Test des nouvelles chaussures Shimano S-Phyre

Pour 2019, Shimano met à jour son modèle de chaussures haut de gamme S-Phyre, avec une nouvelle mouture dont le nom de code est RC901. De subtiles mais réelles évolutions par rapport au modèle précédent, que nous avons pu tester dans un sublime coloris Aurora en édition limitée.

Par Guillaume Judas – Photos : 3bikes.fr

Depuis plus de 25 ans et le lancement des pédales au format SPD, Shimano ne se contente pas de proposer les groupes de transmission parmi les plus prisés et les plus diffusés au monde, puisque les chaussures sont aussi devenues une référence dans la gamme de la marque japonaise. Au sommet du catalogue Shimano trône désormais la S-Phyre, dont la version 2019 au nom de code RC901 bénéficie de subtiles évolutions par rapport à la RC9 sortie il y a deux ans. S-Phyre, c’est un concept d’ensemble chez Shimano, qui prend en compte différents éléments clés de la performance : transfert de puissance, aérodynamisme et liberté de mouvement, et que l’on retrouve sur d’autres accessoires haut de gamme comme des vêtements ou des lunettes. Au-delà du simple concept marketing, la démarche est cohérente avec le principe des groupes de transmission, dont les éléments sont conçus pour fonctionner ensemble et pour apporter les meilleures performances possibles. S-Phyre dans le domaine de l’équipement, c’est donc du même niveau que Dura-Ace pour le freinage ou la transmission.

Notons toutefois que pour le même prix que la version précédente, les RC901 perdent la paire de chaussettes dédiée livrée jusqu’alors avec les chaussures. Des chaussettes censées assurer ventilation et soutien du pied dans la lignée de ceux des chaussures. Probable que le système n’a pas forcément été compris dans son ensemble par la clientèle. Dommage, car nous adorions ces chaussettes !

Car vous l’avez compris, déjà utilisateur de chaussures Shimano S-Phyre, nous pouvons donc comparer assez précisément le nouveau modèle avec l’ancien. Pour l’occasion, nous avons pu bénéficier d’une paire en édition limitée Aurora, dont l’empeigne aux reflets bleu, vert et violet change de teinte lorsque la lumière se reflète sur les chaussures. 700 paires seulement sont disponibles en Europe, 60 en France, et seulement dans trois magasins :

  • Cycles Darnois (92, Bourg-la-Reine)
  • Jolly Cycles (31, la Salvetat-Saint-Gilles)
  • Roland Vélo (85, Chantonnay)

Les couleurs plus traditionnelles chez Shimano sont bien sûr disponibles en quantité non limitées : blanc, noir, bleu et jaune fluo, dans les pointures du 36 au 48, avec des demi-pointures du 37 au 47. Modèle large également dispo.

Ce qui ne change pas

Avec les S-Phyre, Shimano a apporté plusieurs éléments destinés à optimiser les performances et le confort. D’abord, la semelle extérieur en carbone, avec un indice de rigidité de 12/12 sur l’échelle Shimano. Il est difficile de la comparer objectivement avec d’autres chaussures haut de gamme, puisque la sensation de raideur ou de rendement dépend aussi d’autres facteurs comme le maintien global du pied lors du pédalage. Mais disons que si les semelles des Specialized S-Works 7 ou des Bont en général nous paraissent comme les plus rigides du marché, celles des Shimano arrivent directement derrière. Les RC901 reprennent donc les mêmes semelles que les premières S-Phyre.

Elles bénéficient d’une plage de réglage de la cale assez large, afin de faire face à toutes les particularités dans le domaine. La graduation sous la semelle est appréciable lors d’un remplacement de cale ou dans le cas où vous disposeriez comme nous de deux paires de chaussures, bien plus précise en tout cas que certains modèles concurrents. La plateforme de positionnement de la cale est suffisamment large pour éviter que cette dernière ne soit en porte-à-faux, comme c’est trop souvent le cas sur des chaussures à la fois étroites et en petite pointure.

L’empeigne de la chaussure vient directement se fixer à la semelle carbone, grâce à l’absence de semelle intermédiaire, ce qui a pour effet de réduire la distance entre le pied et l’axe de la pédale. Les bénéfices en termes de rendement d’un pied plus proche de la pédale ne sont pas prouvés scientifiquement, mais le bénéfice est certain dans le domaine de la stabilité.

Les bénéfices en termes de rendement d’un pied plus proche de la pédale ne sont pas prouvés scientifiquement, mais le bénéfice est certain dans le domaine de la stabilité.

La talonnette de marche est remplaçable. Sur l’avant, seule une légère protection bien utile au cas où l’on frotterait la chaussure contre la roue avant remplace le traditionnel « protège-orteils ». À l’avant de la semelle externe aussi, une petite ouverture favorise l’aération.

Le serrage est toujours assuré par deux molettes indépendantes Boa IP1. Le réglage des molettes s’effectue cran par cran dans les deux sens, et il suffit de tirer sur le cadran pour libérer totalement le serrage.

Enfin, la semelle interne est toujours personnalisable, avec un choix entre trois formes de soutien de la voûte plantaire. Les chaussures sont livrées avec deux types de renforts (moyen et fort) qui se changent ou s’enlèvent avec un simple velcro.

Ce qui évolue

La tige ou empeigne d’une seule pièce en cuir synthétique souple (le Tejin Avail) enveloppe toujours le pied au serrage, avec une partie située à l’extérieur du pied qui se glisse progressivement sous la partie intérieure. La traditionnelle languette n’est ainsi plus qu’un lointain souvenir, ainsi que les risques de plis susceptibles de créer des sortes d’arrêtes, très inconfortables et à l’origine de gênes circulatoires avec la chaussure très serrée. Cette empeigne bénéficie désormais de plus de petits trous pour l’aération et l’évacuation de l’humidité. En revanche, les trous supplémentaires sur le rabat dévolu au serrage sont abandonnés, ce qui n’est pas sans conséquence sur la fermeté du maintien comme nous le verrons plus loin.

Cependant, le plus gros changement est à mettre sur le compte de l’abandon de la partie avant en mailles, qui présentait deux inconvénients : d’abord cette partie avait tendance à se déformer un peu lors du serrage créant parfois un pli, ensuite elle était difficile à entretenir.

Le cheminement du câble du Boa à l’avant, s’il n’est pas différent, offre un serrage encore un peu plus progressif grâce à l’abandon de la partie en mailles et son remplacement par une empeigne plus ferme sur le dessus. Et sans que les câbles ne viennent appuyer sur des parties sensibles du pied. On remarque également l’abandon de la surface de type « balle de golf » au niveau de l’embout, sans que l’on sache s’il y a une réelle influence sur la pénétration dans l’air.

La partie extérieure du talon forme toujours une sorte de coque, qui offre un maintien ferme sans être totalement inflexible, ce qui lui permet de s’adapter aux contours du talon. Il parait moins pincé sur le nouveau modèle que sur l’ancien, normalement dans le but de s’adapter à plus de formes de pieds différentes. À l’intérieur, la partie antidérapante qui évite au pied de glisser et assure une bonne sensation de maintien nous parait un tout petit peu plus large.

Si les chaussures se ressemblent fortement, la partie dévolue à l’entrée du pied nous parait un tout petit peu plus étroite. Les points d’accroche du serrage Boa sont en tout cas situés au même endroit, et le rabat fait la même dimension sur les deux modèles.

Des différences sur la route

Les nouvelles S-Phyre ont un minimum de coutures à l’intérieur, et presque aucune surépaisseur, comme le premier modèle. La sensation est toutefois à légèrement plus de fermeté dans le chaussant, avec un pied qui semble mieux tenu que dans les RC9. Bien sûr, notre premier modèle a plusieurs milliers de kilomètres au compteur (près de 17 000 km), mais selon nos souvenirs, il était déjà un peu plus souple au départ. Disons que la principale différence vient du fait qu’avec la nouvelle mouture, il est possible de rouler en serrant très peu les Boa, alors que nos pieds flottent beaucoup dans les mêmes conditions avec les anciennes. L’absence de rebord sur les côtés laisse le pied en apparence sans maintien latéral, alors que c’est beaucoup moins le cas ici.

Le pied est fermement tenu en ajustant seulement avec précision le Boa supérieur. Selon nous, le rabat est ici plus rigide, moins sujet à se déformer légèrement ou à s’étirer, grâce à l’absence de trous sur cette partie. Sur la partie avant, inutile de trop serrer malgré notre pied fin, puisque la tige « fermée » et le cheminement des câbles suffisent à assurer un très bon maintien.

Mais surtout, on peut serrer très fort les nouvelles S-Phyre si on en ressent le besoin, malgré nos pieds fins et sans ressentir rapidement d’engourdissement, néfaste au confort et à l’endurance. La prise est progressive, et concerne l’ensemble du pied, qui peu à peu se retrouve de plus en plus maintenu.

Les semelles ne montrent aucune flexion et on a vraiment la sensation d’appuyer directement sur les pédales, avec une excellente stabilité. La tige très fine ne retient pas l’humidité. Sous des conditions fraîches, l’ajustement au millimètre et les nombreux trous d’aération laissent passer l’air frais, tout en laissant peu de place pour des chaussettes épaisses. Mais si l’on sait déjà qu’elles ne sont pas les chaussures les plus chaudes pour l’hiver, nous n’avons pas pu les tester encore sous des conditions de forte chaleur.

Les semelles ne montrent aucune flexion et on a vraiment la sensation d’appuyer directement sur les pédales

Très rigides, légères (232 g en pointure 39, poids vérifié, soit 8 g de plus que les RC9), stables au pédalage et très efficaces au serrage, les RC901 ajoutent un peu de fermeté et paradoxalement un peu de confort au modèle précédent. Car l’empeigne un peu plus raide de par sa conception, si elle continue d’épouser au mieux les contours du pied, évite surtout toute forme de plis qui pourraient se former en ajustant fermement le serrage. Pour cela, il convient néanmoins de choisir la bonne taille, parmi les nombreux modèles disponibles. En revanche, si ce coloris Aurora en édition limitée est au même prix que les autres couleurs disponibles, il n’y en aura pas pour tout le monde.

SHIMANO S-PHYRE RC901
Les + : empeigne fermée et sans plis, système de serrage, rigidité, confort
Les – : prix
Conception : semelle carbone (indice de rigidité 12/12), tige directement liée à la semelle carbone, talon enveloppant et renfort au niveau des orteils, deux serrages Boa IP1 indépendants pour un micro-ajustement, cuir synthétique en microfibres Teijin Avail souple, perforations pour le drainage ou l’aération, semelles intérieures à cuvette enveloppante avec soutiens adaptés à la voûte plantaire, avec technologie Silvadur™, plage de réglage de la cale étendue de 11 mm.

  • Poids : 232 g (pointure 39)
  • Coloris : Aurora, noir, bleu, blanc, jaune fluo

Prix public : 349,99 €

Contact : rideshimano.com

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Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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