Test du casque aéro MET Codatronca

Le Codatronca est le dernier « aéro » de la gamme MET.

Avec son nouveau Codatronca, MET propose un casque aérodynamique au design large, pour une meilleure pénétration dans l’air quel que soit l’angle du vent, et une queue courte, pour permettre à votre tête de bouger sans contrainte. Un produit conçu pour le contre-la-montre et le triathlon utilisé par Frederik Van Lierde, quintuple vainqueur de l’Ironman de Nice et champion du monde Ironman 2013. Nous l’avons testé sur les routes de l’épreuve azuréenne durant six semaines.

Par Pierre-Maxime Branche. Photos : 3bikes.fr et MET Helmets

Le champion de triathlon belge, Frederik Van Lierde, coiffé de son MET Codatronca. ©David Pintens

Lorsque l’on est en recherche de vitesse, tous les détails comptent. Course sur route, contre-la-montre, triathlon court ou longue distance, l’équation est toujours la même : le coefficient de pénétration dans l’air se joue sur tous les aspects du cycliste et de sa machine, de la position aérodynamique à la hauteur des jantes, en passant par le design des tubes du cadre et… le casque, puisque c’est l’une des premières surfaces frontales à agir comme un frein à votre avancement.

Par rapport à un modèle classique, un casque aérodynamique peut vous faire gagner 6 ou 7 watts à une vitesse de 45 km/h

Or, si l’on n’y prête pas attention, les watts que l’on perd chaque seconde pour avancer deviennent vite des minutes au fil des kilomètres. Par rapport à un modèle classique, un casque aérodynamique peut vous faire gagner 6 ou 7 watts à une vitesse de 45 km/h, la vitesse référence des tests en soufflerie, soit à peu près autant que la différence entre une paire de jantes hautes ou basses. Traduit en temps, ces 6-7 watts correspondent à environ 50 secondes de gagnées sur une distance de 100 km pour un effort moyen de 200 watts. Ainsi, sur la mythique distance Ironman de 180 km, on peut estimer ce gain à minimum 1’30 rien que sur l’utilisation d’un casque aéro. Franchement, ça se prend, non ? Surtout, cela s’ajoute à tous les autres postes que vous pouvez optimiser comme votre position, les roues, le cadre, le bon fonctionnement de votre transmission, vos roulements, sans parler du cycliste lui-même (son poids, sa condition physique) et de son entraînement.

=> Comment gagner des watts ?

Une queue courte

Pour apporter une réponse aux cyclistes et triathlètes en recherche d’aérodynamisme mais aussi de confort, MET a lancé en décembre dernier son nouveau Codatronca. La marque italienne a souhaité offrir un modèle avec une queue courte, pour permettre à la tête de bouger librement sans la contrainte d’une queue longue, et avec un design large qui lui permet d’avoir la meilleure pénétration dans l’air possible quels que soient les angles d’attaque du vent. Au catalogue, Met dispose ainsi de deux modèles aéro : ce nouveau Codatronca à queue courte (330 g en M, 300 €) et le déjà connu Drone à queue longue (350 g en M, 300 €).

Grâce à la courte queue, vous pouvez bouger la tête librement.

Design Wide Body

Développé en soufflerie du côté de Milan, le Codatronca offre un design frontal élargi « wide body ». Le but : guider les flux d’air au-dessus des épaules qui représentent une grosse surface de résistance à l’avancement et diminuer ainsi considérablement votre traînée aérodynamique. À l’arrière, et comme vu précédemment, la queue courte est dessinée pour vous faciliter la vie : elle permet de limiter elle-aussi votre traînée en se collant sur le haut de votre dos, mais aussi de pouvoir bouger la tête sans perdre l’aérodynamisme par rapport à une queue longue qui devient, elle, une résistance à l’air lorsque la tête n’est plus dans son axe et perd ainsi ses bénéfices aéro.

Apporter de l’aérodynamisme quelle que soit votre position de votre tête

Si l’on peut rester en position, bien regroupé, avec la tête dans l’axe sur un prologue ou un contre-la-montre court, voire au-delà jusqu’à 40 ou 50 km pour certains, il est beaucoup plus difficile de le faire sur des distances plus longues. Lors d’un triathlon XL ou XXL, il y a forcément des moments où le corps et la tête se relèvent un peu, par nécessité pour se décontracter, ou par contrainte du terrain comme des côtes à passer ou carrément un col. C’est là l’objectif du design du Codatronca : apporter de l’aérodynamisme quelle que soit votre position, celle de votre tête et selon les différents angles possibles d’attaque du vent.

Sur les côtés, l’écran demeure très large pour maximiser le champ de vision.

Écran hyper large

Autre axe de développement, la visibilité. Ce casque bénéficie d’écrans hyper larges (fumé, miroir ou clair) fixés grâce à quatre encoches magnétiques et qui augmentent la performance aérodynamique de l’ensemble casque + écran. Cette largeur du champ de vision est le résultat d’un design d’écran plus large sur les côtés et plus haut au-dessus des yeux pour optimiser la vision périphérique. Comme il faut bien se rafraîchir les idées, trois aérations sont positionnées sur l’avant, là où les flux créent une pression maximale mais où les turbulences sont limitées ; à l’arrière, c’est une large ouverture qui permet d’évacuer l’air chaud pour vous maintenir dans les meilleures conditions thermiques.

Les trois aérations frontales.

 

L’unique aération arrière.

Fermeture magnétique

MET assure un ajustement à 360° grâce au Safe-T Orbital. Ce système de ceinture offre quatre positions de réglage vertical, deux positions occipitales, et reste compatible avec les queues de cheval. Comme les écrans, la boucle de fermeture Fidlock est magnétique pour faciliter les transitions.

Sur la droite de la sangle du haut, dans le creux de la coque, on aperçoit les crans du réglage vertical.

Le Codatronca bénéficie d’une construction Polycarbonate In-mold avec injection d’EPS, de sangles Air Lite réglables et de mousses internes lavables à la main. Il existe en trois tailles, S (52/56 cm), M (56/58 cm), L (58/61 cm), et trois coloris : blanc, noir ou noir/rouge. Livré avec l’écran magnétique  »fumé », deux autres sont disponibles : miroir (39 €) et clair (29 €).

Coloris blanc nacré ou noir et rouge ? Faites votre choix !

Multiples réglages d’ajustement

Même si ce n’est pas obligatoire, le port du casque est aujourd’hui un réflexe pour tout cycliste qui se respecte. Sauf qu’un casque mal ajusté ne sert à rien. Avant de partir rouler et surtout si c’est votre première sortie avec votre nouveau casque, prenez le temps de bien le régler. Ici, ce MET dispose bien de quatre petits crans situés à l’intérieur de la ceinture qui permettent de relever de quelques millimètres la hauteur, par exemple si l’écran vient toucher votre nez. De même, deux positions sont possibles pour resserrer ou élargir un peu plus le maintien occipital, avant même de jouer de la molette micrométrique de serrage. En roulant, celle-ci est d’ailleurs assez facilement accessible du fait de l’absence d’une queue longue.

Le serrage micrométrique reste relativement accessible en roulant malgré le design de la queue.

Une fois les sangles bien ajustées également, vous pouvez fermer la boucle magnétique. Celle-ci est vraiment très pratique car il suffit d’une main et de simplement rapprocher ou mettre en contact les deux bouts pour qu’elle se bloque. Un gain de temps indéniable pour la transition en triathlon.

Une seule main et un peu de dextérité suffisent pour fermer la boucle magnétique.

Une bulle de concentration

Sur la tête, le Codatronca se positionne sur le crâne sans point de pression, mais l’épaisseur des mousses du confort d’accueil est limite. Un ou deux millimètres en plus auraient été les bienvenus. Avec ses 330 g en taille M, pas de sensation de lourdeur. Sans écran, on a presque l’impression de porter un casque classique, avec néanmoins très peu d’aérations. Les protections d’oreille rappellent son caractère aéro pour le contre-la-montre ou le triathlon. C’est véritablement en clipsant l’un des écrans que le Codatronca vous fait entrer dans une autre dimension, celle de votre bulle de concentration sur votre effort.

Deux des quatre encoches magnétiques de l’écran.

Là encore, une seule main suffit pour mettre l’écran en place sur ses quatre encoches magnétiques, deux sur les extrémités du front et deux sur les côtés. À noter que si vous souhaitez en course ôter l’écran quelques minutes, dans une montée de col par exemple, vous pouvez le décrocher d’une main et le placer dans le sens inverse (nez en haut) sur la face avant du casque. Il restera solidement accroché magnétiquement, sans risque de tomber.

Voilà ce que l’on appelle un champ de vision panoramique !

Qualité d’écran

La promesse d’un large champ de vision est tenue. On voit à 180°, rien ne gène les yeux, même dans les coins, grâce à une grande hauteur d’écran sur les extrémités. À l’arrêt, la tête relevée, le contour du nez apparaît et s’avère gênant, mais en position de pédalage, avec la tête penchée en avant et les yeux rivés loin devant sur la route, il n’y a plus aucune gêne. De même, lorsque la tête est relevée, l’air a tendance à s’engouffrer au niveau du nez et peut venir gêner les yeux. Dès que la tête reprend sa position plus avant, le flux d’air est dévié sur le haut du casque et vos yeux restent bien protégés.

Vue d’intérieur, écran miroir, face au soleil.
Vue d’intérieur, écran miroir, dos au soleil.

Les écrans miroir et fumé sont d’une très bonne protection contre la luminosité, notamment face au soleil. L’écran clair reflète la stricte réalité des couleurs tandis que les deux autres proposent un contraste légèrement plus sombre mais qui n’éclipse pas les détails de la chaussée. Encore une fois, prenez le temps de bien régler le Codatronca sur la hauteur de votre front. Avec l’effort et la transpiration, il a tendance à glisser un peu sur l’avant et l’écran, même s’il dispose d’une protection au niveau du nez, peut venir se poser dessus. Au bout de 150 km, on ne crie pas de douleur, mais il peut y avoir une petite sensibilité.

Vue d’intérieur, écran clair, sous un ciel couvert.

La ventilation en question

Est-ce que les trois aérations frontales suffisent à rafraîchir l’intérieur du casque et évacuer l’air chaud par l’arrière ? Sur ce point, difficile de nous prononcer. Testé de février à avril sur la Côte d’Azur, les conditions météorologiques n’ont pas offert de grosses chaleurs pour véritablement sentir l’efficacité de la ventilation du Codatronca. Sous des températures de 22-23° et une sortie longue de 170 km, nous n’avons pas été gêné par une sensation de chaleur et par l’apparition de buée même lors d’un effort d’intensité moyenne dans une ascension de 18 km. La mousse située sur la largeur du front devient elle rapidement humide en absorbant la transpiration, mais cette zone n’est pas excessivement chaude. Mais sur cette longue sortie, des gouttes sont apparues et ont commencé à couler. Avec le design du Codatronca et son écran panoramique, difficile alors d’aller les essuyer pour éviter qu’elles ne finissent leur course salée dans vos yeux.

Qu’en serait-il en plein été ? Il semble que le placement des ouvertures soit le bon : en position aérodynamique, la tête en avant, elles font directement face aux flux d’air que l’on sent entrer et venir caresser le haut du crâne. Pas de surchauffe non plus des oreilles. En revanche, du fait du nombre limité d’aérations, les mousses sont mouillées à la fin d’une sortie. On peut donc se demander si le Codacontra assure une bonne balance thermique sous le cagnard. Réponse dans quelques mois en commentaire de ce même article.

À l’arrêt, le design Wide Body n’est pas des plus stylés…

Un gros champignon

Visuellement, devant le miroir, on ne va pas se mentir, le Codatronca donne vraiment l’impression d’avoir une boule disproportionnée sur la tête, conséquence du choix de Met de proposer un design « Wide body ». Une sorte de gros champignon, d’autant plus sur une petite tête fine et allongée comme la mienne. En position aérodynamique, c’est moins visible et plus harmonieux car son design, de face comme de profil, se fond dans la recherche de vitesse. On remarque surtout que du fait de la position en avant des bras, de la tête, des épaules et grâce à son design large, les flux d’air n’ont d’autres choix que de dévier assez haut au-dessus du dos et, sur les côtés, sur l’arrière des épaules.

En roulant, on se rend compte que le design large est beaucoup plus esthétique. Il s’intègre parfaitement à la position et oblige les flux d’air à passer au-dessus du dos et des épaules.

Lorsque l’on tourne la tête, vent de face ou de côté et même par grosses rafales, le Codatronca ne subit pas de contrainte, sa queue courte étant dans ces conditions un avantage certain. Impossible pour nous de chiffrer l’énergie économisée ou les watts gagnés sur nos sorties, mais ce modèle remplit parfaitement sa mission : c’est un casque aéro adapté aux efforts de vitesse de courte, mais surtout de longue distance. Son ajustement, son large champ de vision et son poids assez léger fait de lui un allié sur tout type de parcours. Reste à savoir si sa ventilation est adaptée aux grosses chaleurs d’été. Un point non négligeable pour les triathlètes adeptes des longues distances.

MET Codatronca
*****
Les + : qualité d’écran, largeur du champ de vision, aérodynamisme, design de la queue, poids.
Les – : prix, ventilation, épaisseur des mousses intérieures, écran qui peut venir se poser sur le nez durant l’effort.Coque Polycarbonate In-Mould et structure interne EPS
Système de rétention Safe-T Orbital
Mousses internes lavables à la main
Sangles Air Lite
Système de fermeture facile Fidlock magnétique
Séparateurs de sangles Air Lite réglables
Livré avec l’écran magnétique  »Fumé »
Sac de casque
Tailles : S (52/56 cm), M (56/58 cm) et L (58/61 cm)
Poids : 330 g (M)
Autres écrans : Mirror (39 €), Clear (29 €)
Prix : 300 €
Contact : www.met-helmets.com

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Pierre-Maxime Branche

Pierre-Maxime Branche

- 36 ans. - Journaliste professionnel depuis 2004 en presse sport spécialisée et information générale. - Pratiques sportives actuelles : triathlon & fitness. - Instagram : pierre_maxime_branche - Strava : La Fusée Parisienne

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Un commentaire sur “Test du casque aéro MET Codatronca

  1. 2 mois d’essai avec, désolé mais la qualité de l’écran n’est pas au rendez-vous : la transparence n’est pas terrible, la qualité optique du matériau employé pour réaliser cet écran fait penser à du bas de gamme (on est loin de l’optique Zeiss…) qui n’est pas à la hauteur du prix du casque et la forme de la découpe au dessus du nez n’est pas assez prononcée, il faudrait tailler 2cm au dessus comme chez beaucoup de modèles concurrents pour ne pas gêner (et je n’ai pas du tout un gros nez). De ce fait il faut mettre le casque en position très remontée mais il finit toujours par descendre et l’écran vient quand même toucher le nez et le système de serrage n’est pas terrible non plus, désagréable et placé trop haut d’origine sur le tour de tête il tient de toutes façons mal en place. Dommage la forme du casque est très belle et sans doute très efficace au niveau aéro mais la découpe de l’écran au niveau du nez, sa mauvaise translucidité (comparée à d’autres marques), et le serrage du tour de tête gâche tout. Si Met pouvait au moins proposer un écran de rechange plus échancré au niveau du nez ce serait déjà pas mal pour corriger leurs erreurs.

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