L’endofibrose de l’artère iliaque

Cycliste du dimanche, ou athlète de haut niveau, les blessures n’épargnent aucun sportif. Elles nous rendent tristes et ronchons et méritent bien une fiche explicative en QQOQCP pour chacune. L’idée à travers cette succession de petits dossiers est de mieux les comprendre, d’adopter les bons comportements pour les éviter et la conduite à tenir pour mieux se rétablir.

Je vous propose ainsi de balayer à chaque fois, sous la forme du “QQOQCP” (Quoi, Qui, Où, Quand, Comment, Combien, Pourquoi) et en autant de dossiers que de blessures les plus récurrentes en cyclisme et en triathlon, toutes les possibilités de frustration liée à une mise au repos forcé.

Après le genou, la clavicule, les douleurs de selle et les douleurs du dos, je vous propose aujourd’hui une fiche explicative – toujours avec la démarche du QQOQCP – cette fois pour les endofibroses et notamment de l’artère iliaque.

Par Jean-François Tatard – Photos : Frédéric Poirier, wikimedia commons/Henry Gray, Flickr.com

QUOI ?

Une endofibrose de l’artère iliaque est une infection qui touche comme son nom l’indique l’artère iliaque externe. Seul l’examen clinique permet de retrouver les circonstances d’apparition ainsi que la symptomatologie. L’examen va permettre de faire le point sur la condition physique du cycliste, sur ses habitudes d’entraînement, le volume d’entraînement, les modifications liées aux différents changement passés ou récents (changement de vélo, de coach, de méthodes, de catégories, de région, d’organisation, etc).

Une endofibrose de l’artère iliaque externe peut se révéler très handicapante à l’effort.

Les symptômes se manifestent par une gêne ou une douleur lors d’un effort intense localisé dans une jambe. Cette douleur peut aller de la cuisse jusqu’au pied, et laisse une sensation de jambe engourdie, ou de cuissard trop serré. Il s’agit d’un signe d’une endofibrose artérielle, plus précisément d’un étranglement de l’artère iliaque qui se situe au niveau de l’aine et qui limite l’irrigation sanguine de la jambe.

L’artère iliaque est située dans une zone très mobile à l’endroit du pli de flexion de la jambe. En pédalant, l’artère iliaque se plie et se déforme. Dans certains cas, ce mouvement répétitif produit un épaississement de la paroi interne de l’artère. Peut s’y ajouter une réduction du calibre intérieur de l’artère, qu’on appelle sténose.

QUI ?

Avez-vous échappé à l’épisode Pauline Ferrand-Prevot ? On retrouve l’endofibrose iliaque souvent chez les cyclistes femmes ou hommes et de façon plus notoire chez ceux qui pratiquent le vélo à un degré d’entraînement important, que ce soit en termes de volume et d’intensité. Néanmoins, on voit aussi des cyclotouristes impactés par cette pathologie handicapante. D’autres sportifs que les cyclistes peuvent être touchés, mais c’est plutôt rare.

OÙ ?

C’est souvent en queue de peloton que cela se passe. Tant que cela ne roule pas trop vite, ça va, mais dès que la vitesse et que l’intensité de l’effort augmentent, le cycliste est alors décroché. Cette situation inhabituelle est assez évocatrice d’endofibrose et permet de s’orienter sur cette piste.

QUAND ?

Le cycliste se sent diminué et ses résultats baissent surtout quand il y a de la bosse sur le circuit. Ou encore lorsqu’il s’agit de rouler vite. En contre-la-montre par exemple ou en fin de course. Il est même dans l’incapacité de sprinter. Dans la mesure où les circonstances d’apparition sont lentes et progressives, et que la douleur ne se symptomatise pas clairement, il peut se passer un certain temps entre la perception subjective du problème et la mise en place d’un bilan spécifique. Sans que cela ne l’empêche de continuer son métier (laborieusement handicapé), l’ancien pro Boris Zimine a mis par exemple plusieurs années avant de comprendre la raison de cette faiblesse notoire dans sa jambe.

Située dans le pli de l’aine, l’artère iliaque est particulièrement exposée aux coups de pédale répétés.

COMMENT ?

Le cycliste ressent dans un premier temps une sensation de jambe plus faible par rapport au côté contre-latéral. Une baisse de force de plus en plus significative au fil du temps jusqu’à ce qu’a un moment il ne puisse plus faire autrement que de prévenir son médecin parce qu’il est lâché tous les dimanches et que cela devient insupportable.

Commencez par vérifier votre posture. Le bassin, pour commencer. Vérifiez aussi s’il n’y a pas une inégalité des membres inférieurs, ou un trouble de la statique plantaire. On vérifiera également la bonne qualité des retours veineux. La recherche systématique d’indice métabolique sera effectuée. Un autre examen : le doppler artériel rentre également dans le cadre d’examens spécialisés angiologiques. L’examen peut se faire au repos, mais aussi à l’effort. Et enfin L’artériographie va permettre de compléter le diagnostic avant la chirurgie. Car en effet pour le traitement : Il n’y a pas 36 solutions ! Il faut faire comme Pauline Ferrand-Prevot et passer que le billard. L’intervention chirurgicale est incontournable en cas de pathologie avérée. À moins de prendre la décision d’arrêter l’entrainement intensif, et par la même occasion le sport de haut niveau. La chirurgie consiste à retirer l’artère partiellement bouchée et la remplacer par une veine. Une opération lourde et complexe.

La chirurgie est la seule solution si vous souhaitez retrouver vos moyens.

La reprise progressive d’une activité sportive s’effectue en général après quatre semaines de récupération post opératoire. Le vélo n’est d’ailleurs pas forcément la première activité indiquée pour une reprise en douceur compte tenu de la localisation de la blessure. Mais vous pouvez rapidement marcher et nager avant de recommencer à rouler tranquillement. Il y a de nombreux exemples de coureurs opérés au début de l’automne qui ont pu ainsi retrouver la plénitude de leurs moyens au coeur de l’hiver.

POURQUOI ?

Un interrogatoire du médecin à la façon Colombo va permettre de retracer les antécédents familiaux. Cet examen clinique permettra également de rechercher essentiellement un facteur vasculaire immédiatement perceptible, avec une diminution très nette des signaux vasculaires dans la jambe incriminée. Si l’examen est bon c’est parce que vous aurez fait une oscillométrie, qui orienterait immédiatement vers le diagnostic.

CONCLUSION 

Dans les prochaines fiches explicatives, je vous propose de continuer de passer en revue les blessures qui nous paralysent le plus souvent. On verra ainsi la prochaine fois, les traumatismes crâniens, les pathologies du poignet, les pathologies digestives, les fascites plantaires ou autrement appelées aponevrosites, les tendinites du tendon d’Achille, les périostites, le syndrome des loges et les pubalgies.

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Jean-François Tatard

Jean-François Tatard

Jeff TATARD - 38 ans. - consultant sport - athlète multidisciplinaire (running, cyclisme, route, VTT, Run & Bike) Facebook : Jeff Tatard Insta : Jefftatard

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