ce qu’on entend, la chirurgie est rarement nécessaire. D’ailleurs, qu’est ce qui peut réellement vous permettre d’aider à aller mieux au-delà du repos ? Le médecin peut vous proposer le port d’une orthèse ou d’une attelle, des exercices d’étirement comme évoqué plus haut, ainsi que les fameux antidouleurs prescrits comme traitement de premier recours. Il arrive toutefois que la décompression chirurgicale du tunnel carpien soit requise.

Le port de gants rembourrés au niveau de la paume peut limiter l’apparition des fourmillements dans les mains.

Enfin, rassurez-vous, il existe heureusement quelques trucs simples pour continuer à profiter des joies de la bicyclette tout en minimisant les chances de développer des problèmes aux mains. Essayez de modifier l’angle de votre appui et de diminuer la force du poids qui repose sur vos mains et poignets en essayant différentes positions de cintre et en réajustant la hauteur de selle. Vous pouvez également porter des gants cycliste pour absorber le stress causé par votre charge.

 

POURQUOI ?

Des anomalies osseuses vont rétrécir le tunnel. Cela peut engendrer un cal, une saillie osseuse au niveau d’un des os, des manifestations arthrosiques ou un épaississement du ligament. Et dans plus de 60 % des cas, ce syndrome est idiopathique c’est à dire sans cause précise. Enfin, dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent avec l’arrêt de l’activité ou peu de temps après la fin des sorties, mais ces derniers peuvent persister plusieurs semaines, voire des mois, et nécessiter une évaluation par un spécialiste de la main. Alors faites simple, www.3bikes.fr est juste là pour vous donner des pistes, car la seule vraie solution si vous êtes concerné est d’en parler à un spécialiste.

CONCLUSION 

Dans les prochaines fiches explicatives, je vous propose de continuer à passer en revue les blessures qui nous paralysent le plus souvent. On verra ainsi la prochaine fois, les traumatismes crâniens, les pathologies digestives, les fascites plantaires et les périostites.

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Jean-François Tatard

Jean-François Tatard

Jeff TATARD - 38 ans. - consultant sport - athlète multidisciplinaire (running, cyclisme, route, VTT, Run & Bike) Facebook : Jeff Tatard Insta : Jefftatard

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