Compte rendu de la cyclo Les Bosses de Provence.

David Polveroni, 30 ans, est l’un des meilleurs cyclosportifs français et aussi l’un des ambassadeurs 3bikes.fr. Deux semaines après la Forestière Cyclo il prenait la direction du Sud avec la fameuse épreuve des Bosses de Provence. Voici l’épreuve vécue de l’intérieur.
Par David Polveroni – Photos : DR

Pour la troisième fois, je participe aux Bosses de Provence. Une organisation déjà bien rodée mais qui ne cesse de s’améliorer et d’optimiser certains détails au fil des années, du moins depuis ma dernière participation en 2016 où j’avais pris la seconde place derrière David De Vecchi, tout comme en 2015 derrière Florian Hudry.

Près de 2500 cyclosportifs au départ des Bosses de Provence 2019.

Pour commencer, parlons du seul point négatif, à savoir le départ dans le campus universitaire de Luminy. En effet, c’est plus de 2500 cyclistes répartis dans différentes sas pour 2,5 km de descente sur une route, certes fermée à la circulation, mais vraiment dangereuse, avant de relier le départ arrêté au pied du col de la Gineste. Pour éviter ce problème, il aurait suffi que les coureurs prioritaires, par exemple les 50 premiers des dernières éditions, partent comme l’équipe Éco Cyclo, quelques minutes avant. Ainsi cela éviterait le stress inutile pour se placer et attaquer le col à sa place.

Le départ est toujours source de stress pour ceux qui veulent faire un bon classement.

Pour ma part pas de soucis et je parviens à rester en première ligne. Le départ est donc donné à 8h30 et ce sont les coureurs de la Pomme et de Delko qui donnent le ton. Parfait, le tempo est élevé, mais permet d’être tout de suite dans le rythme et d’éviter certains écarts de certains cyclistes lorsqu’ils sont au-dessus de leurs limites. Large descente, qu’il faudra remonter au retour. Les équipes de Marseille roulent, toujours sur un bon petit tempo et nous arrivons rapidement dans la côte de Ceyreste.

A priori le fait que les pros soient là dérange et certains le font savoir. Mais il ne faut pas oublier que les Grandfondo sont ouvertes à tous, c’est aussi ça la beauté du cyclosport, pouvoir se mesurer à Contador ou à bien d’autres. Aussi, il faut accepter qu’il y ait plus fort que soi, c’est ce qui permet de progresser…

Première offensive

C’est Mickael Plantureux qui lance l’offensive et s’en va pour une petite échappée. Derrière La Pomme roule plus ou moins et il garde une bonne trentaine de secondes avant le pied de la première « grosse » difficulté : le col de l’Espigoulier.

Très vite dès la sortie de Genemos, je ne peux m’empêcher de planter une petite banderille, un coureur de Sisteron m’accompagne et Rodolphe Lourd, un peu plus poussivement au début. Je suis super bien et j’essaye de ne pas trop m’emballer. Les relais tombent très bien avec Rodolphe et le coureur de Sisteron. À 3 km du sommet on voit les Marseillais accompagnés seulement de Stéphane Cognet revenir progressivement sur nous. Donc nous ne nous affolons pas et ceux-ci reviennent dans la petite et sinueuse descente qui nous mène au Plan d’Aulps. C’est ici malheureusement qu’un peu plus tard un coureur du Team velo101 tombe lourdement. Nous lui souhaitons un bon rétablissement, en pleine forme pour l’an prochain.

David Polveroni en compagnie du futur vainqueur Stéphane Cognet.

Cognet au-dessus du lot

D’autres coureurs reviennent peu à peu dont le seul que je connais : Fred Ostian. C’est donc une bonne vingtaine de coureurs qui redescendent sur Nans-les-Pins. Entre-temps, nous avons récupéré Mickael Plantureux. Nous arrivons à Saint-Zacharie où dès la sortie nous retrouvons de petites pentes bien raides . C’est ici que Stéphane Cognet qui ne s’était pas alors dévoilé jusque-là plante une vraie grosse attaque. Mickael, puis moi dans un second temps, faisons la jonction. Et enfin deux coureurs de Delko. Pour ma part, je suis bien incapable de relayer tout comme les trois autres coureurs présents. Un peu à bout de force, je saute à 2 km du sommet. L’écart monte très vite puisque je suis planté physiquement et mentalement. Et derrière, également le groupe de poursuivants est relativement loin. Une minute 30 environ au sommet.

Je décide donc de poursuivre en mode régénération le final de l’Espigoulier, afin de me faire reprendre dans la descente. Descente rondement menée par Fred Ostian. On se retrouve une bonne dizaine à relayer à 2’ environ de la tête. Mais les relais ne sont pas assez soutenus et surtout tout le monde ne collabore pas suffisamment, voire pas du tout. Pour ma part, à présent, ce n’est plus trop important, juste essayer de faire une belle dernière montée de la Gineste. 

Une dernière portion en faux plat qui fait mal après 164 km et 3000 m de dénivelé.

Juste avant, une nouvelle petite difficulté ponctue le parcours mais cela reste très léger, par compte la Gineste est abordée de plus bas, de mémoire. Dès le pied à proprement parler, à la sortie de Cassis, je mets une grosse attaque et personne ne suit. Je me concentre sur mon effort. Mais dans la partie qui s’aplanit je vois revenir deux coureurs du VC la Pomme. Je les laisse un peu rouler puis prend de nouveau un gros relais bien appuyé. Et l’on se retrouve à deux. À 1 km du sommet, on récupère un coureur de DelKo qui était devant. Et qui ne fera pas la fin de course. Descente lucide même si cette portion et fermée aux automobilistes. À 2 km de l’arrivée, je ne calcule pas trop et je me mets devant sur cette dernière portion en faux plat qui fait mal après 164 km et 3000 m de dénivelé.

Une organisation au top

Les classements montrent le niveau élevé de l’épreuve.

Fred était en fait revenu au pied et ils se font le sprint pour la troisième place avec le coureur de Marseille. Je termine donc cinquième, satisfait de ma course, car ne pouvais pas faire mieux aujourd’hui : aucun regret je ne pouvais lutter contre Stephane Cognet qui l’emporte : très fort aujourd’hui ! Cette Cyclo est l’une des plus belle épreuves du calendrier. En effet, la sécurité est vraiment présente même si on peut éviter quelques imprudences de certains. Policiers, motards, signaleurs : tout le monde est présent pour une belle organisation. Celle-ci nous accompagne jusque sous la douche et avec un bon repas dans le self. Remise des récompenses ainsi qu’un tirage au sort avec de nombreux lots offerts par les partenaires à gagner. Place à quelques jours de récupération avant d’aborder pour moi la dernière cyclo de la saison : la Haute Route Ventoux.

Les résultats 

Lien Strava

Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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