Test du Canyon Endurace:ON 7.0

L’offre en matière de vélos hybrides (ou VAE route, bien que le terme d’hybridation convienne mieux ici) s’agrandit et les prix commencent à se démocratiser. Canyon ne pouvait évidemment pas être absent de ce segment, et propose ainsi avec son nouvel Endurace:ON 7.0 sa vision d’un vélo assisté au tarif relativement accessible.

Par Guillaume Judas – Photos : 3bikes.fr

Il faut un oeil averti pour distinguer l’Endurace:ON d’un vélo de route classique.

Nous l’avons déjà précisé au sein de nos colonnes, mais il convient d’insister sur le fait que la plupart des fabricants, dans le domaine du vélo de route à assistance électrique, ont choisi la modération en ne sombrant pas dans le ridicule parfois rencontré avec les VTT assistés. Alors qu’on aurait pu s’attendre à une course à la puissance à partir des premiers modèles proposés il y a 5 ou 6 ans, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit, avec une recherche sur l’intégration de l’unité motrice, l’autonomie de la batterie, la souplesse de fonctionnement et de transition entre les modes d’aide, et une prise de poids contenue.

La batterie est bien intégrée à l’imposant tube diagonal.

En s’alignant sur la réglementation qui impose que l’assistance électrique se coupe à 25 km/h, les fabricants adressent ainsi clairement ce type de vélo aux personnes diminuées, blessées ou en manque de condition physique plus qu’aux vrais sportifs qui voudraient battre des records. Et c’est tant mieux. Un VAE de route n’est pas non plus destiné à ne fournir aucun effort. Mais il offre le coup de pouce nécessaire pour effacer une côte ou limiter le coût énergétique d’une relance tout en continuant à rouler presque normalement. Cela ouvre le champ des possibles aux néo-pratiquants ou aux anciens diminués par l’âge par exemple, et qui peuvent ainsi continuer à profiter du plaisir de faire du vélo, surtout lorsque celui-ci s’accompagne de vertus sociales non négligeables.

Le moteur Fazua Evation 1.0 se révèle extrêmement doux à l’usage.

Avec l’Endurace:ON 7.0, Canyon propose ainsi son premier vélo à assistance électrique pour la route, en répondant à plusieurs critères propres à la marque. C’est un vélo bien entendu parfaitement abouti, au rapport prix-équipement favorable et au tarif général relativement accessible à 2999 €. C’est surtout un vélo qui bénéficie du dernier moteur Fazua Evation 1.0, que nous avons découvert pour l’occasion. Son fonctionnement silencieux, doux et progressif, et surtout avec une transition quasiment transparente au moment du débrayage lorsqu’on dépasse les 25 km/h nous font comprendre totalement le concept de « vélo hybride », parfaitement adapté à ses caractéristiques. Bref, bien qu’un peu lourd et proposé en seulement quatre tailles, cette machine remplit parfaitement ses objectifs.

Une question de tarif

Avec 15,2 kg sur la balance sans les pédales, un porte-bidon et un compteur, l’Endurace:ON 7.0 n’est pas un poids plume, surtout si on le compare aux autres vélos du même type déjà testés dans nos colonnes, comme le Cannondale Super Six Evo Neo 2 à 12,5 kg, ou le Specialized S-Works Turbo Creo SL à 12 kg. Mais le Canyon ne boxe pas du tout dans la même catégorie en termes de tarif, puisqu’il s’échange contre « seulement » 2999 €, à comparer aux 5499 € du Cannondale ou des plus de 12 000 € du Specialized.

La finition du cadre alu est de très bon niveau.

Un poids plus élevé qui s’explique d’abord par le matériau du cadre, en aluminium (dont on remarque l’excellente finition) et sans autres détails concernant l’épaisseur des tubes ou les renforts internes. Puis par les roues là aussi en aluminium « costaud ». Le groupe Shimano GRX, normalement conçu pour une pratique Gravel est lui aussi peut-être légèrement plus lourd que de l’Ultegra, mais il assure en tout cas un fonctionnement précis et efficace, aussi bien au niveau des changements de vitesse que du freinage. Quant aux périphériques, ils sont comme d’habitude chez Canyon sobres et bien finis.

La transmission mono plateau et les 11 vitesses apportent simplicité et polyvalence pour ce type de machine.
Le poste de pilotage est soigné.

Restent le moteur positionné dans la boîte de pédalier, avec un poids de 1,31 kg, et surtout la longue batterie et son support (le Drivepack) de 250 Wh intégrés sous le tube diagonal et qui pèsent 3,270 kg. Comme il est nécessaire de la retirer du vélo pour la recharger, mieux vaut éviter les manipulations trop rapides. L’assistance pèse ici presque 4,6 kg, auxquels il faut ajouter le système de télécommande positionné au sommet du tube diagonal, ainsi que le système de capteur à l’arrière pour mesurer la vitesse et ainsi respecter la réglementation. Si l’on ajoute la taille des tubes du cadre et l’équipement, le poids est alors tout à fait cohérent.

La batterie pèse plus de 3 kg, et nécessite d’être retirée du vélo pour être rechargée.

Trois modes d’assistance

Le système Fazua Evation 1.0 est choisi par plusieurs marques pour équiper leur(s) vélo(s) hybride(s) – ou VAE route, selon l’appellation, du fait de sa simplicité d’utilisation et surtout parce qu’il n’offre aucune résistance au pédalage lorsque l’assistance se coupe.

L’assistance est d’abord presque totalement silencieuse, et on peine à la distinguer des bruits habituels de transmission. Ensuite, on remarque une transition très douce entre le moment où l’unité motrice est en action, et le moment où elle se coupe, entre 25 et 26 km/h à l’affichage GPS. Contrairement à certains systèmes, il nous est même impossible de dire précisément à quel moment elle cesse de donner un coup de pouce, du moins sur des parcours moyennement vallonnés. Elle agit pour vous aider à relancer et effacer le poids du vélo lors des accélérations, après un virage, un feu tricolore ou un panneau Stop. Dans les bosses, elle permet de limiter l’effort en gagnant des watts, mais sans vous propulser vers l’avant non plus, et en fonctionnant surtout de manière optimale à une cadence de pédalage autour de 90 tours par minute, ce qui demande un certain effort physique tout de même.

On aurait aimé un fonctionnement plus franc de l’unité de commande.

Mais une fois relancé et effacée l’inertie du poids du vélo, passer à 26, 27, 28 km/h et au-delà sur le plat se fait de manière totalement transparente. Et si un faux plat ou une portion vent de face vous ralentit, l’aide se remet gentiment en route, de façon discrète.

La capteur de vitesse permet de respecter la réglementation.

Avec le système Fazua Evation 1.0, le Canyon Endurace:ON 7.0 bénéficie de trois niveaux d’assistance : le niveau « Breeze » (diodes vertes) apporte une aide jusqu’à 100 watts qui s’ajoutent à votre propre puissance, le niveau « River » (diodes bleues) ajoute jusqu’à 210 watts, et le niveau ‘Rocket » ajoute jusqu’à 250 watts. La puissance fournie dépend de la cadence de pédalage, et aussi malgré tout de votre engagement physique, du couple que vous mettez sur les pédales. Disons qu’en enroulant simplement, le passage d’un mode à l’autre est là aussi assez transparent. Avec le mode d’assistance maximale, vous pouvez grimper une côte raide sans forcer jusqu’à 15 à 16 km/h, simplement en tournant les jambes, ce que permet le développement minimal de 48/42. Mais pour monter plus vite et approcher la limite des 25 km/h, il faut s’employer déjà beaucoup plus, ce qui reste assez logique finalement.

Une clé est nécessaire pour sécuriser la batterie.

On passe d’un mode d’assistance à l’autre en appuyant sur l’un des deux boutons haut et bas de la télécommande située sur le tube diagonal. Seule la couleur des diodes et leur nombre indiquent le niveau d’assistance et le niveau d’autonomie (de 1 à 5). Avec une batterie de 250 Wh, Canyon indique une autonomie de 90 km environ en mode assisté, mais nous avons poussé jusqu’à 140 en laissant le système constamment allumé (le plus souvent en mode « Breeze ») et en roulant souvent au-dessus de 25 km/h sur le plat (par nos propres moyens, donc).

Le bouton central de la télécommande permet de couper le système. Mais la manipulation de celui-ci, comme celle des deux autres boutons, manque de franchise à notre goût, et on aurait aimé un « clic » plus net à chaque manipulation.

Le port de la batterie relié à l’unité motrice et l’intérieur du tube diagonal démontrent la qualité de la finition.

Une fois la sortie terminée, 3h sont nécessaires pour recharger totalement la batterie, avec le chargeur fourni avec le vélo. Dommage qu’il faille retirer la batterie du vélo, car celle-ci est assez lourde à manipuler. Elle est sécurisée sur le vélo avec une clé, qu’il vaut mieux éviter de perdre, évidemment .

Un fonctionnement sans reproche

Côté freinage et transmission, l’Endurace:ON 7.0 se comporte comme un bon vélo de milieu de gamme. C’est fiable et précis au niveau des changements de vitesse, même avec le plateau unique de 48 dents. La cassette 11 vitesses de 11 à 42 dents présente certes des trous dans la gamme de développements, mais pour ce type de vélo et pour l’usage pour lequel il est prévu, ce n’est pas très gênant, d’autant plus que l’assistance aide à lisser les à-coups de pédalage dans les côtes et faux plats.

La cassette Shimano SLX de 11 à 42 dents offre la plage de développement nécessaire pour se tirer de nombreuses situations.

Avec des leviers prévus au départ pour un usage Gravel, les freins Shimano GRX sont doux et efficaces et on apprécie leur prise en main et leur manipulation, même avec les paumes sur les cocottes.

Les leviers GRX sont confortables et faciles à manipuler.

La selle peut-être changée facilement en cas d’incompatibilité avec votre fessier (mais attention au chariot de tige de selle qui est incompatible avec les rails carbone). Quant aux pneus Schwalbe E-One Evolution en 32 mm de section, ils ont été conçus spécialement pour les vélos de route électriques, en tenant compte de leur poids supérieur, de la tenue de route et de la durabilité nécessaires, et des contraintes du freinage. Bref, ils sont rassurants et ne mettent jamais en défaut.

La selle est relativement basique pour les gros rouleurs, mais facile à changer.
Les pneus Schwalbe spécifique assure résistance et sécurité pour un vélo proche des 16 kg une fois complet.

Une assistance discrète qui efface le poids

Sur la route, le poids du vélo est presque insensible, dès lors que l’assistance minimale est enclenchée. Seule la direction du vélo semble un peu lourde à manier, non pas dans le choix ou le maintien des trajectoires, mais au moment de se mettre en danseuse et de balancer le vélo de gauche à droite.

Grâce à l’assistance, on sent peu le poids du vélo dans les relances et dans les ascensions.

Globalement, ce mode « Breeze » matérialisé par les diodes vertes suffit à conférer un dynamisme minimum pour effacer le poids du vélo. Les relances sont facilitées, et les faux plats ou autres montées courtes sont avalées sans que l’on ait la sensation de buter. Dans les phases descendantes, l’Endurace:ON reprend de la vitesse sans la moindre transition, en silence et en toute fluidité.

Sur le plat, il est possible de rouler à 30 km/h avec l’assistance coupée sans que les sensations soient différentes de celles d’un vélo de course classique.

Sur le plat, il est possible de rouler à 30 km/h avec l’assistance coupée sans que les sensations soient différentes de celles d’un vélo de course classique. Les pulsations cardiaques ne s’envolent pas, preuve que le vélo n’est pas plus exigeant qu’un autre dans cette configuration. C’est en atteignant des vitesses plus élevées qu’il marque un peu le pas, devenant ainsi un peu moins fluide et moins roulant, comme dans cette descente habituelle où l’on constate une différence de quelques km/h par rapport au vélo de course traditionnel.

Pour les baroudeurs, l’Endurace:ON pourrait accepter des pneus de plus grosse section.

Comme on l’a dit plus haut, l’assistance est bien entendu plus sensible dans les bosses, et plus encore dans les forts pourcentages. Une rapide impulsion sur le bouton supérieur de la commande permet d’élever le niveau d’assistance, d’autant plus efficace qu’on accompagne le changement de pente en engageant un développement plus petit, afin de conserver une cadence élevée. Il reste néanmoins possible de grimper en se préservant et en limitant l’élévation des pulsations cardiaques, juste en se laissant porter par l’assistance, mais sans viser la performance bien entendu.

Les soudures sont presque invisibles.

Ce vélo se rapproche ainsi des modèles les plus évolués du moment, avec une assistance douce et silencieuse qui suffit à mettre le surpoids au second plan. Dès lors que l’on sait économiser l’autonomie de la batterie ou qu’on ne se lance pas sur un parcours trop long ou trop exigeant, les 3 kg rendus à d’autres modèles sont accessoires. Ceux qui recherchent un vélo assisté mais « hybride » dans l’esprit car finalement pas si différent d’un vélo de route classique dans son comportement en auront pour leur argent.

Des pratiquants qui pourront découvrir ou redécouvrir le plaisir de faire du vélo sans être limités par le dénivelé ou les conditions météo (le vent notamment), ou encore qui pourront profiter d’une rééducation en douceur pour remettre le pied à l’étrier comme cela a été notre cas après une grave maladie.

Canyon n’a pas prévu de deuxième porte-bidon sur l’Endurace:ON. Dommage !

Compte tenu du public auquel il peut s’adresser, et on pense particulièrement à la gente féminine, il est juste dommage que le Canyon Endurace:ON 7.0 ne soit proposé qu’en quatre tailles, avec une taille S difficilement accessibles aux personne de moins d’1m65. Pour le reste, la géométrie « endurance » avec un poste de pilotage légèrement surélevé et typé confort est parfaitement dans l’esprit du vélo, en attendant peut-être une version plus légère et plus agressive en carbone du vélo hybride selon Canyon.

CANYON ENDURACE:ON 7.0 
Note : *****

Les + : Unité motrice douce et silencieuse, transition transparente, finition, groupe
Les – : Absence de taille XS, boutons de l’unité de commande, recharge qui nécessite de déposer la batterie, pas de deuxième porte-bidon 

Cadre : Canyon Endurace:ON aluminium Fourche : FK0074 CF DISC – Cintre/Potence : Canyon V15/H17 Ergobar AL Freins : Shimano RT70 Disc (160/160mm)Dér. Arrière : Shimano GRX RX812 GS – Leviers : Shimano GRX RX600 11s – Cassette : Shimano SLX M7000 11-42 11s – Chaîne : KMC X11-93 – Pédalier : Samox EC38 48T – Roues : Alexrims RXD5C – Pneus : Schwalbe E-One Evolution 700×32 – Selle : Iridium Fitness Tige de selle : Canyon SP-41 CF – Motorisation : Fazua Evation 1.0 250WBatterie : Fazua Evation 1.0 250 Wh – Poids : 15,2 kg en taille S sans pédaleTailles : S – M – L – XL – Prix : 2 999 €

Contact : Canyon.com

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Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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