Test des KALENJI Kiprun Ultra Light

Très largement inspirée de la Kiprun Race 2018, la Kiprun Ultra Light 2019 est une chaussure de vitesse qui offre d’excellentes sensations en termes de déroulé et de dynamisme. Avec un drop de 6 mm et un poids plume, tous les ingrédients sont là pour booster votre foulée. Le tout à un prix défiant toute concurrence, une constante chez Kalenji.

Par Pierre-Maxime BRANCHE. Photos : 3bikes.fr

Année après année, Kalenji précise son offre chaussures de running. Les éternelles mauvaises langues désignant la marque comme trop peu technique et trop grand public ont de moins en moins de grain à moudre, tellement les efforts et progrès sont significatifs depuis quelque temps. Depuis 2018, et parce que chaque coureur a des besoins différents selon sa pratique et sa localisation géographique, le groupe a affiné ses gammes pour répondre aux besoins de chaque coureuse et coureur, en déclinant la course à pied en cinq sports : le jogging, running route, trail, athlétisme et course d’orientation.

De fait, chez Kalenji, le jogging, c’est avant tout la course à pied bien-être, accessible à tous. La joggeuse ou le joggeur n’a pas d’objectif de performance, mais plutôt des objectifs de vie : se sentir bien dans son corps, s’aérer l’esprit, rester en forme, courir pour une cause ou juste pour le fun. De l’autre côté, le running route définit plutôt des coureuses et coureurs qui participent à des courses dans un objectif de performance individuelle et/ou collective et de dépassement de soi. Avec le souci de performer dans le respect de leur corps, ils suivent des plans d’entraînement spécifiques et sont à la recherche de conseils techniques et personnalisés en termes d’équipement, d’alimentation, etc. C’est pour cette catégorie que notre modèle test a été conçu.

Inspirée de la Kiprun Race 2018

La Kalenji Kiprun Ultra Light fait assurément partie de cette deuxième catégorie, car très largement inspirée de la Kiprun Race 2018. Développée pour un usage régulier à intensif pour des coureurs recherchant un produit très léger et dynamique, cette dernière a connu l’année dernière un très large succès et trouvé nombre de pieds à son empeigne. Avec 203 g en pointure 43 homme, 180 g en 39 femme, un drop de 10 mm (différence de hauteur de la semelle entre l’arrière au niveau du talon et l’avant au niveau des orteils, ndlr), une tige en mesh aéré et la technologie Up’bar, c’est-à-dire une pièce en Pebax placée du médio à l’avant-pied qui rigidifie la semelle pour offrir une meilleure relance, ses utilisateurs ont aimé son grand dynamisme et sa légèreté.

Cette année, la Kiprun Ultra Light reprend cette base et va encore plus loin. Le mesh 3D aéré a été retravaillé avec encore plus de micro-perforations pour évacuer au maximum la transpiration. Il est aussi bien plus souple et plus léger pour s’adapter à la forme de votre pied, du cou-de-pied aux métatarses, et pour lui donner une plus grande liberté pour se positionner. Exit le drop de 10 mm puisque l’on trouve ici un drop de 6 mm qui favorise une attaque de foulée médio et avant-pied. On retrouve le fameux système Up’bar pour le retour d’énergie, la mousse light EVA amortissante sur la semelle intermédiaire, mais aussi la même semelle extérieure que la Race, texturée au centre pour évacuer l’eau et plus lisse sur les côtés pour l’adhérence, et enfin la technologie Seamless (sans couture) sur l’avant-pied pour limiter les frottements.

Pas d’amorti K-Ring

Ce que l’on ne retrouve pas dans ce nouveau modèle, ce sont les deux technologies lancées par Kalenji en 2016 et présentes sur le reste de la gamme running route. D’une part, le concept K-Only qui se matérialise par l’intégration d’une autre pièce Pebax au niveau du médio-pied et d’une mousse bi-densité sous le premier métatarse, un concept qui adapte la chaussure à toutes les foulées qu’elles soient pronatrices, universelles ou supinatrices ; d’autre part, l’amorti K-Ring, une mousse de semelle intermédiaire en EVA, de forme circulaire pour une meilleure déformation et ouverte en son centre, placée sous le talon pour absorber les chocs.

Comme toujours avec Kalenji, et plus généralement avec le groupe Décathlon, le prix défie toute concurrence avec 70 € à débourser pour se les offrir.

Sur la balance, cette Ultra Light affiche 200 g en pointure 43 homme, soit une petite perte de poids face à son aînée et la place dans la catégorie des chaussures très légères. Kalenji oriente ce modèle vers des coureurs pesant jusqu’à 85 kg et sur des distances allant du 5k au marathon. Comme toujours avec Kalenji, et plus généralement avec le groupe Décathlon, le prix défie toute concurrence avec 70 € à débourser pour se les offrir. Loin, très loin des standards sur ce segment des chaussures de vitesse.

Un mesh presque déstructuré

Le look est une affaire très personnelle, mais visuellement, nous trouvons ce modèle bien réussi avec ces différents tons de jaune fluo, vert et bleu mêlés. C’est dynamique, très estival et cela donne envie de les chausser pour avaler du bitume à vitesse grand V. L’empeigne 3D façon nid d’abeille est très aérée. D’ailleurs, quand on glisse une main à l’intérieur, on distingue assez clairement les doigts au travers.

Ces Kiprun Ultra Light portent bien leur nom. Nous n’avons malheureusement pas pu vérifier le poids de la pointure 43 testée, mais c’est assurément un poids plume. Une fois les cartons de maintien de la tige enlevés, on découvre un mesh très souple, déstructuré et sans maintien qui est assez déstabilisant. Il est presque possible de le modeler à souhait avec les doigts. La languette est ultra fine. Cette chaussure se montre peu flexible dans sa longueur et sur la zone d’impulsion ainsi que dans l’axe transverse en raison du système Up’Bar.

À l’intérieur, le pied est très bien accueilli par une semelle intérieur Essensole. Le chaussant est étroit, du talon jusqu’à l’avant-pied et notamment sous la voûte plantaire. Pour les pieds forts, essai obligatoire afin de choisir la bonne pointure d’autant que cette Ultra Light taille petit au niveau des orteils. Une fois les lacets serrés, la tige en mesh vient se coller agréablement au pied, elle épouse parfaitement les formes. Sans renfort spécifique, le tendon d’Achille se positionne dans un creux douillet, la malléole dispose d’une grande liberté de mouvement, la languette plate et courte vient délicatement se positionner sur le haut du cou-de-pied et les lacets, plats eux-aussi, permettent de bien doser le serrage. De son côté, le mesh s’adapte en fonction de la position de vos orteils en n’offrant aucune résistance ou point dur. À noter l’absence de languette arrière pour faciliter les transitions en triathlon.

Vive les allures

Il n’y a pas de secret : quand on enfile une paire de running autour des 200 g, avec un drop de 6 mm et de la rigidité sur l’avant-pied, il faut assurer en envoyant de la vitesse et veiller à ce que les mollets soient bien échauffés. Les sensations avec ces Kiprun Ultra Light sont excellentes dès que l’on augmente les allures. Le pied est bien maintenu en place, le serrage ne bouge pas, tout comme la languette, l’accroche est bonne avec une semelle extérieure qui tracte bien au sol dans des conditions sèches ou humides. On évite par contre les chemins, mêmes propres et sans relief, où cette Ultra Light s’est faite surprendre sur des changements de direction.

Le pied est bien maintenu en place, le serrage ne bouge pas, tout comme la languette, l’accroche est bonne avec une semelle extérieure qui tracte bien au sol dans des conditions sèches ou humides.

Le drop incite à poser au minimum le médio-pied et le système Up’Bar dynamise l’appui et les relances. C’est très caractéristique sur les séances de travail de VMA ou de seuil. Heureusement, car cette chaussure est faite pour ça, c’est son terrain de prédilection. C’est forcément moins le cas sur des sorties détente ou dans des pentes plus ou moins abruptes où nous l’avons volontairement sortie de sa zone de confort.

Dans ce cas, mieux vaut s’équiper dans la gamme de la Kiprun Fast, voire de la Long, selon votre expérience et votre foulée, puisque les prix Kalenji vous laissent totalement la possibilité de vous chausser en fonction de vos séances et parcours. Un grand avantage par rapport à toutes les autres marques.

Un drop galvanisant

Sur des sorties à allures modérées, l’efficacité de la Ultra Light diminue, mais il faut admettre que l’on ressent tout de même cette belle fluidité dans la foulée et une permanente envie d’aller chercher l’avant-pied au plus vite. Ce déroulé est la conséquence du petit drop de 6 mm qui sollicite extrêmement les jumeaux. Si vous êtes habitué à des drops de 10 voire 12 mm et que vous passez directement au 6 mm, prenez garde à observer une période de transition et à adapter votre entraînement. Le mesh souple, la liberté laissée à la cheville et ce drop sont trois contraintes qui font beaucoup travailler le mollet en termes de stabilité et de dynamisme de la foulée. D’autant que si la faiblesse vous guette, l’amorti ne sera pas là pour vous sauver. Certes, cette Ultra Light dispose d’une semelle intermédiaire avec une mousse EVA renforcée au talon, mais comme indiqué plus haut, elle ne dispose pas du concept K-Ring de protection du talon. Pas de problème si vous n’avez que quelques kilomètres à tenir, mais si cela doit durer, le manque d’amorti se fait sentir avec une attaque qui devient vite très dure.

Une semelle rapidement dégradée

Côté confort, et avec socquettes, rien à signaler. Sur des séances entre 8 et 15 km, le pied reste en place, les innombrables micro perforations jouent pleinement leur rôle et aucun échauffement ne s’est fait ressentir. Pieds nus et après quelques kilomètres, les choses se sont moins bien passées avec des ampoules sur l’extérieur du pied, notamment sous le 5e métatarse, plusieurs irritations sur le dessus des orteils (4e métatarse aux deux pieds) dues aux frottements et cela malgré une construction sans couture. Ces échauffements sont apparus sur une séance de 14 km à intensité moyenne et dans des températures printanières, ni chaudes ni froides. Doit-on incriminer la surface intérieure du mesh qui, au toucher, manque de douceur et de confort ? Peut-être aussi le léger manque de place dans la toe box ?

Autre dommage à mentionner : la semelle extérieure s’est légèrement décollée de la semelle intermédiaire, qui s’est elle-même un peu déchirée après seulement 80 km de tests. Une vraie surprise quand on sait que Kalenji met un point d’honneur à travailler sur la promesse de durabilité de ses semelles qu’elle situe entre 800 et 1 000 km selon la morphologie du coureur.

Une vraie chaussure de vitesse

Il n’empêche, la Kiprun Ultra Light est une vraie chaussure de vitesse, destinée aux entraînements et courses courtes sur route ou sur piste. Son dynamisme, son poids et son déroulé sont ses trois gros atouts pour vous permettre de battre vos records. La marque la conseille pour les coureurs jusqu’à 85 kg et du 5 km au marathon. De notre point de vue, il ne faut l’envisager sur longue distance que si vous avez une attaque avant-pied, voire médio-pied mais que votre gabarit n’est pas trop lourd.

Privilégiez la pour des 10k, elles seront idéales pour vous faire gagner de précieuses secondes, ou pour des semi-marathons, une distance sur laquelle elles pourront aussi vous galvaniser. Pour le triple effort, vous pouvez ainsi viser les distances très courtes type XS, S, la distance olympique (M) et jusqu’au format Ironman 70.3. Au-delà, avec la fatigue musculaire et articulaire, c’est plus risqué. Dernier atout non négligeable : le rapport qualité prix, une constante avec Kalenji.

KALENJI KIPRUN ULTRA LIGHT
*****

Les + : déroulé, dynamisme, poids, prix
Les – : pas de languette pour le triathlon, semelle qui se déchire, léger manque de place pour les orteils

Pour qui ? Foulées universelles, gabarits légers jusqu’à 85 kg.
Pour quoi ? Entraînements et courses rapides, piste.
Pour quelles distances ? Du 5k au semi.

Nouveau Mesh aéré ultra souple
Drop 6 mm
Technologie Up’Bar
Mousse EVA
Construction sans coutures
Poids : 200 g (pointure 43 homme)
Garantie 2 ans
Prix : 70 €

Contact : www.decathlon.fr et  https://www.kalenji.fr

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Pierre-Maxime Branche

Pierre-Maxime Branche

- 36 ans. - Journaliste professionnel depuis 2004 en presse sport spécialisée et information générale. - Pratiques sportives actuelles : triathlon & fitness. - Instagram : pierre_maxime_branche - Strava : La Fusée Parisienne

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