Test de la montre multisport triathlon Sigma iD.TRI

La montre multisport iD.TRI est la petite nouvelle de la gamme iD.SERIES chez Sigma. Développée pour le triathlon, elle propose une manipulation simple et intuitive, un petit format, un capteur de fréquence cardiaque au poignet et un mode compétition qui permet de planifier votre prochaine épreuve, en termes de distances et de disciplines, si vous prenez le départ d’un duathlon ou d’un swimrun.

Par Pierre-Maxime BRANCHE. Photos : 3bikes.fr et Sigma

Depuis quelques semaines, l’offre de montres ID.SERIES chez Sigma comporte deux nouveautés basées sur le même design : la iD.FREE, polyvalente pour les grandes aventures, que ce soit à travers champs, sur route ou sur les pistes de ski ; et la iD.TRI, spécialement développée pour le triathlon, que nous avons testée durant plusieurs semaines. Son design est simple, épuré, discret dans sa version noire, mais flashy dans ses trois autres coloris turquoise, rouge et vert qui rappellent les couleurs et chaleurs de l’été.

La iD.TRI dans son coloris rouge. Un bon coup de peps !

Elle propose une connectivité via Bluetooth Smart et ANT+, et peut ainsi être couplée avec un smartphone, mais aussi avec des capteurs externes pour la fréquence cardiaque, la cadence ou encore la puissance. La synchronisation rapide via port USB avec le logiciel Sigma Data Center et avec l’application gratuite Link vous permet de gérer vos entraînements et analyser vos données. Au poignet, l’iD.TRI dispose d’un bracelet en silicone facilement remplaçable par n’importe quel autre bracelet de montre de 20 mm de largeur, grâce à deux petits boutons clics. L’étanchéité proposée atteint 5 m, le poids affiche 42 grammes. Sigma annonce une manipulation intuitive grâce aux quatre boutons proposés, pas un de plus.

La Smart Light est positionnée entre le boîtier et le bracelet.

Améliorer l’expérience sportive

Quelques technologies permettent d’améliorer votre expérience sportive. Par exemple, la Smart Light, située sur la partie inférieure du boîtier, affiche via des signaux lumineux de différentes couleurs les zones cibles, les vitesses, les indications d’itinéraires ou encore les smart notifications. Pour votre sécurité, le Crash Alert permet à l’iD.TRI de détecter automatiquement les chutes et, si l’utilisateur ne réagit pas dans les 30 secondes, d’en informer par SMS les contacts d’urgence pré-enregistrés, d’envoyer les principaux paramètres vitaux ainsi que la position GPS, si et seulement si la montre est connectée à ce moment-là à l’application Link.

L’application Sigma Link est très intuitive et facile à paramétrer.

En plus de la boussole à trois axes, du capteur d’accélération et de la mesure barométrique de l’altitude, l’iD.TRI mesure la fréquence cardiaque au poignet. Une ceinture thoracique peut également être couplée. Le système de navigation sur tracé permet d’utiliser l’application komoot pour les pistes cyclables et chemins de randonnée. Les indications d’itinéraires s’affichent alors directement sur l’écran de la montre. On retrouve également un trackeur d’activité avec les données les plus classiques (nombre de pas, calories brûlées, distances parcourues, phases et durées de sommeil, etc.) et un système d’analyse du sommeil pour avoir une estimation de votre état de récupération.

Le tracker permet de suivre votre activité au quotidien.

Objectif Tri !

Les profils sports natation, cyclisme et course à pied sont prédéfinis dans cette montre. Leurs paramètres et aperçus durant l’entraînement sont totalement personnalisables. Grâce au Data Center ou à l’application Sigma Link, il est possible de paramétrer jusqu’à cinq pages de données individuelles avec au maximum trois datas par écran. Un quatrième profil peut également être défini pour une activité de complément.

L’iD.TRI permet de programmer des rappels en temps ou en distance pour ne pas oublier de vous ravitailler

Le mode « compétition » permet de planifier vos courses. Vous avez ici la possibilité de choisir librement l’ordre des épreuves et les distances de manière à pouvoir configurer d’autres disciplines telles que des duathlons ou des swimruns. Les temps de transitions sont enregistrés. L’iD.TRI permet de programmer des rappels en temps ou en distance pour ne pas oublier votre ravitaillement, à l’entraînement comme en compétition. En parlant d’entraînement, elle dispose de plusieurs séances d’intervalles préprogrammées, mais il est possible d’ajouter jusqu’à 36 séances en les créant via le centre de données, l’application ou en les téléchargeant depuis des programmes tiers.

Évolution intuitive

Voilà en gros pour les présentations sur le papier. Au poignet, l’iD.TRI est une jolie petite montre qui, avec son format, sort des standards actuels affichés chez Garmin, Polar, Suunto, etc. avec des tailles bien plus imposantes et rondes. Ici, nous avons un petit écran rectangulaire, un petit boîtier, un petit bracelet en silicone par ailleurs très confortable.

Souple et ajustable, le bracelet en silicone est très confortable.

Le coloris vert que nous avons testé est rafraîchissant, il est estival, il change des innombrables montres à dominante noire. On aime ou pas, c’est une question de goût. Extérieurement et esthétiquement, nous avons ici une montre qui fait un petit peu gadget, un peu joujou, clairement moyenne gamme quand on la compare aux mastodontes de la catégories, face auxquels elle ne joue pas de toute façon, soyons clairs. En revanche, elle a pour elle sa légèreté, ses coloris dynamiques et… sa simplicité d’utilisation.

Le Data Center permet d’analyser en profondeur toutes vos données.

Comme annoncé par Sigma, la manipulation de l’iD.TRI est intuitive. Dès la première prise en main, on ne se perd pas dans les menus. On est tout de même un peu surpris, au départ, de devoir évoluer avec les deux boutons positionnés en bas du boîtier, quand nombre de ses concurrentes utilisent des boutons haut et bas. Qu’à cela ne tienne. Une fois l’habitude prise, on navigue facilement, d’autant plus qu’elle ne propose pas beaucoup de menus et sous-menus : au premier niveau, on retrouve le trackeur d’activité avec quatre écrans de données traditionnelles. En appuyant sur le bouton du haut à droite, on entre dans le menu avec dans l’ordre : les quatre profils sport, les séances et programmes d’entraînement, le mode compétition, le mode navigation avec les circuits chargés, un menu mémoire et enfin les paramètres. C’est tout. On vous passe les quelques sous-menus, mais franchement, l’iD.TRI se prend très rapidement en main. Idem pour l’application Sigma Link qui permet de nombreux réglages dont les paramétrages personnalisés de tous les écrans d’activités qui peuvent afficher entre une et trois données. Une bonne entrée en matière.

L’acquisition des satellites n’est pas des plus rapides.

Un GPS défaillant

La suite s’est malheureusement gâtée tout au long de nos deux mois de tests. À ce jour, le système d’acquisition des satellites n’est pas optimisé sur cette iD.TRI. Cela engendre deux niveaux de complications : d’une part pour la rapidité de l’acquisition des satellites ; d’autre part pour le suivi des satellites durant l’activité ce qui influe forcément grandement sur les données live et sur les tracés.

Lors de nos premiers essais, le GPS s’est montré catastrophique.

Dès nos premières sorties running mi-octobre, l’acquisition des GPS s’est révélée longue, parfois très longue voire impossible. Comparée à deux modèles concurrents, la Sigma n’a pas fait le poids. En toute honnêteté, nous sommes mêmes partis à quelques reprises sans pouvoir lancer la montre. Après quelques semaines, le problème s’est un peu précisé : d’un côté, en utilisation urbaine, la iD.TRI était, à l’automne, franchement à côté de ses pompes ; de l’autre, en bord de mer ou dans des endroits totalement dégagés, les problèmes étaient bien moins importants.

Beaucoup moins de difficultés pour le GPS lorsque l’environnement est dégagé !

En ville, les transmissions satellites passent beaucoup moins bien. Et quand les satellites sont (enfin) accrochés, le suivi GPS devient de fait approximatif. Conséquence 1 : des données de vitesse et de distance erronées en live comme en résumé de séance. Franchement frustrant quand vous partez sur des séances d’intervalles avec des allures précises à respecter. Conséquence 2 : des tracés et des profils, en zone urbaine, complètement faux avec des traversées de zones complètement construites, des erreurs totales de routes non empruntées ou encore un point de départ et arrivée distants alors que la sortie réalisée est une boucle.

En zone urbaine, départ et arrivée imprécis alors que la sortie consistait en une boucle.

Contactée sur ces différents points, Sigma a reconnu ces grosses difficultés et nous informe être en train de résoudre ces problèmes de données en utilisation urbaine. Force est de constater que cela marche effectivement mieux, puisque ces derniers temps, l’acquisition des satellites est bien plus rapide, même en milieu urbain, et que les données live se recalent peu à peu sur des valeurs bien plus fidèles aux sensations et sur des traces GPS plus précises.

En piscine, la iD.TRI a été aussi précise que ses concurrentes.

Ce qui est vrai pour le running, l’est beaucoup moins pour le cyclisme. Pratiqué la plupart du temps dans des zones dégagées, les informations live et les traces n’ont pas posé de souci, à quelques détails près. Même chose pour les deux seules séances de natation que nous avons pu réaliser, où le GPS a livré une distance conforme à la distance nagée et à ses concurrentes.

Problèmes de lisibilité à l’effort

Nous devons également pointer un autre gros souci : la lisibilité. En cours d’activité, et c’est notamment le cas lors d’une session running par exemple, la lecture des données live sur les écrans paramétrés n’est pas confortable à cause de la taille de l’affichage de ces données, le tout amplifié par les mouvements du bras qui rendent cette lecture encore plus difficile. Certes, il est possible de n’avoir qu’une ou deux données par écran pour que les valeurs soient plus grosses. Mais lorsque l’on s’entraîne ou que l’on est en compétition, on a besoin de plusieurs données pour gérer son effort. Ne serait-ce que la vitesse instantanée, la distance et le chrono. Avec trois données sur le petit écran de l’iD.TRI, dont deux qui apparaissent en plus petit, la lecture, ou plutôt le déchiffrage des informations, est très difficile.

A l’effort, la lecture des données de l’écran est très difficile.

Ces chiffres apparaissent en noir sur fond blanc. Peut-être que l’inverse aurait été plus lisible. À voir. Autre problème : lors des sorties nocturnes, la Sigma ne propose pas de rétro-éclairage permanent. Pour lire les données, il faut un appui simultané des deux boutons du bas, ce qui n’est déjà pas la manipulation la plus évidente à réaliser à l’effort, pour activer le rétroéclairage qui ne dure que 4 secondes. Pas assez simple et trop court sans compter qu’il faut passer par la case déchiffrage des données ! Certes, la Smart Light est là pour vous guider avec son système de signaux lumineux, mais il reste tout de même difficile, pour ne pas dire impossible, de conduire intelligemment une sortie d’entraînement avec d’uniques signaux lumineux.

Le capteur de fréquence cardiaque au poignet est une belle surprise.

Une belle autonomie

De son côté, le capteur de fréquence cardiaque au poignet affiche des valeurs très proches de nos deux montres étalons, légèrement plus hautes. Mais les profils d’analyse de FC sur la plateforme Data Center ne montrent pas de décrochage important. Autre bon point : l’iD.TRI bénéficie d’une très bonne autonomie. Pour trois séances d’une heure par semaine (avec GPS en accroche normale des satellites et non en mode économique) et une utilisation cinq jours par semaine en tracker d’activité, nous n’avons eu besoin de la recharger qu’une seule fois pour toute la semaine. Sigma annonce une utilisation facile sous une combinaison de triathlon. Nous avons spécialement enfilé une combinaison (sans aller nager) pour tester le passage de la montre sous la manche et effectivement, son petit format d’écran et ses 12 mm d’épaisseur se glissent aisément sous la néoprène.

La iD.TRI passe facilement sous la combi néoprène.

Que reste-t-il au final de cette iD.TRI ? Malheureusement, un arrière-goût amer. Nous avons aimé sa gueule, sa fraîcheur, sa simplicité d’utilisation, son prix abordable à 179,95 € (support vélo fourni), mais les gros couacs du GPS en zone urbaine et le défaut de lisibilité de l’écran à l’effort sont de vrais inconvénients en tout cas lorsque l’on se projette dans la dimension performance. Espérons que Sigma améliore ces deux points noirs par des mises à jour à venir pour que cet appareil, séduisant sur le papier, le soit totalement en plein air.

Une fois le GPS optimisé, la Sigma iD.TRI sera un bel outil de travail et de plaisir à un prix abordable.

 

SIGMA iD.TRI
Note : *****

Les + : autonomie, prise en main et simplicité d’utilisation, prix
Les – : GPS, lisibilité, capteur de FC au poignet

Mesure GPS
Boussole 3 axes
Mesure barométrique de l’altitude
Capteur d’accélération
Étanchéité : 5 m
Smart notifications
Connectivité Bluetooth Smart, ANT+ et USB
Compatible Strava et applications tierces
Bague de protection de couleur
Écran anti-rayures en verre minéral
Touches en acier inoxydable noir
Bracelet en silicone
Poids : 42 g
Dimensions : épaisseur 12 mm, hauteur 45 mm, largeur 35 mm
Support vélo fourni
4 coloris : noir, rouge neon, bleu neon ou vert neon
Prix : 179,95 € (SnapOn Bike Mount fourni), 249,95 € (avec émetteurs R1 Duo fréquence cardiage et R2 Duo Combo vitesse et cadence)

Contact : https://www.sigmasport.com/fr/

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Pierre-Maxime Branche

Pierre-Maxime Branche

- 37 ans. - Journaliste professionnel depuis 2004 en presse sport spécialisée et information générale. - Pratiques sportives actuelles : triathlon & fitness. - Instagram : pierre_maxime_branche

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