Test des chaussures fi’zi:k Transiro R1 Infinito Knit

fi’zi:k a lancé cette année sa toute première gamme de chaussures de triathlon. En se basant sur son savoir-faire reconnu en matière de chaussures, la marque italienne propose trois modèles dont cette Transiro R1 Infinito Knit, la plus haut de gamme. À 380 euros, l’investissement est important, alors est-ce justifié en termes d’ergonomie, de confort, d’efficacité et… de rapidité d’enfilage pour le triple effort ?

Par Pierre-Maxime BRANCHE. Photos : 3bikes.fr

Depuis deux ans, c’est la chaussure des records. Dans sa stratégie de sponsoring, fi’zi:k compte de nombreuses équipes et athlètes, en cyclisme comme en triathlon. Côté route, la Movistar et son champion du monde Alejandro Valverde, les Teams Sky, Jumbo-Visma, Wiggins, ag2r-La Mondiale et Cofidis ; côté triathlon, les noms sont certes un peu moins ronflants, mais la marque italienne compte tout de même sur Alessandro De Gasperi, Craig Alexander, Ivan Risti, Daniel Fontana, Michelle Vesterby, Charlotte Morel et… Cameron Wurf.

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La chaussure la plus rapide à Hawaii

Récent vainqueur du Cannes International Triathlon le 21 avril dernier, cet athlète australien de 35 ans, rameur de haut niveau jusqu’en 2006, cycliste professionnel de 2007 à 2015 et désormais triathlète pro depuis quatre ans, s’adjuge les records des plus grandes courses avec ses Infinito R1 aux pieds. Il a ainsi établi en 2018 la nouvelle référence du parcours vélo de l’Ironman France Nice (173 km, 2100 d+) en 4h’32’20 effaçant des tablettes la référence du quintuple vainqueur, le Belge Frederik Van Lierde (4h33’29 en 2013). Au championnat du monde Ironman à Hawaii, en octobre dernier, Cameron Wurf, auteur du meilleur temps (4h12’54) en 2017 sur les 180 km après avoir battu le vieux record (4h18’23) détenu par Norman Stadler depuis 2006, a encore amélioré cette référence en signant un fabuleux 4h09’26… L’Australien résistera 15 km à pied avant de prendre finalement la 9e place.

Nouvelle gamme triathlon

Chez fi’zi:k, la Transiro R1 Infinito Knit est le modèle haut de gamme sur le segment triathlon. Le chausseur italien a lancé cette année une gamme dédiée au triple effort, « Transiro », en se basant sur sa gamme route. Deux autres modèles sont disponibles : la R3 Infinito (coloris blanc/noir, 249 €) et la R4 Powerstrap (noir/blanc ou noir/rouge, 119 €). Notre R1 se positionne quant à elle à 380 € soit le même prix que le modèle haut de gamme route, dans un joli coloris à dominante noir et blanc et avec quelques touches de bleu et de rouge. Très classe et bien fini comme souvent chez les marques italiennes.

Pour les triathlètes, fi’zi:k a donc combiné le savoir-faire de ses modèles route, en termes de rigidité et d’ajustement, avec un design qui facilite l’entrée et la sortie rapides du pied pour les transitions, mais également un grand confort pour ceux qui préfèrent pédaler sans chaussettes. Le tout, en y ajoutant beaucoup de respirabilité pour le séchage du pied après la natation.

Le tricot, c’est beau

On retrouve ainsi la technologie Knit, une tige tricotée particulièrement esthétique et agréable à regarder de près, qui change des modèles en microfibre. Cette technologie permet une adaptation encore plus poussée au design souhaité de la chaussure, elle supprime les coutures et cible mieux les fonctionnalités de chaque zone clé, par exemple si l’on souhaite plus de ventilation ou de maintien, grâce à un travail et une orientation des mailles plus précis. Par-dessus, un traitement hydrofuge a été projeté pour protéger le pied en cas de pluie et maintenir une chaussure sèche. Quelques pièces en polyuréthane ont également été ajoutées pour le maintien et pour augmenter la transmission de puissance.

Plus d’équilibre et de puissance au maintien, donc une meilleure transmission de puissance

30 cm de câble

Cette R1 dispose d’une grande ouverture pour glisser le pied et d’une large boucle arrière située au-dessus du talon. Le serrage se compose d’un double système IP1-B, le haut de gamme chez Boa, ajustable en roulant. Ces deux disques offrent un serrage micrométrique où chaque cran est égal à 1 mm. Il suffit de tirer sur le disque pour libérer totalement le serrage. Le fil d’acier de 30 cm couvre le cou-de-pied dans sa quasi-totalité, technologie dite Infinito chez fi’zi:k, pour offrir plus d’équilibre et de puissance au maintien, donc une meilleure transmission de puissance.

Entièrement composée de fibres de carbone unidirectionnelles, la semelle offre un haut niveau de rigidité et de légèreté combiné à un maximum de ventilation grâce à six aérations (3 à l’avant et 3 au centre) pour canaliser les flux d’air sous le pied.

La tige propose un support intégré et adaptable à la voûte plantaire qui fonctionne en lien avec le disque Boa du bas. À l’intérieur et à l’arrière, on note la présence au niveau du haut du talon, de points de silicone pour optimiser le maintien et d’inserts en lycra pour le confort du pied, notamment sans chaussettes. Sur la balance, fi’zi:k annonce 252 g en taille 42.

Une languette essentielle

Que demande-t-on à des chaussures de triathlon par rapport à des chaussures de route classiques ? Avant tout qu’elles soient facilement enfilables ; ensuite qu’elles soient respirantes pour sécher rapidement après la natation du fait des pieds mouillés mais aussi durant l’effort ; qu’elles soient confortables à l’intérieur dans le cas où vous pédaleriez sans chaussettes ; enfin, qu’elles soient efficaces en termes de transmission de puissance. Au fond, il n’y a pas autant que cela de différences car l’efficacité, le confort et l’aération sont déjà des qualités recherchées par les routiers.

Cette languette est suffisamment solide pour pouvoir tirer fortement dessus si le pied bloque un peu à l’entrée ou à la sortie

Ce que l’on demande surtout, c’est une praticité et une rapidité d’enfilage pour gérer au mieux les transitions, que ce soit sur longue distance et a fortiori sur courte distance où chaque seconde compte. Ici, notre Transiro R1 dispose de l’essentielle boucle arrière. Un double intérêt : le premier, maintenir vos chaussures droites lorsqu’elles sont clipsées pour courir à côté de votre vélo en zone de transition (et vous éviter ainsi soit de courir avec vos cales soit de voir vos belles chaussures racler le bitume et tourner dans tous les sens) ; le second, vous permettre de la tenir pour glisser votre pied. Du fait de son positionnement haut sur le talon, de son orientation droite, de sa taille et de sa largeur, cette languette remplit parfaitement son double rôle puisqu’elle s’attrape facilement et qu’elle est suffisamment solide pour pouvoir tirer fortement dessus si le pied bloque un peu.

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Ouverture limitée

Une situation qui peut potentiellement arriver car l’ouverture de cette R1 n’est pas importante. L’empeigne n’est pas ouverte comme celles que l’on peut trouver sur d’autres modèles, et la partie extérieure de la tige qui comprend les deux disques Boa vient se positionner sous la partie intérieure. Même avec un desserrage maximal du système, cette ouverture reste limitée, vous ne rentrerez pas le pied directement en un clin d’oeil. Il faut donc bien attraper la languette arrière pour positionner son pied à l’entrée avant de le glisser et prendre garde également à ne pas embarquer le fil du Boa entre deux doigts de pieds si vous évoluez sans chaussettes. Le désenfilage est par contre plus simple, même s’il nécessite également de se servir de la languette.

Une fois le pied glissé dans la chaussure, la fermeture Boa est simple et rapide. Dès que vous les enclenchez, les deux disques IP1-B offrent un serrage progressif, au millimètre. Avec le disque supérieur, et comme décrit plus haut, la partie extérieure de la tige se glisse sous la partie intérieure où des empiècements en polyuréthane n’autorisent aucun pli qui pourrait venir gêner le pied.

Le disque inférieur joue de son côté sur toute la partie avant du cou-de-pied pour un serrage plus uniforme et confortable. fi’zi:k nomme cette technologie l’Infinito Closure System et le Volume Control. C’est-à-dire que du fait du cheminement du fil Boa au travers des quatre guides et sur une large zone avant, le serrage offre un meilleur ajustement, sans point de pression et agit également sur le volume de cette zone en adaptant la chaussure à votre morphologie. Si vous serrez trop fort, vous pouvez desserrer sans désenclencher totalement le système.

Un chaussant ferme

Pour s’en rendre compte et pour en bénéficier en termes de rendement, cela nécessite de bien serrer le système. Un serrage léger ne permettra pas de façonner l’avant de la chaussure à votre pied. En revanche, lorsque vous resserrez le Boa en vue d’une difficulté ou d’un changement de rythme, quelques crans en plus sur le disque du bas permettent de plaquer la chaussure et d’améliorer les sensations et le transfert de puissance par un pied parfaitement maintenu. Ce serrage Boa est vraiment très agréable et performant. Les sensations, le confort et l’efficacité se jouent souvent au millimètre. Ici, sa tension, son équilibre et l’ergonomie qu’il offre sont très appréciables sur longue distance où les besoins évoluent en fonction de l’effort, du terrain et de votre état physique. Attention cependant lors du serrage à ce que le câble du haut ne se glisse pas sous la tige et ne vienne pas se serrer directement sur votre pied comme cela a pu nous arriver à plusieurs reprises.

À l’intérieur, le chaussant assure un maintien ferme. D’ailleurs, si vous ne serrez pas trop le Boa, vous pouvez largement pédaler sans avoir l’impression de trop perdre en efficacité. Sur la zone arrière, le talon est bien épousé et maintenu sans excès de rigidité, bien aidé par les petits points de silicone. La malléole est libre, on sent une certaine douceur et souplesse qui s’opposent à une forte rigidité sur l’avant. Alors que les orteils ont largement la place d’évoluer à l’entrée du pied, le serrage permet de rendre l’avant de la chaussure beaucoup plus ergonomique sans point de compression. La chaussure fait corps avec le pied. Seul le gros orteil dispose d’un peu de liberté, même en serrant fort. Avec des chaussettes, on ne ressent aucune gêne. Sans chaussettes, l’extrémité de la tige qui vient se glisser le long du pied avec le serrage s’est montrée un peu irritante et grattante.

Une courbure importante de la semelle en carbone qui épouse la voûte plantaire

Séchage rapide

Au niveau de la voûte plantaire, on retrouve un soutien intégré directement dans l’empeigne. Ce Dynamic Arch Support fonctionne avec le disque Boa le plus en avant : lorsqu’on le tourne pour le serrer, le câble tire le guide situé au-dessus de la voûte plantaire pour que l’arche de support colle à celle-ci et lui apporte plus de maintien. Sincèrement, nous avons eu beau serrer au maximum, nous n’avons pas réellement senti d’effet, sans parler de la sensation de compression du fait de l’exagération du serrage. Il n’empêche, cette Transiro dispose d’une courbure importante de la semelle en carbone qui épouse déjà assez bien la voûte plantaire.

En noir, au centre de la chaussure, le Dynamic Arch Support intégré à l’empeigne.

Aux intensités réalisées, cette semelle carbone ne montre aucune flexion. Notre ami Cameron Wurf arrive peut-être de son côté à la déformer, mais ce ne fut absolument pas le cas pour nous, même lors de sprints en bosse et départ presque arrêté. Avec l’excellent serrage Boa, les chaussures et les pédales font corps, on a l’impression de pousser et tirer directement la pédale sans zone intermédiaire et sans perte de puissance dans la transmission de l’énergie. Même si nous ne l’avons pas testée sous de grosses chaleurs, la tige nous semble bien aérée et surtout respirante. Nous avons volontairement versé la moitié d’un bidon d’eau sur chaque pied : le séchage s’est révélé rapide. Sur des sorties très matinales, cette tige aérée a également su garder le pied au chaud.

Pour le Long

Très ergonomiques et rigides, les qualités de cette Transiro Infinito R1 Knit nous ont séduit, en particulier le serrage homogène et ajusté. Pour le triathlon, elle s’adresse plutôt aux adeptes de longues distances, son ouverture limitée pouvant être un inconvénient en courte distance à T1 lorsqu’il faut être ultra rapide. Une fois chaussée, elle est très confortable et efficace pour retransmettre l’énergie sans déperdition. Son poids de 252 g en taille 42 est un plus.

À noter qu’elle semble tailler un peu grand. Avec ce modèle testé en 42,5, nous pensions peut-être manquer d’une petite marge pour le gonflement du pied à l’effort, mais il n’en a rien été : d’une part, il y avait beaucoup de place pour les orteils à l’avant du pied ; d’autre part, l’Infinito Closure System permet une très bonne ergonomie une fois le serrage effectué. À 380 €, l’investissement est important, mais le résultat vaut la peine de casser sa tirelire.

FI’ZI:K TRANSIRO R1 INFINITO KNIT
*****

Les + : ergonomie, serrage, poids, aération
Les – : tige intérieure pieds nus, ouverture limitée, Dynamic Arch Support, prix

Semelle Full carbone R1 full UD ventilée
Serrage Boa IP1-B x2
Tige en maille tricotée, revêtement Knit
Inserts en lycra pour un confort optimal pieds-nus.
Languette de chaussage rapide
Dynamic Arch Support et Control Volume
Poids : 503 g (paire)
Hauteur de semelle: 9.7 mm
Tailles: 37-48 (37 à 47 en demi-pointures)
Prix : 380 €

Contact : www.fizik.com

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Pierre-Maxime Branche

Pierre-Maxime Branche

- 36 ans. - Journaliste professionnel depuis 2004 en presse sport spécialisée et information générale. - Pratiques sportives actuelles : triathlon & fitness. - Instagram : pierre_maxime_branche - Strava : La Fusée Parisienne

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